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dimanche 30 novembre 2014

Les larmes rouges, de Georgia Caldera, tome 1 : Réminiscences

[J’ai Lu, 2013]

« Les larmes rouges » de Georgia Caldera est un livre qui m’attirait depuis longtemps, grâce aux bonnes appréciations vues sur Livraddict, et au prix Merlin qu’il a reçu en 2012 dans sa première édition (Le chat Noir). L’organisation d’un club de lecture sur le thème de la folie m’a donné l’occasion de le découvrir.

Résumé

Cornélia, âgée de 19 ans, ne trouve plus de raison d’espérer, et décide d’en finir avec la vie, poussée par une voix intérieure. Pourtant, elle survit miraculeusement et démarre une nouvelle vie avec son père, dans le village de Rougemont. Mais la voix ne la lâche pas pour autant, bientôt accompagnée d’hallucinations très réalistes. Cornélia en perd le sommeil et l’appétit. Le revêche occupant du château voisin, celui-là même qui lui a sauvé la vie, détiendrait-il les réponses qui lui manquent ? Ou est-elle simplement en train de devenir folle ?

Un roman très sombre

C’est un roman à l’atmosphère romantique, dans le sens le plus sombre du terme. Les personnages sont torturés et leur trajectoire laisse peu de place à l’espoir. En effet, c’est une histoire très noire, pour lecteurs avertis. Que ceux qui ne supportent pas l’hémoglobine passent leur chemin, car les « hallucinations » de Cornélia sont parfois très violentes, et cela va en s’accentuant à mesure que l’on avance dans la lecture. Le décor participe à l’angoisse ressentie par le lecteur, avec un château et une chapelle en ruines, tout en donnant à l’histoire un charme « à l’ancienne ».

L’un des grands thèmes du fantastique (je ne dirai pas lequel pour vous laisser la surprise) est revisité une nouvelle fois, et avec intelligence. En revanche, j’ai trouvé peu crédible le fait que Cornélia arrive à conserver assez longtemps un semblant de vie « normale » dans le village, ce pan de l’histoire est plutôt mal géré.

Une romance intense

J’ai apprécié la romance que nous propose l’auteure, qui a le mérite d’être très intense. Les sentiments sont puissants, et pourtant cette histoire d’amour n’a rien d’évident, pour plusieurs raisons liées au passé et au présent des personnages. En revanche, au bout d’un moment, c’est tout de même un brin répétitif. Mais la midinette qui sommeille toujours en moi (si vous me lisez régulièrement, vous le savez !) a apprécié cette dimension, qui allège un peu le côté glauque de l’histoire.

Les personnages

En revanche, je n’ai pas beaucoup aimé Cornélia, et particulièrement dans les passages se déroulant dans le passé, où ses idées sur le bien et le mal sont très arrêtées. Je l’ai trouvée davantage sympathique dans le présent, plus nuancée. Elle reste néanmoins assez égocentrique et instable, même si ce dernier point peut se comprendre vu le contexte. En revanche, le châtelain, Henri, m’a vraiment beaucoup plu. C’est un gentleman sous ses airs bourrus, mais il n’en reste pas moins dangereux et assume sa nature. Son personnage est bien dosé, pas trop torturé, pas trop angélique.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il m’a plutôt convaincue. La plume a un petit côté « ancien », sans être non plus désuet, qui correspond bien à l’ambiance du roman. Les descriptions sont riches et permettent au lecteur de visualiser l’action, y compris dans les scènes violentes/gores.

En quelques mots…

Ainsi, dans l’ensemble, j’ai aimé ce roman sombre et sanglant, notamment parce qu’il est adouci par une romance assez intense qui a su convaincre la midinette en moi. L’un des grands thèmes du fantastique est revisité d’une manière qui m’a plu. En revanche, d’autres pans de l’histoire m’ont moins convaincue, et le côté sanglant a commencé à me lasser en fin de lecture. Je pense tout de même lire la suite un jour ou l’autre, puisqu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. A réserver à un public averti qui aime apprécie les romans sombres (pas avant 16/17 ans pour les adolescents).

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« C’est une souffrance terrible, insidieuse, une souffrance de chaque instant, que de sentir renaître au fond de ce vieux corps dépourvu de vie qu’est le mien, les cendres de ces maudits sentiments ; que de sentir repartir au creux de ma poitrine ce feu dévastateur et dément que je croyais à jamais éteint. »


« C’est alors qu’ils se mirent à glisser sur le sol, comme si le parquet s’était subitement transformé en patinoire, tournoyant au rythme de la mélodie. Celle-ci se fit alors plus rapide et sonore, s’adaptant au fur et à mesure à la cadence de cette danse extraordinaire. Cornélia, quelque peu effrayée par la vitesse à laquelle ils virevoltaient, ferma d’abord les yeux, n’osant plus faire le moindre mouvement, subissant sans comprendre les divagations pour le moins étranges de son ami. Puis, l’envie de profiter de cet instant magique prenant malgré tout le pas sur ses appréhensions, elle finit par les rouvrir et fut stupéfaite de découvrir qu’ils avaient finalement quitté le plancher pour maintenant flotter dans les airs, tout près du plafond de la chambre, à hauteur des lustres. »
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Ce roman fait partie du challenge :


Big Challenge 2014 : 9/5

mercredi 15 octobre 2014

La passe miroir, de Christelle Dabos, livre 1 : Les fiancés de l’hiver


« Les fiancés de l’hiver » de Christelle Dabos, qui est aussi le premier roman de l’auteure, marque le début d’une saga fantasy intitulée « La passe miroir ». Ce titre, qui a été publié suite à un concours d’écriture organisé par Gallimard, m’avait été plusieurs fois recommandé par des connaissances ou des copinautes. Et je me suis enfin lancée !

Résumé

Ophélie vit dans un monde qui a explosé bien longtemps auparavant : la Terre n’est plus une planète, mais un ensemble d’arches qui gravitent autour d’un noyau et l’on ne peut passer de l’une à l’autre qu’en empruntant un dirigeable. La jeune fille vit sur l’arche des animistes. Elle a le pouvoir de lire les objets et tient un musée. Cette vie tranquille correspond tout à fait à son caractère discret et peu confiant, mais elle va bientôt voler en éclat : Ophélie doit être mariée à un membre influent de l’arche du Pôle, bien loin de sa famille. Elle suit Thorn, son futur époux, à la Citacielle, mais parviendra-t-elle à s’adapter à ce monde glacé et brutal, alors que sa vie est menacée ?

Un univers extrêmement riche

Je ne tournerais pas autour du pot, j’ai a-do-ré cette lecture ! Le point fort du roman est son univers, extrêmement riche. L’auteure prend le temps de le déployer, petit à petit, avec délicatesse, comme de la dentelle. Il y a beaucoup de trouvailles intéressantes et une forme de magie nouvelle. Mais on y retrouve aussi des références connues, notamment un petit côté « Alice au Pays des Merveilles ». C’est bien simple, je n’ai pas croisé de si bel univers chez un auteur jeunesse français depuis Pierre Bottero, et j’ai souvent pensé à Philip Pullman et son « A la croisée des mondes » au cours de ma lecture.

Une intrigue maîtrisée

Vous ne trouverez pas dans ce roman une action trépidante, mais l’histoire est tout de même très riche en événements et en rebondissements inattendus. Simplement, l’auteure pose les bases petit à petit, et tout comme Ophélie qui arrive dans un nouvel environnement, nous sommes d’abord des observateurs attentifs. Néanmoins les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu, et Ophélie nous réserve quelques belles frayeurs ! C’est une intrigue de Cour, pour l’essentiel, un monde impitoyable où les apparences sont souvent illusoires. La fin, qui est ouverte, donne très envie de se jeter sur le second tome, qui n’est malheureusement pas encore sorti (peut-être en février 2015, mais rien d'officiel pour l'instant).

Les personnages

Les personnages sont également un point fort du roman, ils sont bien construits et ont tous un intérêt. Ophélie est très attachante, je me suis beaucoup reconnue dans cette jeune fille discrète qui déteste attirer l’attention. Elle connaît une belle évolution, j’ai aimé la voir s’affirmer. En revanche, elle a du mal avec les sentiments, en tout cas en ce qui concerne les hommes. Novice en la matière, elle a du mal à démêler ce qu’elle ressent.

J’ai beaucoup aimé Thorn et ses airs bourrus, assez torturé mais néanmoins protecteur. J’ai plutôt tendance à lui faire confiance, nous verrons par la suite si j’ai eu raison. Sa tante Berenilde est difficile à cerner, tantôt bienveillante tantôt dure, on se demande quel est son véritable but. Roseline, la tante d’Ophélie, est un personnage étonnant sous ses dehors rigides, prête à tout pour défendre sa nièce. Quant à la mère d’Ophélie, c’est une catastrophe ambulante, toujours à dire ce qu’il ne faut pas ! Il y en a encore beaucoup d’autres à citer, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir !

L’écriture

Quant à la plume, elle est très agréable, bien affirmée pour un premier roman, je n’ai pas noté de grosse maladresse. Les descriptions sont très réussies, minutieuses, donnant vie à cet univers, et les dialogues sont convaincants. L’ensemble est vivant et l’on prend plaisir à suivre Ophélie. Il ne manque qu’un peu plus d’émotions pour que le mélange soit parfait, mais je chipote !

En quelques mots…

Ainsi, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman et son bel univers qui se déploie petit à petit. J’ai adoré passer du temps en compagnie de cette vaste galerie de personnages, tous bien construits. L’intrigue est habilement menée et j’ai déjà hâte de savoir ce que Christelle Dabos nous réserve pour la suite. A conseiller à tous ceux qui aiment les univers fantasy, à partir de 12/13 ans (pour les bons lecteurs qui ne sont pas effrayés par les livres épais).

Note : 5/5 (Coup de cœur)
Stellabloggeuse

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« Ses lointains ancêtres avaient assisté à la dislocation de leur univers. S’étaient-ils laissé mourir pour autant ? Non, ils s’étaient inventé une autre vie. Ophélie glissa derrière ses oreilles les mèches de cheveux qui lui roulaient sur le front, pour se dégager le visage. Ses lunettes s’éclaircirent sur son nez, dispersant la grisaille qui s’y était accumulée depuis des heures. Elle était en train de faire l’expérience de sa propre Déchirure. Elle avait toujours la peur au ventre, mais elle savait maintenant ce qui lui restait à faire. Elle devait relever le défi. »

« Lire un objet, ça demande de s’oublier un peu pour laisser la place au passé d’un autre. Passer les miroirs, ça demande de s’affronter soi-même. Il faut des tripes, t’sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir tel qu’on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la face, ceux qui se mentent à eux-mêmes, ceux qu’ils se voient mieux qu’ils sont, ne pourront jamais. Alors crois-moi, ça ne court pas les trottoirs ! »


« Suspendue dans la nuit, ses tours noyées dans la Voie Lactée, une formidable citadelle flottait au-dessus de la forêt sans qu’aucune attache la reliât au reste du monde. C’était un spectacle complètement fou, une énorme ruche reniée par la terre, un entrelacs tortueux de donjons, de ponts, de créneaux, d’escaliers, d’arcs-boutants et de cheminées. Jalousement gardée par un anneau gelé de douves, dont les longues coulées s’étaient figées dans le vide, la cité enneigée s’élançait au-dessus et au-dessous de cette ligne. Constellée de fenêtres et de réverbères, elle réfléchissait ses mille et une lumières sur le miroir d’un lac. Sa plus haute tour, elle, harponnait le croissant de la lune. »
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Ce roman fait partie du challenge :


Big Challenge 2014 : 8/5

lundi 21 juillet 2014

Max, de Sarah Cohen Scali : un roman audacieux au cœur du IIIe Reich

[Gallimard Jeunesse, 2012]

Les romans ayant pour cadre la Seconde Guerre Mondiale ne manquent pas. Et pourtant, il y a toujours des auteurs qui trouvent un nouvel angle d'approche qui vous font voir les choses sous un jour très différent et vous ouvrent de nouvelles perspectives. "Max" de Sarah Cohen Scali se range dans cette catégorie. Cap sur le IIIe Reich !

Résumé

Nous commençons à suivre Max (qui préfère largement qu'on l'appelle Konrad, prénom beaucoup plus digne d'un aryen dur comme l'acier) alors qu'il est encore dans le ventre de sa mère. Nous sommes en 1936 et il a été conçu dans le cadre du programme Lebensborn destiné à concevoir de parfaits petits aryens en sélectionnant soigneusement leurs parents, et en les soumettant à une éducation nazie dès le plus jeune âge, afin qu'ils deviennent plus tard les cadres du régime et des combattants. Ainsi, dès sa naissance, Max est dévoué au Führer et assimile totalement la doctrine nazie. Dès son plus jeune âge, il n'aura de cesse de se mettre en danger et de servir de son mieux Hitler lors de diverses missions...

Un ton particulier pour ce roman historique

Ce roman historique a un ton particulier qui le distingue de tous les autres. En effet, le personnage est un parfait petit nazi, et il affirme ses convictions sans se soucier du politiquement correct et de la sensibilité de ses lecteurs. En d'autres termes, il ne mâche pas ses mots, et c'est à la fois dérangeant et jouissif. J'ai trouvé très intéressant le fait de découvrir la Seconde Guerre Mondiale par le prisme d'un personnage nazi, cela lui donne une autre perspective. En filigrane, on retrouve les grandes étapes de la guerre : l'invasion de la Pologne, la nazification des enfants des pays conquis, Pearl Harbor, les camps de concentration, l'avancée russe et leur arrivée à Berlin...

La trajectoire personnelle de Konrad/Max

Mais ce qui m'a le plus passionnée, c'est l'évolution personnelle de Konrad/Max. On le suit tout d'abord à la pouponnière, dans les bras de sa mère. Puis, âgé de 4 ans, il part en Pologne où il découvre la situation locale. Il ira ensuite à l'école, où il sera forcé de reconsidérer ses convictions sur les Juifs, puis à l'école militaire, la Napola, pour finir errant dans un Berlin en ruine à la fin de la guerre. Il passe par tout un tas de péripéties qui donnent du rythme au roman. Seule la fin m'a laissée un peu sur ma faim, je l'aurais souhaitée un peu plus étoffée. Mais en même temps, il fallait bien finir à un moment ou un autre, et je n'en avais pas envie.

Les personnages

Konrad/Max est un personnage fascinant. Lorsqu'il n'est encore qu'un bébé, son esprit est totalement imprégné du nazisme dont il ne remet aucun précepte en cause. Puis, alors qu'il grandit, qu'il gagne en capacité de réflexion et qu'il fait ses propres expériences, sa personnalité se complexifie de plus en plus. Le doute s'insinue en lui et il commence à penser par lui-même. Il souffre aussi, à sa manière, et voilà pourquoi à aucun moment on n'arrive à le détester. Autour de lui gravitent plusieurs personnages, les principaux étant le docteur Ebner qui a réellement existé, et Lukas qu'il considère comme son frère.

L'écriture

En ce qui concerne le style, j'ai été très sensible au ton caustique du roman. Le narrateur a un côté cynique assez réjouissant. Régulièrement, l'auteure utilise des mots ou expressions allemandes qui contribuent à créer cette atmosphère particulière. Ce roman se lit bien, et s'il n'est à conseiller qu'à de grands ados (à partir de 14/15 ans), c'est davantage pour la dureté de son propos et son épaisseur que pour son écriture.

En quelques mots...

Ainsi, j'ai adoré ce roman historique pas comme les autres et ce personnage de petit nazi qui, malgré ses principes et sa carapace, se cogne à la vie et ne peut s'empêcher de ressentir la souffrance et l'injustice autour de lui. J'ai été complètement séduite par le ton particulier du roman, assez cynique, à la fois réjouissant et dérangeant. Ce n'est ni plus ni moins qu'un joli coup de coeur.

Note : 5/5 (Coup de coeur)

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie du challenge :

Big Challenge Livraddict 2014 : 7/5

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« Encouragez moi ! Pensez à ce que je vous ai dit : je DOIS être blond. Je DOIS avoir les yeux bleus. Je DOIS être vif.
Élancé.
Dur.
Coriace.
De l'acier de Krupp. »

« Nous ferons croître une jeunesse devant laquelle le monde tremblera. Une jeunesse impérieuse, intrépide, cruelle. C'est ainsi que je la veux. Elle saura supporter la douleur. Je ne veux en elle rien de faible ni de tendre. Je veux qu'elle ait la force et la beauté des jeunes fauves. Je la ferai dresser à tous les exercices physiques. Avant tout, qu'elle soit athlétique : c'est là le plus important. C'est ainsi que je la ramènerai à l'innocence et à la noblesse de la nature. Je ne veux aucune éducation intellectuelle. Le savoir ne fait que corrompre mes jeunesses. »

« Je réfléchis. Est-ce que j'ai du chagrin ? Non. Elles crèvent toutes, les mères ! Celles qui ont élevé leurs enfants, comme Lukas et Manfred, et celles à qui on a enlevé leur enfant. Les mères sont kaputt! C'est la guerre. »

mardi 15 juillet 2014

Les mondes d'Ewilan, tome 2, de Pierre Bottero : L'oeil d'Otolep

[Rageot, 2005]

*Attention, il s'agit du second tome d'une saga, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Depuis que j'ai découvert Pierre Bottero avec La Quête d'Ewilan, j'essaie de lire un ou deux de ses livres par an, pour le retrouver régulièrement tout en savourant son œuvre. Pour cette fois, cela a été le second tome des Mondes d'Ewilan, dont le premier tome m'avait paru très prometteur. J'ai découvert ce second tome dans le cadre d'une LC organisée par Darktoy sur Livraddict.

Résumé

Après que Salim l'ait sauvée des griffes de l'Institution, Ewilan goûte désormais une période de quiétude bien méritée. Elle étudie le dessin à l'académie d'Al Jeit et s'apprête à passer ses examens de fin d'année. Pourtant, elle sent au fond d'elle que son destin l'appelle. Elle doit partir pour Valingaï, afin de ramener Illian chez lui. Plus inquiétant, une présence obscure occupe l'Imagination, mettant les dessinateurs en danger.

Retour en Gwendalavir

Contrairement au tome précédent qui s'ancrait dans le monde réel, celui-ci se déroule à 99,9% en Gwendalavir. Il est question d'aller explorer des terres inconnues, au-delà de l'oeil d'Otolep et du désert d'Ourou. C'est de là que vient Illian et là que semble siéger une nouvelle menace. La magie du Dessin est présente, même si elle est entravée par cette menace, et nous découvrons encore quelques nouvelles créatures

Un tome de transition

J'ai trouvé que ce tome était en dessous du premier, comme l'était le second tome de la Quête d'Ewilan. On est un peu dans l'expectative et il ne se passe pas grand chose, en tout cas jusqu'à ce que le voyage vers l'Oeil d'Otolep commence. Ewilan est en pleine réflexion sur son avenir, on prend le temps d'entrer un peu dans sa tête. Néanmoins, la fin est assez haletante et laisse présager un très bon troisième tome, même si encore une fois les problèmes se résolvent un peu trop facilement.

Les personnages

J'avais bien apprécié Ewilan dans le tome précédent, où elle s'était montrée plus fragile. Ici, elle retombe un peu dans ses travers, pouvant parfois se montrer assez arrogante. Je n'ai pas trop apprécié non plus l'espèce de triangle amoureux qui se met en place. Salim est un peu moins flamboyant que d'ordinaire. Quant à Ellana, elle a aussi une forme d'arrogance et peut se montrer inflexible, mais on en comprend peu à peu les raisons. Enfin, on retrouve avec plaisir les personnages de la Quête d'Ewilan : Edwin, Maître Duom, Artis Valpierre, Mathieu, Chiam Vite...

L'écriture

C'est un régal de retrouver l'écriture de Pierre Bottero, qui savait mettre en valeur la beauté dans la simplicité. Les descriptions sont juste incroyables de détails, sans vous noyer pour autant, et le tout est extrêmement fluide. Du bonheur imprimé, tout simplement.

En quelques mots...

Ainsi, j'ai trouvé ce tome, qui se passe essentiellement en Gwendalavir, un peu en dessous du précédent. Ewilan en particulier est un peu agaçante, et l'intrigue met du temps à se mettre en place. En revanche, l'écriture est toujours aussi agréable et le final laisse présager un très bon tome 3.

Pour finir, je vous laisse découvrir les avis de mes camarades de lecture : Darktoy (organisatrice), Bouquinette,...

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :



Challenge New PAL 2014 : 29/20



Big Challenge Livraddict 2014 : 6/5

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« Alors il faudra qu'un jour je te parle de ces sentiments étranges qui bouillonnent en moi, de cet irrépressible besoin d'espace et de mouvement qui me pousse vers un avenir dont je sais qu'il ne se déroulera pas à Al Jeit. Je ne serai pas Sentinelle. Jamais. »

« Elle savait qu'elle était à sa place en accompagnant Illian jusqu'à Valingaï. La force qui la poussait en avant et que, faute de mieux, elle appelait destin, le lui criait. Elle espérait simplement que cette force émanaitde l'affection qu'elle épouvait pour le petit garçon et n'était pas un courant l'entraînant vers l'avenir sombre qu'elle entrevoyait parfois. Elle revint vers le feu et s'assit près de Salim qui lui sourit et passa un bras sur son épaule. Elle se blottit contre lui. Elle avait conscience de ne pas toujours lui offrir ce dont il avait besoin, ce qu'il méritait, ces gestes, ces mots, ces regards qui sont le reflet de l'amour mais, là encore, elle ne se sentait pas totalement maîtresse de ses actes. »

mardi 6 mai 2014

Divergent, tome 3, de Veronica Roth : un final puissant

[Nathan, 2014]

*Attention, il s’agit du troisième et dernier tome d’une saga, présence de spoilers sur les deux tomes précédents*

La saga « Divergent » de Veronica Roth est l'une de mes dystopies favorites. J'avais eu un coup de cœur pour le premier tome qui m'avait donné le frisson. J'avais également beaucoup aimé le second tome, un peu plus sombre, avec une héroïne marquée par le doute. Aussi, après avoir vu au cinéma l'adaptation (excellente) du premier tome, j'étais très avide de découvrir ce troisième et dernier tome, tout en appréhendant le final.
Petite précision, sur cet article figure la couverture VO du roman, car je boycotte les choix marketing de Nathan qui prend ses lecteurs pour des porte-monnaies sur pattes...

Résumé

Le monde de Tris et Tobias a volé en éclats lorsque les images détenues par les Altruistes (puis les Erudits) ont été révélées à l'ensemble de la population. Les habitants ont découvert qu'ils ont été en quelque sorte enfermés dans cette ville par le monde du dehors, lui-même en pleine guerre, et leurs souvenirs effacés pour recréer une société plus harmonieuse. Les Divergents sont l'aboutissement de cette reconstruction, et sont amenés à quitter la ville. Mais sur place, les Sans Faction détiennent les armes et le pouvoir, et Tris est emprisonnée. Avec l'aide de Tobias, un petit groupe va néanmoins parvenir à quitter la ville et à découvrir le monde extérieur...

Cet avis va être difficile à écrire sans vous révéler d'information importante, mais je vais m'y efforcer car je ne voudrais surtout pas gâcher à qui que ce soit le plaisir de découvrir cet ultime tome.

Un univers cohérent

Dans ce dernier volet, qui a la particularité d'être rédigé alternativement du point de vue de Tris et de celui de Tobias, les personnages partent à la découverte du monde extérieur. Une fois encore, l'auteure élargit nos perspectives (après être passés de la faction des Audacieux à l'ensemble de la ville), encore une fois elle nous surprend par les explications qu'elle nous apporte, et elle nous manipule avec brio. L'univers qu'elle a construit m'a tout à fait satisfaite, il est cohérent et il possède son originalité. Le seul point noir étant, pour moi, l'absence d'explication sur la particularité de Tris : dès le début, on apprend qu'elle est à part, y compris parmi les Divergents, mais nous n'auront jamais d'explication à ce sujet.

Quelques longueurs, mais un final palpitant

Ce troisième tome démarre très fort, j'ai englouti les 200 premières pages quasiment d'une traite, je me régalais, j'étais « dedans ». L'action retombe un peu au milieu du roman, pour repartir tambour battant dans les 150 dernières pages. Dans l'ensemble, j'ai lu ce dernier tome très rapidement, j'avais besoin de savoir comment tout cela allait finir.

Il est donc temps de parler de la fin. Je ne vais pas spoiler, je ne livrerai pas d'information en tant que telle, mais si vous voulez garder la pleine et entière « surprise », NE LISEZ PAS le paragraphe qui suit (ceux sur les personnages et le style, vous pouvez, aucun souci)

Je m'attendais à quelque chose de dur pour cette fin, mais j'ai néanmoins été surprise par sa teneur. Une part de moi comprend et approuve l'intention de l'auteure, et la félicite d'être allée au bout de ses idées. Mais une autre part de moi est triste, et aurait aimé que les choses s'agencent différemment, en restant dans le même esprit. J'ai versé des torrents de larmes, un peu comme à la fin du tome 3 de « Hunger Games » ou de « Nos étoiles contraires », sauf qu'il manquait ici le petit éclat qui transforme une tristesse en coup de cœur.

Les personnages

Tris est vraiment l'une de mes héroïnes favorites. Si elle avait montré des faiblesses dans le tome précédent, ici, elle se reprend. Elle n'est pas parfaite pour autant, elle a ses accès de colère et de doutes. Mais c'est justement pour cela que je l'aime, parce qu'elle n'est pas une machine, qu'elle est faillible mais profondément bonne et généreuse. Elle ne cesse de réfléchir sur elle-même et de se remettre en question. De même, Tobias est l'un de mes « amoureux littéraires », il a su me séduire dès le début. Dans ce volume, il montre à son tour ses failles et ses doutes. J'ai parfois eu envie de lui crier dessus, mais jamais je n'ai cessé de l'aimer !
Le couple qu'il forme avec Tris est l'un de mes préférés, peut-être le plus convaincant : entre eux rien n'est simple, ils doivent fournir des efforts pour se comprendre l'un l'autre et être sur la même longueur d'ondes, et pourtant, leur amour a une force inouïe et leur alchimie fonctionne parfaitement.

Caleb est également de la partie, et tout comme Tris, j'ai nourri des sentiments ambivalents à son égard. Enfin, Christina prend une place plus importante dans ce tome, et je l'apprécie beaucoup.

L'écriture

Le style de Veronica Roth est similaire à ce qu'il était dans les précédents romans, direct et efficace. Elle alterne les points de vue de Tris et Tobias en leur donnant chacun une personnalité bien distincte. Elle manie aussi bien l'action que la sensualité, et parvient à faire durer le suspense et la tension jusqu'à la fin. Quand je me dis que l'auteure a mon âge, j'en reste baba. Vivement ses prochains livres !

En quelques mots...

Ainsi, cet ultime tome de la saga est pour moi à la limite du coup de cœur, et cela pour deux raisons : l'absence d'explication sur le côté « spécial » de Tris, et la présence de quelques longueurs. Quant à la fin, je ne sais pas encore quoi en penser mais pour moi, elle est un peu moins aboutie que celle de « Hunger Games », par exemple. Quoi qu'il en soit, cette série est incontournable si vous aimez les dystopies, et Tris et Tobias sont des personnages géniaux qui ont une relation extrêmement forte et crédible. Ce dernier tome offre encore son lot de surprises et de révélations.

Désolée pour la longueur de ce billet, j'ai eu du mal à démêler mes idées ! Si vous laissez un commentaire, sachez que je le rendrai public que s'il ne comporte aucun spoiler pour ceux qui n'ont pas lu ce tome, sinon je me contenterai de le lire.

J'ai partagé cette lecture avec La vie des livres dont vous pouvez retrouver l'avis ici. Merci à elle pour nos échanges !

Note : 4,5/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2014 : 6/13



Big challenge 2014 : 5/5

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« On dirait qu’il n’y aura jamais de fin aux rebellions, dans la ville, dans le complexe, nulle part. Il n’y a que des pauses de respiration entre l’une et la suivante, et naïvement, on appelle ces respirations « la paix ».

« Je suis tombée amoureuse de lui. Mais je ne reste pas avec lui par défaut, juste parce qu’il est là et qu’il n’y a personne d’autre. Je reste avec lui parce que je le choisis, chaque matin où je me réveille, chaque matin où on se dispute, où on se ment, où on se déçoit. Je le choisis chaque jour, et lui aussi me choisit. »

« Avant, j’étais terrifiée à l’idée que l’on continue à se heurter encore et encore si on restait ensemble, et que ces chocs finissent par me briser. Maintenant, je sais que je suis une lame et lui la pierre sur laquelle je m’aiguise. Je suis trop solide pour me briser aussi facilement, et je m’améliore et m’affûte un peu plus chaque fois que je le touche. »

« Je n’appartiens ni aux Altruistes ni aux Audacieux, ni même aux Divergents. Je n’appartiens pas au Bureau ni à la ville, ni à la Marge. J’appartiens à ceux que j’aime, et ils m’appartiennent. Ce sont eux, et l’amour et la loyauté que j’ai pour eux, qui me donnent mon identité, bien plus qu’un groupe ne pourra jamais le faire. »

mardi 15 avril 2014

Purgatoire des innocents, de Karine Giebel : âmes sensibles s’abstenir !

[Fleuve Noir, 2013]

En début d’année, je découvrais Karine Giebel, dont je lisais beaucoup de bien depuis longtemps, avec « Juste une ombre » qui a été mon premier (et unique à ce jour) coup de cœur de 2014. Aussi, j’étais très curieuse de lire ce « Purgatoire des innocents » qui a récolté de nombreux avis élogieux.

Résumé

Cela commence par un braquage qui tourne mal. Raphaël, son jeune frère William, Fred et la redoutable Christel s’attaquent à une bijouterie de la place Vendôme. Mais on les attend à la sortie, des tirs sont échangés et le sang coule. Ils trouvent alors refuge chez Sandra, en pleine campagne, une vétérinaire en apparence docile qui accepte de soigner Will. Mais qui est-elle vraiment ? Au même moment, à plusieurs centaines de kilomètres de là, un prédateur sexuel s’apprête à frapper.

Une lecture un peu inégale

Il va être difficile d’évoquer ce titre sans en dire trop. Je commencerai en disant que j’ai beaucoup apprécié la première partie du roman qui met aux prises les braqueurs avec l’énigmatique Sandra. Ensuite, j’ai été très surprise et bluffée par la tournure des évènements. Mais une fois passée la moitié du livre, j’ai trouvé quelques longueurs, des scènes de torture trop répétitives à mon goût. L’action et le suspense reviennent dans les cent dernières pages mais, contrairement à « Juste une ombre », le final ne m’a rien offert de très surprenant.

Plusieurs facettes

C’est un roman à plusieurs dimensions. C’est bien sûr un thriller avec une tension omniprésente, un suspense bien présent même s’il s’évapore un peu trop vite à la fin. La violence est là, parfois contenue, souvent exprimée. Chez certains personnages, elle va jusqu’à la cruauté. Les scènes de violence et de torture sont livrées d’une manière très crue qui peut déplaire aux plus sensibles. Mais il y a aussi une dimension psychologique mise en avant grâce à des personnages complexe, dont l’auteure fouille la personnalité.

Les personnages

Une fois de plus, les personnages créés par Karine Giebel font la force du roman. J’ai particulièrement apprécié Raphaël, un truand « vieille école » qui a le sens de l’honneur et, finalement, un grand cœur. Quelqu’un qui a des pulsions de violence, mais qui les combat. Sandra est fascinante car très complexe, parfois on compatit, parfois on ne la comprend pas. Enfin, il y a dans ce roman un personnage particulièrement cruel, un méchant très convaincant et qui vous fera froid dans le dos, je vous laisse le découvrir.

L’écriture

J’aime beaucoup le style de Karine Giebel, qui m’a convaincue une nouvelle fois. J’aime ses phrases courtes et directes, sa simplicité. Elle parvient à bâtir des personnalités étayées et convaincantes, à nous plonger au cœur de leurs réflexions. Elle créé autour d’eux un véritable univers. Elle a également du talent pour décrire l’horreur, même si ce n’est pas forcément un plaisir à lire !

En quelques mots…

Ainsi, je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce titre de Karine Giebel, à cause de quelques longueurs ressenties au milieu du roman, et un final pas assez surprenant à mon goût. Les scènes de torture sont nécessaires, mais trop nombreuses à mon goût, je reste une novice en thriller, à l’âme sensible. En revanche, j’admire les nombreuses idées qu’elle a trouvées pour alimenter son intrigue et je continue à apprécier son style. Mais il me semble que je la préfère dans sa dimension psychologique plutôt que dans des scènes plus crues.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge New PAL 2014 : 18/20



Big Challenge Livraddict 2014 : 4/5

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« Peu de gens peuvent comprendre. Ou beaucoup trop, malheureusement. Mais tout le monde peut juger. Ce que je suis devenue. Si facile de juger. Si difficile à comprendre. Ça ne fait pas seulement mal à en mourir. C’est bien pire. Ça vous ronge, lentement, de l’intérieur. Ça vous dévore, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une enveloppe vide et sèche. »

« Comment pourrait-elle savoir qu’elle n’est plus une simple enfant ayant l’avenir devant elle ? Plutôt un simple gibier entre les serres d’un chasseur affamé. Une proie qui va nourrir les instincts pervers d’un homme ayant oublié qu’il en était un. Comment pourrait-elle se doute qu’elle a déjà un pied dans la tombe ? »

  « D’un point de vue pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre l’argent où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute. »