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vendredi 31 octobre 2014

Inventaire après rupture, de Daniel Handler : une histoire d’amour assez banale, malgré un bon concept

[Nathan, 2012]

« Inventaire après rupture » de Daniel Handler est un titre qui m’a interpellée dès sa sortie. J’ai été immédiatement attirée par sa couverture rose, puis par son idée de base de revenir sur une histoire d’amour au travers d’objet. Après l’avoir – comme souvent – laissé traîner dans ma bibliothèque, il était temps de le découvrir !

Résumé

Aujourd’hui, Min va rendre ses affaires à Ed. Elle en a tout un carton, des objets témoins de leur histoire d’amour, glanés au fil des rendez-vous. En sortant un par un les objets du carton, Min écrit une lettre à Ed, où elle revient sur les grandes étapes de leur histoire et lui explique sa vision de leur rupture. Parviendra-t-elle à se libérer de ses souvenirs ?

Un concept intéressant…

J’ai été séduite par l’idée de base du roman, le fait de raconter une histoire d’amour à partir d’objets. Et ce d’autant plus que le livre est illustré de dessins de ces objets, ce qui lui donne un charme supplémentaire. Néanmoins, les bons points s’arrêtent là. Ce qui m’a poussée à aller jusqu’au bout, c’est le désir de savoir pourquoi Min et Ed avaient rompu, même si j’ai eu de gros doutes en abordant le dernier tiers.

…mais trop de longueurs

Mais pour le reste, cette lecture a été assez laborieuse. Il y a des longueurs, Min discourt interminablement avant d’en venir aux faits, truffant sa lettre de références à des films américains, de ceux qui passent dans les petits cinémas « d’art et d’essai » (je me suis souvent crue dans la série Dawson !). Quant à l’histoire d’amour elle-même, bien qu’elle compte quelques jolis moments, elle est très banale, deux individus très différents essayant de mettre leur vie sur la même longueur d’onde.

Les personnages

Même constat d’échec du côté des personnages. En effet, je n’ai pas réussi à m’attacher à Min. On la sent très aigrie par la rupture, et même si on a parfois envie de la plaindre quant à la manière dont tout cela s’est passé, je l’ai trouvé assez pédante, imbue d’elle-même, et je n’ai pas aimé son sentiment supériorité vis-à-vis d’Ed. Ce dernier m’a finalement été plus sympathique malgré ses (gros) défauts et son comportement. Mais le personnage que j’ai préféré, c’est celui d’Al, l’ami dévoué avec le cœur sur la main.

L’écriture

Quant au style, il est agréable dans l’ensemble, mais il est assez littéraire, les phrases sont longues et l’on peine parfois à reprendre son souffle. Si cela ne m’a pas dérangée en tant qu’adulte, je trouve ce choix peu judicieux pour un roman ado, il me semble que la plume « plombe » inutilement le roman. Attention, je ne milite certainement pas pour un style pauvre dans les romans ado, mais ici je l’ai trouvé en décalage avec le propos.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman qui avait du potentiel, mais qui selon moi rate sa cible. Barbant pour des ados à cause de ses nombreuses références cinématographiques, de son style trop lourd et de ses longueurs, il manque d’épaisseur et de fond pour de jeunes adultes, l’histoire d’amour étant très banale. Néanmoins la lecture n’est pas non plus désagréable, et il peut plaire aux passionnés de cinéma.

Note : 2,5/5
Stellabloggeuse
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« Je ne fume pas, même si dans les films ça paraît fabuleux. Non, moi, je gratte des allumettes dans ces nuits blanches et ruminées où je rampe en catimini sur le toit du garage, sous le ciel obscur, tandis que ma mère dort innocemment et que de rares voitures circulent au loin dans les rues désertes, quand l’oreiller ne veut pas rester frais et que les couvertures m’horripilent, que je bouge ou que je reste immobile. Là-haut, je me contente de rester assise, jambes pendantes, et de gratter des allumettes pour les regarder flamber et mourir. »

« Alors, je t’autorise un pas de plus. Le type avec moi en géo se rend compte qu’il est toujours là comme un ballot et s’éclipse. Je sens trembler mes épaules et l’arrière de mes genoux. D’un petit mouvement de tête, j’enfouis ma colère comme sous un tas de feuilles, prête à la ressortir au prochain épisode. Tu es là, trop beau – ce que tu es, ta façon de te mouvoir, de me parler. Je ne peux pas détourner les yeux. »

« Quelle conne j’étais de me prendre pour ce que je n’étais pas, quelle pauvre naze de me figurer que trois brins d’herbe font une jolie vue, que se faire embrasser rend embrassable, qu’aimer le cinéma fait de vous un cinéaste, qu’un carton de petites merdes est un trésor, qu’un garçon qui vous sourit est sérieux, qu’un moment doux est une vie plus belle. »
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2014 : 13/13


Challenge New Pal 2014 : 35/20

mardi 23 septembre 2014

Persuasion, de Jane Austen : un caractère très fouillé, malgré quelques longueurs

[France Loisirs, 2011]

Après avoir adoré « Orgueil et préjugés » de Jane Austen et apprécié « Raison et sentiments », cela faisait un moment que je souhaitais découvrir un troisième titre de cette auteure. Mon choix s’est porté sur « Persuasion », plébiscité par plusieurs copinautes.

Résumé

Les Elliot sont une famille noble et fière, mais désargentée à cause d’une gestion calamiteuse depuis que l’épouse de Sir Walter est décédée. Ils sont alors forcés de louer le château familial et d’aller vivre dans une demeure moins onéreuse à Bath. Anne, la fille cadette, décide de ne pas les accompagner tout de suite et de visiter sa sœur, Mary, à Uppercross. Elle est alors amenée à revoir le capitaine Wenworth, un homme qu’elle a aimé huit ans plus tôt mais qu’elle a refusé d’épouser par sens du devoir… Malgré les années, les sentiments sont-ils intacts ?

Quelques longueurs

J’ai trouvé dans ce roman de Jane Austen davantage de longueurs que dans les deux que j’ai lus précédemment. Le ton est moins vif et l’intrigue démarre très doucement. En effet, dans une première partie, l’auteure s’attache longuement au caractère de Sir Walter Elliot et de sa fille aînée, Elizabeth. Ensuite, nous faisons la connaissance des habitants d’Uppercross. Ainsi, ce n’est que dans le dernier tiers du roman que l’intrigue amoureuse se développe réellement. En revanche, j’ai trouvé la déclaration et la fin très belles, cette dernière partie m’a vraiment convaincue.

Un caractère très fouillé

Contrairement aux deux autres romans de Jane Austen que j’ai lus, où le point de vue était plutôt omniscient, ici on ne quitte jamais Anne et l’on ignore pratiquement tout des pensées des autres personnages. Ce point de vue interne permet à Jane Austen de développer une psychologie plus fouillée que jamais. Elle nous permet de mesurer les avantages qu’il y a à prendre de l’âge, la sagesse et la fermeté de caractère que cela donne. Elle vante également les vertus d’un équilibre entre un esprit trop malléble et un esprit imperméable à la persuasion.

Les personnages

Anne est un personnage à part parmi les héroïnes de Jane Austen, beaucoup plus discrète, presque terne au premier abord. Ce n’est qu’en apprenant à la connaître que l’on découvre ses mérites. Quant au capitaine Wenworth, il est charmant, et je trouve dommage que l’on ne le connaisse pas un peu mieux, il est au final assez en retrait et dialogue peu avec Anne. La famille d’Anne est un parfait exemple de famille noble orgueilleuse et désespérément à la recherche d’un mariage pouvant sauver leur situation. Les habitants d’Uppercross sont beaucoup plus simples et chaleureux. Ainsi, encore une fois, Jane Austen a construit toute une galerie de personnages qui a su me convaincre.

L’écriture

Le style de Jane Austen est toujours très plaisant. Ici, les dialogues ont un peu moins d’importance que dans les autres romans que j’ai lus, et laissent davantage place à l’introspection d’Anne. Les descriptions sont étayées et nous permettent de nous représenter les scènes. En revanche, encore une fois, l’humour rafraîchissant de « Orgueil et préjugés » m’a un peu manqué.

En quelques mots…

Ainsi, il m’a fallu un peu de temps pour « entrer » dans ce roman et en apprécier le personnage principal. Je regrette quelques longueurs, mais la dernière partie a su me convaincre et la fin est très belle. Le couple phare du roman est bien assorti, il est dommage qu’ils n’interagissent pas beaucoup entre eux durant la majeure partie de l’histoire. Enfin, l’humour qui m’avait tant séduite dans « Orgueil et préjugés » m’a un peu manqué. Malgré ces bémols, j’ai passé un bon moment.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse

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« Il n'avait pas pardonné à Anne Elliot. Elle l'avait lésé, délaissé et déçu et , ce qui est pire, elle avait montré, en agissant ainsi, une faiblesse de caractère que son tempérament décidé et confiant ne pouvait tolérer. Elle l'avait abandonné pour obliger autrui. Cela avait été l'effet d'un excès de persuasion. C'était un signe de faiblesse et de timidité. »

« Elle se fiait plus à la sincérité de ceux qui disent parfois une parole irréfléchie qu'à ceux dont la présence d'esprit ne faisait jamais défaut, et dont la langue ne se trompe jamais. »

"Je ne puis écouter davantage en silence. Il faut que vous parle, avec les moyens dont je dispose. Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir."

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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2014 : 12/13

 Challenge New Pal 2014 : 32/20
(Le n°31 étant le t.4 du manga Sailor Moon, non chroniqué ici)

mardi 2 septembre 2014

Couleur ketchup, d’Annabel Pitcher : un triangle amoureux fatal

[Plon, 2013]

J’ai repéré « Couleur ketchup » d’Annabel Pitcher l’année dernière, au cours de l’une des masses critiques de Babelio. Si je n’ai pas obtenu ce titre en partenariat, le pitch du roman m’est resté en tête, et j’ai fini par l’acquérir d’occasion, avant de le mettre au programme de mes challenges 2014.

Résumé

Zoé, une adolescente de 15 ans, entreprend d’envoyer des lettres à Stuart Harris, un homme condamné à la peine de mort pour avoir tué sa femme. Elle s’imagine que, du fait du crime qu’il a commis, il pourra la comprendre, elle qui se sent responsable de la mort d’un garçon. Son erreur, c’est d’être tombée amoureuse d’un garçon tout en sortant, sans le savoir, avec son frère… Au fil des lettres, elle revient sur toute une année marquée par ce triangle amoureux fatal.

Un roman bien mené

La première qualité de ce roman, c’est d’être bien mené. L’auteure mêle habilement le présent et le passé de Zoé, sa vie avant et après le drame, en nous livrant petit à petit les pièces du puzzle. Le fait que Zoé écrive à un détenu apporte une originalité bienvenue et permet également d’aborder le thème de la prison, de la peine de mort et de la culpabilité. Malgré la mort de l’un des garçons qui pèse sur tout le roman, il y a aussi quelques touches d’humour, un humour noir et grinçant qui m’a bien plu. Enfin, on s’intéresse également à la vie de famille de Zoé, une famille un peu particulière puisque sa plus petite sœur est sourde, et que cela impacte toute la vie quotidienne.

Un triangle amoureux particulier

En dehors des thèmes de la culpabilité et du secret, le triangle amoureux est bien évidemment au centre du roman. Il change de ceux auxquels on est habitués, avec une jeune fille hésitante. Ici, Zoé sait parfaitement qui elle aime, et c’est une série de quiproquos qui met en branle un terrible engrenage, où elle finit par être piégée. Les erreurs s’accumulent et les personnages agissent mal, mais il y a derrière une belle histoire d’amour contrariée, et j’ai les dernières pages assez émouvantes.

Les personnages

Zoé est un personnage assez immature et égocentrique. Tout au long du roman, elle prend des décisions sans vraiment se soucier des sentiments des autres. Elle est très jeune, elle n’a que 14 ans lorsque cette histoire commence, et cela se ressent. Je ne me suis pas vraiment attachée à elle. Max ne m’a pas vraiment plu non plus, c’est un garçon habitué à être populaire et qui n’a pas grand-chose d’intéressant à raconter. J’ai eu du mal à oublier le coup tordu qu’il a fait à Zoé au début du roman. En revanche, on s’attache facilement à Aaron, à sa douceur et à ses rêves.

Quant à la famille de Zoé, j’ai eu beaucoup de mal avec sa mère, étouffante avec ses enfants et injuste avec son mari. Néanmoins, à la fin du roman, on la comprend un peu mieux. J’ai beaucoup aimé Sophie, la sœur du milieu qui se sent délaissée, et Dot, la petite sœur sourde qui est très espiègle.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est typique des romans young adult actuels, d’autant plus qu’ici, c’est Zoé qui s’exprime en écrivant ces lettres : aussi, le style est simple et parfois maladroit. Ainsi, l’écriture colle bien à une adolescente de cet âge. Le roman est assez vivant, les dialogues sont convaincants et les descriptions suffisantes. Ainsi, ce n’est pas un style très travaillé, mais l’essentiel est là.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman assez sombre mais non dénué d’humour, mais surtout bien mené avec une petite touche d’originalité. L’auteure nous propose un triangle amoureux un peu particulier à la fin tragique. Les thèmes de la surdité, de la culpabilité et du secret sont les fils rouges de cette histoire, à lire à partir de 14/15 ans.

Note : 4/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2014 : 11/13


Challenge New PAL 2014 : 30/20

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« Aaron a fait un signe de la main et j’ai fait un signe de la main. Il a posé sa main sur la vitre et j’ai posé la mienne sur la vitre et il a pris cet air moqueur en écarquillant les yeux et en battant des cils comme si nous étions en train de vivre un moment particulier. Ce qui était marrant, c’est que c’était vrai et que nous le savions tous les deux, et c’est pour ça que nos joues se sont mises à briller d’un rouge vif parfaitement identique. »

« Si vous voulez mon avis, personne n’a le droit d’effacer un être humain comme ça, comme s’ils avaient jeté un coup d’œil à leur âme et qu’ils avaient conclu que tout y était mauvais, qu’il ne restait vraiment pas la moindre miette de bonté qui vaudrait la peine d’être sauvée. »


« Au bout d’un moment, l’officier de police a dû finir par me croire parce qu’il m’a dit que je pouvais rentrer chez moi. Sauf que ce n’était pas chez moi. C’était une bâtisse que je ne reconnaissais pas avec une famille qui me semblait être un groupe d’étrangers. Ma chambre n’était pas ma chambre et mon lit n’était pas mon lit, parce que ce n’était pas moi. J’étais quelqu’un d’autre, une étrangère que mes parents ne connaissaient pas. Une tricheuse. Une menteuse. Une tueuse. »

dimanche 13 juillet 2014

Irrésistible attraction, de Simone Elkeles : une romance compliquée et "caliente"


Il y a deux ans, je découvrais Simone Elkeles avec le premier des Frères Fuentes, Alejandro, dans Irrésistible alchimie. J'ai ensuite lu son dyptique, Paradise et Retour à Paradise centré sur d'autres personnages, mais je garde une petite préférence pour les Frères Fuentes. Aussi, j'ai été ravie de découvrir les aventures du cadet, Carlos, à l'occasion d'une lecture commune organisée sur Livraddict par Marjo2505.

Résumé

Après s'être fait renvoyer de son travail et avoir collectionné les ennuis, Carlos est envoyé malgré lui dans le Colorado, chez son frère Alejandro. Il est sommé de reprendre sa scolarité. Mais les ennuis le rattrapent rapidement, et le voilà contraint de suivre un programme spécial pour les jeunes à problèmes, et de vivre chez un tuteur. La fille de ce dernier, Kiara, pas féminine pour deux sous, va lui servir de guide et d'alliée au lycée. Mais Carlos, attaché à sa liberté, n'est pas prêt à se laisser approcher, préférant les filles faciles comme Madison, la coqueluche du lycée.

Un tome qui a sa propre identité

J'ai été assez conquise par ce deuxième volet qui n'a rien d'une pâle copie du précédent. En effet, le caractère de Carlos se distingue bien de celui de son frère. Et l'histoire est bien différente, même si au cœur, on trouve une romance assortie d'une forte attraction physique. Ce roman est moins sombre que son prédécesseur, la menace des gangs moins présente, même si elle existe bel et bien. En contrepartie, il y a un peu moins d'émotion.
Tout se joue davantage au niveau de la personnalité de Carlos, de sa psychologie et de la manière dont il envisage son avenir et ses relations.

J'ai été emportée, et seule la fin est un peu trop facile à mon goût. Je n'aime pas trop non plus ces épilogues qui nous transportent 20 ans plus tard, je préfère imaginer !

Une bonne romance

En ce qui concerne la romance, elle a très bien fonctionné pour moi. Des instincts de midinette n'ont pas tardé à ressurgir, et j'ai vibré. Bien sûr, le roman n'est pas exempt de certains clichés du genre, mais il y a vraiment un petit truc en plus qui fait la différence. J'ai particulièrement aimé l'humour, très présent. On est face à deux forts caractères qui se défient, même s'il y a aussi beaucoup de tendresse et de fragilité. Un cocktail explosif, qui fonctionne très bien !

Les personnages

Comme le volet précédent, ce roman alterne le point de vue des deux personnages principaux, Carlos et Kiara, qui s'expriment à la première personne, nous permettant d'explorer leur psychologie.

Kiara est un personnage très attachant, une fille à laquelle on s'identifie facilement. Assez fonceuse, elle n'a peur de rien, elle fait beaucoup de sport et ne recule pas devant un peu de mécanique. En revanche, elle a un côté fragile, avec un bégaiement qui la prend à la moindre émotion. Elle a aussi du mal à assumer sa féminité.
Quant à Carlos, c'est une forte tête. Impertinent, il a beaucoup de répondant. Il est également très sûr de lui. Mais il dévoile très (trop?) rapidement un côté fragile, un besoin désespéré d'affection et une peur de l'abandon. Il se met lui-même des barrières parce qu'il ne pense pas pouvoir s'assurer un avenir. Et au final, on l'aime, cette canaille.

Il y a aussi quelques personnages secondaires notamment Brandon, le petit frère de Kiara et Tuck, qui renouvelle un peu le cliché du meilleur ami gay. Enfin, j'ai pris plaisir à retrouver Alex et Brittany dans l'entourage de Carlos, et à suivre l'avancée de leur relation.

L'écriture

Le style de Simone Elkeles est fidèle à lui-même, simple et direct, et il correspond bien aux personnages. Ainsi, Carlos étant en révolte, quelques gros mots fusent, sans que cela ne soit gênant. Il y a un peu moins de mots en espagnol que dans le précédent roman, la compréhension est meilleure. Les dialogues sont vifs, l'humour et la sensualité sont présents.

En quelques mots...

Ainsi, il faut prendre ce roman pour ce qu'il est : une très sympathique romance pour adolescentes et celles qui ont gardé leur cœur de midinette, sur fond de problèmes de gangs. On s'attache rapidement aux personnages, en oubliant les quelques clichés qui subsistent dans ce roman, plus léger et plus drôle que son prédécesseur. Si vous aimez ce genre de littérature, vous adorerez. Pour ma part je regrette même de l'avoir dévoré en 48h et de ne pas l'avoir fait durer un peu plus !

Pour finir, je vous invite à découvrir les avis de mes camarades de lecture : Marjo2505 (organisatrice), PetitepomSokittyChroniques aléatoires, ... 

Note : 4,5/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2014 : 10/13


Challenge New PAL 2014 : 28/20


La Coupe du Monde des Livres : GOAL n°5 !

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"Je m'attends que tout le monde m'abandonne à un moment ou un autre dans la vie. Depuis Destiny, j'ai refusé de m'impliquer sur le plan émotionnel. Si je me laissais aller à m'attacher à une fille, à tous les coups, elle me laisserait en plan, elle me repousserait, ou elle crèverait. ça a toujours été comme ça, et il en sera toujours ainsi."

"Allez savoir pourquoi je suis là adossé contre le comptoir comme un imbécile à la regarder pétrir. Peut-être parce qu'elle ne se plaint jamais de rien. Escalader les montagnes, retaper des voitures, défier des connards dans mon genre, se salir les mains dans la cuisine, rien ne lui fait peur."

« Je caresse le bras accroché à moi jusqu'à ce que sa respiration s'apaise.
- J'aimerais pouvoir t'aider.
- Tu m'aides, murmure-t-il tout contre ma jambe. Ne t'en va pas, d'accord ? Tout le monde me quitte. »

"-[...] C'est beaucoup mieux que ce que j'ai, et plus que ce que nos parents avaient quand il se sont mariés. Sans compter que Mi'ama avait un vilain polichinelle dans le tiroir. Toi, en l'occurrence.
-A propos de vilain, tu t'es regardé dans la glace ces derniers temps ?
-Oui. C'est bizarre, Alex. Même avec un cocard et la lèvre fendue, je continue à être plus beau que toi."

jeudi 10 juillet 2014

Soeurs sorcières, tome 1, de Jessica Spotswood : des sorcières made in Jane Austen

[Nathan, 2013]

Le premier tome de « Soeurs sorcières» de Jessica Spotswood a presque fait l'unanimité sur la blogosphère, j'ai pu lire nombre d'avis élogieux au moment de sa sortie, y compris de la part de bloggueuses exigeantes auxquelles je fais toute confiance. Aussi, je me le suis procuré assez rapidement, mais je n'ai jamais pris le temps de le lire ! Il était temps de réparer cet oubli !

Résumé

(Je vous déconseille de lire la 4e de couverture de Nathan qui spoile une bonne partie de l'intrigue à mon goût. Mon résumé est garanti sans spoiler). Dans une Nouvelle-Angleterre imaginaire, le XXe siècle sera bientôt là. Cet Etat abritait autrefois de nombreuses sorcières, qui détenaient le pouvoir. Mais désormais celui-ci est aux mains des Frères, des hommes dévots qui traquent les sorcières et qui ont bâti une société profondément machiste. Les trois soeurs Cahill, nées sorcières et privées de la protection de leur mère morte 3 ans plus tôt, doivent se montrer très prudentes pour ne pas être découvertes. Mais pour Cate, qui aura bientôt 17 ans, l'âge des choix arrive à grands pas : épouser Paul, son ami d'enfance, ou rejoindre l'ordre des Soeurs ? Et si aucun de ces choix n'était le bon ?

Une ambiance très anglaise

On va faire simple : tous les aspects de ce roman m'ont plu. Tout d'abord son cadre spatio temporel, cette société imaginaire pas si éloignée de la nôtre, et pourtant différente. L'ambiance est très anglaise, il y a un côté Jane Austen, c'est une société mondaine où il faut porter de belles robes et être invitée à prendre le thé chez ses voisines pour espérer une demande en mariage. Cette société est également machiste à l'extrême, j'ai eu plusieurs fois envie de boxer les Frères! Les sorcières sont opprimées, envoyées à l'asile ou disparaissant dans la nature.

Une intrigue séduisante

Ensuite l'intrigue a su me séduire, malgré un début un tout petit peu lent, mais utile pour mettre en place le cadre. La magie qui est développée dans ce roman me plaît et me convainc. La prophétie découverte par Cate entraîne une tension, un suspense. J'ai vu venir certains événements assez « transparents », mais d'autres m'ont prise au dépourvu. La fin est terrible ! Enfin, j'ai beaucoup aimé les relations entre les différents personnages, qu'il s'agisse de celles unissant les trois sœurs, des amitiés qui se nouent, et de la romance qui m'a donné quelques frissons (midinette un jour, midinette toujours).

Les personnages

Les personnages sont un point fort de ce roman. On se place du point de vue de Cate, l'aînée des trois sœurs. C'est une jeune fille réservée et prudente, qui considère ses pouvoirs de sorcière comme une malédiction et qui rechigne à les développer, au grand dam de ses sœurs. Elle ne rêve que d'une vie simple, d'un mariage d'amour et d'un jardin. Elle se sent prise au piège par un destin qu'elle n'a pas voulu. Mais elle sait aussi se remettre en question et ses belles résolutions sont balayées par la passion. Enfin, elle a un grand sens du sacrifice et son premier objectif est de protéger ses soeurs.

Les caractères de ses sœurs sont moins approfondis mais intéressants. Maura a beaucoup à prouver. En apparence introvertie, toujours dans les livres, elle est en quête de reconnaissance et a besoin de briller. Quant à Tess, elle est très intelligente et mûre pour ses 12 ans, son intuition est sûre. Elena, la gouvernante, m'a agacée et je ne lui fais pas confiance. Côté garçons, j'ai du mal avec Paul qui est un peu trop sûr de lui, mais qui semble tenir sincèrement à Cate. En revanche j'ai succombé pour Finn et son apparente maladresse.

L'écriture

Quant au style, je n'ai rien noté de particulier. Il est agréable, pas d'obstacle à la lecture ni de langage familier. Les descriptions nous plongent efficacement dans cette ambiance anglaise du XIXe siècle. Il y a un peu d'humour, ça et là (les femmes les plus libres de ce monde étant celles de Dubaï !). Les sentiments des personnages sont bien restitués, avec quelques scènes gentiment sensuelles. Pour un premier roman, il n'y a rien à redire.

En quelques mots...

Ainsi, ce premier tome d'une trilogie fantastique est extrêmement prometteur ! Après un début un peu lent qui pose les bases de cette société machiste où les sorcières sont traquées, l'intrigue décolle, entre magie, intrigues de salon et romance. Un cocktail qui fonctionne extrêmement bien. On frôle le coup de cœur, pour ma part. Je me suis attachée aux personnages et j'ai eu peine à les quitter, j'ai déjà hâte de lire le tome 2 !

Note : 4,5/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2014 : 9/13


Challenge New PAL 2014 : 27/20


La Coupe du Monde des Livres : GOAL n°4 !


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"J'aurais tant besoin d'elle ! Et pas uniquement pour nous dire comment cacher notre secret - à Père, aux Frères, à nos domestiques, à nos voisins et maintenant à cette gouvernante. Mais pour nou montrer comment être à la fois sorcières et femmes, comment grandir sans perdre le meilleur de nous-mêmes."

"Je me vois agenouillé dans un jardin à moi. Tout simple, sans haies taillées, sans statues, sans étang, sans gloriette. Juste un érable pourpre ou deux, des rosiers buissons couverts de boutons roses et rouges. Je me vois mettre en terre des bulbes de tulipe, les mains plongées dans le sol souple et frais. Assis sur un banc non loin, un homme me fait la lecture à voix haute, un livre sur les genoux, comme le faisait Père le soir, autrefois."

samedi 31 mai 2014

The luxe, d’Anna Godbersen, tome 3 : Tricheuses

[Albin Michel, 2010]

*Attention, il s'agit du troisième tome d'une saga, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Quand j'ai commencé la série “The luxe” d'Anna Godbersen, j'étais assez peu convaincue, le premier tome comportait des longueurs même si le final a rattrapé l'ensemble. Le second tome m'a davantage accrochée, même si certains personnages me laissaient encore froide. Ce tome trois m'aura-t-il séduite pour de bon ?

Résumé

Pénélope a atteint son but, se marier avec Henry. Pourtant, elle ne peut tout contrôler, son mari ne l'aime pas et continue à rêver de poursuivre son idylle avec Diana Holland. Cette dernière s'efforce à grand peine d'oublier celui qui a été son premier amour. Elle essaie également de soutenir sa soeur, Elizabeth, dévastée par la mort de Will. Liz doit absolument réapparaître en public, la famille Holland ayant toujours besoin d'être sauvée par un mariage avantageux. Mais le coeur n'y est plus. Quant à Lina, elle fait son petit bout de chemin dans la haute société, jusqu'à ce qu'un évènement imprévu remette tout en cause...

Un tome addictif

Cette fois-ci, j'ai trouvé ce tome réellement addictif. Pour preuve, je l'ai dévoré en 48 heures à peine. Je me suis facilement replongée dans l'ambiance de la haute société new-yorkaise, à l'aube du XXe siècle. Il m'a semblé que ce tome démarrait plus rapidement, et je n'ai pas ressenti de longueur dans ma lecture, ce volume est plutôt dense. Mais surtout, je me suis réellement impliquée dans le destin des personnages, et c'est là principale différence avec les précédents. Seule la fin est, à mon goût un peu moins forte que les précédentes, un peu tirée par les cheveux de mon point de vue.

Sont en jeu cette fois-ci l'avenir d'Elizabeth, qui a du mal à se remettre à vivre. Tout espoir n'est pas perdu pour la romance entre Henry et Diana, mais je dois dire que leur relation m'a moins plu qu'auparavant, elle m'a semblée un peu trop caricaturale, et volontairement contrariée. J'y ai beaucoup moins “cru” qu'auparavant. Quant à Lina, son ascension sociale se trouve compromise, ce qui lui donne un côté plus intéressant.

Les personnages

Dans ce troisième tome, les personnages m'ont semblé plus aboutis, chacun a désormais son intérêt à mes yeux et je me suis plue à suivre chacun d'eux. Diana reste ma préférée, oscillant entre son coeur brisé et ses espoirs qui refusent de s'éteindre, même si son manque de confiance envers Henry m'a parfois agacée dans ce tome. Pénélope est fidèle à elle-même, toujours à tirer les ficelles, mais on la prend aussi en pitié car elle n'est pas vraiment heureuse. Quant à Elizabeth, je l'apprécie telle qu'elle est désormais, elle ne pourra pas redevenir la jeune femme vertueuse qu'elle était, elle doit apprendre à vivre avec ses contradictions et cela la rend intéressante. Enfin, Lina, que j'avais du mal à apprécier, m'est apparue plus humaine dans ce tome. Du côté des hommes, Henry est toujours aussi amoureux et cela reste touchant, mais on passe ce tome à attendre qu'il se décide à agir !

L'écriture

Le style de l'auteure est égal à lui-même dans ce tome. Anna Godbersen nous décrit minutieusement les intérieurs et les tenues des uns et des autres, nous permettant de visualiser les personnages et leur cadre. Les chapitres sont toujours introduits par des courts extraits de lettres, d'articles de journaux ou autre. L'ensemble est fluide, la lecture agréable.

En quelques mots...

Ainsi, j'ai beaucoup apprécié ce troisième tome que j'ai trouvé réellement addictif, notamment parce que chacun des personnages parvient désormais à m'intéresser, ils sont plus aboutis. On retrouve avec délices l'ambiance de la haute société new-yorkaise en 1900 et seule la fin m'a semblée un peu en dessous du reste, notamment en ce qui concerne Diana. J'ai hâte de connaître le fin mot de l'histoire, désormais !

Note : 4/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :



Challenge ABC 2014 : 8/13



Challenge New PAL 2014 : 22/20
(La lecture n°21 étant le manga "Sailor Moon, tome 3", non chroniqué)
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« Alors il lui sourit et, en un instant, le mauvais temps sembla s’adoucir. Elle ressentait cette ancienne légèreté, cet étourdissement qui la faisait se sentir capable de tout, comme toujours, en présence d’Henry. »

« Sans Will, chacun de ses pas était un vacillement. Elle ne sentait plus les limites de son corps, qui étaient devenues vagues, incertaines, et peut-être était-ce pour le mieux, car ce qui allait se passer maintenant, elle n’avait aucune envie de l’éprouver. Elle se sentit submergée par une immense vague de tristesse, et elle ferma les yeux. Son front se plissa, et la tristesse ne passa pas ; elle pria pour que Will la voie, de là où il était, et l’aide à ne pas pleurer. »