mardi 27 mai 2014

Bordemarge, d’Emmanuelle Nuncq : un monde imaginaire

[Castelmore, 2012]

« Bordemarge » est un livre d’Emmanuelle Nuncq, qui m’a gentiment été envoyé par ma copinaute D’encre et de rêvesqui le possédait en double. Le résumé m’a immédiatement attirée, puisqu’il était question d’une héroïne bibliothécaire et d’un monde où tout est possible !

Résumé

Violette, jeune bibliothécaire d’une petite ville, s’ennuie dans sa vie trop tranquille et elle s’enfonce dans la déprime. Mais sa vie se trouve bouleversée lorsqu’une jeune femme, Roxane, surgit d’un tableau et l’envoie à sa place dans le monde de Bordemarge, qui semble tout droit sorti d’un roman de cape et d’épée. On la prend pour Roxane qui est une princesse en fuite, et qui doit être livrée au cruel Silas… L’histoire semble mal engagée, mais à Bordemarge, tout est possible.

Un roman décalé

Avec ce roman, Emmanuelle Nuncq s’amuse avec les codes du roman, notamment ceux de cape et d’épée, mais aussi avec des codes cinématographiques. L’idée de base m’a bien plu et il y a des initiatives intéressantes, comme ce générique de fin, les bonus et le bêtiser du tournage. Il y a également une réflexion autour de l’écriture, de ce qu’est un personnage. On y distingue au final une invitation à prendre son destin en main, même s’il semble tout tracé. Cela donne un roman décalé et assez dépaysant.

Trop de clichés

Malheureusement, si le principe du roman était bons, certains défauts m’ont gâché ma lecture, et notamment l’abondance de clichés. Notamment celui de la bibliothèque déserte peuplée de bibliothécaires revêches et dépressifs. Si j’ai bien compris, c’est également le métier de l’auteure, et je trouve d’autant plus dommage d’entretenir ainsi les clichés qu’a le commun des mortels sur les bibliothèques, alors que beaucoup sont aujourd’hui des lieux dynamiques et modernes. J’avoue que je ne suis peut-être pas objective, puisque cela touche à mon métier que j’aime, mais cela m’a vraiment dérangée. Ajoutons à cela une intrigue assez brouillonne, et nous obtenons une petite déception.

Les personnages

Les personnages dans leur ensemble correspondent à certains clichés et je les ai diversement appréciés. En ce qui concerne Violette, au départ, je n’étais pas touchée par sa personnalité indolente. Son évolution me l’a rendue un peu plus sympathique. Ensuite, Roxane est assez centrée sur elle-même, mais finit par développer une solidarité avec l’ensemble des personnages. D’autres m’ont davantage plu : le jeune Peter qui veut changer son destin, l’Orfèvre qui a perdu ce qui lui était le plus cher, et Christian dont l’humour apporte une bouffée d’oxygène.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est assez simple et plutôt vif, mais il est tout de même assez maladroit dans l’ensemble. J’ai grincé des dents devant certaines tournures de phrases. L’ensemble se lit bien et on ne bute pas à la lecture, mais c’est tout de même assez médiocre.

En quelques mots…

Ainsi, si l’idée de base et le principe du roman me plaisaient beaucoup, un style assez maladroit et une abondance de clichés m’ont un peu gâché le plaisir de cette lecture. Cela reste néanmoins un moment d’évasion sympathique, si on le prend vraiment au second degré et que l’on n’accorde pas trop d’importance à la forme.

Note : 2,5/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :




Challenge ABC 2014 : 7/13




Challenge New PAL 2014 : 20/20
(objectif de 25% de ma PAL atteint, mais on va continuer !)

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« Votre monde n’a rien de…rien de dangereux, ni d’exaltant d’ailleurs ! Ce qu’il peut m’arriver de pire, c’est de me faire renverser par une carriole en ne traversant pas dans les passages striés, c’est vous-même qui me l’avez dit ! Non mais ! Où va-t-on, je vous le demande, quand chez tout est si…protégé, régi par des lois, surveillé ! Chez moi, les chemins zigzaguent, il y en a même qui ne vont nulle part, et quand on veut entrer dans un endroit gardé la nuit, il y a toujours un passage secret ! »


« Avant, je pensais que mourir pour l’honneur, un sacrifice héroïque, était la plus belle chose qui soit, la meilleure façon de mourir, et maintenant, je me demande même s’il y a une belle façon de mourir. J’ai l’impression…que mourir n’est jamais héroïque. »

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