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mardi 27 décembre 2016

Le fils de l’ursari, de Xavier-Laurent Petit

Editeur : Ecole des loisirs
Année : 2016
Pagination : 269 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est «emprunteur» de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa «journée de travail». C'est qu'il a découvert le paradis, le jardin du Lusquenbour où il observe en cachette des joueurs de tchèquématte. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari.

Ce que j’en pense :

Un beau roman que j'ai lu pratiquement d'une traite, sur une attachante famille de montreurs d'ours, arrivés en France par l'entremise d'une dangereuse filière mafieuse qui les a pris dans ses filets. Jusqu'au jour ou Ciprian, le petit dernier, découvre "lézéchek", et révèle le tout le potentiel de son intelligence…
J’ai beaucoup aimé cette histoire qui offre quelques moments d'émotion mais ne sombre ni dans le misérabilisme, ni dans l’angélisme. Tout n’est pas rose chez les immigrés de l’Est, et ils ne sont pas exempts de reproches, mais ils restent des familles en quête de survie, aux prises avec des réseaux qui les dépassent.
Mais je me suis surtout passionnée pour le destin individuel de Ciprian, sa sincérité désarmante quand il appelle les gens « Monsieur Enorme » ou « Madame Baleine », son courage idiot, la vivacité de son esprit, sa soif d’apprendre.
A dévorer à partir de 12 ans !

Les + : le personnage de Ciprian
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse
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« -M’man est en train de devenir folle, non ? …
-Et toi, tu n’es pas fou peut-être ? A passer toute la journée avec ton jeu auquel personne ne comprend rien, à apprendre des mots qui servent à rien et à lire des histoires qui n’existent même pas. M’man fait pareil. Elle s’invente des histoires dans sa tête. »

« Mais y’a quoi dans ton petit crâne d’apprenti gadjo ? Tu imagines peut-être que tu es un super-héros ? Il y avait plein de pompiers partout. Tu crois qu’ils ont attendu Super Ciprian pour mettre les gens à l’abri ? Avec tes muscles en chewing-gum, t’aurais même pas pu sauver une libellule ! »

mardi 18 octobre 2016

Les belles vies, de Benoit Minville

Editeur : Sarbacane
Année : 2016
Pagination : 231 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

Résumé :
Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop…
Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS.
C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

Ce que j’en pense :
Benoit Minville est comme le bon vin, il se bonifie avec le temps ! Après un « Je suis sa fille » au message fort, mais qui manquait un peu de corps, après « Les Géants », avec un personnage de père tellement touchant et une vraie histoire de famille, après une incursion en policier adulte avec « Rural noir », il livre à mes yeux son meilleur roman. Des problèmes sans solution tout faite, des errances sans leçon de morale...la vie, tout simplement.

Nous revoilà dans la Nièvre (comme dans Rural noir) – et on s’y croirait, gageons que l’auteur y a passé quelques étés – dans les basques de Vasco et Djib, deux jeunes banlieusards « à problème ». Et si vous sentez venir la caricature à plein nez, vous serez déçus ! Car ces personnages sont si vrais que l’on voudrait ne plus jamais les quitter. Tous ces jeunes, et leurs fêlures plus ou moins bien cachées, et la tendresse de Tata et Tonton comme un baume… Enrobés dans l’humour tendre de leur auteur, qui les rend irrésistible.
J’ai adoré le personnage torturé de Dylan, qui avance d’un pas pour reculer de deux, en lutte perpétuelle, pour qui rien n’est gagné, même lorsque le roman se referme. J’ai aimé que l’auteur ne cherche pas le happy end absolu, même si du côté de Vasco et Djib, le revirement est peut-être un peu rapide. 

Ce roman, c’est l’histoire d’un été : des baignades, des balades en vélo, des bagarres, des amours… Pourtant à aucun moment je n’ai eu l’impression de lire quelque chose de banal. J’étais « dedans », et une boule au ventre m’est remontée jusque dans la gorge, au moment de les quitter… Peut-être que l’auteur leur offrira une suite ?
En attendant, on guette le prochain roman – oui, déjà, les lecteurs sont d’éternels impatients – et l’adaptation à l’écran des « Géants » !
Un grand merci à Théophile et aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

Les + : les personnages, les personnages, et encore les personnages
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« Pendant qu’il console sa sœur, blottie contre lui, Dylan s’échappe dans la vision de son reflet en espérant y trouver un remède – et pourquoi pas, de l’aide. Voir s’il peut y lire la confiance que les autres mettent en lui.
Mais non, il ne reçoit que cette lueur qui lui rappelle deux phares peinant à éclairer une route plongée dans l’obscurité, à l’infini.

Alors il ferme les yeux. »

vendredi 7 octobre 2016

La trilogie des abimes, de Danielle Martinigol, tome 2 : L’envol de l’abîme

Editeur : Mango
Année : 2004
Pagination : 199 p.
Public visé : Adolescents à partir de 12 ans

* Attention, ce roman est le second tome d'une trilogie : présence de spoilers sur le tome précédent *

Résumé :
Corian est un exclu, un adolescent anonyme parmi les milliards d'individus qui peuplent les Cent Mondes colonisés par les humains. Il mène une vie effroyable sur l'hostile planète Djauze. Rien ne le destine à échapper à son triste sort. Mais Corian a un rêve, devenir perl, c'est-à-dire pilote d'Abîme, ces extraordinaires vaisseaux vivants de la planète Autremer ! Il réussit à participer à l'Epreuve qui sélectionne les candidats-perls, sous l'œil impitoyable de multiples caméras de cosmovision diffusant l'émission Les Vainqueurs de l'Impossible dans toute la Galaxie. C'est alors qu'apparaît dans les cieux un majestueux Abîme sauvage. D'où vient-il ? Aux côtés d'Aëla, " la petite fée des Abîmes ", Corian découvrira le secret du vaisseau-animal. Mais saura-t-il le préserver de la corruption médiatique qui fait rage ?

Ce que j’en pense :
Les seconds tomes des trilogies en sont souvent le point faible, des tomes de transition, sans réelle raison d’être. Pourtant ici, la suite des Abîmes d’Autremer, une de mes lectures fétiches d’adolescente, ne m’a en rien déçue, bien au contraire !

Tous les ingrédients sont réunis pour que ce second tome fonctionne, notamment des personnages attachants : le sensible Corian, le généreux Djem, et la tribu Maguelonne que l’on retrouve avec plaisir – surtout Madery, le patriarche.

Une fois de plus, la machine médiatique menace l’équilibre entre les abîmes et l’humanité. Même si ce qui m’a le plus passionnée dans ce tome, c’est l’histoire émouvante de la famille Maguelonne.

Mais ce roman est aussi et surtout un formidable voyage qui repousse les frontières de notre galaxie, et une belle ode à la liberté, avec un final très touchant.

Un immense merci donc à Danielle Martinigol pour m’avoir fait parvenir cette petite pépite, aujourd’hui introuvable (sauf dans les bonnes bibliothèques !).

Les + : l’émotion
Les - : on aurait pu passer un peu plus de temps sur Djauze (mais je chipote)
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

lundi 19 septembre 2016

Macha ou l’évasion, de Jérôme Leroy

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 330 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans


Résumé :

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, la course au profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu le monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter : sa jeunesse, cette époque ultraviolente, sa fuite vers un idéal…

Ce que j’en pense :

Jérôme Leroy nous propose ici un roman d’anticipation fort réussi, qui m’a emportée et m’a fait froid dans le dos. Macha, une centenaire qui vit dans un monde de Douceur, raconte sa fuite du monde de la Fin, en 2017. Elle dépeint un monde qui est déjà quasiment le nôtre, marqué par les crises financières, les attentats à répétition, le tournant autoritaire des pouvoirs politiques qui tentent de garder le contrôle sur la situation.

Ce roman engagé met le jeune citoyen en garde sur les atteintes à ses libertés, qui ne cessent de se multiplier : le fichage, les atteintes au droit de manifestation au nom de l’ordre public… Des dérives qui commencent déjà à exister aujourd’hui.
Face à cette évolution de la société et à sa situation personnelle difficile, Macha choisit la fuite, qu’elle nous raconte, vers une ZAD (Zone à Défendre) synonyme pour elle d’espoir de révolte et d’un monde meilleur.

Je n’ai qu’un regret : que l’histoire s’arrête en même temps que la fuite de Macha, et qu’elle ne nous raconte pas la chute du monde de la Fin, et l’installation de la douceur. Peut-être dans un prochain roman, puisque Jérôme Leroy semble avoir de la suite dans les idées. En attendant, je lirai volontiers « Norlande » du même auteur, dont l’un des personnages est évoqué ici.
Un roman citoyen, à mettre dans les mains de tout adolescent suffisamment mûr pour prendre du recul sur la société dans laquelle il vit.

Les + : un thème d’actualité
Les - : l’intrigue s’arrête trop tôt
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

vendredi 9 septembre 2016

Le village des oubliés, d’Henri Courtade

Editeur : Lucane éditions
Année : 2016
Pagination : 351 p.
Public visé : Adulte


Résumé :
Été 1982 : une famille allemande, de passage dans un village du Sud-Ouest est sauvagement assassinée. Vengeance ou coïncidence ? En 1944, les SS avaient massacré les habitants de ce même village. Les survivants se taisent : quelque chose d'inavouable doit rester caché. Mais les morts n'oublient pas, le passé resurgit toujours. Et avec lui, un secret inimaginable.

Ce que j’en pense :
Cela faisait trois longues années, que ceux qui ont goûté à la plume d’Henri Courtade attendaient un nouveau cru ! Après l’excellent Loup y es-tu, l’exaltant Lady R (et son pendant Lady A), l'engagé A la vie à la mort et l'historique Kléber, autant dire que mes attentes étaient élevées.

Une nouvelle fois après Kléber, l’auteur explore la veine historique, dans une intrigue en forme de puzzle qui prend sa source dans la Grande Guerre, avec des allers-retours entre l’été 1982 et juin 1944. Cette dimension historique est doublée d’une enquête policière, puisque quatre allemands sont tués un soir de juillet 1982. Un meurtre qui prend directement sa source dans les non-dits du 11 juin 1944. La narration est très bien maîtrisée, l’auteur nous balade habilement entre les époques pour nous mener à un dénouement qui possède sa part d’inattendu.

Mais ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est cette certitude que l’on a, dès les premières pages, que l’auteur l’a écrite comme un exorcisme, avec ses tripes bien étalées sur la table, avec souffrance. Si vous me trouvez crue, passez votre chemin car Henri Courtade ne vous épargne rien de la laideur de la guerre, pas même l’odeur de la viande grillée ! Il dérange et bouscule et c’est tant mieux, car rien n’est pire que de se croire insensible à cette souffrance et à ce gâchis. Il nous offre surtout un roman sincère et humain, même si cette humanité n’a rien de noble.

J’ai également apprécié la réflexion historique, sur l’héritage de la Grande Guerre, insinué dans les cœurs comme un poison, donnant naissance à toute une génération de salauds plus ou moins ordinaires. Car il n’y a pas de héros dans ce roman, simplement des gens plus honnêtes que d’autres. Et des enfants innocents, même s’ils ressentent confusément le poids du secret sur leurs épaules. On se sent pourtant l’un d’entre eux, comme un membre de ce village, dont on sait déjà qu’on ne pourra jamais le quitter tout à fait.

Les + : la sincérité, la narration
Les - : un final qui aurait pu être plus percutant ?
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« A la place, il tenta un sourire rassurant. Manqué bien sûr. Cela faisait longtemps qu’il ne savait plus comment s’y prendre. L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux. Et des morts, il en flairait pas mal autour de lui. Un sacré paquet de cadavres en devenir, même. Pas de quoi se fendre la poire non, vraiment pas de quoi. »


« Juste, moi ? s’exclama-t-il, tentant de maîtriser tant bien que mal sa colère. Juste, moi, l’ordure qui a copieusement participé à toutes ces saloperies ? Oh, pas tout seul bien sûr, avec l’aide de quelques millions de salopards qui pour des raisons bonnes ou moins bonnes ont voulu tout ça, mais sans vraiment le vouloir, si tu vois ce que je veux dire. On veut jamais bien entendu. Et c’est ça le pire ! »

samedi 27 août 2016

Le pacte des marchombres, tome 3, de Pierre Bottero : Ellana, la prophétie

Editeur : Rageot
Année : 2008
Pagination : 624 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Les années ont passé. Ellana a rejoint Ewilan, Salim et Edwin. Marchombre accomplie, elle accompagne Salim sur la voie. Alors qu'elle croit avoir enfin trouvé l'amour auprès d'Edwin, les démons du passé ressurgissent
S'appuyant sur une antique prophétie, les mercenaires du Chaos menacent la guilde. Et les êtres qui sont chers à Ellana disparaissent un à un..
. Dans Ellana la prophétie se joue la conclusion de l'aventure, dans une apothéose où chaque question trouve une réponse, l'intrigue son aboutissement et les protagonistes leur accomplissement.

Ce que j’en pense :
Après deux tomes très réussi (tome 1 et tome 2), celui-ci conclut en beauté les aventures d’Ellana, Edwin, Salim, Ewilan, et bien d’autres encore. La tension est à son paroxysme, puisque l’enfant d’Edwin et Ellana est en danger. Ce troisième volet nous emmène vers l’affrontement ultime entre l’ordre et le chaos, entre les marchombres et les mercenaires.
Ellana est plus fascinante que jamais dans ce tome, en mère désespérée et redoutable, en instructrice capable de se remettre en question, et toujours, avant tout, en femme libre. Au second plan, on suit l’évolution de Salim et Ewilan, confrontés aux doutes du passage à l’âge adulte. Tous les pans de l’intrigue trouvent leur sens et se rejoignent.
Malgré la tension qui parcourt toute l’histoire, l’humour tendre de Pierre Bottero est toujours bien présent. Sa plume est toujours aussi poétique, toujours aussi belle, même si les thématiques abordées reviennent régulièrement et sont parfois un peu redondantes. J’ai en revanche un vrai regret, c’est que, contrairement aux « Mondes d’Ewilan », les victoires de nos héros sont ici un peu trop faciles et évidentes.
Quoi qu’il en soit, ce roman a beau compter plus de 600 pages, elles défilent à toute allure tant on est avide de connaître la suite. Pour mieux le regretter ensuite, tant on est triste de quitter ces personnages. La fin était ouverte, mais nous savons qu’il n’y aura jamais de suite… Néanmoins, nous sommes déjà tellement chanceux que cette histoire existe ! A découvrir absolument !

Les + : l’intrigue haletante, la plume
Les - : un peu de redondance, des victoires un peu trop faciles
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« La vie n'est pas une roue impitoyable mais une route. Une route certes parsemée d'embûches, mais une route qui peut conduire au bonheur. Pour peu qu'on ne se perde pas. »

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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge New Pal 2016 : 12/56

(n°11 « La bibliothécaire » de Gudule lu mais non chroniqué)

vendredi 22 juillet 2016

Tous nos jours parfaits, de Jennifer Niven

Editeur : Gallimard
Année : 2015
Pagination : 379 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans
  
Résumé :
Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la "bête curieuse" de l'école. Il oscille entre les périodes d'accablement, dominées par des idées morbides et les phases "d'éveil" où il déborde d'énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s'est isolée et s'est laissée submerger par la culpabilité.
Pour Violet et Finch, c'est le début d'une histoire d'amour bouleversante: l'histoire d'une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Ce que j’en pense :
Ce roman propose une histoire bouleversante, hors normes et pourtant universelle. Une fille et un garçon mal dans leurs peaux, on pense avoir lu cette histoire mille fois et on y retrouve forcément des ingrédients connus. Mais cette histoire possède bel et bien sa propre empreinte et son originalité, avec la découverte des lieux insolites de l’Indiana et les idées saugrenues de Finch.

Ce dernier est un personnage très touchant. Contrairement à ce qu’affirme la 4e de couverture, il ne veut pas mourir, au contraire Finch s’accroche à la vie de toutes ses forces et se débat pour rester en contact avec la réalité. Mais surtout, il refuse jusqu’au bout d’être assimilé à une maladie et tient à ce qu’on se souvienne de lui en tant que personne. C’est pour ma part très réussi.

Ainsi, l’histoire d’amour et la leçon de vie sont belles et émouvantes. Violet et Finch nous apprennent à apprécier l’instant et à admettre qu’on ne peut pas toujours aider ou sauver ceux que l’on aime. Ils nous rappellent combien il est difficile d’être un adolescent sur le point de devenir adulte, en proie avec des émotions très vives et des angoisses dévorantes. Particulièrement lorsqu’on souffre d’une maladie mentale, peu / pas reconnue pas les autres, prompts à coller une étiquette de « fêlé » à ceux qui sont incapables de rentrer dans le moule. Enfin, au travers du personnage de Violet, on est face à la souffrance de celui qui reste, que la pression sociale voudrait obliger à se réjouir d’être en vie, mais ce n’est pas aussi simple… Tout cela sonne juste.

Petit bémol pour la postface de l’auteure, trop personnelle à mon goût, qui oriente notre interprétation de cette histoire dans le sens qu’elle-même a souhaité, sans laisser la place à notre propre ressenti.

Les + : l’originalité et l’émotion
Les - : la postface qui en dit un peu trop
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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«Elle est constituée d’oxygène, carbone, hydrogène, nitrogène, calcium et phosphore. Les mêmes éléments chimiques que nous tous, cependant je ne peux m’empêcher de penser qu’elle est plus que ça, qu’il y a en elle d’autres composants dont personne n’a jamais entendu parler, qui font qu’elle est à part. Je suis pris de panique en pensant : Et si l’un de ces composants venait à manquer ou cessait de fonctionner ? Je chasse cette pensée pour me concentrer sur la douceur de sa peau, pour ne plus voir un assemblage de molécules mais Violet tout entière. »


« Je me souviens avoir couru le long d’une route menant à une serre pleine de fleurs. Je me souviens de son sourire et de son rire quand j’étais au mieux, quand elle me regardait comme si je ne pouvais pas mal faire et que j’étais entier. Je me souviens qu’elle me regardait de la même façon quand ce n’était pas le cas. Je me souviens de sa main dans la mienne, de la sensation que quelqu’un, que quelque chose m’appartenait. »

vendredi 20 mai 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes, d’Anne McPartlin

Editeur : Le Cherche midi
Année : 2016
Pagination : 454 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n'a plus que neuf jours à vivre.
Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa soeur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu'elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l'espoir de la sauver s'amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s'interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Ce que j’en pense :

Autant les livres sur la maladie sont légion, autant je n’avais encore jamais lu un roman se déroulant dans un centre de soin palliatif. On pourrait craindre que ce genre de lecture soit déprimant à souhait, mais ce n’est pas du tout le sentiment que m’a inspiré Rabbit.

Car il y a cette très belle galerie de personnages qui ne cesse de se battre contre la maladie et la fatalité. Personne ne renonce, chacun fait face à sa manière. Attention ils ne sont pas irréprochables, ils sont parfois faibles, parfois injustes, parfois ils craquent et se déchirent…et c’est justement ce qui fait toute l’humanité de ce roman et sa crédibilité. Ils sont poignants, particulièrement les parents de Rabbit qui doivent affronter l'idée d'enterrer leur enfant. Mais ils sont aussi vivants, et souvent drôles. Mention spéciale à la mère de Rabbit et à son sens de la bourde, toujours bienvenu pour se surprendre à sourire dans les pires moments.

J’ai également apprécié les débats qui entourent la fin de vie de Rabbit, notamment la place de la religion. Ce sont des philosophies de vie qui s’affrontent, notamment dans les scènes finales entre Rabbit et Johnny, ces deux derniers nous offrant au passage une belle histoire d’amour.

Mais surtout, ce roman est rempli d’espoir (et de musique) et donne une très belle leçon : même si la mort est au bout du chemin, le cancer ne gagne pas, pas si les proches restent soudés et perpétuent la vie et le souvenir.

Merci donc à Plume de Cajou pour m'avoir donné l'envie découvrir ce roman avec son billet.

Les + : les personnages, l’humour inattendu
Les - : r.a.s
Appréciation : 4.5/5

Stellabloggeuse

« -Donc, dans ma tête, on vivra heureux pour toujours au pays des fées.
A l’évidence, il était sarcastique, mais de meilleure humeur, aussi.
-Et dans la tienne, ce sont ces moments-ci, ici et maintenant, qui dureront à jamais.
-Je n’aurais pas dit mieux mais bon, c’est toi le poète. »


« Peut-être que je ne pourrai pas faire tout ce que j’avais prévu. Je ne serai pas la mère de la mariée ; devenir une vieille dame qui fait sauter ses petits-enfants sur ses genoux, ce ne sera pas pour moi. Peut-être que ça ne serait pas arrivé de toute manière, mais ça n’a plus d’importance, parce que maintenant j’ai un nouveau plan. Je vais simplement vivre. Je serai une fille, une sœur, une amie et, par-dessus tout, une mère. »

jeudi 5 mai 2016

Les carnets de Cerise, tome 4, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret : La déesse sans visage

Editeur : Soleil
Année : 2016
Pagination : 88 p.
Public visé : Enfants, à partir de 10 ans

Résumé :
L'heure des vacances a sonné! La visite d'un étrange manoir annonce une nouvelle enquête pour Cerise : chaque pièce est une énigme, chaque objet est un indice. Mais il est des secrets plus anciens qui ne demandent qu'à être dévoilés. Qui est cette déesse sans visage qui trône dans une pièce secrète? Où se cache la partie manquante de ce tableau? Mais surtout, qui tire vraiment les ficelles de ce nouveau mystère? Si Cerise ne résolvait pas l'énigme à temps, les conséquences pourraient être terribles...

Ce que j’en pense :
J’ai retrouvé avec un grand plaisir Cerise, sa mère et ses amies, et me suis une fois de plus régalée avec les illustrations, douce, sensibles, chaleureuses.
Mais l’intrigue n’est pas en reste, d’autant plus que cette fois-ci, l’enquête de Cerise prend rapidement un tour plus personnel. Sa relation avec sa maman est mise au premier plan, et l’absence de son papa se fait cruellement sentir dans un moment où Cerise se sent grandir et éprouve le besoin de revenir sur son passé.
Quant à l’enquête en elle-même, elle est une fois de plus très bien ficelée, et romantique à souhait.
On est dépaysé par un nouveau cadre, au bord de l’océan, l’ambiance gothique du manoir, et les nouveaux amis que rencontre Cerise.
Au final, c’est sans doute le meilleur des quatre tomes parus à ce jour. Vivement le prochain !


Les + : la dimension plus personnelle
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

mercredi 23 mars 2016

L’ours qui jouait du piano, de David Litchfield

Editeur : Belin
Année : 2016
Public visé : Enfants, à partir de 5 ans

Résumé :
Un jour, au cœur de la forêt, un ours découvre un piano abandonné. D’abord effrayé par cet instrument capable de faire du bruit, il l’apprivoise peu à peu, lentement, touche après touche, jusqu’à pouvoir jouer de merveilleuses mélodies qui ravissent ses amis de la forêt. Un jour, un père et sa fille lui propose de les accompagner en ville, où il devient une véritable star. Pourtant, l’ours se rend compte qu’il lui manque l’essentiel…

Ce que j’en pense :
Ma collègue et moi sommes tombées sous le charme de cet album. Les illustrations sont magnifiques, qu’il s’agisse de la forêt baignée de lumière ou de la ville et de la salle de concert où l’ours joue à guichet fermé.
L’histoire est belle, et en plus elle est un peu longue, on prend le temps de la déguster avec les enfants. Il est question de musique, de célébrité, de reconnaissance et de richesse, mais le lecteur en retient qu’il n’existe pas de bonheur supérieur à celui d’être entouré de ses amis.
L’album est assez grand, il se prête bien à être raconté à un groupe d’enfants. Il peut être compris dès la grande section, et les grands de primaire l’apprécient particulièrement.

Les + : la beauté des illustrations, l’histoire, le format
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

samedi 19 mars 2016

Je t’ai rêvé, de Francesca Zappia

Editeur : Robert Laffont
Année : 2015
Pagination : 441 p.
Public visé : Adolescents et adultes, à partir de 15 ans

Résumé :
Alexandra, diagnostiquée schizophrène depuis sa tendre enfance, fait son entrée en Terminale dans un nouveau lycée, après avoir été renvoyée du précédent. Ses parents lui font peu confiance, guettant le moindre signe d’avancée de la maladie, mais Alex va pourtant vivre tous les rites initiatiques de l’adolescence : se faire ses premiers amis, participer à des rencontres sportives, aller à des soirées…et tomber amoureuse. Pourtant le chemin est semé d’embûches, et Alex ne peut jamais être sûre que tout ce qu’elle vit est bien réel…

Ce que j’en pense :
Après « Contrecoups » de Nathan Filer qui nous plaçait dans la tête d’un jeune schizophrène, voici une nouvelle immersion au cœur de la maladie. C’est une lecture originale et troublante, puisque le lecteur doute sans cesse de la réalité de ce qu’il lit, l’intrigue alternant les péripéties classiques d’une vie adolescente et des éléments beaucoup plus bizarres.
Par rapport à « Contrecoups », ce roman est moins réaliste, il est plein d’étrangetés, mais cela le rend à mes yeux encore plus intéressant en tant qu’expérience de lecture, car la frontière entre délire et réalité est complètement brouillée, et personne ne vient éclairer notre lanterne. Même lorsque Alex est sûre d’elle, on ne peut s’empêcher de douter. Que penser, par exemple, de la fin ? J’ai une interprétation, loin du happy end qui est offert, mais est-elle la bonne ? Certains événements restent en tout cas difficiles à croire malgré toute notre bonne volonté.
Mais la vraie force du roman, c’est le personnage d’Alex, et celui de Miles. Tous deux sont très attachants avec leurs petits et leurs grands travers, et l’on a vraiment envie de savoir ce qui va leur arriver, même lorsque l’intrigue devient farfelue. Un signe qui ne trompe pas, je refermais toujours le livre à contrecœur en arrivant au travail ou à la fin d’un trajet - je lis dans les transports.
Ce roman devrait vous plaire si vous n'attendez pas un traitement médical du sujet de la schizophrénie, la maladie passe au second plan derrière la vie quotidienne du personnage et ses émotions.

Les + : un personnage très touchant
Les - : quelques événements vraiment peu crédibles même dans ce contexte
Appréciation : 4,5/5

« Les médicaments m’aidaient parfois. J’avais la preuve qu’ils fonctionnaient lorsque le monde perdait ses couleurs vives et son intérêt. Quand les homards de l’aquarium n’étaient plus rouge vifs, par exemple. Ou que je me rendais compte que chercher des traceurs radioactifs dans ma nourriture était ridicule (mais je les cherchais quand même pour réduire au silence la paranoïa qui faisait picoter ma nuque). Je savais aussi qu’ils étaient efficaces quand mes souvenirs étaient flous, que j’avais l’impression de ne pas avoir dormi depuis des jours et que je mettais mes chaussures à l’envers. »

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge 100% R : 32e lecture

samedi 12 mars 2016

Le pacte des Marchombres, tome 2, de Pierre Bottero : Ellana L’Envol

Editeur : Rageot
Année : 2008
Pagination : 443 p. (version poche J’ai Lu)
Public visé : Adolescents et adultes

Résumé :
*Attention il s’agit du second tome d’une série, présence de spoilers sur le tome précédent*
Après avoir affronté le jugement du Rentaï et obtenu la Greffe qui l’a dotée de griffes redoutables, Ellana est de retour à Al Jeit avec son maître Jilano pour poursuivre son apprentissage de marchombre. Elle se voit bientôt confier une mission importante pour la sauvegarde de l’Empire, alors que la menace T’sliche est de plus en plus palpable. En proie au doute, Ellana trébuchera maintes fois avant de prendre son envol.

Ce que j’en pense :
C’est toujours un bonheur de retrouver la plume de Pierre Bottero, et particulièrement la trilogie dédiée à Ellana, qui est pour moi la plus aboutie de l’auteur, parmi celles que j’ai lues jusqu’à présent. Le premier tome était en tout cas très prometteur.
On retrouve Ellana en plein apprentissage, et on la suit jusqu’à la rencontre du premier groupe de voyageurs qui constitue la Quête d’Ewilan. J’ai apprécié le fait qu’Ellana ne soit pas parfaite, ses erreurs la rendent humaine et crédible. Une nouvelle fois, un hommage est rendu aux forces de la nature dans lequel le marchombre apprend à se fondre, et à leur harmonie. Le marchombre est respectueux et épris d’une liberté qui n’a rien d’égoïste, bien au contraire.
Il ne m’a manqué qu’un peu plus d’émotions pour avoir un coup de cœur, même si le roman n’en est pas dénué ! A lire, pour tous les amoureux d’Imaginaire, à partir de 12 ans.

Les + : la plume de Bottero, le personnage d’Ellana
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5

« Aimer est l’un des plus beaux choix qui s’offrent à un homme. Ou à une femme. Et l’un des plus difficiles. […] Et pas seulement parce que différencier l’amour de la passion ou d’une simple attirance, physique ou intellectuelle, est complexe. Une fois le choix d’aimer effectué, tout est en devenir. Tout reste à bâtir. Mon maître disait que l’amour est une voie au même titre que la voie des marchombres. »

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2016 : 5/13

 Challenge New Pal 2016 : 3/56