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mercredi 2 novembre 2016

Le dernier des nôtres, d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre

Editeur : Grasset
Année : 2016
Pagination : 488 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » 
Cette jeune femme qui descend l’escalier d’un restaurant de Manhattan, élégante, rieuse, assurée, c’est Rebecca Lynch. Werner Zilch, qui l’observe, ne sait pas encore que la jeune artiste est aussi une richissime héritière. Werner n’a pour lui que ses yeux bleus délavés. Son nom étrange. Et une énergie folle : enfant adopté par un couple de la classe moyenne, il rêve de conquérir New-York avec son ami Marcus.
Werner poursuit Rebecca, se donne à elle, la prend : leur amour fou les conduit dans la ville en pleine effervescence au temps de Warhol, Patti Smith et Bob Dylan… Jusqu’au jour où Werner est présenté à la mère de Rebecca, Judith, qui s’effondre en le voyant. Ainsi se rouvre le dossier douloureux des origines de Werner. Qui Judith a-t-elle reconnu dans ces traits et ces yeux presque gris ? Quels souvenirs hideux cache-t-elle sous ses bracelets d’or ?

Ce que j’en pense :

J’avais adoré « Fourrure » d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, mon livre préféré en 2010. Cela faisait déjà 6 ans qu’elle n’avait rien publié, et j’ai été très heureuse de la voir revenir avec « Le dernier des nôtres ».

Ce roman tourne autour d’un personnage charismatique, Werner Zilch, un jeune homme d’affaire ambitieux, en train de vivre le rêve américain et de bâtir sa fortune de ses propres mains. Werner est un personnage difficile à comprendre, peu sympathique au premier abord avec ses dents longues et sa légèreté vis-à-vis des femmes, mais en apprenant à le connaître on l’apprécie davantage.

L’auteur alterne des chapitres sur le présent de Werner, dans les années 1970 à New York, autour de sa relation tumultueuse avec la mystérieuse Rebecca, et ses origines, qui trouvent leur source dans une Allemagne en pleine débâcle, en 1945.
L’intrigue est habilement menée, on a hâte de connaître le fin mot de l’histoire. Il y a des choses intéressantes, notamment sur la position délicate des scientifiques dans la seconde guerre mondiale. J’ai moins aimé le côté « rêve américain » très présent, l’hommage au Manhattan des artistes, ou même la fin du roman un peu trop heureuse.

Ainsi, dans l’ensemble, j’ai apprécié ce roman d’amour où s’invite l’Histoire, même s’il ne m’a pas emportée comme l’avait fait « Fourrure ». Le grand prix de l'académie française qu'il vient de recevoir, ainsi que sa sélection dans la liste finale du Renaudot lui promettent en tout cas un joli parcours.

Les + : le côté historique
Les - : trop de rêve américain
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

lundi 26 septembre 2016

Ma fugue chez moi, de Coline Pierré

Editeur : Rouergue
Année : 2016
Pagination : 115 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 12 ans


Résumé :

Quelques jours avant Noël, suite à une séance d'humiliation au collège, et à l'annonce que sa mère, une fois de plus, ne sera pas là pour les fêtes, Anouk décide de fuguer. Mais après une demi-journée dehors, elle rentre… et va se cacher dans le grenier. Clandestine chez elle pendant deux semaines, elle va finir par renouer avec les siens, le temps que chacun dise son inquiétude et son amour.

Ce que j’en pense :

Ce court roman propose une histoire originale, celle d’une fugue finalement vite avortée, qui prend un tournant inattendu puisque Anouk se cache dans le grenier de sa propre maison.
Ainsi, par ce tour de passe-passe, l’auteure permet à son personnage de faire durer sa fugue dans le temps, mais aussi de rendre compte des réactions de l’entourage d’Anouk.
C’est un roman intéressant, qui touche au harcèlement à l’école, mais aussi à la famille et à la problématique du parent absent, qui déséquilibre tout le monde d’une manière ou d’une autre.
Le personnage d’Anouk est attachant, c’est une adolescente rêveuse, musicienne et dessinatrice, qui n’entre pas dans les normes. Elle profite de ce long moment de solitude pour se recentrer sur elle-même, et mieux comprendre qui elle est.
En somme, un bon moment à passer en compagnie de ce roman original et abordable dès 12 ans.

Les + : le thème de la fugue, détourné
Les - : une fin peut-être un peu trop simple
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse
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« À en juger par les livres que je lis et les films que je vois, je suis dans la moyenne du mal-être d'une adolescente. Je ne suis pas battue, pas pauvre, pas en échec scolaire, pas gravement malade, pas contrainte par mes parents à quoique ce soit. Alors pourquoi moi ? Pourquoi j'ai fugué et pas les autres ? J'ai parfois le sentiment d'être un imposteur. Je ne suis pas capable d'affronter mes petits drames alors que d'autres, qui vivent des situations bien plus terribles, s'accrochent malgré tout. »

mercredi 24 août 2016

Little sister, de Benoit Séverac

Editeur : Syros
Année : 2016
Pagination : 201 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans


Résumé :
Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d'une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d'être simple. Lena Rodriguez, c'était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne... Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n'a vu depuis quatre ans... depuis qu'il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie.

Ce que j’en pense :

Ce roman attire par son sujet d’actualité, celui d’un jeune français parti faire le djihad en Syrie. L’auteur l’aborde par un angle détourné, en abordant le point de vue de la petite sœur, puis celui du meilleur ami, pour finir par celui d’adultes qui se trouvent autour d’eux. Ainsi, le regard porté sur les événements est de plus en plus extérieur.
La première partie du roman, centrée sur la famille d’Ivan, est à mon sens la plus intéressante. Ses parents et sa sœur se débattent entre honte et tristesse, mais aussi le doute : comment ce fils, ce frère qu’ils ont aimé aurait-il pu commettre volontairement cette exécution ?
La suite s’apparente davantage à un léger thriller : Léna part en Espagne pour tenter de rencontrer son frère, et les choses ne se passent pas comme elle l’avait prévu. Ajoutons à cela une petite romance, et nous avons un roman assez efficace qui devrait plaire aux adolescents.
A mon goût, il manque tout de même de profondeur. Je regrette surtout que nous n’assistions pas à l’entrevue entre Léna et son frère, qu’Ivan ne nous dévoile pas ses motivations. Peut-être que l’auteur n’a pas osé l’exercice risqué d’entrer dans la tête d’un jeune djihadiste ?

Les + : un sujet d’actualité
Les - : manque de profondeur
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

mardi 9 août 2016

Berezina, de Sylvain Tesson

Editeur : Guérin
Année : 2015
Pagination : 199 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
En 2012, deux cent ans presque jour pour jour après la Retraite de Russie qui fut le premier acte de l’effondrement de l’Empire napoléonien, Sylvain Tesson, accompagné d’amis français et russe, décide de partir en side-car sur les traces de la Grande Armée, entre Moscou et Paris. Sur la route marquée par le froid et les difficultés, les fantômes du passé ne cessent de les hanter et de rejouer dans leur tête ces épisodes historiques. L’occasion de tirer un bilan personnel de l’ère napoléonienne à la lumière de nos existences actuelles.

Ce que j’en pense :
J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la plume exigeante et parfois aérienne de Sylvain Tesson, sa Russie, et surtout sa capacité à réfléchir voire méditer sur les grands et les petits sujets de l’existence.
Pour nous lecteurs, le voyage est historique, l’occasion de découvrir des épisodes peu glorieux et parfois peu connus de l’ère napoléonienne. L’occasion de réfléchir également sur l’héritage laissé par Napoléon et les raisons de sa chute, mais aussi de remettre en perspective nos petits tracas quotidiens.
Mais ce que l’on éprouve avant tout, c’est la souffrance des soldats, qui rattrape rapidement les voyageurs et donne à leur trajet un tour beaucoup plus émouvant et intimiste que l’on ne s’y attendait au départ. Attention, âmes sensibles s’abstenir, les descriptions historiques ne sont pas toujours jolies jolies !
Ainsi, j’ai retrouvé dans ce nouveau livre ce que j’avais apprécié avec « Dans les forêts de Sibérie » : son talent pour observer et raconter les paysages qu’il traverse, mais aussi sa capacité à réfléchir et à relativiser nos existences.

Les + : les paysages, la réflexion sur l’Histoire, l’émotion
Les - : âmes sensibles s’abstenir !
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« Un haut-lieu, dit-il, c’est un arpent de géographie fécondé par les larmes de l’histoire, un morceau de territoire sacralisé par une geste, maudit par une tragédie, un terrain qui, par-delà les siècles, continue d’irradier l’écho des souffrances tues ou des gloires passées. C’est un paysage béni par les larmes et le sang. Tu te tiens devant, et, soudain, tu éprouves une présence, un surgissement, la manifestation d’un je-ne-sais-quoi. C’est l’écho de l’Histoire, le rayonnement fossile d’un événement qui sourd du sol, comme une onde. Ici, il y a eu une telle intensité de tragédie en un si court épisode de temps que la géographie ne s’en est pas remise. Les arbres ont repoussé, mais la Terre, elle, continue à souffrir. Quand elle boit trop de sang, elle devient un haut lieu. Alors, il faut la regarder en silence car les fantômes la hantent. »

vendredi 5 août 2016

L’empire des auras, de Nadia Coste

Editeur : Seuil
Année : 2016
Pagination : 302 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

Résumé :
2059. Les individus sont maintenant classés en fonction de leur aura : les bleus ont tous les privilèges ; les rouges, décrétés dangereux, sont exclus du pouvoir.
Avec son aura bleue, Chloé, elle, a été éduquée dans la méfiance des rouges. Obligée de quitter son lycée privé bleu pour un établissement public mixte, ses idées reçues ne tardent pas à être remises en cause. Car à l'évidence, certains rouges ne sont pas aussi mauvais qu'elle le croyait. Lorsque sa propre aura commence à se modifier, Chloé est rejetée par sa famille. Et bien obligée de prendre position.
Et si les auras, finalement, n'étaient qu'un prétexte utilisé par les puissants pour justifier une société de plus en plus inégalitaire ?

Ce que j’en pense :

« L’empire des auras » est une bonne dystopie en un seul tome. Le roman présente une société inégalitaire fondée sur la couleur de l’aura. J’ai beaucoup aimé la réflexion de fond sur la notion de pouvoir, de bien et de mal, et de culpabilité.
Chloé, jeune fille confrontée au changement de son aura, est un personnage touchant, prise en tenaille entre un sentiment de révolte qui va crescendo et une puissante culpabilité. Elle est rapidement confrontée à des rouges qui ne sont en rien différents d’elle, mais il lui faudra du temps pour mettre de côté ses préjugés, son évolution est crédible.
En revanche, l’intrigue est un peu rapide à mon goût, tout se passe en accéléré et le dénouement arrive très vite. Cela donne un roman efficace, mais qui manque un peu de densité. Pour ma part, une cinquantaine voire une centaine de pages supplémentaires n’auraient pas été de trop.
L’histoire est assez simple pour être lue dès 12/13 ans, mais la dimension sentimentale du roman et la fin un peu violente m’inciteraient plutôt à conseiller le roman à partir de 14 ans.

Les + : une bonne dystopie
Les - : un peu rapide
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

dimanche 10 juillet 2016

Pomme, pomme, pomme, de Corinne Dreyfuss

Editeur : Thierry Magnier
Année : 2015
Public visé : Enfants, dès 18 mois

Résumé :
Pommier. Pomme. Poum ! Tombée. Croc ! Croquée... Ne reste alors que la graine qui, une fois arrosée, donnera à son tour un pommier... pour tout recommencer. Fondé sur le plaisir de prononcer avec gourmandise des mots simples et des onomatopées, ce tout-carton graphique raconte, pour les plus petits, le cycle de la vie d'une belle pomme rouge.

Ce que j’en pense :
Cet album tout carton raconte, en toute simplicité mais aussi avec poésie, le cycle de la pomme : la pomme sur le pommier, le fruit qui tombe, que l’on croque, la graine, la pluie, le pommier, et de nouveau la pomme.
Le tout rythmé par quelques mots très simples et des onomatopées pour former à la fin une petite poésie, une comptine, dont les sons et les allitérations réjouiront les petites oreilles.
Quant aux illustrations, elles sont sobre concernant les formes mais dotées de couleurs vives : le rouge de la pomme domine cet album, tranche sur le fond blanc des pages et attire l’œil des petits.
Une réussite sur tous les plans !

Les + : les sonorités associées à la simplicité
Les - : r.a.s
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

mercredi 6 juillet 2016

Côté face, tome 2, d’Anne Denier : Noces de lune

Editeur : Rebelle
Année : 2014
Pagination : 448 p.
Public visé : Adultes

*Attention il s’agit du second tome d’une saga, présence de spoilers sur le tome précédent*

Résumé :
Il n’était plus.
Ainsi il y avait bien une fin à cette histoire. Trois cents ans de souvenirs se bousculèrent dans ma tête, des ruelles de Prague aux salons de Berlin, dans la douleur et les regrets.
Je l'ai tant aimé.
Nous nous sommes tant déchirés.

Ce que j’en pense :
Ma lecture de « Côté face » d’Anne Denier a beau être assez ancienne maintenant (4 ans), j’en garde un bon souvenir, avec son atmosphère oppressante et cette romance qui traversait le temps.
Ce second volet n’est pas vraiment une suite puisqu’il apporte un autre point de vue, même si une partie de la narration se déroule juste après la mort de Côme. En effet, la narratrice de ce tome est Clara, l’épouse de Côme, avec qui elle a vécu le meilleur et le pire. Elle nous apporte une autre vision du bourreau sanguinaire découvert dans « Côté face », celui d’un homme capable d’une grande violence, mais également d’éprouver des sentiments puissants. Elle-même n’est pas très sympathique, revendiquant ce cœur de pierre derrière lequel elle se protège, et une certaine cruauté. On finit cependant par la prendre en pitié, elle à qui l’existence n’a jamais offert le moindre choix ou presque.
La narration est assez exigeante mais bien maîtrisée – y compris les détails historiques : elle se déroule sur quatre périodes différentes, des moments charnière de l’existence de Clara, où nous apprenons peu à peu à nous repérer. En outre, la plume est agréable.
En revanche, âmes sensibles s’abstenir, ce tome est encore plus sombre que le précédent, très noir et empreint de violence. Néanmoins, j’ai su l’apprécier, surtout pour ses nuances : dans cette histoire, il n’y a pas de bons et de mauvais, juste des humains qui montrent leurs meilleurs et leurs pires côtés, accablés du fardeau de l’immortalité.

Les + : les nuances apportées aux personnages
Les - : très sombre
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« -Côme ?
Avait-il entendu ? Un souffle presque imperceptible me répondit.
-Enlève-moi, emporte-moi loin d'ici, et puis tue-moi pour m'épargner la honte de n'avoir ni honneur, ni vertu, ni morale.
Me séduire, m'enlever, me tuer. Car c'était la seule échappatoire à ma vie toute tracée, de devoir, de sagesse et d'obéissance.
-Emporte-moi loin d'ici et je serai à toi. »

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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge New Pal 2016 : 9/56

vendredi 17 juin 2016

Delirium, tome 3, de Lauren Oliver

Editeur : Hachette Blackmoon
Année : 2013
Pagination : 413 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Après avoir sauvé Julian d’une condamnation à mort, Lena et ses amis regagnent la Nature. Mais celle-ci n’est plus un lieu sûr, des rebellions ont éclaté partout dans le pays et les Régulateurs sont postés à la frontière, à l’affût de toute transgression. Le gouvernement ne peut plus nier l’existence des Invalides et la menace qu’ils représentent. Tandis que Lena mène la Résistance prenant chaque fois plus de risques, sa meilleure amie Hana vit une vie sans amour au bras du jeune maire de Portland… Leurs récits se déroulent en parallèle, leurs voix alternent : quand les deux amies se retrouveront-elles?

Ce que j’en pense :
Après un premier tome convaincant malgré un démarrage un peu lent, et un second au contraire un peu trop rapide, qui faisait office de tome de transition, ce tome met un terme à la trilogie d’une manière satisfaisante.
Sur le plan de l’intrigue, le groupe de Lena et Julian rencontre de plus en plus de difficultés dans la Nature. Ils n’ont bientôt plus d’autres choix que de rejoindre la résistance et d’aller affronter leurs ennemis. J’ai particulièrement aimé les nuances apportées par l’auteure dans ce tome : tout n’est pas rose et bon dans la Nature – et Lena doute de nombreuses fois – et tout n’est pas aussi lisse qu’on le croirait en ville, d’après l’expérience d’Hana. Le point de vue de cette dernière est donc intéressant, même s’il ralentit parfois l’intrigue.
En revanche, en ce qui concerne la romance et le triangle amoureux, tout est extrêmement prévisible, et c’est dommage. Voilà encore une héroïne capable de se battre mais qui n’a pas un sou de jugeote dès qu’il s’agit de sentiments !
Ainsi, je ne regrette pas d’être allée au bout de l’intrigue, qui était intéressante, mais la romance est trop conventionnelle et prévisible à mon goût. A conseiller volontiers aux adolescentes, dès 14 ans.

Les + : les nuances apportées dans les deux camps
Les - : la romance, trop prévisible
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse

« Faites tomber les murs. Sinon, vous mènerez une vie étriquée, une vie de peur, vous vous barricaderez contre l’inconnu, vous réciterez des prières contre les ténèbres, vous laisserez parler la crainte et l’étroitesse d’esprit.
Vous pourriez, bien sûr, ne jamais connaître l’enfer. Mais, dans ce cas, vous vous condamneriez aussi à ne pas connaître le paradis. »
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2016 : 9/13


Challenge New Pal 2016 : 8/56

lundi 6 juin 2016

Pierre et la sorcière, de Gilles Bizouerne et Roland Garrigue

Editeur : Didier Jeunesse
Année : 2016
Public visé : Enfants, à partir de 4/5 ans

Résumé :
Au village, tout le monde a peur de la sorcière. Tout le monde, sauf Pierre, le galopin qui n'a peur de rien ! Jusqu'au jour où cric crac, la sorcière l'enferme dans son sac ! Et si c'était l'occasion pour Pierre de jouer un sale tour à la sorcière ?

Ce que j’en pense :

Depuis « La bonne humeur de loup gris » - qui est l’un de mes albums chouchous, et que je chroniquerai bientôt ici – je suis assidument les parutions de Gilles Bizouerne. Récemment, j’ai particulièrement apprécié « Une maison pour quatre » dont je vous parlais il y a peu.
L’auteur s’approprie ici le conte d’origine flamande dans lequel un enfant est enfermé dans le sac d’une sorcière. Il y ajoute toute la malice et l’irrévérence qu’on lui connaît, avec un petit héros qui n’a pas froid aux yeux et un langage fleuri pour la sorcière, qui vaut le détour à lui tout seul. La ruse a la part belle dans cette histoire pleine de rebondissements.
Le conte est très structuré, avec un schéma qui se répète plusieurs fois avec de légères variations. On retrouve également les petites phrases qui reviennent régulièrement, comme un refrain, les onomatopées et les chansonnettes qui sont la signature de la collection « A petits petons », et qui donnent un rythme à l’histoire.


Sur le plan graphique, j’ai apprécié le travail de Roland Garrigue, que je ne connaissais pas encore. Mention spéciale au dessin de la sorcière, délicieusement moche, et aux couleurs d’automne qui donnent une ambiance très agréable à l’histoire.
Merci à A. Pacary et aux éditions Didier Jeunesse pour cette lecture.

Les + : la malice, les couleurs
Les - : r.a.s
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

vendredi 3 juin 2016

Bouche cousue, de Marion Muller-Colard

Editeur : Gallimard jeunesse (Scripto)
Année : 2016
Pagination : 98 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

Résumé :
Lors d'un déjeuner dominical avec sa famille, Amande, trentenaire et célibataire, constate que l'atmosphère est encore plus tendue et glaçante que d'habitude. Soudain, la révélation tombe : son neveu de 15 ans, Tom, le seul des siens dont elle se sente proche, a embrassé un garçon. Ses parents sont horrifiés et son grand-père le gifle. Amande décide alors d'écrire, pour Tom autant que pour elle, un épisode déterminant de sa propre adolescence.
Car c'est sa propre histoire qui se répète à travers cette gifle : lorsqu'à 15 ans, dans les années 90, elle-même est tombée amoureuse d'une fille...

Ce que j’en pense :
Voilà un petit roman qui a tout d’un grand car il aborde beaucoup de thèmes importants : la famille, l’intégration, le corps, l’homosexualité…
Avec délicatesse, l’auteure nous raconte un moment de bascule où son héroïne, adolescente, réalise qu’elle est attirée par les filles. Le choix de ce moment charnière explique que le roman soit si court : nous ne saurons presque rien du futur de cette jeune fille, l’histoire est concentrée sur quelques mois, ce qui peut être un peu frustrant !
Mais cet événement est raconté avec délicatesse et sobriété, dans un style que j’ai beaucoup apprécié, une belle écriture qui reste accessible. J’ai particulièrement apprécié la manière dont est utilisée la laverie des parents d’Amandana, dans un parallèle avec le corps et l’esprit, et tout le passage concernant l’opéra.
J’ai été en revanche un peu moins convaincue par la mise en abyme avec le neveu d’Amande, un peu surfaite et peu utile selon moi.

Les + : l’écriture, la place de la laverie dans l’histoire
Les - : la mise en abyme avec le neveu
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« Je voulais juste museler ce monstre qui mord au ventre. Ce monstre, on l’appelait le désir. J’avais quinze ans et je n’en savais rien. Le lit de mes parents n’était jamais défait. Tout était en ordre, les machines tournaient toutes dans le même sens. Elles virginisaient les vies de tous qui avaient fourré dans leurs gueules leur linge sale. C’est ça que je regardais depuis ma naissance. J’avais appris à marcher dans cette salle, j’avais appuyé mille fois mes mains et mon nez contre ces hublots. Je voyais se faire le propre, c’était tout l’héritage de ma mère, les corps n’avaient pas d’odeur, la famille n’avait pas d’histoire, les enfants n’avaient pas de sexe. Le monstre était dans ma tête. Il suffisait de ne plus désirer. Prendre la peau pour ce qu’elle est – un vêtement qu’on lave comme un autre. Oublier qu’elle peut être cette surface d’échange vertigineuse avec le vent, la chaleur, l’eau. Avec les autres. »

mardi 31 mai 2016

Déjà, de Delphine Grenier

Editeur : Didier jeunesse
Année : 2016
Public visé : Enfants, à partir de 2 ans

Résumé :

C’est la nuit, il n’y a pas de bruit.
Souris entreprend d’aller réveiller ses amis. Le chat, l’oiseau, la grenouille, la poule,
et le lapin sont bientôt réunis pour admirer… le lever du soleil !

Ce que j’en pense :

« Déjà » est un album doux et apaisant, qui se déroule dans la quiétude de la nuit. Il est doté d’une structure en randonnée, avec des animaux qui se réveillent les uns après les autres, selon un même schéma que les petits identifieront facilement, avec un texte simple et répétitif.
Le petit lecteur se demande où vont tous ces animaux, jusqu’à la très belle double-page où ils assistent au lever du soleil et accueillent le petit matin.

Graphiquement, l’album est réussi. En tournant les pages, on passe peu à peu d’un fond bleu nuit à un bleu plus clair, celui du lever du jour, pour finir sur le jaune éclatant du soleil. De plus, chaque animal introduit une couleur dans l’histoire. Enfin, de manière plus subjective, j’ai apprécié le trait que je trouve doux, bien adapté aux petits.
Quant au format, il est plutôt grand pour un album destiné aux tout-petits, ce qui est un atout pour raconte l’histoire à un groupe, ou pour s’immerger dans l’histoire avec son enfant.
A découvrir en librairie à partir du 1er juin 2016 ! Merci à A. Pacary et aux éditions Didier jeunesse pour cette découverte.

Les + : la structure en randonnée, l’utilisation des couleurs
Les - : r.a.s
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse

vendredi 27 mai 2016

Imposteur, tome 1, de Suzanne Winnacker

Editeur : Robert Laffont
Année : 2014
Pagination : 340 p.
Public visé : Adolescents et jeunes adultes , à partir de 14 ans

Résumé :
Rejetée par sa famille à cause de son don, Tessa est accueillie à bras ouverts par la Cellule des aptitudes extraordinaires, branche ultrasecrète du FBI qui recrute des jeunes doués de pouvoirs surnaturels. Après deux ans d'entraînement intense, elle maîtrise enfin le sien : la métamorphose. Mais les choses sérieuses commencent vraiment pour Tessa lorsqu'un tueur en série sème la terreur dans une paisible ville de l'Oregon. Pour confondre le meurtrier, elle va devoir prendre les traits de Madison, l'une des victimes, laissée pour morte. Dans le rôle de la brebis sans défense, Tessa attend que le loup vienne parachever son oeuvre macabre... Si elle déteste cette imposture au quotidien, incarner Madison offre aussi des compensations, celles d'une vie normale que Tessa n'a jamais connue. Au-delà des faux-semblants, des multiples suspects et du danger omniprésent, elle va découvrir l'amitié et une famille soudée. Mais comment se faire aimer pour soi quand on est dans la peau d'une autre ?

Ce que j’en pense :
Premier tome d’une trilogie « Imposteur » est un thriller fantastique assez efficace. Les personnages, dotés de dons plus ou moins originaux, sont des sortes de X-Men : les Variants, dotés de pouvoir, sont regroupés au sein d’une institution qui est à la fois leur école et leur foyer, et bientôt, leur lieu de travail, en lien avec le FBI.

Tessa, capable de prendre l’apparence de n’importe quelle personne qu’elle a touchée, reçoit sa première mission : remplacer une jeune fille assassinée, à l’insu de sa famille, afin de démasquer le meurtrier. Elle est assez touchante, entre le remords de mentir à la famille de Madison et sa soif d’affection.

L’histoire propose également une romance (bien sûr !), qui ne m’a pas franchement convaincue. Sur le plan de l’intrigue, le roman est assez efficace et suscite la curiosité, sans être transcendant. Néanmoins, je découvrirai avec plaisir Tessa dans ses prochaines aventures. La trilogie devrait séduire les adolescents, à partir de 14 ans.

Les + : un bon thriller pour adolescents
Les - : la romance
Appréciation : 3,5/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2016 : 8/13


Challenge New Pal 2016 : 7/56



Challenge 100% R : 33e lecture

mardi 24 mai 2016

Ce matin, de Junko Nakamura

Editeur : MeMo
Année : 2015
Public visé : Enfants, à partir de 2 ans

Résumé :
Ce matin commence comme tous les matins, par le réveil, puis par toutes les menues tâches quotidiennes, le plaisir de se retrouver et enfin le départ vers l’ailleurs, à l’extérieur. C’est pour tous, petits comme grands, une épreuve qu’il faut savoir transformer en plaisir : quitter son cocon, son lit, son nid et affronter la vie extérieure. Dans « Ce matin », l’ours et le chien apprivoisent la journée avec beaucoup de douceur et de soins réciproques, puis partent voir le monde. Partir c’est grandir ?

Ce que j’en pense :
Dans ce nouvel album, Junko Nakamura propose une histoire pleine de douceur. Ses illustrations au tampon, associées à un jaune acidulé, nous plongent au cœur d’une matinée ensoleillée.
L’ours réalise au réveil toutes les petites étapes du quotidien : s’étirer, déjeuner, s’habiller, se brosser les dents, un moment de tendresse avec son chien… Tous ces petits rituels lui donnent la force de franchir la porte et d’aller affronter l’extérieur.
Malgré le côté onirique et poétique de l’album, les tout-petits s’y retrouvent aisément, car ils y retrouvent des étapes de leur propre réveil.
Ainsi, c’est un album solaire et optimiste, qui donne envie de sortir de la maison et de partir découvrir le monde – et métaphoriquement, de grandir. Un joli moment de lecture à partager avec les enfants, à partir de 2 ans.

Les + : la douceur
Les - : r.a.s
Appréciation : 3,5/5


Stellabloggeuse