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vendredi 9 septembre 2016

Le village des oubliés, d’Henri Courtade

Editeur : Lucane éditions
Année : 2016
Pagination : 351 p.
Public visé : Adulte


Résumé :
Été 1982 : une famille allemande, de passage dans un village du Sud-Ouest est sauvagement assassinée. Vengeance ou coïncidence ? En 1944, les SS avaient massacré les habitants de ce même village. Les survivants se taisent : quelque chose d'inavouable doit rester caché. Mais les morts n'oublient pas, le passé resurgit toujours. Et avec lui, un secret inimaginable.

Ce que j’en pense :
Cela faisait trois longues années, que ceux qui ont goûté à la plume d’Henri Courtade attendaient un nouveau cru ! Après l’excellent Loup y es-tu, l’exaltant Lady R (et son pendant Lady A), l'engagé A la vie à la mort et l'historique Kléber, autant dire que mes attentes étaient élevées.

Une nouvelle fois après Kléber, l’auteur explore la veine historique, dans une intrigue en forme de puzzle qui prend sa source dans la Grande Guerre, avec des allers-retours entre l’été 1982 et juin 1944. Cette dimension historique est doublée d’une enquête policière, puisque quatre allemands sont tués un soir de juillet 1982. Un meurtre qui prend directement sa source dans les non-dits du 11 juin 1944. La narration est très bien maîtrisée, l’auteur nous balade habilement entre les époques pour nous mener à un dénouement qui possède sa part d’inattendu.

Mais ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est cette certitude que l’on a, dès les premières pages, que l’auteur l’a écrite comme un exorcisme, avec ses tripes bien étalées sur la table, avec souffrance. Si vous me trouvez crue, passez votre chemin car Henri Courtade ne vous épargne rien de la laideur de la guerre, pas même l’odeur de la viande grillée ! Il dérange et bouscule et c’est tant mieux, car rien n’est pire que de se croire insensible à cette souffrance et à ce gâchis. Il nous offre surtout un roman sincère et humain, même si cette humanité n’a rien de noble.

J’ai également apprécié la réflexion historique, sur l’héritage de la Grande Guerre, insinué dans les cœurs comme un poison, donnant naissance à toute une génération de salauds plus ou moins ordinaires. Car il n’y a pas de héros dans ce roman, simplement des gens plus honnêtes que d’autres. Et des enfants innocents, même s’ils ressentent confusément le poids du secret sur leurs épaules. On se sent pourtant l’un d’entre eux, comme un membre de ce village, dont on sait déjà qu’on ne pourra jamais le quitter tout à fait.

Les + : la sincérité, la narration
Les - : un final qui aurait pu être plus percutant ?
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« A la place, il tenta un sourire rassurant. Manqué bien sûr. Cela faisait longtemps qu’il ne savait plus comment s’y prendre. L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux. Et des morts, il en flairait pas mal autour de lui. Un sacré paquet de cadavres en devenir, même. Pas de quoi se fendre la poire non, vraiment pas de quoi. »


« Juste, moi ? s’exclama-t-il, tentant de maîtriser tant bien que mal sa colère. Juste, moi, l’ordure qui a copieusement participé à toutes ces saloperies ? Oh, pas tout seul bien sûr, avec l’aide de quelques millions de salopards qui pour des raisons bonnes ou moins bonnes ont voulu tout ça, mais sans vraiment le vouloir, si tu vois ce que je veux dire. On veut jamais bien entendu. Et c’est ça le pire ! »

vendredi 27 mai 2016

Imposteur, tome 1, de Suzanne Winnacker

Editeur : Robert Laffont
Année : 2014
Pagination : 340 p.
Public visé : Adolescents et jeunes adultes , à partir de 14 ans

Résumé :
Rejetée par sa famille à cause de son don, Tessa est accueillie à bras ouverts par la Cellule des aptitudes extraordinaires, branche ultrasecrète du FBI qui recrute des jeunes doués de pouvoirs surnaturels. Après deux ans d'entraînement intense, elle maîtrise enfin le sien : la métamorphose. Mais les choses sérieuses commencent vraiment pour Tessa lorsqu'un tueur en série sème la terreur dans une paisible ville de l'Oregon. Pour confondre le meurtrier, elle va devoir prendre les traits de Madison, l'une des victimes, laissée pour morte. Dans le rôle de la brebis sans défense, Tessa attend que le loup vienne parachever son oeuvre macabre... Si elle déteste cette imposture au quotidien, incarner Madison offre aussi des compensations, celles d'une vie normale que Tessa n'a jamais connue. Au-delà des faux-semblants, des multiples suspects et du danger omniprésent, elle va découvrir l'amitié et une famille soudée. Mais comment se faire aimer pour soi quand on est dans la peau d'une autre ?

Ce que j’en pense :
Premier tome d’une trilogie « Imposteur » est un thriller fantastique assez efficace. Les personnages, dotés de dons plus ou moins originaux, sont des sortes de X-Men : les Variants, dotés de pouvoir, sont regroupés au sein d’une institution qui est à la fois leur école et leur foyer, et bientôt, leur lieu de travail, en lien avec le FBI.

Tessa, capable de prendre l’apparence de n’importe quelle personne qu’elle a touchée, reçoit sa première mission : remplacer une jeune fille assassinée, à l’insu de sa famille, afin de démasquer le meurtrier. Elle est assez touchante, entre le remords de mentir à la famille de Madison et sa soif d’affection.

L’histoire propose également une romance (bien sûr !), qui ne m’a pas franchement convaincue. Sur le plan de l’intrigue, le roman est assez efficace et suscite la curiosité, sans être transcendant. Néanmoins, je découvrirai avec plaisir Tessa dans ses prochaines aventures. La trilogie devrait séduire les adolescents, à partir de 14 ans.

Les + : un bon thriller pour adolescents
Les - : la romance
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2016 : 8/13


Challenge New Pal 2016 : 7/56



Challenge 100% R : 33e lecture

vendredi 22 avril 2016

Rural noir, de Benoit Minville

Editeur : Gallimard
Année : 2016
Pagination : 256
Public visé : Adultes

Résumé :
Après dix ans d’absence, après avoir tout plaqué et avoir tenté de tout oublier, Romain est de retour dans son petit village dans la Nièvre. Rapidement, les souvenirs affluent, notamment ceux de cet été où les choses ont commencé à déraper, lorsqu’il a perdu son innocence. En retrouvant son frère et sa meilleure amie Julie, Romain espère prendre un nouveau départ, mais les retrouvailles sont entachées par un drame : Vlad, leur ami d’enfance, le quatrième membre de leur « gang » est retrouvé dans un champ, laissé pour mort…

Ce que j’en pense :

Après son titre « Les géants » qui préfigurait déjà un tournant plus sombre, Benoit Minville revient cette fois avec un véritable roman noir, sur fond de trafic de drogue et de règlements de comptes.

On y retrouve pourtant des thèmes familiers chez l’auteur, notamment cet intérêt pour l’adolescence, l’âge de la transgression et de la liberté, mais aussi des premières angoisses existentielles. Il nous raconte ainsi l’amitié fusionnelle de quatre jeunes gens. C’est sans doute ce qui donne son humanité au roman – par ailleurs très sombre, avec son lot de sang et de violence. A un moment de l’intrigue, j’ai d’ailleurs pensé au film « Les petits mouchoirs », avec cette bande de copains qui perd brutalement son insouciance.

L’histoire a également une importante dimension sociale, autre préoccupation récurrente chez l’auteur – on se souvient du cri de rage de « Je suis sa fille » contre la toute-puissance du capitalisme. Il est question ici de la désertification des campagnes, de la crise qui frappe durement ces recoins isolés de France, des petits trafics mis sur pieds pour survivre et qui dégénèrent en quelque chose de plus grave… Cela m’a rappelé par moments « A la vie à la mort » d’Henri Courtade, que j’avais beaucoup aimé.

Le lecteur se retrouve pris au piège avec les personnages qu’il apprend rapidement à apprécier, dans une spirale de vengeance et de règlement de comptes, entre passé et présent, avec un esprit de clan et une loi du silence qui rappelle un peu la mafia.
Un roman à découvrir, pour les amateurs de polars non dénués de chaleur humaine, avec une dimension sociale.

Les + : l’humanité, la dimension sociale
Les - : ne pas être rebuté par la violence, beaucoup de combats à mains nues
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« Ce soir on est les rois. Cette nuit d'été est à nous. On se rabâche cet hymne depuis des semaines et à chaque fois c'est la plus grande découverte de l'histoire de la musique. Notre vieille grange nous protège de l'orage de fin du monde qui rôde. On transpire la joie, le rock'n'roll et l'amitié. On est plus grands que King Kong, plus heureux qu'une colonie de milliardaires, plus sauvages qu'une horde de hors-la-loi. »

mercredi 13 janvier 2016

Une autre vie, de S.J. Watson

Editeur : Sonatine
Année : 2015
Pagination : 443 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
A l’aube de la quarantaine, Julia mène une petite vie bien rangée tout près de Londres, avec son mari et son fils adoptif. Tout bascule lorsque sa jeune sœur Kate est retrouvée morte dans une ruelle parisienne. Rongée par la culpabilité, Julia est décidée à faire toute la lumière sur ce meurtre, et dans ce but, s’inscrit sur le site de rencontre que fréquentait sa sœur. Mais c’est un jeu dangereux : entre le risque de tomber sur un véritable meurtrier et celui de prendre goût à une vie plus épicée, quel est le plus dangereux ?

Ce que j’en pense :
Pour moi, ce roman est plutôt une déception. J’avais adoré « Avant d’aller dormir » qui était très bien mené et avait une vraie originalité. Ici, on voit apparaître de grosses ficelles une bonne centaine de pages avant le dénouement, qui est quant à lui plutôt improbable, pour ne pas dire tiré par les cheveux.
Le personnage de Julia m’a agacée, avec son déni perpétuel et son obstination à ne pas voir certaines évidences.
On se laisse tout de même prendre par le suspense et par le thème central de l’histoire, celui des relations virtuelles et des dangers qu’elles comportent. Au final, une assez bonne lecture, mais à choisir, préférez-lui son prédécesseur !

Les + : Le thème des relations virtuelles
Les - : De grosses ficelles, un personnage agaçant
Appréciation : 3/5

« Je prends conscience, avec une certaine clairvoyance, que nous portons des masques, tous, tout le temps. Nous présentons un visage, une version de nous-mêmes, au monde, aux autres. Nous affichons un visage différent en fonction de ceux que l’on côtoie et de ce que l’on attend de nous. Même lorsque nous sommes seuls, nous portons un autre masque encore, la version de nous-mêmes que nous préférons. »


Stellabloggeuse

mercredi 4 novembre 2015

Terminus Elicius, de Karine Giebel : un thriller psychologique sur le Marseille-Miramas

[Editions La vie du rail, 2004]

J’ai découvert Karine Giebel il y a un peu moins de deux ans avec « Juste une ombre », un thriller psychologique qui avait été un petit coup de cœur pour moi. J’ai un peu moins apprécié « Purgatoire des innocents », qui recelaient à mes yeux davantage de violence gratuite. J’étais cependant curieuse de découvrir « Terminus Elicius », qui fut son tout premier roman.

Résumé

Jeanne est une fragile jeune femme de 28 ans. Son quotidien se résume à un aller-retour quotidien en train, entre Istres et Marseille, des journées au commissariat où elle officie en tant que gratte-papier, et la maisonnette qu’elle occupe avec sa mère qui trompe sa dépression devant la télévision. Jusqu’au jour où elle trouve dans le train une lettre d’amour qui lui est destinée. Ce qui pourrait être le début d’une belle histoire deviendra l’antichambre de l’enfer lorsque l’auteur des lettres avouera être un tueur en série…

Un honnête thriller psychologique

Avec ce premier roman, j’ai retrouvé la veine du thriller psychologique que j’avais adoré dans « Juste une ombre ». Celui-ci étant le premier, il est peut-être un peu moins maîtrisé, un peu moins fort. Et il n’y a pas le point de vue du meurtrier, chose que j’aime beaucoup chez Giebel. Ceci dit, cela reste un honnête thriller psychologique, dont les pages se tournent aisément. Le train y est un personnage à part entière, et vous donnera sans doute envie de découvrir ces paysages, entre Marseille et Istres.

Une intrigue maîtrisée

Du point de vue de l’intrigue, elle est plutôt bien menée même si certains points sont rapidement évidents. L’auteure mêle à l’intrigue policière la folie de son personnage, ce qui lui permet de densifier son histoire et de maintenir le lecteur dans le flou. La dépression et le harcèlement scolaire sont également de la partie. La fin, comme d’habitude, est sans complaisance, mais le contraire m’aurait déçue !

Les personnages

Le personnage de Jeanne est très torturée, on comprend rapidement qu’elle souffre d’un important trouble de la personnalité, que je ne nommerai pas pour préserver un petit peu de suspense. Dans son état, le fait de devoir se débattre entre ses sentiments pour Elicius et ce que dicte la morale va lui causer un véritable déchirement, qui remet en cause sa fragile santé mentale. C’est un personnage que l’on n’approuve pas forcément, mais que l’on plaint. Le meurtrier quant à lui ne songe qu’à la vengeance, même si derrière la haine on ressent sa souffrance.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est correct, pas de familiarités comme dans certains autres policiers. La plume est aussi maîtrisée que l’intrigue. Avec en prime quelques belles descriptions des paysages entre Marseille et Istres, auxquelles je faisais référence ci-dessus.

En quelques mots…

Ainsi, ce roman porte bien la marque de Karine Giebel, un thriller psychologique avec un personnage au bord du gouffre de la folie. Cela reste un premier roman, un peu moins abouti que ceux qu’elle a écrit par la suite, mais il m’a tout à fait satisfaite.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Elle poussa la porte du secrétariat, le cœur en friche, laissant derrière elle une déception qu’elle n’aurait pas pensé si cruelle. Une nouvelle journée commençait, identique à tant d’autres. Sauf que, ce matin, elle avait déposé une lettre au plus recherché des tueurs. Et, ce soir, elle trouverait une lettre de ce même assassin. Cet homme sans visage qui était un voyage à lui seul. »

« Beaucoup de gens dans ces rues. Le cœur de Marseille ne s’arrête jamais de battre. Une vitrine de magasin en guise de miroir. Son reflet, légèrement déformé. Elle avait mis ses lunettes teintées, détaché ses cheveux. Une jolie robe. Elle avait changé. Elle était toujours la même pourtant. Une façade pour cacher l’indicible. Les blessures partout, les plaies qui refusent de guérir. L’horreur qui se dessine au fond de ses yeux. »
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Ce roman fait partie du challenge :

 

New Pal 2015 : 15/75

mercredi 17 juin 2015

Night School, tome 5, de C.J. Daugherty : Fin de partie


*Attention il s’agit du dernier tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*


Me voilà aujourd’hui pour conclure la chronique d’une série en cinq tomes, qui m’aura fait passer par toutes les émotions, des meilleures aux pires : Night School de C.J. Daugherty, bien évidemment ! Après un premier tome prometteur, un second à s’arracher les cheveux, un troisième avec une bonne évolution du personnage, et un quatrième qui se terminait sur un suspense insoutenable, j’attendais avec impatience la conclusion de cette saga !

Résumé

Allie est anéantie, une fois de plus. Cette fois, Nathaniel lui aura arraché le temps d’une même soirée sa grand-mère Lucinda et l’amour de sa vie, Carter. De retour à Cimmeria, elle n’a qu’une obsession : trouver une preuve qu’il est en vie et le localiser. S’engage une dernière course contre la montre pour le récupérer vivant, avant de pouvoir enfin terminer la partie et la perdre en beauté…

Une bonne conclusion

Ce tome continue sur la lignée des précédents avec un mélange de thriller et d’intrigues sentimentales. A ceci près que cette fois, le thriller prend le dessus avec une tension inédite, un suspense insoutenable lié au sort de Carter, alors qu'Allie vient tout juste de réaliser (enfin!) qu'elle l'aimait. Je ne vous dirai pas, bien évidemment, comment tout cela a fini, simplement que ce tome est à la hauteur des précédents, et qu’il apporte une conclusion tout à fait satisfaisante à la série. C.J. Daugherty a de la suite dans les idées et son histoire se tient.

Alors oui, on peut reprocher à cette série un côté très teenager et le sempiternel triangle amoureux est parfois pesant. Mais n’oublions pas que les ados sont le public visé. Pour ma part, ces romans m’auront fait retrouver mes 15 ans, j’ai été embarquée, bien malgré moi, à chaque fois. L’auteure est douée pour susciter des émotions, pas de doute là-dessus. Sans oublier que l’histoire est originale, avec ce thème des sociétés secrètes, je n’avais encore rien lu de tel.

Les personnages

Allie et moi sommes passés par bien des phases dans notre relation, de la sympathie à l’envie de lui donner des baffes, rien ne nous a été épargné. Mais elle a connu une belle évolution, la voilà plus forte et enfin sûre d’elle. Elle reste assez épouvantablement lâche dans ses rapports amoureux, mais on va dire que c’est l’âge, et la peur de blesser… Carter reste LE personnage masculin marquant, son côté ténébreux et son humour fonctionnent du tonnerre, même s’il est quasiment absent de ce tome. Je n’aurais jamais vraiment apprécié Sylvain, malgré ses efforts, je fais partie de ceux qui sont incapables d’oublier ce qu’il a fait dans le premier tome. En revanche j’ai aimé les personnages secondaires : Rachel, Zoé, Katie, et certains nouveaux comme Neuf, le garde de Nathaniel.

L’écriture

En ce qui concerne l’écriture, elle est typique des romans young adult, plutôt simple et efficace. Il y a du rythme, des émotions, les réflexions sont cohérentes : le lecteur e retrouve engagé auprès d’Allie. Les descriptions de Cimmeria m’auront particulièrement ravie tout au long de la série, et donné envie d’aller dans une telle école !

En quelques mots…

Ainsi, cette série qui m’aura fait passer par toutes les émotions trouve ici une conclusion à la hauteur des événements précédents, avec un tome plein de tension. C.J. Daugherty fait passer Allie et son lecteur par des moments de bonheur intense, de grand doute, de peur, de rage. Si les triangles amoureux ne vous dérangent pas (trop), si vous voulez une intrigue originale, et si l’envie vous prend de revivre vos années lycée, n’hésitez pas, lisez Night School ! A partir de 14/15 ans.

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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« Tout s’éclairait à présent. Jerry Cole lui avait dit de n’aller aux pourparlers qu’accompagnée de personnes de confiance. Maintenant, elle comprenait pourquoi. « Emmène quelqu’un en qui tu as toute confiance pour que Nathaniel puisse te l’arracher. Emmène quelqu’un en qui tu as toute confiance pour que Nathaniel puisse le tuer. Comme il a tué Jo. » Se débattant vainement avec la portière, elle étouffa un sanglot. Elle ne pouvait pas descendre. Elle ne pouvait pas y retourner. »

« -Vous vous êtes parfaitement fait comprendre. Maintenant, laissez-moi à mon tour vous faire comprendre une bonne chose : Lucinda Meldrum s’est battue pour mettre un terme à cette guerre. Elle a donné sa vie pour ça. C’est tout ce qu’elle voulait : la paix. Ce conflit a ruiné sa vie, la vie de Nathaniel, la mienne et celle de tous ceux qui vivent entre ces murs.
Elle reprit son souffle, indifférente à la stupeur qui se peignait sur les visages de ses auditeurs.
-Alors non, je ne me joindrai pas à vous pour regagner le contrôle d’Orion. Je ne veux rien avoir à faire avec Orion. Je ne veux même plus en entendre parler. »
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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2015 : 20/26

Challenge 100% R : 26e lecture

samedi 14 février 2015

Les géants, de Benoit Minville : un roman familial sur la côte Basque

[Sarbacane, 2014]

De Benoit Minville, j’avais lu le premier roman intitulé « Je suis sa fille ». Si j’en avais apprécié le message, j’avais trouvé qu’il survolait un peu son sujet et que les personnages manquaient de vérité. Aussi, j’ai ouvert « Les Géants » avec un à priori légèrement négatif. Et j’avais tort.

Résumé

Marius, la vingtaine, pointe depuis deux ans au Pôle emploi et retape un vieux navire en rêvant d’une grande évasion. Il vit dans un village du Pays Basque, un petit paradis pour les surfeurs, dont il fait partie avec son meilleur ami, Esteban. Les deux familles, le clan de pêcheurs et le clan de gitans, sont unies comme les doigts de la main, face aux vacheries du quotidien. Mais la sortie de prison de César, le grand-père de Marius, un ancien du crime organisé pas rangé pour deux sous, va provoquer une vague de révélation qui va tous les ébranler…au risque de les briser ?

Une histoire de famille et de gangsters

J’ai vite regretté mes préjugés en avançant dans ce roman, qui est bien plus dense et plus maîtrisé que le précédent. C’est avant tout une histoire de famille, un thème qui me parle. Il y est question de la transmission des valeurs, et de la difficulté à communiquer qui s’installe lorsque les enfants grandissent. La relation père-fille m’a particulièrement touchée. Mais c’est aussi une histoire de gangsters, car César n’est pas là pour rigoler, c’est un dur, et il va provoquer un déchaînement de violence autour de lui. Son retour entraine également la révélation de secrets profondément enfouis qui vont provoquer un véritable séisme dans la famille.

Un hommage au Pays Basque

Le roman est également un hommage au Pays Basque, à son authenticité et à ses paysages, que je n’ai jamais vus mais que j’ai désormais l’impression de connaître. Le surf occupe une place de choix dans les activités des jeunes gens. Les habitants sont fiers et méfiants envers les touristes qui les envahissent chaque été, à l’instar de Marius. J’ai aimé l’association de tous ces thèmes et de ces paysages. Mes seuls bémols sont pour la romance, un peu trop appuyée et parfaite à mon goût, et la fin précipitée. J’aurais notamment aimé connaître la réaction de Marius vis-à-vis de César, et celle d’Alma face aux mensonges de sa famille.

Les personnages

Avec ce roman, l’auteur nous propose toute une galerie de personnages très vivants que nous apprenons à connaître. Marius cherche sa voie. Heurté par la dure réalité du marché de l’emploi, il ne se trouve pas de perspectives d’avenir. C’est quelqu’un d’impulsif, qui a en lui une violence enfouie qui menace de ressurgir à tout moment, la même qui habite son père et son grand-père. Sa sœur Alma est plus douce, elle souhaite juste être prise au sérieux et respectée. Esteban, son meilleur ami, est un sacré numéro, toujours prêt à dégainer une blague, mais on peut compter sur lui. J’ai particulièrement apprécié Bart, le petit frère d’Esteban.

Mais j’ai surtout été touchée par le personnage d’Auguste, le père de Marius, un père qui a fait de son mieux et qui se remet sans cesse en question, un taiseux qui fait des efforts pour exprimer ses sentiments. Quant à César, le patriarche gangster, je n’ai pas réussi à le cerner et je me suis beaucoup interrogée sur ses motivations.

L’écriture

Quant au style, il est assez agréable, simple et direct, dynamique. Il adopte les points de vue de différents personnages et se glisse aisément dans la peau de chacun. Les dialogues sont crédibles et vivants, et les descriptions réussies.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été agréablement surprise par ce roman plutôt dense, qui nous propose une histoire familiale complexe autour du secret et des mensonges, et de la transmission des valeurs. Le côté « gangsters » est un plus qui apporte du suspense. Le Pays Basque est mis en valeur. Le point fort du roman c’est sa galerie de personnages, tous très vivants, mais il souffre en revanche d’une romance trop idyllique et d’une fin abrupte. A lire à partir de 15/16 ans. Merci à Juliette et aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Son cher Pays Basque, avec ses paysages charmeurs de rétines… Face à lui, les Pyrénées se dressaient, blotties sous une couronne de nuages. Dans son dos, c’était l’Atlantique et sa mélodie du ressac ; son terrain de jeux, là où naissaient ses plus grande sensations. »

"Des formules qui le fatiguaient encore plus que des slogans politiques. "Elle a poussé, dis-donc, ta petite"! Non, pauvre buse : elle avait muté sa petite ! Muté en une créature ambassadrice de la beauté avec laquelle il avait laissé s'installer, stupidement...une distance. La gêne d'admettre que sa fille était une femme ?"


« Regarde, petit frère : c’est chez toi, ici ; Regarde, petit frère. Notre étoile est là-haut, on est peut-être pas nés sous la plus brillante, mais on apprendra ensemble. A devenir. »

mardi 3 février 2015

Enigma, tome 1 de Johan Heliot : Prédictions

[Rageot, 2014]

J’ai découvert Johan Heliot il y a quelques semaines avec « Ciel, tome 1 : L’hiver des machines », un roman de science-fiction. Je l’ai retrouvé ces derniers jours dans un thriller jeunesse intitulé « Prédictions », le premier tome de la série « Enigma ».

Résumé

Des jumeaux, Théo et Véra, vivent avec leur père écrivain de science-fiction. Leur mère est morte au moment de leur naissance. Lors d’une randonnée, le frère et la sœur découvrent deux cadavres. L’un d’entre eux porte sur lui un étrange smartphone, que Véra décide de garder avec elle. C’est le début d’une course-poursuite trépidante qui mêlera la NSA, une multinationale tentaculaire et le lanceur d’alerte Enigma…

Un thriller autour d’un sujet de société

Ce roman est bel et bien un thriller, l’intrigue ne s’arrête jamais et les pages se tournent facilement, les personnages sont pris dans un engrenage dont on souhaite connaître toutes les facettes. On peut le qualifier de thriller technologique, dont l’enjeu est le contrôle de l’information. Des chercheurs ont trouvé le moyen d’anticiper l’avenir, certains cherchent maintenant à le déterminer. Cette question de la maîtrise de l’information est cruciale dans nos sociétés hyperconnectées ou l’information est abondante mais peu contrôlée. L’auteur met ici le doigt sur un vrai sujet de société !

Un manque de crédibilité

En revanche, j’ai ressenti un cruel manque de crédibilité au cours de ma lecture. Si l’intrigue générale se tient, les obstacles sont franchis beaucoup trop facilement à mon goût. Le personnage de Véra, notamment, est beaucoup trop « balaise » à mon sens, notamment lorsque, sous sédatifs, elle parvient encore à échapper à ses ravisseurs ! Peut-être que cela ne gênera pas les jeunes lecteurs visés par ce roman (les adolescents de 12 à 15 ans), mais pour ma part, cela ne passe pas…

Les personnages

Les deux jumeaux sont très différents l’un de l’autre. Véra est un garçon manqué, une fonceuse qui n’a peur de rien, ce qui peut parfois empêcher de s’attacher vraiment à elle. Théo et ses incertitudes m’a souvent été plus sympathiques. Mais le tandem fonctionne bien, les jumeaux possèdent un lien particulier qui est bien exploité. Les adultes qui les entourent ne font pas le poids face à eux deux réunis !

L’écriture

Quant à l’écriture, elle est simple, assez peu littéraire mais très vive. A mon sens, elle est adaptée au genre du roman, le thriller.

En quelques mots…

Ainsi, l’auteur propose ici un thriller technologique autour d’un grand sujet de société : le contrôle de l’information. L’intrigue est trépidante, mais pas toujours convaincante. Le tandem de jumeaux fonctionne bien, mais Véra est un peu trop surhumaine à mon goût. A réserver aux ados entre 12 et 15 ans, qui sauront sans doute l’apprécier en étant moins gênés que moi par le manque de crédibilité.

Note : 3/5
Stellabloggeuse
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"35 % de la population mondiale utilise Internet et ce chiffre est en perpétuelle augmentation. Douze millards d'appareils sont connectés en réseaux et il y en a chaque jour de plus en plus. pour tous ces gens, comme vous dites, où croyez-vous que se situe la réalité ? Dans le monde qui les entoure ou dans celui des big data ? Ils sont incapables de distinguer une information avérée d'une autre fabriquée, car ils ne peuvent la vérifier que sur le Net. Qui contrôle l'information contrôle le monde, mademoiselle Luck. CQFD."

samedi 27 décembre 2014

Resurrectio, tome 1, d’Amélie Sarn : un roman étonnant

[Seuil, 2014]

On continue avec les romans pour adolescents, ils occuperont quasiment toute la place sur le blog durant les prochains mois en raison de mon nouveau travail. Aujourd’hui je vais vous parler de « Resurrectio » d’Amélie Sarn, que j’avais aperçu chez Plume de Cajou avant d’avoir l’occasion de le découvrir.

Résumé

Marie, âgée d’une quinzaine d’année, se réveille sans souvenirs. Le chirurgien qui l’a opérée, Victor, lui apprend qu’elle a été victime d’un grave accident et que ses parents son mort. Pourtant, assez rapidement, des souvenirs de plusieurs jeunes filles l’envahissent. Et, si elle en pleine forme physique, Marie est parfois envahie par une ombre de mauvaise augure…

Un roman assez addictif

Ce roman vous happe assez facilement. En effet, nous sommes curieux, tout comme Marie, avides de connaître ses origines. Mais contrairement à elle qui n’apprend la vérité qu’à la fin, nous devinons assez rapidement l’idée centrale du roman, une idée que j’ai plutôt apprécié. Ainsi, les pages se tournent facilement jusqu’à ce que Marie entre au lycée. A partir de là, l’intrigue devient plus classique, la jeune fille essaie de s’intégrer et tombe amoureuse. L’intérêt est relancé dans la dernière partie, qui recèle davantage de tension, et la fin (bien qu’un peu précipitée) m’a donné envie de lire la suite.

Une touche de fantastique

Dans l’ensemble, le roman est réaliste (on aborde notamment le thème de la différence, de l’exclusion), si l’on excepte les hallucinations/souvenirs de Marie qui émaillent régulièrement l’intrigue, ainsi que les interventions de l’ombre qui apportent une touche de fantastique. Cette dernière m’a moins convaincue, je pense que le roman n’avait pas besoin de cette dimension-là, qu’elle est un peu superflue. Il y a quelques passages un peu violents ou sanglants, mais pas de quoi choquer outre mesure, je pense que ce roman peut-être lu à partir de 14 ans.

Les personnages

On s’attache assez facilement à Marie, cette jeune fille qui aspire plus que tout à être comme les autres, mais qui doit vivre avec sa part d’ombre, et qui trouve de l’apaisement dans la lecture. J’ai éprouvé de la pitié pour Victor, ce scientifique qui contre toute attente s’attache à l’objet de son étude. Enfin, comment ne pas apprécier Malo, le petit frère de Liam, un lycéen que côtoie Marie. Ce jeune autiste est à la fois dans son propre monde et très lucides sur ce qui l’entoure.

L’écriture

Quant à la plume, elle est plutôt satisfaisante, sans être extrêmement travaillée. La lecture est fluide, les descriptions sont suffisantes, les dialogues naturels, et les pensées de Marie bien restituée. L’essentiel y est.

En quelques mots…

Il est difficile de parler de ce livre sans révéler le cœur de l’intrigue, cela m’a obligée à rester assez vague. Mais ce roman constitue un mélange étonnant qui m’a plu, tout comme le personnage de Marie. On ressent une certaine tension à la lecture et, même si je n’ai pas vraiment adhéré à la touche de fantastique proposée par l’auteure, je suis curieuse de lire la suite lorsqu’elle paraîtra. A lire à partir de 14 ans.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Parce que lorsque je lis, je suis en même temps seule et accompagnée d’une multitude de gens, dans la réalité et complètement ailleurs. Je sens mon corps mais c’est comme si je l’oubliais ; je ressens chaque émotion tout en ayant l’impression d’être en parfaite apesanteur… »


« Elle ferma les yeux. Elle n’avait plus besoin de la voir, elle la sentait, l’ombre autour d’elle qui la recouvrait, légère comme un voile et pesante comme une chape de plomb. Pour la première fois, elle n’essaya pas de la repousser, au contraire elle s’efforça de l’épouser. Elle s’étendit doucement et laissa son corps reposer sur le béton glacé. Une lumière colorée passa sous ses paupières. Un bruit résonna dans sa tête. La vision surgissait et elle l’appelait de ses vœux. »