samedi 20 février 2016

Gros boudeur et Dans mes bras, d’Emile Jadoul

Editeur : Ecole des loisirs
Année : 2015 et 2016
Public visé : Enfants, dès 2 ans

Résumé :
Dans "Gros boudeur", revoilà Léon, héros de plusieurs albums d’Emile Jadoul. Aujourd’hui, Léon n’est pas dans son assiette… Ses amis s’inquiètent. Aurait-il froid ? Faim ? Serait-il malade ? Mais non, Léon fait du boudin ! Parce qu’il va bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur…
On le retrouve ensuite avec "Dans mes bras". Marcel, le petit frère, est né! Pour l'instant, il ne prend pas beaucoup de place dans son minuscule berceau, mais Léon se demande où on pourra le mettre lorsqu'il grandira... Sûrement pas dans sa chambre! Pas non plus sur les genoux de Maman, la place est déjà prise!

Ce que j’en pense :
Emile Jadoul est une valeur sûre pour les tout-petits. Avec le personnage de Léon, il avait déjà abordé la propreté dans « Gros pipi », ou le coucher dans « Pas question ». Cette fois, il s’attaque à l’épineuse question de l’arrivée d’un second enfant dans la famille, et de la jalousie de l’aîné.
Pendant la grossesse, Léon fait donc du boudin, et ses amis cherchent à le réconforter, sans succès. Jusqu’à ce que l’arrivée de sa maman mette le problème en évidence. Cet album peut permettre de rassurer un aîné avec des mots tout simples, en lui expliquant qu’il reste toujours l’enfant de ses parents, et qu’il a en plus le privilège d’être le premier !
Mais une fois que Marcel arrive, la jalousie resurgit, sous une forme différente : Léon n'a plus peur qu'on lui vole l'affection de ses parents, mais qu'on lui prenne physiquement sa place. Les justifications de Léon sont tordantes pour les parents, et bien compréhensibles des enfants. Quant à la solution trouvée, elle est pleine de tendresse... Un régal

Les + : un personnage que les petits connaissent, un thème important
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5


Stellabloggeuse

mercredi 17 février 2016

Les petites reines, de Clémentine Beauvais

Editeur : Sarbacane
Année : 2015
Pagination : 270 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans

Résumé :
Pour la troisième année consécutive, Mireille Laplanche monte sur le podium du concours de boudins, organisé par un petit caïd macho de son lycée, accessoirement son meilleur ami d’enfance. Comme Mireille est endurcie, elle décide d’aller consoler les deux autres boudins, Astrid et Hakima. Naît alors l’idée, chacune pour ses raisons personnelles, de se rendre jusqu’à Paris en vélo et de s’introduire à la garden-party de l’Elysée le 14 juillet. Contre toute attente elles partent, accompagnées de Kader, le grand frère d’Hakima.

Ce que j’en pense :
Je vous avoue que j’ai commencé cette lecture le couteau entre les dents, prête à débusquer le moindre défaut après la pluie de prix et de coups de cœur récoltée par ce roman, moi qui avais trouvé le précédent de l’auteur, « Comme des images », cruellement dépourvu de fil conducteur et de suite dans les idées malgré tout son potentiel.
Force m’est de reconnaître que ces louanges sont tout à fait mérités, et d’y ajouter les miens. « Les petites reines » est un excellent roman, qui surprend sans cesse, qui fait rire, et qui émeut aussi quand on s’y attend le moins (à l’image du dialogue entre Mireille et Kader lors de la garden-party, à la fois tordant, touchant et poignant). Clémentine Beauvais s’attaque au thème de l’apparence physique sans complaisance, avec un ton corrosif délicieux, sans épargner ses personnages.
Ces dernières ne sont pas des héroïnes, mais des jeunes filles qui ont souffert et que le monde a forcé à s’endurcir, à l’image de Mireille qui a du mal à entrouvrir sa carapace. Elles doivent être fortes si elles veulent rester elles-mêmes.
Quand on s’attaque à un thème pareil, les clichés ne sont jamais loin, mais l’auteure a su magistralement les éviter. Dès que l’on s’en approche, on l’évite d’une pirouette ou d’une plaisanterie bien sentie.
D’autres thèmes intéressants traversent le roman : l’adolescence, le lien père-fille, la guerre au nom de l’anti-terrorisme, le racisme ordinaire, les premiers amours, le féminisme… Mais cette fois, l’auteure ne perd jamais le fil et tout se mêle à la perfection, formant un tout cohérent qui frappe en plein cœur.
La fin est réussie, bien dosée, crédible, même si on quitte à regret ces personnages que l’on a appris à aimer, et que l’on aimerait toujours autant même si elles étaient vertes à pois rouges !
En résumé, c’est un roman qui donne la pêche, à conseiller à toutes les filles qui manquent de confiance en elles !

Les + : le ton corrosif, les personnages, une histoire très bien menée
Les - : rien du tout !

Appréciation : 5/5 (Coup de cœur)
 
"-Pleure Mireille, tu as le droit de pleurer, fait remarquer le Soleil.
-Je pleure pas !! sangloté-je
-Ah bon... Tout va bien, alors.
Il fait soudain quelque chose qui devrait me pulvériser en mille bulles de savon : il m'entoure les épaules de son bras droit, et, d'une main gauche attentive (et recouverte de cloques), il se sert de sa serviette en papier pour m'essuyer les yeux. Et me moucher le nez.
Super. Le Soleil me mouche le nez. C'est tellement sexy, ces remontées de liquide nasal du plus profond de mes branches jusque dans sa serviette en papier.
Moi :
-J'ai du attraper le rhume d'Astrid.
-ça doit être ça.
-J'ai du mascara partout, là ?
-Partout. Mais c'est joli, on dirait un raton laveur.
-Ah, nickel. Je me disais justement, il n'y a pas assez de gens qui viennent à la garden party de l'Elysée maquillés en animaux de forêt.
-C'est un tort, confirme le Soleil.
-Si tu veux, je te prête mon khôl, tu te fais une tête de zèbre et on court partout en poussant des cris sauvages.
-Tu as de très jolis yeux, déclare le Soleil en poussant mes mèches sur le côté. J'avais pas remarqué, à cause de tes cheveux qui sont toujours devant.
D'accord. D'accord. Il m'a dit que j'avais de très jolis yeux, d'accord. Ma vie ne sera donc, à partir de maintenant, qu'une longue suite de déceptions. J'en conclus
-Il faudrait que j'achète une barrette alors.
-Ce serait un bon investissement, approuve le Soleil."

lundi 15 février 2016

Facteur pour femmes, de Sébastien Morice et Didier Quella-Guyot

Editeur : Grand angle
Année : 2015
Pagination : 120
Public visé : Adultes

Résumé :
1914, sur une petite île bretonne. Les hommes sont mobilisés pour la Grande Guerre qui vient d’être déclenchée, mais que l’on espère courte. Les habitants s’organisent, les femmes prennent le relais de leurs hommes pour faire vivre l’île. On confie alors la distribution du courrier à Maël, un jeune homme au pied-bot dont la guerre n’a pas voulu. Commencent pour lui les années les plus douces de son existence…

Ce que j’en pense :
Tout d’abord, c’est une bande-dessinée agréable sur le plan graphique, avec des couleurs douces et des tons chaleureux. Le lecteur est véritablement plongé dans l’ambiance de l’île.
Quant à l’histoire, elle glisse peu à peu dans l’amoralité, avec ce jeune homme qui jouit des bienfaits que la guerre lui prodigue, elle qui lui permet d’être le seul jeune homme au milieu de femmes délaissées. Ces dernières expérimentent également une toute nouvelle liberté. Pourtant, la guerre se rappelle à nous par quelques vignettes percutantes, et la fin tombe comme un couperet.
Au final, c’est une bande dessinée à l’intrigue surprenante, légèrement dérangeante, avec un angle très original pour aborder la guerre, qui vaut le détour.

Les + : l’originalité, le graphisme chaleureux
Les - : un peu dérangeante
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

samedi 13 février 2016

Phobos, tome 2, de Victor Dixen

Editeur : Robert Laffont
Année : 2015
Pagination : 489 p.
Public visé : Adolescents à partir de 15 ans et jeunes adultes

Résumé :
*Attention il s’agit du second tome d’une série, présence de spoilers sur le tome précédent*
Léonor vient de révéler à l’ensemble des participants le contenu du rapport Noé et la terrible vérité qui l’accompagne : s’ils descendent sur Mars ils trouveront la mort, s'ils restent dans le vaisseau ils n'auront pas assez d'oxygène pour rentrer. Ils doivent donc choisir entre faire demi-tour et révéler au monde entier le vrai visage de Serena et d’Atlas Capital, ou descendre sur Mars et tenter coûte que coûte de survivre. Pendant ce temps, la chaîne Genesis est suspendue dans l’attente de leur décision…

Ce que j’en pense :
Dans la lignée du premier tome, celui-ci nous plonge dans une grande aventure spatiale avec dépaysement garanti, et pleine de rebondissements. Il est ici principalement question de la survie des candidats, une fois leur choix effectué, mais la romance est toujours bien présente alors que garçons et filles se mêlent pour la première fois. Nous alternons toujours entre différents points de vue : la chaine Genesis, les coulisses auprès de Serena, la quête de vérité d’Andrew Fisher, et le point de vue interne de Léonor. J’ai apprécié ce nouveau tome, qui souffre pourtant d’un manque de crédibilité avec certaines innovations trop bluffantes pour être vraies (même si on est dans de la science-fiction)
Léonor apprend à ouvrir son cœur à l’amour et à s’accepter enfin, mais les démons du passé ne sont qu’endormis. Marcus et Léonor mis à part, les personnages restent un peu caricaturaux.
La fin du roman retourne une nouvelle fois la situation et tombe comme un couperet, laissant le lecteur/spectateur dans l’incertitude la plus totale quant à la suite des événements. Il va falloir patienter jusqu’au tome 3 !

Les + : une intrigue haletante
Les - : des personnages un peu caricaturaux, un léger manque de crédibilité
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse

« Alors, comme par enchantement, je sens les battements de mon cœur ralentir ; j’entends le sifflement de la peur refluer, tandis que monte du plus profond de mon âme une vague de calme assurance. J’ai l’impression que mes cheveux roux se gonflent de chaque côté de mon visage – oui, tels les rayons d’une étoile rouge, comme s’ils étaient soulevés par quelque chose qui me porte et me dépasse, par une énergie qui me hausse au-dessus de moi-même et qui me rend vraiment géante. Comment Marcus pourrait-il engloutir cette lumière, puisque c’est lui qui l’a allumée en moi ? »
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2016 : 4/13



Challenge 100% R : 30e lecture