Affichage des articles dont le libellé est Drame-vécu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Drame-vécu. Afficher tous les articles

mardi 27 décembre 2016

Le fils de l’ursari, de Xavier-Laurent Petit

Editeur : Ecole des loisirs
Année : 2016
Pagination : 269 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est «emprunteur» de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa «journée de travail». C'est qu'il a découvert le paradis, le jardin du Lusquenbour où il observe en cachette des joueurs de tchèquématte. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari.

Ce que j’en pense :

Un beau roman que j'ai lu pratiquement d'une traite, sur une attachante famille de montreurs d'ours, arrivés en France par l'entremise d'une dangereuse filière mafieuse qui les a pris dans ses filets. Jusqu'au jour ou Ciprian, le petit dernier, découvre "lézéchek", et révèle le tout le potentiel de son intelligence…
J’ai beaucoup aimé cette histoire qui offre quelques moments d'émotion mais ne sombre ni dans le misérabilisme, ni dans l’angélisme. Tout n’est pas rose chez les immigrés de l’Est, et ils ne sont pas exempts de reproches, mais ils restent des familles en quête de survie, aux prises avec des réseaux qui les dépassent.
Mais je me suis surtout passionnée pour le destin individuel de Ciprian, sa sincérité désarmante quand il appelle les gens « Monsieur Enorme » ou « Madame Baleine », son courage idiot, la vivacité de son esprit, sa soif d’apprendre.
A dévorer à partir de 12 ans !

Les + : le personnage de Ciprian
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse
--------
« -M’man est en train de devenir folle, non ? …
-Et toi, tu n’es pas fou peut-être ? A passer toute la journée avec ton jeu auquel personne ne comprend rien, à apprendre des mots qui servent à rien et à lire des histoires qui n’existent même pas. M’man fait pareil. Elle s’invente des histoires dans sa tête. »

« Mais y’a quoi dans ton petit crâne d’apprenti gadjo ? Tu imagines peut-être que tu es un super-héros ? Il y avait plein de pompiers partout. Tu crois qu’ils ont attendu Super Ciprian pour mettre les gens à l’abri ? Avec tes muscles en chewing-gum, t’aurais même pas pu sauver une libellule ! »

lundi 7 novembre 2016

Petit pays, de Gaël Faye

Editeur : Grasset
Année : 2016
Pagination : 215 p.
Public visé : Adultes


Résumé :
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Ce que j’en pense :

Je n’avais pas spécialement l’intention de lire ce roman, le plus sélectionné des prix littéraires d’automne. C’est l’avis d’une collègue bibliothécaire enthousiaste qui m’a finalement décidée à me lancer, sans regret.

Gaël Faye nous ramène dans ce qui doit ressembler à son enfance, dans l’Afrique des années 1990, alors que le Burundi, déjà aux prises avec ses propres démons, est contaminé par le génocide rwandais. Le propos, grave, politique, est atténué par la jeunesse de Gabriel, le personnage principal, qui aborde des événements avec l’innocence de l’enfance, avant que celle-ci ne finisse par voler en éclats. C’est ainsi que l’on glisse lentement d’un humour tendre teinté d’inquiétudes dérisoires à une véritable prise de conscience de sa qualité de petit français pris en tenaille entre Hutus et Tutsis, au prix de terribles événements.

J’ai aimé ce mélange doux amer d’enfance et de drames, cette manière d’amener lentement les événements à notre compréhension. J’ai aussi apprécié le ton avec lequel l’auteur évoque l’exil. Une plume à suivre, assurément.

Les + : le point de vue de l’enfant, l’écriture
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
--------
« Ce n’est pas la distance terrestre qui rend le voyage long, mais le temps qui s’est écoulé. J’étais d’un lieu, entouré de famille, d’amis, de connaissances et de chaleur. J’ai retrouvé l’endroit mais il est vide de ceux qui le peuplaient, qui lui donnaient vie, corps et chair. Mes souvenirs se superposent inutilement à ce que j’ai devant les yeux. Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. »

« C’est la première fois qu’on a un président qui n’est pas militaire. Je pense qu’il aura moins mal à la tête que ses prédécesseurs. Les présidents militaires ont toujours des migraines. C’est comme s’ils avaient deux cerveaux. Ils ne savent jamais s’ils doivent faire la paix ou la guerre. »


« Les gens l’appelaient Ninja parce qu’il passait son temps à faire des mouvements de karaté dans le vide et à crier comme s’il se battait contre des milliers d’ennemis invisibles. Les adultes disaient qu’il était fou, avec ses katas. Nous, les enfants, on aimait bien, on trouvait ça plus normal que bien des choses que font les adultes, comme organiser des défilés militaires, vaporiser du déodorant sous les bras, porter des cravates quand il fait chaud, boire des bières toutes la nuit assis dans le noir ou écouter ces interminables chansons de rumba zaïroises. »

mardi 18 octobre 2016

Les belles vies, de Benoit Minville

Editeur : Sarbacane
Année : 2016
Pagination : 231 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

Résumé :
Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop…
Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS.
C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

Ce que j’en pense :
Benoit Minville est comme le bon vin, il se bonifie avec le temps ! Après un « Je suis sa fille » au message fort, mais qui manquait un peu de corps, après « Les Géants », avec un personnage de père tellement touchant et une vraie histoire de famille, après une incursion en policier adulte avec « Rural noir », il livre à mes yeux son meilleur roman. Des problèmes sans solution tout faite, des errances sans leçon de morale...la vie, tout simplement.

Nous revoilà dans la Nièvre (comme dans Rural noir) – et on s’y croirait, gageons que l’auteur y a passé quelques étés – dans les basques de Vasco et Djib, deux jeunes banlieusards « à problème ». Et si vous sentez venir la caricature à plein nez, vous serez déçus ! Car ces personnages sont si vrais que l’on voudrait ne plus jamais les quitter. Tous ces jeunes, et leurs fêlures plus ou moins bien cachées, et la tendresse de Tata et Tonton comme un baume… Enrobés dans l’humour tendre de leur auteur, qui les rend irrésistible.
J’ai adoré le personnage torturé de Dylan, qui avance d’un pas pour reculer de deux, en lutte perpétuelle, pour qui rien n’est gagné, même lorsque le roman se referme. J’ai aimé que l’auteur ne cherche pas le happy end absolu, même si du côté de Vasco et Djib, le revirement est peut-être un peu rapide. 

Ce roman, c’est l’histoire d’un été : des baignades, des balades en vélo, des bagarres, des amours… Pourtant à aucun moment je n’ai eu l’impression de lire quelque chose de banal. J’étais « dedans », et une boule au ventre m’est remontée jusque dans la gorge, au moment de les quitter… Peut-être que l’auteur leur offrira une suite ?
En attendant, on guette le prochain roman – oui, déjà, les lecteurs sont d’éternels impatients – et l’adaptation à l’écran des « Géants » !
Un grand merci à Théophile et aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

Les + : les personnages, les personnages, et encore les personnages
Les - : r.a.s
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
--------
« Pendant qu’il console sa sœur, blottie contre lui, Dylan s’échappe dans la vision de son reflet en espérant y trouver un remède – et pourquoi pas, de l’aide. Voir s’il peut y lire la confiance que les autres mettent en lui.
Mais non, il ne reçoit que cette lueur qui lui rappelle deux phares peinant à éclairer une route plongée dans l’obscurité, à l’infini.

Alors il ferme les yeux. »

lundi 26 septembre 2016

Ma fugue chez moi, de Coline Pierré

Editeur : Rouergue
Année : 2016
Pagination : 115 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quelques jours avant Noël, suite à une séance d'humiliation au collège, et à l'annonce que sa mère, une fois de plus, ne sera pas là pour les fêtes, Anouk décide de fuguer. Mais après une demi-journée dehors, elle rentre… et va se cacher dans le grenier. Clandestine chez elle pendant deux semaines, elle va finir par renouer avec les siens, le temps que chacun dise son inquiétude et son amour.

Ce que j’en pense :

Ce court roman propose une histoire originale, celle d’une fugue finalement vite avortée, qui prend un tournant inattendu puisque Anouk se cache dans le grenier de sa propre maison.
Ainsi, par ce tour de passe-passe, l’auteure permet à son personnage de faire durer sa fugue dans le temps, mais aussi de rendre compte des réactions de l’entourage d’Anouk.
C’est un roman intéressant, qui touche au harcèlement à l’école, mais aussi à la famille et à la problématique du parent absent, qui déséquilibre tout le monde d’une manière ou d’une autre.
Le personnage d’Anouk est attachant, c’est une adolescente rêveuse, musicienne et dessinatrice, qui n’entre pas dans les normes. Elle profite de ce long moment de solitude pour se recentrer sur elle-même, et mieux comprendre qui elle est.
En somme, un bon moment à passer en compagnie de ce roman original et abordable dès 12 ans.

Les + : le thème de la fugue, détourné
Les - : une fin peut-être un peu trop simple
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse
--------

« À en juger par les livres que je lis et les films que je vois, je suis dans la moyenne du mal-être d'une adolescente. Je ne suis pas battue, pas pauvre, pas en échec scolaire, pas gravement malade, pas contrainte par mes parents à quoique ce soit. Alors pourquoi moi ? Pourquoi j'ai fugué et pas les autres ? J'ai parfois le sentiment d'être un imposteur. Je ne suis pas capable d'affronter mes petits drames alors que d'autres, qui vivent des situations bien plus terribles, s'accrochent malgré tout. »

lundi 19 septembre 2016

Macha ou l’évasion, de Jérôme Leroy

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 330 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans


Résumé :

Le monde de la Douceur vient d’entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n’y a plus de téléphones portables, plus de pollution, la course au profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l’une des dernières personnes à avoir connu le monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter : sa jeunesse, cette époque ultraviolente, sa fuite vers un idéal…

Ce que j’en pense :

Jérôme Leroy nous propose ici un roman d’anticipation fort réussi, qui m’a emportée et m’a fait froid dans le dos. Macha, une centenaire qui vit dans un monde de Douceur, raconte sa fuite du monde de la Fin, en 2017. Elle dépeint un monde qui est déjà quasiment le nôtre, marqué par les crises financières, les attentats à répétition, le tournant autoritaire des pouvoirs politiques qui tentent de garder le contrôle sur la situation.

Ce roman engagé met le jeune citoyen en garde sur les atteintes à ses libertés, qui ne cessent de se multiplier : le fichage, les atteintes au droit de manifestation au nom de l’ordre public… Des dérives qui commencent déjà à exister aujourd’hui.
Face à cette évolution de la société et à sa situation personnelle difficile, Macha choisit la fuite, qu’elle nous raconte, vers une ZAD (Zone à Défendre) synonyme pour elle d’espoir de révolte et d’un monde meilleur.

Je n’ai qu’un regret : que l’histoire s’arrête en même temps que la fuite de Macha, et qu’elle ne nous raconte pas la chute du monde de la Fin, et l’installation de la douceur. Peut-être dans un prochain roman, puisque Jérôme Leroy semble avoir de la suite dans les idées. En attendant, je lirai volontiers « Norlande » du même auteur, dont l’un des personnages est évoqué ici.
Un roman citoyen, à mettre dans les mains de tout adolescent suffisamment mûr pour prendre du recul sur la société dans laquelle il vit.

Les + : un thème d’actualité
Les - : l’intrigue s’arrête trop tôt
Appréciation : 4,5/5


Stellabloggeuse

mercredi 24 août 2016

Little sister, de Benoit Séverac

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 201 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans


Résumé :
Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d'une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d'être simple. Lena Rodriguez, c'était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne... Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n'a vu depuis quatre ans... depuis qu'il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie.

Ce que j’en pense :

Ce roman attire par son sujet d’actualité, celui d’un jeune français parti faire le djihad en Syrie. L’auteur l’aborde par un angle détourné, en abordant le point de vue de la petite sœur, puis celui du meilleur ami, pour finir par celui d’adultes qui se trouvent autour d’eux. Ainsi, le regard porté sur les événements est de plus en plus extérieur.
La première partie du roman, centrée sur la famille d’Ivan, est à mon sens la plus intéressante. Ses parents et sa sœur se débattent entre honte et tristesse, mais aussi le doute : comment ce fils, ce frère qu’ils ont aimé aurait-il pu commettre volontairement cette exécution ?
La suite s’apparente davantage à un léger thriller : Léna part en Espagne pour tenter de rencontrer son frère, et les choses ne se passent pas comme elle l’avait prévu. Ajoutons à cela une petite romance, et nous avons un roman assez efficace qui devrait plaire aux adolescents.
A mon goût, il manque tout de même de profondeur. Je regrette surtout que nous n’assistions pas à l’entrevue entre Léna et son frère, qu’Ivan ne nous dévoile pas ses motivations. Peut-être que l’auteur n’a pas osé l’exercice risqué d’entrer dans la tête d’un jeune djihadiste ?

Les + : un sujet d’actualité
Les - : manque de profondeur
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

dimanche 31 juillet 2016

The memory book, de Lara Avery

Editeur : Lumen
Année : 2016
Pagination : 442 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

Résumé :
« On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t'écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! »
Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l'en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu'il lui faut, c'est un nouveau plan. C'est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu'elle s'envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu'elle vit. C'est là qu'elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

Ce que j’en pense :

J’ai mis un peu de temps à entrer véritablement dans ce roman. En effet, au début de l’histoire Sam est un personnage très ambitieux, prête à tout pour réaliser ses rêves, sans prendre en compte les avis et les émotions de ses proches. On est confronté à un personnage quasiment surdoué, et plutôt handicapé avec les sentiments.
Mais lorsque la maladie la rattrape, la carapace se fendille peu à peu et nous dévoile Sammie, une jeune fille bien plus intéressante qui réapprend à vivre au présent le temps qui lui reste. J’ai beaucoup apprécié l’évolution – crédible – de ce personnage.
Sammie nous offre également de jolis moments de romance, même si je regrette qu’elle ne nous ait pas fait grâce d’un énième triangle amoureux. Mais ce dernier se justifie par l’évolution profonde de sa personnalité, qui modifie ses sentiments – ceci n’est pas un spoiler, vous le verrez tout comme moi arriver avec ses gros sabots.
Au final, c’est un roman touchant – prévoir les mouchoirs si vous êtes sensibles – qui offre une belle leçon de vie : prendre le temps de ralentir son rythme de vie permet de voir la beauté des choses présentes sous nos yeux, que l’on avait oublié de regarder.

Les + : l’évolution de Sam
Les - : le début moins prenant, le triangle amoureux
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
--------

​« Aujourd'hui, debout face au miroir, je mange mon yaourt en avalant mes pilules, et je me demande pourquoi j'éprouve un tel plaisir à m'éveiller chaque matin. Je me demande comment j'ai pu désirer savoir tout sur tout alors que maintenant tout ce qui se trouve près de moi me fascine. Je me demande comment il est possible que le cerveau fonctionne aussi bien au ralenti que quand il tourne vite. Un million de choses se produisent en même temps rien que pour imaginer une maison, un jardin et une montagne. [...] Je me demande comment un seul corps peut contenir autant de personnes différentes. Je me demande comment on peut vouloir autant de choses dans un laps de temps aussi court. »


« J'étais tellement occupée à essayer d'être meilleure que les autres que j'ai cessé de voir les gens autour de moi. Je croyais savoir ce dont j'avais besoin  et peut-être que je ne me suis pas complètement plantée. Je suis contente d'avoir travaillé dur à l'école. Je suis contente d'avoir intégré le club de débat et prononcé ce discours. Mais aujourd'hui, est-ce que ça compte ? Qu'est ce que je serais devenue une fois que j'aurais biffé toutes les choses à faire de ma liste ? [...] J'essayais d'être la meilleure et je me fichais pas mal qu'il faille piétiner des gens pour y parvenir. Je m'étais inventé un futur impossible, que je ne connaîtrai jamais. »

vendredi 22 juillet 2016

Tous nos jours parfaits, de Jennifer Niven

Editeur : Gallimard
Année : 2015
Pagination : 379 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans
  
Résumé :
Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la "bête curieuse" de l'école. Il oscille entre les périodes d'accablement, dominées par des idées morbides et les phases "d'éveil" où il déborde d'énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s'est isolée et s'est laissée submerger par la culpabilité.
Pour Violet et Finch, c'est le début d'une histoire d'amour bouleversante: l'histoire d'une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

Ce que j’en pense :
Ce roman propose une histoire bouleversante, hors normes et pourtant universelle. Une fille et un garçon mal dans leurs peaux, on pense avoir lu cette histoire mille fois et on y retrouve forcément des ingrédients connus. Mais cette histoire possède bel et bien sa propre empreinte et son originalité, avec la découverte des lieux insolites de l’Indiana et les idées saugrenues de Finch.

Ce dernier est un personnage très touchant. Contrairement à ce qu’affirme la 4e de couverture, il ne veut pas mourir, au contraire Finch s’accroche à la vie de toutes ses forces et se débat pour rester en contact avec la réalité. Mais surtout, il refuse jusqu’au bout d’être assimilé à une maladie et tient à ce qu’on se souvienne de lui en tant que personne. C’est pour ma part très réussi.

Ainsi, l’histoire d’amour et la leçon de vie sont belles et émouvantes. Violet et Finch nous apprennent à apprécier l’instant et à admettre qu’on ne peut pas toujours aider ou sauver ceux que l’on aime. Ils nous rappellent combien il est difficile d’être un adolescent sur le point de devenir adulte, en proie avec des émotions très vives et des angoisses dévorantes. Particulièrement lorsqu’on souffre d’une maladie mentale, peu / pas reconnue pas les autres, prompts à coller une étiquette de « fêlé » à ceux qui sont incapables de rentrer dans le moule. Enfin, au travers du personnage de Violet, on est face à la souffrance de celui qui reste, que la pression sociale voudrait obliger à se réjouir d’être en vie, mais ce n’est pas aussi simple… Tout cela sonne juste.

Petit bémol pour la postface de l’auteure, trop personnelle à mon goût, qui oriente notre interprétation de cette histoire dans le sens qu’elle-même a souhaité, sans laisser la place à notre propre ressenti.

Les + : l’originalité et l’émotion
Les - : la postface qui en dit un peu trop
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
--------
«Elle est constituée d’oxygène, carbone, hydrogène, nitrogène, calcium et phosphore. Les mêmes éléments chimiques que nous tous, cependant je ne peux m’empêcher de penser qu’elle est plus que ça, qu’il y a en elle d’autres composants dont personne n’a jamais entendu parler, qui font qu’elle est à part. Je suis pris de panique en pensant : Et si l’un de ces composants venait à manquer ou cessait de fonctionner ? Je chasse cette pensée pour me concentrer sur la douceur de sa peau, pour ne plus voir un assemblage de molécules mais Violet tout entière. »


« Je me souviens avoir couru le long d’une route menant à une serre pleine de fleurs. Je me souviens de son sourire et de son rire quand j’étais au mieux, quand elle me regardait comme si je ne pouvais pas mal faire et que j’étais entier. Je me souviens qu’elle me regardait de la même façon quand ce n’était pas le cas. Je me souviens de sa main dans la mienne, de la sensation que quelqu’un, que quelque chose m’appartenait. »

mardi 12 juillet 2016

La nuit du Titanic, de Walter Lord

Editeur : J’ai Lu
Année : 1998 (1ère ed. 1955)
Pagination : 243 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
14 avril 1912, 23 h 40. Sur le plus luxueux paquebot du monde, la soirée s'achève. Les passagers du Titanic regagnent leur cabine. Dans la fastueuse salle à manger des première classe, jamais encore l'atmosphère n'avait été plus gaie, les femmes plus belles, les hommes plus élégants.Peu à peu, les lumières s'éteignent dans le grand salon. Seuls quelques bridgeurs s'attardent au fumoir. Sur la passerelle, le premier officier Murdoch prend son quart. La mer est d'huile, le ciel limpide. Sur le paquebot de la White Star, tout va pour le mieux? Quelques secondes plus tard, le Titanic heurte un iceberg. Avant l'aube, mille cinq cents personnes auront péri dans les flots glacés de l'Atlantique nord. Pour reconstituer heure par heure, minute par minute, cette nuit d'épouvante, Walter Lord a réussi à retrouver et à interroger les survivants du drame, les parents des victimes, les sauveteurs, les employés des compagnies de navigation, tous ceux qui furent, à titres divers, mêlés au naufrage.

Ce que j’en pense :
Comme toutes les filles qui ont versé des torrents de larmes devant le film de James Cameron, le sujet du Titanic est depuis longtemps source d’intérêt pour moi. A chaque visionnage du film, le désastre humain de ce naufrage me frappe toujours davantage. Aussi, cela faisait longtemps que j’avais envie de lire ce documentaire.

Rédigé en 1955 par Walter Lord, sur la base des enquêtes américaine et anglaise qui ont suivi le naufrage et les témoignages d’une soixantaine de survivants, ce récit est d’une grande minutie et très dense, riche en informations.

On retrouve certains éléments désormais bien connus et mis en évidence dans le film : la tentative de virer de bord qui a finalement signé l’arrêt de mort du navire, les canots mis à l’eau encore à moitié vides et qui attendront trop longtemps pour revenir sur le lieu du drame, les passagers de troisième classe parqués, à qui l’on empêche d’accéder au pont tant que les premières et secondes classes n’ont pas été évacuées.
Mais on apprend aussi une foule de choses, notamment sur le rôle des membres de l’équipage, dont beaucoup ont rempli leur office jusqu’au bout, par exemple au poste radio. Il y a aussi et surtout, ce mystérieux navire, stationné à quelques miles du Titanic, et qui ne s’est pas douté un instant du drame qui se jouait (néanmoins les recherches ultérieures à la publication du livre auraient prouvé qu’il était beaucoup plus loin qu’il n’en avait l’air).

L’auteur s’efforce de mettre en lumière certaines responsabilités dans le drame, qui sont plutôt une conjonction de facteurs défavorables. Il en balaie également les conséquences, sur le règlement maritime et l’amélioration de la prévention, mais aussi sur la société dans son ensemble : le naufrage du Titanic, suivi de près par la Grande Guerre, marque la fin d’un âge d’or, d’une ère de confiance en un monde meilleur.

Ainsi, pendant quelques heures, j’ai embarqué sur le Titanic et appris une foule de choses sur ce navire qui, plus de cent ans après, continue à fasciner…

Les + : la précision du récit, la recherche de vérité
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
--------
« Par-dessus tout, la catastrophe du Titanic a marqué la fin d’une époque de confiance générale. Jusque-là, les hommes croyaient avoir réussi à créer un monde civilisé, organisé, d’où la peur était exclue. Depuis cent ans, les techniques n’avaient cessé de progresser. Depuis cent ans, la société tout entière bénéficiait de la paix et des avancées de la civilisation industrielle.  On avait peut-être tort de se croire en sécurité, mais, à cette époque, chacun était persuadé d’aller chaque jour vers un monde meilleur. Le naufrage du Titanic secoua ces certitudes. Jamais plus on ne serait aussi sûr de soi-même. »
-------
Ce roman fait partie du challenge :



Challenge New Pal 2016 : 10/56

vendredi 3 juin 2016

Bouche cousue, de Marion Muller-Colard

Editeur : Gallimard jeunesse (Scripto)
Année : 2016
Pagination : 98 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

Résumé :
Lors d'un déjeuner dominical avec sa famille, Amande, trentenaire et célibataire, constate que l'atmosphère est encore plus tendue et glaçante que d'habitude. Soudain, la révélation tombe : son neveu de 15 ans, Tom, le seul des siens dont elle se sente proche, a embrassé un garçon. Ses parents sont horrifiés et son grand-père le gifle. Amande décide alors d'écrire, pour Tom autant que pour elle, un épisode déterminant de sa propre adolescence.
Car c'est sa propre histoire qui se répète à travers cette gifle : lorsqu'à 15 ans, dans les années 90, elle-même est tombée amoureuse d'une fille...

Ce que j’en pense :
Voilà un petit roman qui a tout d’un grand car il aborde beaucoup de thèmes importants : la famille, l’intégration, le corps, l’homosexualité…
Avec délicatesse, l’auteure nous raconte un moment de bascule où son héroïne, adolescente, réalise qu’elle est attirée par les filles. Le choix de ce moment charnière explique que le roman soit si court : nous ne saurons presque rien du futur de cette jeune fille, l’histoire est concentrée sur quelques mois, ce qui peut être un peu frustrant !
Mais cet événement est raconté avec délicatesse et sobriété, dans un style que j’ai beaucoup apprécié, une belle écriture qui reste accessible. J’ai particulièrement apprécié la manière dont est utilisée la laverie des parents d’Amandana, dans un parallèle avec le corps et l’esprit, et tout le passage concernant l’opéra.
J’ai été en revanche un peu moins convaincue par la mise en abyme avec le neveu d’Amande, un peu surfaite et peu utile selon moi.

Les + : l’écriture, la place de la laverie dans l’histoire
Les - : la mise en abyme avec le neveu
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
--------

« Je voulais juste museler ce monstre qui mord au ventre. Ce monstre, on l’appelait le désir. J’avais quinze ans et je n’en savais rien. Le lit de mes parents n’était jamais défait. Tout était en ordre, les machines tournaient toutes dans le même sens. Elles virginisaient les vies de tous qui avaient fourré dans leurs gueules leur linge sale. C’est ça que je regardais depuis ma naissance. J’avais appris à marcher dans cette salle, j’avais appuyé mille fois mes mains et mon nez contre ces hublots. Je voyais se faire le propre, c’était tout l’héritage de ma mère, les corps n’avaient pas d’odeur, la famille n’avait pas d’histoire, les enfants n’avaient pas de sexe. Le monstre était dans ma tête. Il suffisait de ne plus désirer. Prendre la peau pour ce qu’elle est – un vêtement qu’on lave comme un autre. Oublier qu’elle peut être cette surface d’échange vertigineuse avec le vent, la chaleur, l’eau. Avec les autres. »

vendredi 20 mai 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes, d’Anne McPartlin

Editeur : Le Cherche midi
Année : 2016
Pagination : 454 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n'a plus que neuf jours à vivre.
Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa soeur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu'elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l'espoir de la sauver s'amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s'interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Ce que j’en pense :

Autant les livres sur la maladie sont légion, autant je n’avais encore jamais lu un roman se déroulant dans un centre de soin palliatif. On pourrait craindre que ce genre de lecture soit déprimant à souhait, mais ce n’est pas du tout le sentiment que m’a inspiré Rabbit.

Car il y a cette très belle galerie de personnages qui ne cesse de se battre contre la maladie et la fatalité. Personne ne renonce, chacun fait face à sa manière. Attention ils ne sont pas irréprochables, ils sont parfois faibles, parfois injustes, parfois ils craquent et se déchirent…et c’est justement ce qui fait toute l’humanité de ce roman et sa crédibilité. Ils sont poignants, particulièrement les parents de Rabbit qui doivent affronter l'idée d'enterrer leur enfant. Mais ils sont aussi vivants, et souvent drôles. Mention spéciale à la mère de Rabbit et à son sens de la bourde, toujours bienvenu pour se surprendre à sourire dans les pires moments.

J’ai également apprécié les débats qui entourent la fin de vie de Rabbit, notamment la place de la religion. Ce sont des philosophies de vie qui s’affrontent, notamment dans les scènes finales entre Rabbit et Johnny, ces deux derniers nous offrant au passage une belle histoire d’amour.

Mais surtout, ce roman est rempli d’espoir (et de musique) et donne une très belle leçon : même si la mort est au bout du chemin, le cancer ne gagne pas, pas si les proches restent soudés et perpétuent la vie et le souvenir.

Merci donc à Plume de Cajou pour m'avoir donné l'envie découvrir ce roman avec son billet.

Les + : les personnages, l’humour inattendu
Les - : r.a.s
Appréciation : 4.5/5

Stellabloggeuse

« -Donc, dans ma tête, on vivra heureux pour toujours au pays des fées.
A l’évidence, il était sarcastique, mais de meilleure humeur, aussi.
-Et dans la tienne, ce sont ces moments-ci, ici et maintenant, qui dureront à jamais.
-Je n’aurais pas dit mieux mais bon, c’est toi le poète. »


« Peut-être que je ne pourrai pas faire tout ce que j’avais prévu. Je ne serai pas la mère de la mariée ; devenir une vieille dame qui fait sauter ses petits-enfants sur ses genoux, ce ne sera pas pour moi. Peut-être que ça ne serait pas arrivé de toute manière, mais ça n’a plus d’importance, parce que maintenant j’ai un nouveau plan. Je vais simplement vivre. Je serai une fille, une sœur, une amie et, par-dessus tout, une mère. »

vendredi 8 avril 2016

Sauveur & fils, saison 1, de Marie-Aude Murail

Editeur : Ecole des loisirs
Année : 2016
Pagination : 328 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans

Résumé :
Sauveur Saint-Yves, psychologue veuf et originaire des Antilles, se démène pour venir en aide aux patients qui défilent dans son cabinet : ados en crise et en détresse, parents démunis et perdus, adultes en déroute… Mais il en oublie ses propres problèmes et ceux de son fils Lazare, petit garçon de 8 ans confronté à l’absence taboue de sa maman et aux psychoses des patients qu’il espionne dans le cabinet de son père.

Ce que j’en pense :
Si l’on n’atteint pas les sommets de mes « chouchous » de Marie Aude Murail – Simple, Oh Boy, ou l’hilarant Ma vie a changé – j’ai retrouvé dans ce roman tout ce que j’aime chez elle, c’est-à-dire beaucoup d’humanité assaisonnée d’humour tendre.
Au travers des patients du docteur Saint Yves, l’auteure aborde des problèmes de société on ne peut plus actuels : les familles recomposées ou homoparentales, les attentats, les transgenre, l’addiction aux jeux vidéos, le racisme… Au travers de Sauveur, la question des origines est également importante. Ces thèmes sont questionnés, réfléchis, sans dramatiser, avec le recul d’un médecin ou d’un enfant selon le point de vue adopté à ce moment-là.
Ces thèmes sont parfois difficiles, et le roman comporte quelques moment de douloureuses émotions, mais la majorité de l’histoire est placée sous le signe de l’humour, avec des dialogues vivants et enlevés.
C’est donc un roman très positif, même s’il pose beaucoup de questions, et je me réjouis qu’il y ait une suite. Je le conseillerais à partir de 12 ans, pour pouvoir apprécier l’ensemble des thèmes abordés.

Les + : l’humour, les thèmes de société
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
--------
« Ce matin, les CE2 de Madame Dumayet étaient encore sous tension après les attentats terroristes des 7 et 9 janvier. Certains d’entre eux avaient déposé une fleur ou un crayon auprès de Marianne, place de la République, en hommage aux journalistes assassinés.
-C’est vrai qu’on peut vous tuer si on fait des dessins ? s’était inquiété Paul.
-Mais c’était des dessins pour se moquer, lui avait répliqué la petite Océane. Hein, maîtresse, tu as dit qu’il fallait pas se moquer ?
-Moi, avait déclaré Noam, je suis juif. Il y a des méchants qui vous tuent juste parce qu’on est juif.
-C’est des nazis d’Hitler.
-Non, c’est des arabes.
-Mais je suis arabe ! avait protesté Nour.
Madame Dumayet, la maîtresse des CE2, avait essayé de leur répondre en son âme et conscience mais elle s’était sentie très démunie. »