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mardi 27 décembre 2016

Le fils de l’ursari, de Xavier-Laurent Petit

Editeur : Ecole des loisirs
Année : 2016
Pagination : 269 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est «emprunteur» de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa «journée de travail». C'est qu'il a découvert le paradis, le jardin du Lusquenbour où il observe en cachette des joueurs de tchèquématte. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari.

Ce que j’en pense :

Un beau roman que j'ai lu pratiquement d'une traite, sur une attachante famille de montreurs d'ours, arrivés en France par l'entremise d'une dangereuse filière mafieuse qui les a pris dans ses filets. Jusqu'au jour ou Ciprian, le petit dernier, découvre "lézéchek", et révèle le tout le potentiel de son intelligence…
J’ai beaucoup aimé cette histoire qui offre quelques moments d'émotion mais ne sombre ni dans le misérabilisme, ni dans l’angélisme. Tout n’est pas rose chez les immigrés de l’Est, et ils ne sont pas exempts de reproches, mais ils restent des familles en quête de survie, aux prises avec des réseaux qui les dépassent.
Mais je me suis surtout passionnée pour le destin individuel de Ciprian, sa sincérité désarmante quand il appelle les gens « Monsieur Enorme » ou « Madame Baleine », son courage idiot, la vivacité de son esprit, sa soif d’apprendre.
A dévorer à partir de 12 ans !

Les + : le personnage de Ciprian
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse
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« -M’man est en train de devenir folle, non ? …
-Et toi, tu n’es pas fou peut-être ? A passer toute la journée avec ton jeu auquel personne ne comprend rien, à apprendre des mots qui servent à rien et à lire des histoires qui n’existent même pas. M’man fait pareil. Elle s’invente des histoires dans sa tête. »

« Mais y’a quoi dans ton petit crâne d’apprenti gadjo ? Tu imagines peut-être que tu es un super-héros ? Il y avait plein de pompiers partout. Tu crois qu’ils ont attendu Super Ciprian pour mettre les gens à l’abri ? Avec tes muscles en chewing-gum, t’aurais même pas pu sauver une libellule ! »

lundi 5 décembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3, de Ransom Riggs : La bibliothèque des âmes

Editeur : Bayard
Année : 2016
Pagination : 587 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Un garçon aux pouvoirs extraordinaires
Une armée de monstres redoutables
Une bataille héroïque pour sauver le monde des particuliers de la tyrannie
Dans le Londres d’aujourd’hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole.
Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité

Ce que j’en pense :
Miss Peregrine et les enfants particuliers est l’une des séries dont j’attendais impatiemment le tome final. Après un premier tome surprenant, et un second tome trépidant, il était temps de connaître le fin mot de l’histoire !
Nous retrouvons Jacob, Emma et Addison là où nous les avons quittés, dans le métro londonien à notre époque. Ils se lancent dans une poursuite éperdue pour retrouver leurs amis, prisonniers des Estres.
J’ai retrouvé tout ce que j’aime dans cette saga : son ambiance étrange, son inventivité, un personnage principal attachant, et un livre-objet original grâce aux photographies. Jacob apprend beaucoup sur lui-même et développe un pouvoir surprenant.
Une fois de plus, l’intrigue se tient, jusqu’au dénouement, peut-être légèrement trop facile néanmoins. J’ai bien aimé le petit rebondissement final, même si tout m’a une nouvelle fois paru un peu trop simple. Mais mon cœur est en paix avec cette fin !
Et si Tim Burton continue ses adaptations, ce troisième volet promet d’être spectaculaire…

Les + : l’ambiance, les personnages
Les - : le dénouement un peu « facile »
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse

« Depuis l’instant où j’étais entré dans les décombres de la maison de Miss Peregrine, j’avais l’impression de faire une chute vertigineuse dans le vide. Pour y survivre, je m’étais métamorphosé. J’étais devenu plus souple, plus courageux, plus déterminé. Mon grand-père aurait été fier de moi. Sauf que la transformation n’était pas totale. Ce nouveau Jacob était greffé sur l’ancien, et par moments, j’étais encore en proie à des vagues de terreur atroce. Dans ces moments-là, je regrettais d’avoir rencontré Miss Peregrine, et je suppliais le monde de tourner moins vite, pour que je puisse m’accrocher à quelque chose. Je me suis demandé lequel de ces deux Jacob aimait Emma. »
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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge ABC 2016 : 12/13

mardi 18 octobre 2016

Les belles vies, de Benoit Minville

Editeur : Sarbacane
Année : 2016
Pagination : 231 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

Résumé :
Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop…
Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS.
C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

Ce que j’en pense :
Benoit Minville est comme le bon vin, il se bonifie avec le temps ! Après un « Je suis sa fille » au message fort, mais qui manquait un peu de corps, après « Les Géants », avec un personnage de père tellement touchant et une vraie histoire de famille, après une incursion en policier adulte avec « Rural noir », il livre à mes yeux son meilleur roman. Des problèmes sans solution tout faite, des errances sans leçon de morale...la vie, tout simplement.

Nous revoilà dans la Nièvre (comme dans Rural noir) – et on s’y croirait, gageons que l’auteur y a passé quelques étés – dans les basques de Vasco et Djib, deux jeunes banlieusards « à problème ». Et si vous sentez venir la caricature à plein nez, vous serez déçus ! Car ces personnages sont si vrais que l’on voudrait ne plus jamais les quitter. Tous ces jeunes, et leurs fêlures plus ou moins bien cachées, et la tendresse de Tata et Tonton comme un baume… Enrobés dans l’humour tendre de leur auteur, qui les rend irrésistible.
J’ai adoré le personnage torturé de Dylan, qui avance d’un pas pour reculer de deux, en lutte perpétuelle, pour qui rien n’est gagné, même lorsque le roman se referme. J’ai aimé que l’auteur ne cherche pas le happy end absolu, même si du côté de Vasco et Djib, le revirement est peut-être un peu rapide. 

Ce roman, c’est l’histoire d’un été : des baignades, des balades en vélo, des bagarres, des amours… Pourtant à aucun moment je n’ai eu l’impression de lire quelque chose de banal. J’étais « dedans », et une boule au ventre m’est remontée jusque dans la gorge, au moment de les quitter… Peut-être que l’auteur leur offrira une suite ?
En attendant, on guette le prochain roman – oui, déjà, les lecteurs sont d’éternels impatients – et l’adaptation à l’écran des « Géants » !
Un grand merci à Théophile et aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

Les + : les personnages, les personnages, et encore les personnages
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« Pendant qu’il console sa sœur, blottie contre lui, Dylan s’échappe dans la vision de son reflet en espérant y trouver un remède – et pourquoi pas, de l’aide. Voir s’il peut y lire la confiance que les autres mettent en lui.
Mais non, il ne reçoit que cette lueur qui lui rappelle deux phares peinant à éclairer une route plongée dans l’obscurité, à l’infini.

Alors il ferme les yeux. »

vendredi 7 octobre 2016

La trilogie des abimes, de Danielle Martinigol, tome 2 : L’envol de l’abîme

Editeur : Mango
Année : 2004
Pagination : 199 p.
Public visé : Adolescents à partir de 12 ans

* Attention, ce roman est le second tome d'une trilogie : présence de spoilers sur le tome précédent *

Résumé :
Corian est un exclu, un adolescent anonyme parmi les milliards d'individus qui peuplent les Cent Mondes colonisés par les humains. Il mène une vie effroyable sur l'hostile planète Djauze. Rien ne le destine à échapper à son triste sort. Mais Corian a un rêve, devenir perl, c'est-à-dire pilote d'Abîme, ces extraordinaires vaisseaux vivants de la planète Autremer ! Il réussit à participer à l'Epreuve qui sélectionne les candidats-perls, sous l'œil impitoyable de multiples caméras de cosmovision diffusant l'émission Les Vainqueurs de l'Impossible dans toute la Galaxie. C'est alors qu'apparaît dans les cieux un majestueux Abîme sauvage. D'où vient-il ? Aux côtés d'Aëla, " la petite fée des Abîmes ", Corian découvrira le secret du vaisseau-animal. Mais saura-t-il le préserver de la corruption médiatique qui fait rage ?

Ce que j’en pense :
Les seconds tomes des trilogies en sont souvent le point faible, des tomes de transition, sans réelle raison d’être. Pourtant ici, la suite des Abîmes d’Autremer, une de mes lectures fétiches d’adolescente, ne m’a en rien déçue, bien au contraire !

Tous les ingrédients sont réunis pour que ce second tome fonctionne, notamment des personnages attachants : le sensible Corian, le généreux Djem, et la tribu Maguelonne que l’on retrouve avec plaisir – surtout Madery, le patriarche.

Une fois de plus, la machine médiatique menace l’équilibre entre les abîmes et l’humanité. Même si ce qui m’a le plus passionnée dans ce tome, c’est l’histoire émouvante de la famille Maguelonne.

Mais ce roman est aussi et surtout un formidable voyage qui repousse les frontières de notre galaxie, et une belle ode à la liberté, avec un final très touchant.

Un immense merci donc à Danielle Martinigol pour m’avoir fait parvenir cette petite pépite, aujourd’hui introuvable (sauf dans les bonnes bibliothèques !).

Les + : l’émotion
Les - : on aurait pu passer un peu plus de temps sur Djauze (mais je chipote)
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

lundi 3 octobre 2016

Le sel de nos larmes, de Ruta Sepetys

Editeur : Gallimard jeunesse
Année : 2016
Pagination : 477 p.
Public visé : Adolescents à partir de 14 ans, adultes

Résumé :

Chacun né dans un pays différent.
Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes...
Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté...

Ce que j’en pense :
Après le bouleversant « Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » et le réjouissant « Big easy », Ruta Sepetys revient avec un roman coup de poing. 
En écho à son premier roman, elle nous permet de suivre Joana, la cousine de Lina, qui est parvenue à se réfugier en Prusse Orientale. Durant l’hiver 1944-1945, en pleine débâcle, elle doit fuir devant l’avancée de l’armée russe - tout comme deux autres personnages, une jeune fille polonaise très courageuse et un mystérieux allemand. Enfin, le pathétique Alfred est l’un des soldats chargés de les évacuer sur le « Wilhelm Gustloff ».

Tous les quatre prennent la parole en alternance, et leurs points de vue se complètent admirablement bien. Les chapitres très courts donnent un rythme haletant au roman pour accompagner la fuite en avant des personnages : impossible de le lâcher !

Le roman est très bien documenté, ce qui n’empêche pas l’émotion d’être très présente. Merci à Ruta Sepetys  d’avoir mis en lumière un pan méconnu de l’histoire, que j’ignorais totalement.

J’ai un minuscule bémol sur la fin, trop rapide à partir de l’ébranlement du navire, mais qui m’a tout de même amplement satisfaite. Cela ne m’empêche pas de lui attribuer un coup de cœur mérité, pour ce roman terrible ou l’humanité est tour à tour folle et généreuse.

Les + : le rythme haletant, l’émotion
Les - : la fin trop rapide
Appréciation : 5/5 (Coup de coeur)

Stellabloggeuse


« Au moment même où l’on croit que la guerre nous a pris tout ce qui nous était le plus cher au monde, reprit-il en désignant le petit garçon d’un geste de la main, on rencontre quelqu’un  et on se rend compte que l’on a toujours plus à donner. »

lundi 26 septembre 2016

Ma fugue chez moi, de Coline Pierré

Editeur : Rouergue
Année : 2016
Pagination : 115 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quelques jours avant Noël, suite à une séance d'humiliation au collège, et à l'annonce que sa mère, une fois de plus, ne sera pas là pour les fêtes, Anouk décide de fuguer. Mais après une demi-journée dehors, elle rentre… et va se cacher dans le grenier. Clandestine chez elle pendant deux semaines, elle va finir par renouer avec les siens, le temps que chacun dise son inquiétude et son amour.

Ce que j’en pense :

Ce court roman propose une histoire originale, celle d’une fugue finalement vite avortée, qui prend un tournant inattendu puisque Anouk se cache dans le grenier de sa propre maison.
Ainsi, par ce tour de passe-passe, l’auteure permet à son personnage de faire durer sa fugue dans le temps, mais aussi de rendre compte des réactions de l’entourage d’Anouk.
C’est un roman intéressant, qui touche au harcèlement à l’école, mais aussi à la famille et à la problématique du parent absent, qui déséquilibre tout le monde d’une manière ou d’une autre.
Le personnage d’Anouk est attachant, c’est une adolescente rêveuse, musicienne et dessinatrice, qui n’entre pas dans les normes. Elle profite de ce long moment de solitude pour se recentrer sur elle-même, et mieux comprendre qui elle est.
En somme, un bon moment à passer en compagnie de ce roman original et abordable dès 12 ans.

Les + : le thème de la fugue, détourné
Les - : une fin peut-être un peu trop simple
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse
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« À en juger par les livres que je lis et les films que je vois, je suis dans la moyenne du mal-être d'une adolescente. Je ne suis pas battue, pas pauvre, pas en échec scolaire, pas gravement malade, pas contrainte par mes parents à quoique ce soit. Alors pourquoi moi ? Pourquoi j'ai fugué et pas les autres ? J'ai parfois le sentiment d'être un imposteur. Je ne suis pas capable d'affronter mes petits drames alors que d'autres, qui vivent des situations bien plus terribles, s'accrochent malgré tout. »

jeudi 22 septembre 2016

Un peu, jamais, à la folie, d’Adi Alsaid

Editeur : Hachette
Année : 2016
Pagination : 336
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans


Résumé :
Dave et Julia sont meilleurs amis depuis toujours. Et depuis toujours, Dave est secrètement amoureux de Julia. La veille de leur entrée au lycée, ils se font une promesse : ne pas succomber aux clichés de l’adolescence et du premier-amour-pour-toujours. Ils ont élaboré une liste de choses à éviter pour ne pas faire comme tout le monde et entrer dans le moule : ne pas aller aux fêtes, ne pas se teindre les cheveux, ne pas sortir avec un prof, ne pas sortir avec son meilleur ami… Dix points que Dave et Julia parviennent à respecter tout au long du lycée. Lorsque l’heure du départ à l’université approche, ils décident de renverser la tendance et de réaliser tout ce qu’ils se sont interdits jusque-là. Tout se passe comme ils le souhaitent jusqu’à ce que Dave se mette à sortir avec une autre fille. Julia réalise alors qu’elle est jalouse. Dave est fou de joie d’avoir enfin ce qu’il a tant espéré. Lui et Julia s’embrassent et passent la nuit ensemble. Sur le coup, tout semble parfait, mais très vite Dave comprend que c’est en fait Gretchen qu’il aime…

Ce que j’en pense :
Voilà une histoire vue et revue, celle des deux meilleurs amis secrètement amoureux. Assaisonné d’un autre cliché, celui d’adolescents qui décident de ne rien faire comme les autres et se placent en marge, trop intelligents (ou trop peureux ?) pour se mêler aux élèves populaires… Jusqu’au jour où devenir comme tout le monde devient un défi en soi…
Si l’on s’arrête au premier tiers, celui raconté par Dave, ce roman apparaît comme un ramassis de cliché et de banalités, et le personnage de Julia n’a rien de sympathique. J’ai bien failli arrêter ma lecture à ce moment-là. Néanmoins, lors de la seconde partie racontée par Julia, et la dernière qui se donne alternativement chaque point de vue, la psychologie des personnages s’étoffe un peu. On comprend mieux Julia, en quête désespérée de l’approbation de sa mère.
Néanmoins, rien d’original dans ce triangle amoureux et cette histoire de lycéens dans leur année de Terminale, comme dans la plupart des romans proposés par cet éditeur.

Les + : évolution du personnage de Julia
Les - : absence d’originalité
Appréciation : 2,5/5


Stellabloggeuse

lundi 19 septembre 2016

Macha ou l’évasion, de Jérôme Leroy

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 330 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans


Résumé :

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, la course au profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu le monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter : sa jeunesse, cette époque ultraviolente, sa fuite vers un idéal…

Ce que j’en pense :

Jérôme Leroy nous propose ici un roman d’anticipation fort réussi, qui m’a emportée et m’a fait froid dans le dos. Macha, une centenaire qui vit dans un monde de Douceur, raconte sa fuite du monde de la Fin, en 2017. Elle dépeint un monde qui est déjà quasiment le nôtre, marqué par les crises financières, les attentats à répétition, le tournant autoritaire des pouvoirs politiques qui tentent de garder le contrôle sur la situation.

Ce roman engagé met le jeune citoyen en garde sur les atteintes à ses libertés, qui ne cessent de se multiplier : le fichage, les atteintes au droit de manifestation au nom de l’ordre public… Des dérives qui commencent déjà à exister aujourd’hui.
Face à cette évolution de la société et à sa situation personnelle difficile, Macha choisit la fuite, qu’elle nous raconte, vers une ZAD (Zone à Défendre) synonyme pour elle d’espoir de révolte et d’un monde meilleur.

Je n’ai qu’un regret : que l’histoire s’arrête en même temps que la fuite de Macha, et qu’elle ne nous raconte pas la chute du monde de la Fin, et l’installation de la douceur. Peut-être dans un prochain roman, puisque Jérôme Leroy semble avoir de la suite dans les idées. En attendant, je lirai volontiers « Norlande » du même auteur, dont l’un des personnages est évoqué ici.
Un roman citoyen, à mettre dans les mains de tout adolescent suffisamment mûr pour prendre du recul sur la société dans laquelle il vit.

Les + : un thème d’actualité
Les - : l’intrigue s’arrête trop tôt
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

samedi 27 août 2016

Le pacte des marchombres, tome 3, de Pierre Bottero : Ellana, la prophétie

Editeur : Rageot
Année : 2008
Pagination : 624 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Les années ont passé. Ellana a rejoint Ewilan, Salim et Edwin. Marchombre accomplie, elle accompagne Salim sur la voie. Alors qu'elle croit avoir enfin trouvé l'amour auprès d'Edwin, les démons du passé ressurgissent
S'appuyant sur une antique prophétie, les mercenaires du Chaos menacent la guilde. Et les êtres qui sont chers à Ellana disparaissent un à un..
. Dans Ellana la prophétie se joue la conclusion de l'aventure, dans une apothéose où chaque question trouve une réponse, l'intrigue son aboutissement et les protagonistes leur accomplissement.

Ce que j’en pense :
Après deux tomes très réussi (tome 1 et tome 2), celui-ci conclut en beauté les aventures d’Ellana, Edwin, Salim, Ewilan, et bien d’autres encore. La tension est à son paroxysme, puisque l’enfant d’Edwin et Ellana est en danger. Ce troisième volet nous emmène vers l’affrontement ultime entre l’ordre et le chaos, entre les marchombres et les mercenaires.
Ellana est plus fascinante que jamais dans ce tome, en mère désespérée et redoutable, en instructrice capable de se remettre en question, et toujours, avant tout, en femme libre. Au second plan, on suit l’évolution de Salim et Ewilan, confrontés aux doutes du passage à l’âge adulte. Tous les pans de l’intrigue trouvent leur sens et se rejoignent.
Malgré la tension qui parcourt toute l’histoire, l’humour tendre de Pierre Bottero est toujours bien présent. Sa plume est toujours aussi poétique, toujours aussi belle, même si les thématiques abordées reviennent régulièrement et sont parfois un peu redondantes. J’ai en revanche un vrai regret, c’est que, contrairement aux « Mondes d’Ewilan », les victoires de nos héros sont ici un peu trop faciles et évidentes.
Quoi qu’il en soit, ce roman a beau compter plus de 600 pages, elles défilent à toute allure tant on est avide de connaître la suite. Pour mieux le regretter ensuite, tant on est triste de quitter ces personnages. La fin était ouverte, mais nous savons qu’il n’y aura jamais de suite… Néanmoins, nous sommes déjà tellement chanceux que cette histoire existe ! A découvrir absolument !

Les + : l’intrigue haletante, la plume
Les - : un peu de redondance, des victoires un peu trop faciles
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« La vie n'est pas une roue impitoyable mais une route. Une route certes parsemée d'embûches, mais une route qui peut conduire au bonheur. Pour peu qu'on ne se perde pas. »

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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge New Pal 2016 : 12/56

(n°11 « La bibliothécaire » de Gudule lu mais non chroniqué)

mercredi 24 août 2016

Little sister, de Benoit Séverac

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 201 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans


Résumé :
Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d'une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d'être simple. Lena Rodriguez, c'était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne... Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n'a vu depuis quatre ans... depuis qu'il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie.

Ce que j’en pense :

Ce roman attire par son sujet d’actualité, celui d’un jeune français parti faire le djihad en Syrie. L’auteur l’aborde par un angle détourné, en abordant le point de vue de la petite sœur, puis celui du meilleur ami, pour finir par celui d’adultes qui se trouvent autour d’eux. Ainsi, le regard porté sur les événements est de plus en plus extérieur.
La première partie du roman, centrée sur la famille d’Ivan, est à mon sens la plus intéressante. Ses parents et sa sœur se débattent entre honte et tristesse, mais aussi le doute : comment ce fils, ce frère qu’ils ont aimé aurait-il pu commettre volontairement cette exécution ?
La suite s’apparente davantage à un léger thriller : Léna part en Espagne pour tenter de rencontrer son frère, et les choses ne se passent pas comme elle l’avait prévu. Ajoutons à cela une petite romance, et nous avons un roman assez efficace qui devrait plaire aux adolescents.
A mon goût, il manque tout de même de profondeur. Je regrette surtout que nous n’assistions pas à l’entrevue entre Léna et son frère, qu’Ivan ne nous dévoile pas ses motivations. Peut-être que l’auteur n’a pas osé l’exercice risqué d’entrer dans la tête d’un jeune djihadiste ?

Les + : un sujet d’actualité
Les - : manque de profondeur
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

vendredi 5 août 2016

L’empire des auras, de Nadia Coste

Editeur : Seuil
Année : 2016
Pagination : 302 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

Résumé :
2059. Les individus sont maintenant classés en fonction de leur aura : les bleus ont tous les privilèges ; les rouges, décrétés dangereux, sont exclus du pouvoir.
Avec son aura bleue, Chloé, elle, a été éduquée dans la méfiance des rouges. Obligée de quitter son lycée privé bleu pour un établissement public mixte, ses idées reçues ne tardent pas à être remises en cause. Car à l'évidence, certains rouges ne sont pas aussi mauvais qu'elle le croyait. Lorsque sa propre aura commence à se modifier, Chloé est rejetée par sa famille. Et bien obligée de prendre position.
Et si les auras, finalement, n'étaient qu'un prétexte utilisé par les puissants pour justifier une société de plus en plus inégalitaire ?

Ce que j’en pense :

« L’empire des auras » est une bonne dystopie en un seul tome. Le roman présente une société inégalitaire fondée sur la couleur de l’aura. J’ai beaucoup aimé la réflexion de fond sur la notion de pouvoir, de bien et de mal, et de culpabilité.
Chloé, jeune fille confrontée au changement de son aura, est un personnage touchant, prise en tenaille entre un sentiment de révolte qui va crescendo et une puissante culpabilité. Elle est rapidement confrontée à des rouges qui ne sont en rien différents d’elle, mais il lui faudra du temps pour mettre de côté ses préjugés, son évolution est crédible.
En revanche, l’intrigue est un peu rapide à mon goût, tout se passe en accéléré et le dénouement arrive très vite. Cela donne un roman efficace, mais qui manque un peu de densité. Pour ma part, une cinquantaine voire une centaine de pages supplémentaires n’auraient pas été de trop.
L’histoire est assez simple pour être lue dès 12/13 ans, mais la dimension sentimentale du roman et la fin un peu violente m’inciteraient plutôt à conseiller le roman à partir de 14 ans.

Les + : une bonne dystopie
Les - : un peu rapide
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

dimanche 31 juillet 2016

The memory book, de Lara Avery

Editeur : Lumen
Année : 2016
Pagination : 442 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

Résumé :
« On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t'écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! »
Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l'en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu'il lui faut, c'est un nouveau plan. C'est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu'elle s'envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu'elle vit. C'est là qu'elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

Ce que j’en pense :

J’ai mis un peu de temps à entrer véritablement dans ce roman. En effet, au début de l’histoire Sam est un personnage très ambitieux, prête à tout pour réaliser ses rêves, sans prendre en compte les avis et les émotions de ses proches. On est confronté à un personnage quasiment surdoué, et plutôt handicapé avec les sentiments.
Mais lorsque la maladie la rattrape, la carapace se fendille peu à peu et nous dévoile Sammie, une jeune fille bien plus intéressante qui réapprend à vivre au présent le temps qui lui reste. J’ai beaucoup apprécié l’évolution – crédible – de ce personnage.
Sammie nous offre également de jolis moments de romance, même si je regrette qu’elle ne nous ait pas fait grâce d’un énième triangle amoureux. Mais ce dernier se justifie par l’évolution profonde de sa personnalité, qui modifie ses sentiments – ceci n’est pas un spoiler, vous le verrez tout comme moi arriver avec ses gros sabots.
Au final, c’est un roman touchant – prévoir les mouchoirs si vous êtes sensibles – qui offre une belle leçon de vie : prendre le temps de ralentir son rythme de vie permet de voir la beauté des choses présentes sous nos yeux, que l’on avait oublié de regarder.

Les + : l’évolution de Sam
Les - : le début moins prenant, le triangle amoureux
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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​« Aujourd'hui, debout face au miroir, je mange mon yaourt en avalant mes pilules, et je me demande pourquoi j'éprouve un tel plaisir à m'éveiller chaque matin. Je me demande comment j'ai pu désirer savoir tout sur tout alors que maintenant tout ce qui se trouve près de moi me fascine. Je me demande comment il est possible que le cerveau fonctionne aussi bien au ralenti que quand il tourne vite. Un million de choses se produisent en même temps rien que pour imaginer une maison, un jardin et une montagne. [...] Je me demande comment un seul corps peut contenir autant de personnes différentes. Je me demande comment on peut vouloir autant de choses dans un laps de temps aussi court. »


« J'étais tellement occupée à essayer d'être meilleure que les autres que j'ai cessé de voir les gens autour de moi. Je croyais savoir ce dont j'avais besoin  et peut-être que je ne me suis pas complètement plantée. Je suis contente d'avoir travaillé dur à l'école. Je suis contente d'avoir intégré le club de débat et prononcé ce discours. Mais aujourd'hui, est-ce que ça compte ? Qu'est ce que je serais devenue une fois que j'aurais biffé toutes les choses à faire de ma liste ? [...] J'essayais d'être la meilleure et je me fichais pas mal qu'il faille piétiner des gens pour y parvenir. Je m'étais inventé un futur impossible, que je ne connaîtrai jamais. »

lundi 25 juillet 2016

Ciel, tome 4, de Johan Heliot : L’automne du renouveau

Editeur : Gulfstream
Année : 2016
Pagination : 243 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

*Attention, il s'agit du dernier tome d'une série : présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
L’Intelligence Artificielle qui, en un hiver, avait dompté l’humanité est sur le déclin. Retranchée dans un ancien château dans les contreforts vosgiens, elle observe ses partisans affronter les résistants, toujours mieux organisés. Dans cette atmosphère de confrontation où la joie des victoires est entachée par l’amertume des représailles, les cinq Keller, ballotés par les événements, convergent vers les Vosges et le chalet de Tomi. Celui-ci aura-t-il l’occasion de voir sa famille réunie avant que le cancer ou la guerre ne l’emporte ? Et quel sera le prix à payer pour que les hommes se libèrent du joug écologiste de l’IA ?

Ce que j’en pense :
Après un premier tome et un second prometteurs, le troisième tome de CIEL m’avait particulièrement emballée et m’avait donné très envie de connaître le fin mot de l’histoire !
C’est désormais chose faite et l’auteur, Johan Heliot, maîtrise jusqu’au bout sa narration à cinq voix. Cela peut être parfois frustrant car les événements s’accélèrent alors que les changements de point de vue ralentissent un peu l’intrigue. Mais comme dans les tomes précédents, ils se complètement à merveille et nous offrent chacun un pan de cette histoire qui les rassemble peu à peu dans cet ultime tome.
Ce dernier signe la fin de la guerre, avec les revirements des collaborateurs et les ultimes accès de violence désespérée. Le point de vue de Thomas est particulièrement éclairant, car c'est celui d'un citoyen lambda qui a été confronté à des choix compliqués. J’ai particulièrement apprécié l’évolution de l’IA dans ce tome : privée de ses réseaux, elle est forcée de s’adapter et de s’en remettre aux humains, au premier rang desquels figure Peter. 
Le final, assorti d’émotions de toutes sortes, m’a convaincue, même si l’histoire est loin d’être terminée, tant les sujets soulevés sont complexes…on voudrait aller plus loin ! Cette saga a en tout cas le grand mérite de susciter une réflexion nuancée autour des problématiques de l’écologie. Utopie ou espoir tangible, seul l’avenir pourra nous le dire !

Les + : l’évolution de l’IA
Les - : frustrant par moments
Appréciation : 4/5


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