samedi 28 septembre 2013

Les voleurs de cygnes, d’Elizabeth Kostova : un hommage romanesque aux impressionnistes

[Michel Lafon, 2010]

J’ai déniché « Les voleurs de cygnes » d’Elizabeth Kostova dans une célèbre librairie d’occasion pour deux petits euros. Attirée par la 4e de couverture évoquant une histoire psychologique et l’histoire de l’art, je me suis laissée tenter.

Résumé

Andrew Marlow est un psychiatre reconnu, mais solitaire. Alors qu’il a plus de 50 ans, un défi se présente à lui en la présence de Robert Oliver, un peintre qui a tenté de lacérer une toile à la National Gallery et qui reste désespérément mutique. Andrew va outrepasser les règles en s’adressant aux femmes qui ont aimé Robert Oliver, afin de comprendre un peu mieux sa dépression et son obsession pour un même sujet, une femme brune qu’il peint sans relâche. Il lui dérobe également ses papiers, de vieilles lettres échangées entre deux peintres impressionnistes français…

Un roman entre plusieurs genres

J’ai apprécié le mélange des genres que nous propose l’auteure avec ce titre. L’histoire comporte ainsi une dimension psychologique avec le « cas » Robert Oliver, ses obsessions et son attitude étrange. Néanmoins, après avoir été bien présente au début du roman, cette dimension s’efface au fur et à mesure pour laisser place aux histoires d’amour et à l’art. Les romances sont multiples et sont plutôt sympathiques, même si aucune ne m’a vraiment emportée. L’histoire prend la forme d’une enquête puisque le docteur Marlow tente de découvrir qui est cette femme qui obsède Robert Oliver. J’ai aimé l’originalité de l’intrigue, en revanche elle comporte tout de même quelques longueurs, on tourne les pages avec plaisir, mais sans hâte non plus.

Un hommage à l’impressionnisme

La peinture est présente tout au long du roman. Moi qui ne connaît pas grand-chose à l’art et qui fréquente assez peu les musées, j’ai beaucoup aimé cette découverte. Je me suis surprise plusieurs fois à quitter le roman pour aller sur Internet regarder les toiles évoquées dans le roman (les danseuses de Degas, le village de Sisley…). Tous les personnages importants dessinent et peignent, chacun à leur niveau. L’auteure semble passionnée par l’art et elle a visiblement effectué des recherches poussées, tout est convaincant, y compris les peintres qu’elle invente et leurs tableaux.

Les personnages

Andrew Marlow est le point central du roman, celui qui s’efforce de réunir tous les pans de l’intrigue. Pourtant il s’exprime assez peu par rapport aux autres. Mais il m’a été sympathique et j’espérais qu’il trouverait le bonheur. Quant à Robert Oliver, s’il ne s’exprime jamais directement, il est omniprésent et c’est un personnage marquant, tant par son physique que par sa personnalité. Les femmes du roman sont des femmes fortes, chacune dans leur genre : Kate qui porte sa famille à bout de bras, Mary qui travaille durement sa peinture et Béatrice de Clerval qui garde la tête haute malgré l’adversité.

L’écriture 

L’écriture d’Elzabeth Kostova est agréable à suivre, j’ai aimé la lire. Elle n’a rien d’extrêmement marquant non plus, mais on passe un bon moment. J’ai particulièrement aimé les moments où elle décrit des toiles ou des peintres en action.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai apprécié ce roman aux confins de plusieurs genres, mais qui souffre cependant de quelques longueurs. Les personnages sont nombreux et intéressants, en revanche ils ne m’ont pas fait éprouver d’émotions fortes. J’ai particulièrement aimé les nombreux passages dédiés à l’art. Ce roman m’aura, de plus, permis de terminer mon challenge ABC 2013 !

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie du challenge :


Challenge ABC 2013 : 26/26

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« La femme marche d'un pas rapide. Ses bottines claquent sur le sol gelé. Son haleine s'échappe par bouffées claires dans le crépuscule s'épaississant. Est-elle pressée de quitter le village ou se rend-elle dans l'une de ses dernières maisons ? Mais elle ne se retourne pas et il en est heureux. Elle lui plaît telle qu'elle est, s'éloignant de lui dans le tunnel neigeux de sa toile, son paquet serré au creux de ses bras. Une femme réelle, une femme pressée, fixée sur la toile pour l'éternité. Figée dans sa hâte. Une apparition réelle ; à présent le personnage d'une peinture. »

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