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mardi 17 décembre 2013

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, de Ruta Sepetys : poignant et touchant


"Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre" de Ruta Sepetys est un livre que je souhaitais découvrir depuis longtemps, notamment depuis qu’il m’a été recommandé par ma copinaute Juliah dont les conseils sont toujours judicieux ! Les challenges 2013 ont été l’occasion de concrétiser enfin cette envie, toujours grâce à Juliah qui m’a prêté son livre !

Résumé

Un matin de l’année 1941, alors que l’été n’a pas encore touché à sa fin, Lina et sa famille sont arrêtés aux aurores, en pyjama, dans leur maison au sein d’une petite ville de Lituanie. Le NKVD, la police secrète russe, les embarque dans des trains et des camions sous une infâme accusation, celle d’être des criminels et des prostituées. En vérité, ce sont seulement des intellectuels craints par le régime soviétique. Ils sont déportés en Sibérie. Lina, sa mère, son petit frère et quelques voisins sont intégrés à un kolkhoze où ils travaillent la terre en échange d’une petite portion de pain. Malgré la terreur semée par le NKVD, les privations et la maladie, Lina garde sa dignité et témoigne par ses dessins des terribles heures qu’elle vit. Elle rencontre Andrius, animé de la même colère qu’elle…

Un pan méconnu de l’Histoire

L’auteure met ici en lumière un pan de l’Histoire encore méconnu, celui de la déportation russe. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, l’URSS a envahi les Etats Baltes et la Finlande et les a annexés à son territoire. Les personnalités susceptibles de poser problèmes, et notamment les intellectuels, ont été envoyés en Sibérie où ils sont restés pour au moins une décennie de travaux forcés, sans que le reste du monde n’en sache rien. Et, comme l’explique Ruta Sepetys dans la postface, lorsque les survivants ont enfin pu rentrer chez eux, ils ont du taire leur calvaire jusqu’à la chute de l’URSS, en 1991. J’ai donc trouvé que c’était une très belle idée de faire connaître cette déportation, moins connue que celle pratiquée par les allemands, par le biais d’un roman.

Un roman prenant et poignant

J’ai dévoré ce roman à une vitesse que je n’avais pas connue depuis longtemps ! C’est bien simple, j’avais beaucoup de mal à le reposer pour faire autre chose tant j’ai été embarquée par la destinée de Lina et de ses compagnons. Il y a dans ce livre beaucoup de souffrance, le NKVD procédant à une véritable destruction psychologique sous forme d’humiliations, de peur, de privations, d’épuisement. Et pourtant, les personnages gardent leur dignité, la seule chose que l’on ne pourra pas leur prendre. Il y a dans ce roman beaucoup de courage et une envie de vivre qui dépasse tout, y compris la colère.

Les personnages

Le roman est porté par des personnages très attachants, à commencer par Lina qui a un caractère de feu. Même si elle doit se taire pour éviter la mort, on sent en elle une révolte profonde, jamais elle n’a douté d’elle-même et jamais son esprit ne s’est soumis aux russes. J’ai également eu beaucoup de sympathie pour son petit frère, Jonas, âgé de 10 ans à peine, qui grandit en accéléré et devient un homme en quelques semaines à peine. J’ai également apprécié Andrius, même si j’ai eu l’impression de moins le connaître que les autres. Dès le début, il reste fort et montre la voie aux autres. Bien sûr tous les Lituaniens ne sont pas des gens bien, l’égoïste et geignard Mr Stalas le prouve. De même, tous les russes ne sont pas à mettre dans le même panier, certains sont dépassés et tentent d’aider à leur façon.

L’écriture

J’ai trouvé le style agréable, la traduction est fluide. Il y a dans l’écriture beaucoup d’émotion, mais aussi de la retenue, aucun apitoiement. Ruta Sepetys intègre également des références très intéressantes à l’art, et notamment aux dessins de Munch. J’ai donc passé un très bon moment et je lirai son second roman avec plaisir.

En quelques mots

Ainsi, Ruta Sepetys a écrit un roman poignant et touchant qui met en lumière un pan méconnu de l’Histoire, celui de la déportation russe. L’histoire de Lina et de ses compagnons est très émouvante, sans apitoiement pour autant. Ce qui ressort avant tout, c’est une formidable envie de vivre, et une dignité qui illumine tout le roman. J’ai été conquise et je vous le recommande volontiers.

Note : 5/5 (Coup de cœur)

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :


Big Challenge Livraddict 2013 : 10/10



Baby challenge jeunesse 2013 : 12/20

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« Il resta immobile quelques instants, après quoi, il se mit à frapper les marques à coups de pierre – de plus en plus violemment. Il cognait le plancher du wagon avec tant de force que je craignais qu’il ne se brisât la main. Je m’avançai vers lui. Andrius m’arrêta.
-Laisse-le faire, dit-il.
Je le regardai, incertaine.
-Mieux vaut qu’il s’y habitue, ajouta-t-il.
Qu’il s’habitue à quoi ? A être possédé par de folles colères ? Ou à ressentir une tristesse insondable, comme si le cœur même de votre être avait été arraché pour vous être ensuite resservi dans un seau crasseux ? »

« Les questions de Mr Stalas que je ne cessais de retourner dans ma tête m’avait tenue éveillée ? Etait-il plus difficile de mourir ou de survivre ? J’avais à peine seize ans, je n’étais qu’une petite orpheline perdue aux confins de la Sibérie, mais je connaissais la réponse. C’était même la seule chose dont je n’avais jamais douté. Je voulais vivre. Je voulais voir mon frère grandir. Je voulais revoir la Lituanie. Je voulais respirer l’odeur du muguet que la brise transportait jusque sous ma fenêtre. Je voulais peindre dehors, dans les prés. Je voulais revoir Andrius avec mes dessins. Il n’y avait que deux issues possibles en Sibérie : ou bien survivre, c’est-à-dire réussir, ou bien mourir, autrement dit échouer. J’avais choisi la vie. J’avais choisi de survivre. »

samedi 9 novembre 2013

Zouck, de Pierre Bottero : danse et anorexie

[Flammarion, 2004]

Après Les Mondes d’Ewilan qui m’a beaucoup plu le mois dernier, j’ai eu envie de lire encore un titre de Pierre Bottero, à quelques jours de l'anniversaire de sa mort (le 8 novembre). Mon choix s’est porté sur Zouck, qui est au programme du Big-Challenge.

Résumé

Anouck, dite Zouck, s’épanouit dans la danse et dans l’amitié qu’elle partage avec Maïwenn. C’est une jeune fille équilibrée, qui a une vie de famille saine et de bons résultats scolaires. Pourtant, un jour, à la faveur de quelques commentaires désobligeants, elle dérape et commence à s’étioler. Pour s’en sortir, elle ne peut même pas compter sur Maïwenn, préoccupée par une histoire d’amour passionnée avec un homme de quarante ans.

Le chemin sombre de l’anorexie

Pierre Bottero s’est attaqué ici à un sujet délicat, celui de l’anorexie. Maintes fois traité dans des romans pour la jeunesse, le sujet est cette fois abordé sous l’angle de la danse classique. L’auteur évoque la maladie avec pudeur, sans en faire trop mais sans cacher non plus sa violence pour le corps et pour l’esprit. Il restitue le mal-être de la jeune fille, son sentiment de ne pas exister face aux jolies blondes filiformes, elle qui se définit « quelque part entre le boudin et le canon ». Mon seul regret, c’est que les choses aillent un peu vite, tant dans le développement de la maladie que dans sa prise en main.
  
Un hymne à la danse

Ce roman fait également la part belle à la danse, puisque le personnage principal s’adonne à cette activité presque chaque soir. Zouck fait de la danse classique et du jazz. L’auteur évoque la plénitude que l’on peut ressentir en dansant, et maîtrisant son corps. Mais il met aussi en lumière le côté perfectionniste de la danse classique, qui pousse les danseuses à porter une attention démesurée à leur apparence si elles veulent sortir du lot. Il rappelle que rien ne devrait être plus important que le plaisir de danser.

Les personnages

Zouck est un personnage crédible et attachant de jeune fille « normale », qui souffre d'un sentiment d'invisibilité par rapport à des camarades plus exubérant. Elle suit les règles et s'applique à être une bonne élève. Sa créativité et ses rêves s'expriment dans la danse. Elle est entourée d'une famille aimante, même si elle se chamaille avec Laura, sa petite sœur de 10 ans. Maïwenn, beaucoup plus fonceuse et expansive, sa seule véritable amie, est indispensable à son équilibre

L’écriture

L'écriture de Pierre Bottero continue à faire merveille sur moi. Bien qu'un peu moins travaillée quand dans ses romans de fantasy, la langue est belle et l'auteur nous livre même quelques brides de poèmes très réussis. Il a très bien réussi à se glisser dans la tête d'une jeune fille, d'une danseuse qui plus est. C'est un vrai plaisir de le lire.

En quelques mots…

Ainsi, c'est un petit roman centré sur la danse et l'amitié, qui évoque l'anorexie avec pudeur et délicatesse. Le personnage principal est attachant et l'on suit son évolution avec intérêt. L'écriture est toujours aussi plaisante. Mon principal regret concernant ce roman, c'est qu'il est court, et que l'intrigue se développe et se résout trop rapidement à mon goût.

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


 Big Challenge 2013 : 9/10


 Baby challenge jeunesse 2013 : 11/20

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« En jazz, la mode veut que nous portions des tenues décontractées du genre short et tee-shirt, voire bas de jogging et pull en laine quand il fait froid. Look et confort sont les mots-clés. En classique, c’est différent. L’apparence est reine. Les canons très stricts de la perfection physique sont de rigueur. Justos moulant, cache-cœur de maille, chignon imposé, tout est fait pour mettre en valeur la sveltesse des corps, les formes longilignes et les traits épurés. »

« La musique était une onde qui me portait. Toujours plus haut. Je me sentais légère, presque éthérée. J’avais la sensation que mes gestes pouvaient s’affiner jusqu’à devenir parfaits, que le concept d’harmonie devenait accessible. Chaque mouvement me libérait d’un poids, d’un souci, d’une rancœur, je n’étais plus qu’équilibre et envol. »

« Savez-vous ce que ressent un oiseau lorsqu’un chasseur lui tire dessus, lorsque son corps percé de mille blessures ne lui répond plus, lorsque ses plumes arrachées par les plombs tournoient dans le ciel autour de lui, lorsque ses ailes brisées pendent, inutiles ? Il souffre. Il souffre et il tombe. »

samedi 19 octobre 2013

Les mondes d’Ewilan, tome 1 : La forêt des captifs

[Rageot, 2004]

Cela faisait trop longtemps, plus d’un an déjà, que je n’avais plus goûté à la plume de Pierre Bottero. Ce n’était pourtant pas l’envie qui manquait ! Après la Quête d’Ewilan et le premier tome du Pacte des Marchombres, c’est avec délices que je me suis donc plongée dans le premier tome des Mondes d’Ewilan.

Résumé

Alors qu’ils se rendent dans le monde réel afin de rendre visite aux parents de Mathieu, Ewilan et Salim sont attaqués et la jeune fille est enlevée. Elle est séquestrée dans un endroit au cœur de la forêt de Malaverse, que l’on appelle l’Institution et où se déroulent de curieuses expériences scientifiques concernant les dons des enfants. Salim tentera de de la sauver, coûte que coûte. Et si Eléa Ril’ Morienval et les T’sliches étaient mêlés à tout ça ?

Une aventure dans le monde réel

Une fois n’est pas coutume, ce tome se déroule presque entièrement dans le monde réel, nous ne sommes en Gwendalavir que durant quelques pages. L’auteur a placé la majorité de son intrigue dans les Causses, une région du Massif Central, et à Paris. La forêt de Malaverse est, en revanche, imaginaire. Il nous fait néanmoins découvrir des paysages atypiques et une région peu connues. Cette incursion dans le monde réel lui permet également d’aborder des sujets de sociétés tels que la montée de l’extrême droite ou le comportement « borderline » de certaines entreprises en quête de profits.

La magie et le Dessin sont un peu moins présents dans ce tome, Ewilan étant diminuée. Ils sont tout de même présents : Salim apprivoise son pouvoir de loup, Maniel ceux d’un homme-lige. Quoi qu’il en soit, nos amis vivent une véritable aventure que j’ai suivi avec intérêt. Mon seul reproche, une fois de plus, serait la trop grande facilité de l’intrigue, les personnages se sortent toujours des situations difficiles avec un peu trop d’aisance et on ne retient pas vraiment son souffle.

Les personnages

Ewilan est une fois de plus au cœur de cette aventure. La jeune fille a beaucoup changé, elle a mûri et les épreuves qu’elle a subies ont créé en elle des failles qui me la rendent beaucoup plus attachantes. Elle est moins sûre d’elle, même si elle dirige toujours les opérations. Salim, lui, n’a pas changé, toujours aussi drôle, toujours aussi amoureux. Leur relation est vraiment belle. Les personnages secondaires s’effacent derrière eux. A noter, trois nouveaux personnages importants : Maximilien le chevrier des Causses, Monsieur Vignol le politicien de l’ombre, et le petit Illian tombé aux mains de l’Institution.

L’écriture

C’est un bonheur de retrouver l’écriture de Pierre Bottero, sa simplicité étudiée, la beauté de ses descriptions et l’humour qu’il insuffle. Cet homme avait un vrai talent et, à force de lire des romans jeunesse ou Young Adulte écrits efficacement mais sans aucun charme, je me dis qu’il nous manque beaucoup pour enjoliver le monde…

En quelques mots…

J’ai donc retrouvé avec bonheur Ewilan, Salim et la plume de Monsieur Bottero, pour une aventure qui se déroule dans le monde réel, entre magie et sujet de société. Nous découvrons de nouveaux personnages, dont certains auront sans doute un rôle à jouer dans la suite de la trilogie. Que je lirai avec bonheur !

Note : 4/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Big Challenge 2013 : 8/10

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« Passé le premier instant de surprise, une vague d’indignation souleva Ewilan. Ces enfants, le corps criblé de capteurs, étaient exploités, torturés, mis au service d’expériences dont les fonctions lui parurent évidentes : analyser, disséquer, comprendre leur pouvoir, et peu importait qu’ils soient relégués au rang de cobayes, que leur statut d’êtres humains soit foulé aux pieds. L’indignation se transforma en colère et, avec la colère, une force nouvelle se diffusa dans son corps. La drogue qui coulait dans ses veines se sublima en adrénaline ; Ewilan serra les poings. »

« -J’ai du plaisir à sentir mon corps se remettre à fonctionner, Salim. Je me délecte de mes enjambées qui se fluidifient, du frottement de mes bras contre mon torse, de l’oxygène qui entre dans mes poumons, j’apprécie même la douleur dans mes muscles et mon souffle court…comprends-tu ?
-Je crois, oui, souffla Salim soudain attentif.
-Alors écoute la suite. Je désire marcher pour redevenir moi-même mais, par-dessus tout, je désire découvrir un trajet que j’ai effectué dans tes bras et dont je ne garde pas le moindre souvenir. Si j’en étais capable, je l’accomplirais en te portant sur mon dos pour comprendre la force qui t’a soutenu, sans boire et sans manger, sans certitude pour motiver tes pas. Je veux marcher parce que je te suis redevable, Salim, c’est le seul moyen dont je dispose pour rembourser une infime partie de ma dette. Un pas sur le côté amoindrirait ton geste et je t’aime trop pour te diminuer. »

samedi 25 mai 2013

Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle, tome 1 : La vie suspendue


Cela faisait longtemps que l’on me conseillait de lire les aventures de Tobie Lolness écrites par Timothée de Fombelle, que l’on disait pleines de fantaisies. Aussi, cette année, j’ai profité du Baby-challenge jeunesse pour enfin mettre ce titre sur ma liste de lecture. Et je peux vous dire d’ores et déjà que je ne le regrette pas !

Résumé

Dans un arbre vit un peuple de petits êtres qui ne mesurent qu’un peu plus d’un millimètre. Sim Lolness en est le savant le plus influent, estimé de tous…jusqu’au jour où ses idées osées sur la nécessité de préserver l’arbre le font tomber en disgrâce. Son fils, le jeune Tobie, vivra l’exil, puis la fuite pour tenter d’échapper à l’affreux Jo Mitch, assoiffé de pouvoir et de richesses, et pour l’empêcher de mettre la main sur le secret qui mettrait l’arbre en péril.

Un roman plein de fantaisie

Je suis assez rapidement tombée sous le charme de ce roman jeunesse et de son univers végétal. L’auteur a très bien su utiliser les propriétés, les caractéristiques des arbres pour créer son monde. Il fabrique ainsi de la fantaisie avec des choses qui existent déjà. Quand on mesure un millimètre, les moustiques deviennent des tueurs, les oiseaux de dangereux prédateurs, et les limaces de paisibles ruminants. On retrouve cette fantaisie du côté de l’intrigue qui recèle de nombreux rebondissements, donc les solutions sont parfois tirées par les cheveux. Personnellement, j’ai aimé cette petite part d’irrationnel, je crois qu’il suffit d’avoir conservé un cœur d’enfant pour adhérer aux péripéties de Tobie, qui nous fait vivre un véritable roman d’aventures.

Un propos écologique

J’ai également apprécié le propos écologique du roman, un thème qui semble être l’un des chevaux de bataille de l’auteur. En effet, dans ce roman se pose la problème de la sauvegarde de l’arbre alors que son peuple s’accroît, qu’il faut construire des logements et trouver des sources d’énergies. Sim Lolness, le père de Tobie, défend une théorie selon laquelle l’arbre est vivant, et qu’il ne faut donc pas abuser de ses ressources vitales, sous peine de le tuer et de condamner ses habitants. Toutes ces considérations peuvent s’appliquer à notre planète, et je trouve que c’est une manière très intelligente de parler d’écologie aux plus jeunes. De même, l’auteur aborde la peur de l’étranger par l’intermédiaire du peuple des Pelés, qui vivent dans les prairies au pied de l’arbre et sont craints par les habitants de ce dernier.

Les personnages

Il est difficile de ne pas aimer Tobie ! Ce garçon est vraiment sympathique, droit et courageux. Il se montre parfois intransigeant avec ceux qui n’ont pas sa force, mais il sait aussi offrir son pardon à ceux qui reconnaissent leurs erreurs. Ajoutons qu’il est très futé, et nous obtenons un jeune héros très agréable à suivre. Son amie Elisha est plus mystérieuse, plus insaisissable, mais elle a su m’intriguer. On ne peut douter de sa profonde amitié pour Tobie, et c’est là tout ce qui compte. J’ai également eu de la tendresse pour Sim Lolness, ce savant maladroit. Enfin, les méchants sont très méchants, pas de doute là-dessus, et on prend beaucoup de plaisir lorsqu’ils échouent.

L’écriture

La plume de Timothée de Fombelle m’a convaincue. Son écriture est très agréable, agrémentée d’une pointe d’humour. Il s’amuse avec certaines expressions de la langue française qu’il applique à l’arbre. Les descriptions sont également très réussies, nous n’avons aucun mal à imaginer l’univers de l’arbre qu’il développe sous nos yeux. Quelques illustrations nous aident également à visualiser les scènes. Ainsi, la forme du roman m’aura tout autant charmée que le fond, et je crois que c’est un auteur que je vais suivre !

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été charmée par ce roman plein de fantaisie, par son univers végétal et son propos écologiste. Tobie Lolness est un héros que l’on prend beaucoup de plaisir à suivre dans ses aventures. L’ensemble est porté par une écriture très agréable. J’ai déjà hâte de lire le second volet !

Note : 4/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Baby Challenge Jeunesse 2013 : 10/20 (objectif 12/20)
  


Big Challenge 2013 : lecture n° 7


Challenge "Où sont les hommes ?" : lecture n°46
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"A cent pieds sous lui, au milieu d'une énorme branhe cabossée, s'étendait un vaste lac. Un lac suspendu au milieu de l'arbre. Une merveille. Une branche avait dû s'arracher et laisser un grand trou dans l'écorce où luisait maintenant un lac d'eau claire Des taillis de haute mousse venaient jusque sur la rive et Tobie voyait même des plages d'écorce blanche, des criques délicieuses où il aurait pu planter sa tente. Le ruisseau qu'il avait suivi se jetait dans ce lac. Il formait une chute d'eau vertigineuse qui faisait mousser l'eau transparente du lac. Joli destin pour son jus de chaussette."

"Pauvres gens, ils ont préparé leur malheur aussi bien qu'un dessert : une motte de peur, une poignée de mensonge, beaucoup de faiblesse et quelques grammes d'ambition. Et maintenant, c'est leur fils qui va devoir avaler ça."

"Même une plume d'ange peut crever un oeil, si on la prend du mauvais côté."

dimanche 24 mars 2013

Druide, d’Oliver Peru : une grande épopée fantasy, des combats rudes

[Eclipse, 2010]

Cela faisait maintenant plusieurs mois que « Druide » d’Oliver Peru m’intriguait. En effet, ce titre de Fantasy a été pendant un temps le favori des lecteurs inscrits sur Livraddict, ce qui n’est pas rien ! Après quelques rendez-vous manqués, le challenge ABC 2013 et une lecture commune organisée par Habitant of Sto sur Livraddict m’auront donné l’occasion de me plonger pour de bon dans ce roman.

Résumé

Un massacre terrible a été commis à la forteresse de Wisneight, du royaume de Sonrygar. Un massacre qui pourrait servir de prétexte à une énième guerre avec le royaume du Rahimir, l’adversaire de toujours. Pour empêcher cela et éviter de sacrifier inutilement des vies, le Druide Obrigan et ses deux apprentis ont 21 jours. Mais rapidement, la menace s’étend également sur la Forêt, un lieu pourtant éminemment sacré depuis le Pacte signé plus de 1000 ans auparavant…

Un univers riche et plaisant 

La première chose à dire concernant ce titre, c’est que c’est un très bon roman de fantasy, digne des plus grands du genre, avec un univers fouillé, bien construit, et plaisant. De belles et habiles descriptions donnent vie à des paysages grandioses, qui feront assurément voyager le lecteur. J’ai également apprécié la manière dont l’auteur a organisé ce monde, avec sa forêt, son ordre de Druides bienveillants et les royaumes des hommes. Oliver Peru fait montre ici de beaucoup d’imagination, et l’ensemble est tout à fait cohérent.

Une enquête prenante, des combats très présents

J’ai été rapidement happée par l’intrigue, et notamment par l’enquête menée par Obrigan. Le roman est divisé en 21 chapitres, soit le nombre de jours dont dispose ce dernier pour résoudre le mystère. Ainsi, le lecteur ressent assez rapidement une tension qui le pousse à tourner les pages. Les évènements s’enchaînent, et je n’ai pour ainsi dire pas vu passer les 400 premières pages. Malheureusement, les 200 dernières pages ont été  plus laborieuses, car elles sont essentiellement constituées de combats (qui plairont sans doute aux amateurs d’héroïc fantasy). Ajoutons que ces combats, ainsi que les meutres perpétrés par la « menace » sont très sanglants, voire gore, et que je suis une petite lectrice au cœur mal accroché !

Les personnages

En ce qui concerne les personnages, nous suivons la plupart du temps le point de vue d’Obrigan, et parfois celui de ses apprentis. Ainsi, Obrigan est naturellement le personnage dont je me suis sentie le plus proche. C’est un druide, un homme droit et dévoué, qui fait preuve d’intelligence et de courage. Son amour pour ses deux apprentis, qu’il considère comme ses fils. Parmi eux, j’ai apprécié Tobias, un jeune homme qui n’a pas le talent naturel de ses confrères, mais qui compense cela par son intelligence et son courage. Enfin, j’ai été sensible à la personnalité de Jarekson, le prince du trône de glace, un fieffé menteur et manipulateur mais également un homme plein de fêlures et dévoué à son royaume.

L’écriture

En ce qui concerne l’écriture, le style d’Oliver Peru est agréable et affirmé. Les descriptions sont agréables et étayées, les dialogues sont crédibles et cohérent. Les combats et les meurtres sont décrits dans toute leur horreur, on s’y croirait ! Malgré l’épaisseur du roman, le style ne se relâche pas un instant, la qualité reste la même. C’est donc une lecture fort agréable.

En quelques mots…

Ainsi, « Druide » est un excellent roman de fantasy qui m’a rapidement happée. J’ai beaucoup apprécié l’univers et certains personnages, un peu moins l’omniprésence des combats durant le dernier tiers du roman et leur côté « gore ». Je le recommande néanmoins chaudement à tous les amateurs du genre ! Merci à Habitant of Sto d’avoir organisé cette lecture commune et de m’avoir permis de découvrir ce titre !

Et voici les avis de mes camarades de lecture : PaikanneBambi SlaughterJ.a.e_LouFelina,Bouchon des boisSamlorAeyrineBouquinette,  ..


Note : 4/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2013 : 12/26


Big Challenge 2013 : 6/10


Challenge « Où sont les hommes ? » : lecture n°33


Challenge « Bouge ta PAL ! » : lecture n°29

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« -La discussion entre les rois n’aura lieu que demain, mais ces hommes-là savent ce qu’ils veulent, remarqua Tobias.
-Le sang d’une nation pour l’honneur d’un seul homme, maugréa Obrigan en réalisant qu’il tenterait bientôt de raisonner un roi déterminé à écrire le dernier chapitre d’une guerre millénaire. Yllias n’aime rien et il ne hait qu’une chose, le trône de glace. C’est à la fois une malédiction et une force terrible. Demain, sa colère parlera, elle accusera le Rahimir du meurtre commis à Wisneight pour lui déclarer la guerre. »

« Arkantia devait repousser l’intrus, ouvrir les yeux et mettre fin à cette démence mais sa raison et son corps lui paraissaient terriblement loin l’un de l’autre.  La peur l’empêchait de réagir et la gardait entre les mains d’une force qui l’entraînait toujours plus loin vers l’Est, vers la douleur. Tristesse et souffrance souillaient tout ce qui l’entourait. La terre, les arbres, la nuit, le silence torturaient ses sens.  Elle percevait le goût bileux de la sève empoisonnée qui coulait sous l’écorce des arbres. Elle entendait battre leur cœur malade. Leurs branches, des serres vicieuses et avides de sang, ne portaient que des feuilles marquées par le flétrissement d’une terre à l’agonie. L’air vicié et irrespirable du cœur noir n’était que mort et corruption. Forêt et maladie ne faisait qu’une au-del) du mur du rôdeur. »