jeudi 22 septembre 2016

Un peu, jamais, à la folie, d’Adi Alsaid

Editeur : Hachette
Année : 2016
Pagination : 336
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans


Résumé :
Dave et Julia sont meilleurs amis depuis toujours. Et depuis toujours, Dave est secrètement amoureux de Julia. La veille de leur entrée au lycée, ils se font une promesse : ne pas succomber aux clichés de l’adolescence et du premier-amour-pour-toujours. Ils ont élaboré une liste de choses à éviter pour ne pas faire comme tout le monde et entrer dans le moule : ne pas aller aux fêtes, ne pas se teindre les cheveux, ne pas sortir avec un prof, ne pas sortir avec son meilleur ami… Dix points que Dave et Julia parviennent à respecter tout au long du lycée. Lorsque l’heure du départ à l’université approche, ils décident de renverser la tendance et de réaliser tout ce qu’ils se sont interdits jusque-là. Tout se passe comme ils le souhaitent jusqu’à ce que Dave se mette à sortir avec une autre fille. Julia réalise alors qu’elle est jalouse. Dave est fou de joie d’avoir enfin ce qu’il a tant espéré. Lui et Julia s’embrassent et passent la nuit ensemble. Sur le coup, tout semble parfait, mais très vite Dave comprend que c’est en fait Gretchen qu’il aime…

Ce que j’en pense :
Voilà une histoire vue et revue, celle des deux meilleurs amis secrètement amoureux. Assaisonné d’un autre cliché, celui d’adolescents qui décident de ne rien faire comme les autres et se placent en marge, trop intelligents (ou trop peureux ?) pour se mêler aux élèves populaires… Jusqu’au jour où devenir comme tout le monde devient un défi en soi…
Si l’on s’arrête au premier tiers, celui raconté par Dave, ce roman apparaît comme un ramassis de cliché et de banalités, et le personnage de Julia n’a rien de sympathique. J’ai bien failli arrêter ma lecture à ce moment-là. Néanmoins, lors de la seconde partie racontée par Julia, et la dernière qui se donne alternativement chaque point de vue, la psychologie des personnages s’étoffe un peu. On comprend mieux Julia, en quête désespérée de l’approbation de sa mère.
Néanmoins, rien d’original dans ce triangle amoureux et cette histoire de lycéens dans leur année de Terminale, comme dans la plupart des romans proposés par cet éditeur.

Les + : évolution du personnage de Julia
Les - : absence d’originalité
Appréciation : 2,5/5


Stellabloggeuse

lundi 19 septembre 2016

Macha ou l’évasion, de Jérôme Leroy

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 330 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans


Résumé :

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, la course au profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu le monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter : sa jeunesse, cette époque ultraviolente, sa fuite vers un idéal…

Ce que j’en pense :

Jérôme Leroy nous propose ici un roman d’anticipation fort réussi, qui m’a emportée et m’a fait froid dans le dos. Macha, une centenaire qui vit dans un monde de Douceur, raconte sa fuite du monde de la Fin, en 2017. Elle dépeint un monde qui est déjà quasiment le nôtre, marqué par les crises financières, les attentats à répétition, le tournant autoritaire des pouvoirs politiques qui tentent de garder le contrôle sur la situation.

Ce roman engagé met le jeune citoyen en garde sur les atteintes à ses libertés, qui ne cessent de se multiplier : le fichage, les atteintes au droit de manifestation au nom de l’ordre public… Des dérives qui commencent déjà à exister aujourd’hui.
Face à cette évolution de la société et à sa situation personnelle difficile, Macha choisit la fuite, qu’elle nous raconte, vers une ZAD (Zone à Défendre) synonyme pour elle d’espoir de révolte et d’un monde meilleur.

Je n’ai qu’un regret : que l’histoire s’arrête en même temps que la fuite de Macha, et qu’elle ne nous raconte pas la chute du monde de la Fin, et l’installation de la douceur. Peut-être dans un prochain roman, puisque Jérôme Leroy semble avoir de la suite dans les idées. En attendant, je lirai volontiers « Norlande » du même auteur, dont l’un des personnages est évoqué ici.
Un roman citoyen, à mettre dans les mains de tout adolescent suffisamment mûr pour prendre du recul sur la société dans laquelle il vit.

Les + : un thème d’actualité
Les - : l’intrigue s’arrête trop tôt
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

vendredi 9 septembre 2016

Le village des oubliés, d’Henri Courtade

Editeur : Lucane éditions
Année : 2016
Pagination : 351 p.
Public visé : Adulte


Résumé :
Été 1982 : une famille allemande, de passage dans un village du Sud-Ouest est sauvagement assassinée. Vengeance ou coïncidence ? En 1944, les SS avaient massacré les habitants de ce même village. Les survivants se taisent : quelque chose d'inavouable doit rester caché. Mais les morts n'oublient pas, le passé resurgit toujours. Et avec lui, un secret inimaginable.

Ce que j’en pense :
Cela faisait trois longues années, que ceux qui ont goûté à la plume d’Henri Courtade attendaient un nouveau cru ! Après l’excellent Loup y es-tu, l’exaltant Lady R (et son pendant Lady A), l'engagé A la vie à la mort et l'historique Kléber, autant dire que mes attentes étaient élevées.

Une nouvelle fois après Kléber, l’auteur explore la veine historique, dans une intrigue en forme de puzzle qui prend sa source dans la Grande Guerre, avec des allers-retours entre l’été 1982 et juin 1944. Cette dimension historique est doublée d’une enquête policière, puisque quatre allemands sont tués un soir de juillet 1982. Un meurtre qui prend directement sa source dans les non-dits du 11 juin 1944. La narration est très bien maîtrisée, l’auteur nous balade habilement entre les époques pour nous mener à un dénouement qui possède sa part d’inattendu.

Mais ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est cette certitude que l’on a, dès les premières pages, que l’auteur l’a écrite comme un exorcisme, avec ses tripes bien étalées sur la table, avec souffrance. Si vous me trouvez crue, passez votre chemin car Henri Courtade ne vous épargne rien de la laideur de la guerre, pas même l’odeur de la viande grillée ! Il dérange et bouscule et c’est tant mieux, car rien n’est pire que de se croire insensible à cette souffrance et à ce gâchis. Il nous offre surtout un roman sincère et humain, même si cette humanité n’a rien de noble.

J’ai également apprécié la réflexion historique, sur l’héritage de la Grande Guerre, insinué dans les cœurs comme un poison, donnant naissance à toute une génération de salauds plus ou moins ordinaires. Car il n’y a pas de héros dans ce roman, simplement des gens plus honnêtes que d’autres. Et des enfants innocents, même s’ils ressentent confusément le poids du secret sur leurs épaules. On se sent pourtant l’un d’entre eux, comme un membre de ce village, dont on sait déjà qu’on ne pourra jamais le quitter tout à fait.

Les + : la sincérité, la narration
Les - : un final qui aurait pu être plus percutant ?
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« A la place, il tenta un sourire rassurant. Manqué bien sûr. Cela faisait longtemps qu’il ne savait plus comment s’y prendre. L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux. Et des morts, il en flairait pas mal autour de lui. Un sacré paquet de cadavres en devenir, même. Pas de quoi se fendre la poire non, vraiment pas de quoi. »


« Juste, moi ? s’exclama-t-il, tentant de maîtriser tant bien que mal sa colère. Juste, moi, l’ordure qui a copieusement participé à toutes ces saloperies ? Oh, pas tout seul bien sûr, avec l’aide de quelques millions de salopards qui pour des raisons bonnes ou moins bonnes ont voulu tout ça, mais sans vraiment le vouloir, si tu vois ce que je veux dire. On veut jamais bien entendu. Et c’est ça le pire ! »

lundi 5 septembre 2016

Coup de vent, de Marsha Diane Arnold et Matthew Cordell

Editeur : Didier jeunesse
Année : 2016
Public visé : Enfant, à partir de 2 ans

Résumé :
Un jour de grand vent, un ours perd son écharpe dans la neige. Une joie pour tous les animaux de la forêt qui vont tour à tour se l'approprier. Le castor pour s'en faire un turban, la loutre une liane, les souris un trampoline... Mais dans quel état l'ours va-t-il retrouver son écharpe ? - Sur un principe perdu/trouvé, chaque double page est le théâtre de jeux et facéties jubilatoires quand un nouvel animal s'empare de l'écharpe.

Ce que j’en pense :
Voici, un peu en avance en cette période de chaleur, un sympathique album hivernal. Un ours perd son cache-nez, qui va passer d’animal en animal, chacun lui trouvant un usage particulier, et le plus souvent original !
Avec une structure répétitive adaptée aux petits, l’histoire stimule leur imagination (que peut-on faire, avec un cache-nez ?) avec un certain humour. L’album donne une belle leçon de solidarité et de partage, lorsque dans les dernières pages les animaux s’unissent pour rendre l’objet en bon état à son propriétaire. Il permet également de découvrir les petits animaux de la forêt, écureuils, renards, ratons laveurs…
Je n’ai pas été particulièrement séduite par l’illustration, de manière générale j’ai du mal lorsque les dessins manquent de précision. Néanmoins, le trait de Matthew Cordell est assez expressif et malicieux, et l’ensemble reste agréable à regarder.
Un album à retenir pour vos lectures d’hiver avec les petits !



Les + : la structure, la morale
Les - : l’illustration qui manque de précision à mon goût
Appréciation : 3/5


Stellabloggeuse