mercredi 21 novembre 2012

Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Caroll : un délice de fantaisie et de non-sens

[Librio, 2000]

Quelques semaines après avoir lu « Aladdin » des contes des Mille et une nuits, me revoilà avec un autre conte repris (entre autres) par Walt Disney : Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll. Un titre que j’ai eu l’occasion de découvrir à l’occasion d’une lecture commune organisée par Arcaalea sur Livraddict.

Résumé 

Par une belle après-midi, alors qu’elle se trouve dehors avec sa grande sœur et qu’elle s’ennuie, la jeune Alice aperçoit un lapin blanc qui semble très préoccupé : il est en retard. Elle décide de le suivre, et bascule alors dans un monde de fantaisie et de non-sens…

Un univers riche

J’ai beaucoup aimé l’univers mis en place par l’auteur. Grâce aux descriptions (et aux versions illustrées du conte que nous avons eu l’occasion de lire durant notre enfance), le lecteur peut aisément se représenter le décor dans lequel évolue la jeune Alice. L’auteur a inventé un certain nombre de créatures, comme le Chat du Cheshire. Il y a aussi un grand nombre d’animaux existant réellement, qui sont ici doté de la parole : le lapin blanc, la chenille, le lièvre de mars, la souris…

Ainsi, Lewis Caroll a su ajouter de la fantaisie et des phénomènes magiques à des éléments de la vie de tous les jours pour créer un univers riche, un appel à l’imagination. Après lecture, il ne me paraît pas surprenant que tant d’artistes aient voulu travailler à partir de cet univers pour créer des films, des albums illustrés, des tableaux…

Un monde d’absurdité et de non-sens

La plupart des évènements et des dialogues de cette histoire n’ont aucun sens, ce livre fait une part importante à l’absurde. Si j’ai été un peu perdue au départ, j’ai finalement été séduite et j’ai beaucoup apprécié les divers jeux de mots, calembours, les dialogues de sourd entre les personnages. L’auteur s’amuse notamment à parodier de célèbres poèmes qu’apprennent les écoliers anglais. Malheureusement, il aurait fallu que j’en connaisse la version originale pour pouvoir apprécier cet exercice à sa juste valeur. Lewis Caroll se moque ainsi des connaissances scolaires, considérant sans doute qu’elles enfermement les enfants dans un carcan d’idées préconçues.

Le personnage d’Alice

Je ne peux pas dire que je me sois particulièrement attachée à Alice qui ne réfléchit pas beaucoup avant de parler et qui m’a semblé se croire un peu trop maligne. Néanmoins, l’essentiel n’est pas là. En rendant Alice maladroite et impolie, l’auteur se moque des conventions sociales de son époque. En la faisant sans cesse grandir et rapetisser, il nous montre la difficulté d’évoluer dans la société lorsqu’on est différent des autres. Elle montre tout de même un certain nombre de qualités, notamment la curiosité qui la pousse à s’intéresser à tout, ainsi que la patience…

L’écriture

L’auteur nous raconte cette histoire à la manière d’un conteur, et j’ai été assez facilement happée. Il alterne efficacement la description, les dialogues, les poèmes et les chansons. Lewis Caroll est à l’aise avec la langue, ce qui lui permet de s’amuser avec elle et de créer les jeux de mots ou les parodies que j’ai déjà évoquées.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été séduite par cette lecture pleine de fantaisie, qui m’a évadée dans un tout autre monde. J’ai également apprécié la manière dont, au travers du conte, l’auteur dénonce les travers de la société de son époque. Il peut être difficile d’entrer dans ce monde de non-sens, mais c’est une lecture que je conseillerais à tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant, la capacité de s’émerveiller, et qui n’ont pas besoin de tout comprendre pour apprécier un livre.

En remerciant Arcaalea pour cette lecture commune, je vous propose de découvrir les avis de mes camarades de lecture : Arcaalea (organisatrice), Stephanie-plaisirdelireBouquinette...

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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Ce livre fait partie des challenges :


Où sont les hommes ? Lecture n°17
Lewis Caroll a composé un conte sans prince charmant, mais c’est un homme plein d’imagination et de fantaisie !


Bouge ta PAL ! Lecture n°5

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« Moi, quand je serai Duchesse, se dit-elle (sans se faire trop d’illusions toutefois), je n’aurai jamais de poivre dans ma cuisine. La soupe est aussi bonne sans… Si ça se trouve, c’est le poivre qui fait que les gens ont facilement la moutarde qui leur monte au nez, et elle poursuivit, toute contente d’avoir découvert une nouvelle théorie, c’est le vinaigre qui les rend si aigres…c’est la camomille qui les rend amers…et…le sucre candi et les bonbons qui rendent les enfants candides et bons. Si seulement les gens savaient ça, ils seraient moins chiches de sucreries, vous savez… »

« Sur ce, la Reine, chaussant ses lunettes, les braqua sur le Chapelier, qui pâlit et se mit à se tortiller.
-Faites votre déposition, dit le Roi, et ne vous énervez pas ou je vous fais exécuter sur le champ.
Cela ne sembla pas du tout encourager le témoin : il ne cessait de passer d’un pied sur l’autre, regardant la Reine d’un air gêné, et dans son trouble, mordit dans sa tasse au lieu de sa tartine. […]
-Faites votre déposition, répondit le Roi avec colère, ou je vous fais exécuter, que vous soyez nerveux ou pas.
-Je suis un pauvre homme, votre Majesté, commença le Chapelier d’une voix tremblante, et je n’avais pas commencé mon thé…il y a de cela une semaine environ…et avec ces tartines de plus en plus minces et le thé qui brillait…
-Le thé qui brillait ? dit le Roi.
-Tout a commencé par un thé, répondit le Chapelier.
-Bien sûr, « tout » commence toujours par un « T » ! dit le Roi piqué au vif. Me prenez-vous pour un imbécile ? Poursuivez ! »

14 commentaires:

  1. Alors que j'ai du regardé alice à toutes les sauces (disney, le DA, les films...) je crois que je n'ai jamais pris le temps de lire l'oeuvre originale! Il va falloir que j'y pense, d'autant plus que ton avis m'en donne très envie :)

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    1. J'ai vraiment beaucoup aimé, je pense que l'on adhère ou non à l'univers, mais j'ai été agréablement surprise par tant de fantaisie et de jeux avec la langue (même si malheureusement, en n'étant pas imprégné de la culture anglaise traditionnelle, on passe à côté d'un certain nombre de choses)

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  2. Rhôô, j'aime énormément les deux extraits ! Tu m'as donné envie de découvrir ce classique, tiens. Moi qui en avais une peur bleue petite (je n'ai toujours pas compris pourquoi cela dit... mais bon :D)

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    1. C'est plein de fantaisie et d'absurde, l'auteur s'est affranchi des différents codes sociaux de son époque. Mais Morgana, une chose encore plus importante, c'est le 1000e commentaire du blog que tu viens de déposer ici, donc tu vas avoir droit à un petit cadeau =)

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    2. Le 1000 ? Vraiment ? Mais c'est génial ! Toutes mes félicitations Stella ! Je suis tellement contente pour toi ! :) (Et je suis également super fière d'avoir eu la chance de laisser le fameux 1000ème commentaire :D)(Comment ça "Et maintenant, retourne de suite bosser Morgana ?" Pff... :D)

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    3. Et oui !!! Je suis très contente également ! Tu recevras ta surprise d'ici une quinzaine de jours ;)

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  3. ton billet est bcp plus complet que le mien mais nos avis sont similaires et nous lui avons même donné la même note. J'ai aimé, ça va vite, on ne tombe pas dans des descriptions à n'en plus finir, on passe rapidement d'un personnage à l'autre. Bref, une lecture plaisir, entre deux romans plus complexes, parfaite !

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    1. Oui, une lecture plaisir, qui sort des codes habituels !

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  4. Cette lecture traîne dans ma PAL depuis un bon moment. Pas seulement Alice, mais TOUT ALICE (réuni en un seul volume). Tu me rappelle ce livre à mon bon souvenir, et à ma bonne envie de le découvrir ! Merci pour cette chronique très sympa !

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    1. Merci pour ton gentil commentaire :) Je lirais volontiers la suite un peu plus tard, moi aussi. Si on entre dans cet univers fantaisiste et de non-sens, on se régale vraiment, et il y a une vraie critique de société qui se cache derrière. J'ai beaucoup aimé !

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  5. Il faut vraiment que je le relise avec mes yeux d'adulte *-* avant de me pencher sur le Burton :p
    Bisous !

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    1. Oui ! Par contre le Burton, bof bof, Alice en armure l'épée à la main, j'ai eu du mal. Mais il faut dire aussi que ça ne reprend pas vraiment Alice au pays des merveilles, c'est plutôt une suite

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    2. Ah ben d'accord...il est pas dans mes prio même si c'est Burton mais merci de me prévenir de la désillusion xD

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    3. Ben, Alice en armure type Jeanne D'arc quoi...

      Mais il y a quand même de bonnes choses dans ce film ;)

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