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mercredi 16 décembre 2015

Le cœur cousu, de Carole Martinez : une histoire de femmes

[Gallimard, 2007]

Carole Martinez apparaît aujourd’hui comme une valeur sûre de la littérature contemporaine. J’étais curieuse de la découvrir, et surtout son premier roman « Le cœur cousu », lauréat du Festival du Premier roman de Chambéry qui, vous le savez, est cher à mon cœur.

Résumé

Héritière des secrets de sa famille et dépositaire d’un coffret qui lui a offert un nécessaire à écrire, Soledad nous livre l’histoire de sa mère Frasquita et de son don. Elle nous raconte ses frères et sœurs, tous frappés d’un don comme on l’est d’une malédiction. Cette histoire est celle de leur errance, dans une Espagne d’une autre âge, sous un soleil de plomb…

Un conte moderne qui a du sens

Ce roman a tout du conte moderne. Le merveilleux est partout, dans les personnages, dans un fil qu’on tisse, dans un coq qui combat, une ombre qui s’échappe, des prières murmurées dans le noir. Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que c’est un conte qui a un but, un sens profond. Carole Martinez nous parle des femmes, cantonnées à la sphère domestique et qui se sont créé un passage vers l’autre monde, celui des choses obscures et inquiétantes. Elles le maîtrisent et en sont les passeurs. Frasquita est une femme bafouée, vendue pour un combat de coq, mais elle est capable de réparer les maux que personne ne comprend. Quelques longueurs sont peut-être à regretter, mais ce sera mon seul véritable bémol.

Les personnages

Les personnages de ce roman sont uniques, chacun a sa marque et sa place. Frasquita et ses fils de couleurs, son don pour transformer la réalité par la couture, Anita la conteuse, Angela l’oiseau chanteur, Pedro el Rojo, Martirio la messagère de madame la mort, la solaire Clara, et Soledad pour écrire leur histoires et mettre un terme au cycle infernal des secrets. Une galerie très réussie, rehaussée de personnages secondaires tout aussi bien écrits.

L’écriture

Quant à l’écriture, il y a un vrai style. Ce n’est pas seulement un roman, c’est de la littérature, assez exigeante, avec des phrases développées, des métaphores, des sous-entendus. La lecture doit être attentive si on ne veut rien rater, et c’est tant mieux.

En quelques mots…

Ainsi, Carole Martinez nous propose une histoire de femmes, marquées par des croyances qui n'ont jamais été écrites mais que l'on se transmet de mère en fille les nuits de pleine lune. Le merveilleux et l'étrange sont partout, ils sortent les femmes de leurs foyers pour en faire des passeurs vers un monde obscur et inquiétant. C'est un véritable conte initiatique, dans la chaleur de l'Espagne des temps passés. Merci à Géraldine pour la découverte!

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Par-delà le monde restreint de leur foyer, les femmes en ont surpris un autre. Les petites portes des fourneaux, les bassines de bois, les trous des puits, les vieux citrons se sont ouverts sur un univers fabuleux qu’elles seules ont exploré. Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine. Ce qui n’a jamais été écrit est féminin. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge New Pal 2015 : 16/75

mercredi 4 novembre 2015

Terminus Elicius, de Karine Giebel : un thriller psychologique sur le Marseille-Miramas

[Editions La vie du rail, 2004]

J’ai découvert Karine Giebel il y a un peu moins de deux ans avec « Juste une ombre », un thriller psychologique qui avait été un petit coup de cœur pour moi. J’ai un peu moins apprécié « Purgatoire des innocents », qui recelaient à mes yeux davantage de violence gratuite. J’étais cependant curieuse de découvrir « Terminus Elicius », qui fut son tout premier roman.

Résumé

Jeanne est une fragile jeune femme de 28 ans. Son quotidien se résume à un aller-retour quotidien en train, entre Istres et Marseille, des journées au commissariat où elle officie en tant que gratte-papier, et la maisonnette qu’elle occupe avec sa mère qui trompe sa dépression devant la télévision. Jusqu’au jour où elle trouve dans le train une lettre d’amour qui lui est destinée. Ce qui pourrait être le début d’une belle histoire deviendra l’antichambre de l’enfer lorsque l’auteur des lettres avouera être un tueur en série…

Un honnête thriller psychologique

Avec ce premier roman, j’ai retrouvé la veine du thriller psychologique que j’avais adoré dans « Juste une ombre ». Celui-ci étant le premier, il est peut-être un peu moins maîtrisé, un peu moins fort. Et il n’y a pas le point de vue du meurtrier, chose que j’aime beaucoup chez Giebel. Ceci dit, cela reste un honnête thriller psychologique, dont les pages se tournent aisément. Le train y est un personnage à part entière, et vous donnera sans doute envie de découvrir ces paysages, entre Marseille et Istres.

Une intrigue maîtrisée

Du point de vue de l’intrigue, elle est plutôt bien menée même si certains points sont rapidement évidents. L’auteure mêle à l’intrigue policière la folie de son personnage, ce qui lui permet de densifier son histoire et de maintenir le lecteur dans le flou. La dépression et le harcèlement scolaire sont également de la partie. La fin, comme d’habitude, est sans complaisance, mais le contraire m’aurait déçue !

Les personnages

Le personnage de Jeanne est très torturée, on comprend rapidement qu’elle souffre d’un important trouble de la personnalité, que je ne nommerai pas pour préserver un petit peu de suspense. Dans son état, le fait de devoir se débattre entre ses sentiments pour Elicius et ce que dicte la morale va lui causer un véritable déchirement, qui remet en cause sa fragile santé mentale. C’est un personnage que l’on n’approuve pas forcément, mais que l’on plaint. Le meurtrier quant à lui ne songe qu’à la vengeance, même si derrière la haine on ressent sa souffrance.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est correct, pas de familiarités comme dans certains autres policiers. La plume est aussi maîtrisée que l’intrigue. Avec en prime quelques belles descriptions des paysages entre Marseille et Istres, auxquelles je faisais référence ci-dessus.

En quelques mots…

Ainsi, ce roman porte bien la marque de Karine Giebel, un thriller psychologique avec un personnage au bord du gouffre de la folie. Cela reste un premier roman, un peu moins abouti que ceux qu’elle a écrit par la suite, mais il m’a tout à fait satisfaite.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Elle poussa la porte du secrétariat, le cœur en friche, laissant derrière elle une déception qu’elle n’aurait pas pensé si cruelle. Une nouvelle journée commençait, identique à tant d’autres. Sauf que, ce matin, elle avait déposé une lettre au plus recherché des tueurs. Et, ce soir, elle trouverait une lettre de ce même assassin. Cet homme sans visage qui était un voyage à lui seul. »

« Beaucoup de gens dans ces rues. Le cœur de Marseille ne s’arrête jamais de battre. Une vitrine de magasin en guise de miroir. Son reflet, légèrement déformé. Elle avait mis ses lunettes teintées, détaché ses cheveux. Une jolie robe. Elle avait changé. Elle était toujours la même pourtant. Une façade pour cacher l’indicible. Les blessures partout, les plaies qui refusent de guérir. L’horreur qui se dessine au fond de ses yeux. »
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Ce roman fait partie du challenge :

 

New Pal 2015 : 15/75

mercredi 28 octobre 2015

Will & Will, de John Green et David Levithan : tendre et jubilatoire


"Will & Will", c’était en théorie pour moi le mélange parfait ! La rencontre de John Green – dont j’ai adoré l’émouvant « Nos étoiles contraires » et apprécié « Le théorème des Katherine » - et de David Levithan – dont j’ai beaucoup aimé « A comme aujourd’hui » et apprécié « Invisibilité ». Auront-ils répondu à mes attentes ? Réponse ci-dessous !

Résumé

A Chicago, Will Grayson a pour meilleur ami l’encombrant Tiny Cooper, un géant 100% qui a décidé de s’assumer pleinement, notamment au travers d’une comédie musicale. Pour sa part, Will Grayson a deux grands principes : ne pas s’impliquer émotionnellement et se taire, deux résolutions bientôt mises à mal. A l’autre bout de la ville vit un autre Will Grayson. Celui-ci aime les garçons et souffre en silence, carburant aux médicaments et au cynisme. Et si leur rencontre pouvait les changer à jamais ?

Jubilation et émotion

Je ne fais pas durer le suspense davantage, j’ai beaucoup aimé le mélange de ces deux auteurs ! Les deux personnages s’expriment alternativement, au rythme d’un chapitre chacun. Avec le premier Will, sous lequel il me semble deviner John Green, on rit et on jubile, on est dans une comédie qui fonctionne bien. Avec le second, issu par conséquence de David Levithan, on est dans une introspection plus douloureuse, une chenille en souffrance qui attend de devenir papillon et qui apporte au roman de vives émotions.

Energie vitale et tendresse

Il faut le reconnaître, l’intrigue n’est pas 100% crédible. Mais je choisis de retenir avant tout l’énergie vitale et la tendresse qui s’en dégagent, et qui en font un livre qui fait du bien. Et même si on sent que les deux auteurs  s’amusent et que l’on n’est plus tout à fait dans la vie de tous les jours, les émotions sont quant à elles bien réelles, tout comme les réflexions sur les sentiments, la relation aux autres et l’homosexualité. Comme dans une comédie musicale (j’ai parfois pensé à la série « Glee » pendant ma lecture), au final : c’est brillant et divertissant, mais il y a un fond de vérité.

Les personnages

Les personnages, très attachants, sont clairement le point fort du roman. Le premier Will est un gentil trouillard qui a peur de s’impliquer dans ses relations avec les autres, jusqu’à en être égocentrique. Mais il a bon fond et j’ai apprécié son évolution. Le second Will est un écorché vif persuadé que tout est voué à l’échec, ce qui ne l’empêche pas de se prendre au jeu de l’amour. Ce personnage m’a vraiment touchée. Mais la vraie star du roman, c’est Tiny Cooper, son assurance et ses extravagances qui dissimulent ses complexes et sa fragilité, un personnage assez inoubliable !

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est plutôt simple. Le premier Will s’exprime comme n’importe quel lycéen, de façon crédible (pas comme quand, parfois, on sent que les auteurs « jouent » à faire parler des adolescents). Le second a un style un peu télégraphique, tout en minuscule avec des phrases courtes, comme pour éviter de trop en dire, de trop se dévoiler.

En quelques mots…

Ainsi, je suis tombée sous le charme de ce roman aux airs de comédie (musicale), drôle et léger, parfois jubilatoire, mais aussi riche en émotions et en vérités. Il est porté par des personnages attachants que l’on regrette de quitter si vite. A découvrir à partir de 14 ans !

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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« Ok, je sais que ce n’est pas très viril de ma part. Je sais que les vrais mecs ne devraient penser qu’au sexe et à conclure avec les meufs, qu’ils devraient se jeter braguette au vent sur tout ce qui bouge dès qu’ils ont un ticket, etc. Mais moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant le passage à l’acte que la phase de découverte. Découvrir pour la première fois qu’elle sent le café trop sucré, découvrir la différence entre son vrai sourire et celui sur les photos, sa manie de se mordiller la lèvre inférieure ou la peau pâle de son dos. Je voudrais juste pouvoir savourer ces petites découvertes de loin, bien planqué dans mon coin, sans me l’avouer officiellement. »

« Moi donnant des conseils sentimentaux à ma mère, c’est comme si un poisson rouge expliquait à un escargot comment voler. »

« N’empêche, que suis-je sensé lui dire ? Que je ne me sens pas juste déprimé – que j’ai plutôt l’impression que la dépression me ronge de l’intérieur, centimètre par centimètre, depuis le fond de mon âme jusqu’au creux de mes os ? Que quand lui voit tout en gris, je vois tout en noir foncé ? Que je hais mes médocs car je sais à quel point j’en ai besoin pour vivre ? »
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Ce roman fait partie du challenge :

New Pal 2015 : 14/75

samedi 24 octobre 2015

Colomb de la lune, de René Barjavel : entre délire SF et métaphore amoureuse

[Denoël, 1962]

Si vous suivez un peu ce blog ou que vous me connaissez un tout petit peu, vous connaissez sans doute mon amour pour René Barjavel, ses idées folles et son ton de conteur. « La Nuit des temps » reste mon livre préféré, et j’ai adoré son autobiographie « La charrette bleue ». J’ai également apprécié « L’enchanteur », ou « Lettre ouverte aux vivants ». En général, j’essaie d’en lire un par an, pour avancer dans sa bibliographie sans me trouver trop rapidement démunie ! Cet automne, ce fut donc le tour de « Colomb de la lune »…

Résumé

Pour la première fois, un homme a une réelle chance de poser le pied sur la Lune. Le lunaire Colomb s’apprête en effet à embarquer dans une fusée tout en légèreté ou en ingéniosité. Il laisse derrière lui sa femme, qui vivra une aventure peut-être encore plus intense que la sienne…

Délire futuriste et histoire d’amour

Il est très difficile pour moi de parler de cet Ovni qu’est « Colomb de la lune » ! C’est clairement le Barjavel le plus barré que j’ai pu lire jusqu’à présent, un délire futuriste que j’ai parfois eu du mal à suivre. Mais soulignons une fois de plus le visionnaire Barjavel, qui en 1962 mettait déjà l’homme sur la Lune !

Pour le reste, pas de Barjavel sans histoire d’amour passionnelle, évidemment. Il est aussi beaucoup question des enfants, car il est question d’avenir. Dans l’ensemble, cette histoire-là m’aura moins touchée que d’autres romans de l’auteur. Mais même si j’ai parfois eu du mal à suivre Barjavel dans la folie de cette aventure lunaire, j’ai apprécié la métaphore, et la manière dont les différents pan de l’histoire se retrouvent liés à la fin du roman et prennent tout leur sens.

Les personnages

Colomb est un personnage lunaire, qui cherche à poursuivre son rêve au sens propre du terme. Rien ne semble le retenir sur Terre, pas même son mariage. Il aspire à une autre forme de plénitude. Sa femme, Marthe, est charnelle et bouillonnante. Quant à Suzanne, la sœur de Colomb, je n’ai pas adhéré à son personnage d’artiste, un peu trop cliché.

L’écriture

Quant au style, je n’ai pas retrouvé ce ton de conteur bien particulier de Barjavel, que l’on a dans « L’enchanteur » ou dans « La charrette bleue ». Ici il se fait plus dur, plus féroce avec ces personnages dont il expose les travers sans prendre de gants. Je le préfère plus doux, même si ce ton se justifie par l’histoire qu’il raconte.

En quelques mots…

Ainsi, pour l’instant je dirais que c’est le titre de René Barjavel que j’ai le moins apprécié, sur neuf lus. J’ai eu un peu de mal à le suivre dans la folie de ce voyage dans l’espace et de cette histoire d’amour qu’il nous raconte. J’ai néanmoins apprécié la métaphore qui sous-tend le roman, et la manière dont il trouve un sens en le refermant. Vivement l’an prochain pour en découvrir un nouveau !

Note : 3/5
Stellabloggeuse
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« La surface de la Lune ressemble à une croûte de pain mal levé, trop cuit. Granuleuse, brunâtre. Depuis des milliards d’années, il pleut sur la Lune des météorites de toutes tailles, billes, grains de poivre, grains de poussière, et encore plus petits, des mondes d’infimes microscopiques. Il n’y a pas d’atmosphère pour les freiner et les brûler. Petites et grosses, les météorites percutent la Lune du plein fouet de leur vitesse cosmique. La chaleur du choc les fait fondre en partie, couler, se coller à celles qui sont déjà là agglomérées, collées. Les plus grosses s’enfoncent, parfois explosent, creusent un cratère, jettent au loin en cercle les débris. Et sur les débris aigus de l’explosion, la poussière du ciel de nouveau déjà tombe, colmate, arrondit les angles, comble le fond des trous. La Lune est un monstre de poussière. »


« Nous pouvons en déclencher l’explosion par radio. C’est une toute petite bombe, mais suffisante. Juste de quoi lui briser le coeur. »
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Ce roman fait partie du challenge :


New Pal 2015 : 13/75

mercredi 21 octobre 2015

A comme association, tome 4, de Pierre Bottero : Le subtil parfum du soufre


*Attention, il s’agit du tome 4 d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents.*

Depuis quelques mois, je grignote un à un les tomes de « A comme association » du tandem Erik L’Homme / Pierre Bottero, pas trop vite, car il n’y en a que huit… J’avais particulièrement apprécié ma découverte d’Ombe dans le tome 2, j’étais donc curieuse de la retrouver ici. Et j’ai bien sûr ouvert ce tome 4 avec un sentiment tout particulier, un pincement au cœur, sachant qu’il s’agit du dernier titre écrit par Pierre Bottero, envoyé à son acolyte deux jours avant sa mort…

Résumé

Après sa mission un brin tapageuse auprès des gobelins, Ombe est chargée par l’Association de recueillir des informations sur un mystérieux trafic de drogue, orchestré par les vampires et assuré par les garous… En toute discrétion évidemment, ce qui, avouons-le, n’est pas sa spécialité ! Mais c’est un tout autre piège qui guette Ombe…celui de l’amour. Et si son corps est incassable, ce n’est peut-être pas valable pour son cœur…

Rythme et humour

Sur le plan de l’intrigue, on en apprend un petit peu plus sur le trafic de drogue qui affecte le comportement des anormaux, et sur celui qui tire les ficelles. Beaucoup de questions demeurent encore, mais il reste quatre autres tomes pour les éclaircir. L’histoire est contée sur le même mode que dans les tomes précédents : du rythme et de l’autodérision. Impossible de résister à ce mélange, les pages se tournent toutes seules !

Un tome émouvant

Ce tome est pour moi le plus abouti des quatre premiers, et le plus émouvant également. Le fait que l’on ne puisse s’empêcher de penser à l’accident de Pierre Bottero chaque fois qu’Ombe enfourche sa moto n’y est pas pour rien. Sans parler de ce final qui vous prend à la gorge rétrospectivement… Néanmoins, il y a autre chose d’émouvant dans ce roman. Pour la première fois, on délaisse le côté léger de l’intrigue fantastique pour pénétrer au cœur des sentiments d’Ombe, et on n’en ressort pas indemne. On vit avec elle la beauté et la dévastation du sentiment amoureux.

Les personnages

Le personnage d’Ombe, qui se dévoile enfin, est pour beaucoup dans l’intensité de ce tome. Elle nous laisse voir ses failles, ses doutes, au travers de sa carapace qui se fissure. On comprend mieux sa difficulté à se lier aux autres, et on voudrait apaiser sa solitude. C’est un personnage très touchant, que je vais avoir du mal à laisser partir.

L’écriture

Que dire ? Bottero is Bottero (et non, je ne me résigne pas à employer le passé). C’est fluide, c’est beau, c’est drôle, c’est réaliste dans les dialogues, c’est précis dans les descriptions. C’est du bonheur, en somme.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un tome qui continue dans la lignée des trois précédents, avec une intrigue fantastique menée tambour battant avec beaucoup d’humour, et cette écriture envoûtante. Mais c’est surtout un tome doublement émouvant, de par la fragilité d’Ombe, et ce sentiment de fin qui étreindra tout admirateur du grand Pierre Bottero. Lire ce 4e tome à l’aube du 6e anniversaire de sa mort était aussi un moyen de lui rendre hommage. Merci l’artiste !

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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« -M’en fous ! La prochaine fois je lui pèterai la gueule !
-C’est pour ça que je pense que tu as le diable en toi. J’enseigne depuis…longtemps. Je n’ai jamais vu ça. Il aurait fallu qu’il te tue pour que tu renonces.
-Non.
-Quoi non ?
-Me tuer n’aurait pas suffi. »

« Je lui ai sauvé la vie, il a volé la mienne. Il a ouvert pour moi des portes cachées, des portes verrouillées, des portes inaccessibles. Il a dévoilé des horizons lumineux et des possibles exaltants. Il m’a guérie de blessures que j’ignorais porter et, pour finir, m’en a infligé de nouvelles que je suis incapable de supporter. »

« Sur une avenue déserte, ma Z1000 fonce à une allure totalement répréhensible. Son phare troue la nuit et les immeubles autour de nous défilent, de plus en plus vite. Jasper a passé ses bras autour de ma taille et fait corps avec moi. Je sais qu’il a fermé les yeux et savoure l’instant.
Comme moi.
Confiant.
Comme moi.
La vie mérite d’être vécue.
Toujours. »
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Ce roman fait partie du challenge :

New Pal 2015 : 12/75

mardi 8 septembre 2015

Irrésistible Fusion, de Simone Elkeles : le dernier frère Fuentes


Avouons-le, j'ai lu les deux premiers volumes des romances compliquées des Frères Fuentes de Simone Elkeles avec un enthousiasme adolescent qui m'a surprise. Malgré les clichés, les romances entre Alex et Brittany, et Carlos et Kiara m'ont convaincue et m'ont fait passer de bons moments. Il était temps de faire la connaissance de Luis, le plus jeune des trois frères.

Résumé

Luis Fuentes rêve d'un grand avenir. Il n'envisage rien d'autre qu'intégrer une université prestigieuse, pour rejoindre la NASA et aller un jour dans l'espace. Pour cela, il travaille dur et son dossier scolaire est irréprochable. Mais il ressent, malgré lui, l'appel du danger et de l'adrénaline. Et quand le destin le ramène à Fairfield, il est pris entre son désir pour l'inaccessible Nikki et l'appel du Latino Blood.

Un tome moins abouti

J'ai retrouvé avec plaisir la famille Fuentes, d'autant plus qu'Alex et Carlos sont assez présents dans ce tome, avec leurs compagnes respectives. Néanmoins, je regrette que ce tome soit moins abouti que les deux autres, notamment en ce qui concerne la romance. En effet, j'ai trouvé la relation entre Luis et Nikki assez brouillonne, elle manque de tenue à mon goût, de cohérence, avec des revirements et des changements d'humeur parfois peu compréhensibles.

Le retour du Latino Blood

Dans ce tome, on retrouve le monde des gangs, qui était moins présent dans les aventures de Carlos. Ici, Luis se retrouve dans les problèmes jusqu'au cou, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il l'aura cherché ! Malgré le danger, je n'ai pas ressenti les émotions du premier tome, lorsque Alex était menacé. La fin est presque trop belle, sans parler de l'épilogue, aussi dégoulinant que les autres !

Les personnages

Luis est un personnage plutôt agréable, doté d'humour tout comme ses frères, et d'une bonne dose de confiance en ses charmes. Il est pourtant très sentimental et ne tarde pas à imaginer Nikki à ses côtés pour la vie… Dans l'ensemble, il a, à mes yeux, un peu moins de charisme que ses deux frères, mais il a sa propre personnalité. Quant à Nikki, c'est elle, et uniquement elle, qui met en danger leur relation avec ses principes bien arrêtés. Elle a souffert, ce qui n'a pas empêché ses revirements d'attitude de m'agacer, même si elle montre un grand courage sur la fin.

L'écriture

Quant au style, il reste fidèle à lui-même, avec ce mélange d'humour et de sensualité, un registre plutôt familier sans tomber non plus dans le grossier.

En quelques mots…

Ainsi, en raison d'un personnage féminin moins attachant qu'une Brittany ou une Kiara, et d'une romance trop brouillonne à mon goût, ce dernier tome n'a pas la saveur de ses prédécesseurs. J'ai tout de même passé un bon moment de détente et apprécié de retrouver l'ensemble de la famille Fuentes. Au final, c'est au tome 2 (Carlos) que j'ai attribué la meilleure note, mais c'est le premier (Alex), qui m'avait le plus touchée et je garde pour lui une tendresse particulière. Et chaque tome a sa particularité, aucun n'est une copie conforme du précédent. Une saga pour les adolescentes qui rêvent de romance avec des bad boys !

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Nikki s'immobilise. Je passe ma main autour de sa taille et la tire doucement vers moi. Nous nous retrouvons face à face. Elle me fixe avec ses longs cils et des yeux dans lesquels je pourrais fondre si elle me laissait faire. Il y a de l'électricité dans l'air, impossible de le nier. Si nous sortions ensemble, nous serions un couple explosif... dans le très bon sens du terme. Elle m'intimide, c'est très excitant. Je ne me laisse pas facilement intimider.
- Hola, corazon, lui dis-je en relevant les sourcils.
Je m'attends à la voir sourire. Ou rire.
Je ne m'attends pas à un coup de genou dans l'entrejambe et un beau: "Va te faire
foutre!" »

« -Sérieusement, lance Alex, vous êtes déjà en train de vous battre? Vous ne vous êtes pas vus depuis plus d'un an.
-On aime se disputer, réplique Carlos. C'est une des choses qu'on fait le mieux. Pas vrai, mamacita?
Kiara lève les yeux au ciel.
-Rappelle-moi encore pourquoi je suis amoureuse de toi?
-Je te montrerais plus tard.
Kiara a l'air satisfaite de la réponse et nous serre dans ses bras, Brittany, Alex et moi. »

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Ce roman fait partie du challenge :



New Pal 2015 : 11/75

mardi 25 août 2015

Les étoiles de Noss Head, tome 2, de Sophie Jomain : Rivalités

[Rebelle, 2011]

*Attention, il s’agit du tome 2 d’une série, présence de spoilers sur le tome précédent*

Cela fait plus de deux ans que j’ai lu « Vertige », le premier tome de la série des « Etoiles de Noss Head » écrite par Sophie Jomain. J’avais été plutôt déçue par une histoire assez ordinaire et un personnage manquant de maturité. Néanmoins, le challenge ABC m’a incitée à laisser une chance au second tome de la série.

Résumé

Cette année, Hannah et Leith rejoignent tous deux l’université de St Andrews, en Ecosse. Alors qu’ils espèrent profiter enfin l’un de l’autre et vivre pleinement leur amour, ils sont confrontés aux ennemis ancestraux des loup-garous, les anges noirs. Et quand Hannah, contre toute attente, se prend d’amitié pour eux, la situation devient explosive….

La mythologie des anges noirs

Dans l’ensemble, ce second tome se place dans la lignée du précédent, mêlant fantastique et romance. La mythologie sur les loup-garous est laissée de côté pour développer celle des anges noirs, que j’ai trouvé intéressante bien qu’un peu alambiquée. En revanche, la rivalité entre les deux espèces m’a forcément fait penser à Twilight, d’autant plus qu’Hannah se trouve, comme Bella, entre les deux camps.

Une intrigue prévisible, une fin surprenante

En ce qui concerne l’intrigue, on assiste aux débuts d’Hannah à l’université, ses cours, sa vie en colocation, et bien sûr, le développement de sa romance avec Leith. Je me suis plus facilement prise au jeu de cette romance que dans les premiers tomes, je l’ai trouvée moins mièvre (ou alors c’est moi qui ramollit !). Certains éléments de l’intrigue sont très prévisibles, par exemple j’ai très vite découvert l’identité du loup-garou meurtrier. En revanche je me suis laissée surprendre par la toute fin du roman, qui augure une suite bien plus originale et qui me donne envie de continuer la série.

Les personnages

J’ai un peu plus apprécié Hannah dans ce tome. Elle me semble avoir un peu mûri, et j’aime son entêtement à garder un peu d’indépendance vis-à-vis de Leith. Quant à ce dernier, il m’a parfois fait penser à Edward car il montre un côté autoritaire dans ce tome. Mais il reste bien plus drôle que lui ! Du côté des anges noirs, j’ai apprécié le mystérieux Darius, sa sensibilité et sa longue histoire. Et bien sûr, on adore détester Georgia, la rivale loup-garou qui mettrait bien Hannah au tapis.

L’écriture

Quant au style, il est plus affirmé que dans le premier tome, avec bien moins de maladresses même s’il en reste quelques-unes. La lecture est fluide et agréable, et il y a toujours une bonne dose d’humour.

En quelques mots…

Ainsi, ce second tome a été une bonne surprise. S’il y a toujours un léger manque d’originalité et un côté prévisible, on se laisse prendre à cette romance. J’ai surtout apprécié cette fin, que je n’attendais pas et qui promet de prochains tomes plus originaux. A découvrir pour les amateurs de romance paranormale, à partir de 14/15 ans.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« J’avais espéré que le calme était revenu. Douce utopie. Rien ne se passe jamais comme on le voudrait. Il fallait qu’ils se fassent la guerre, c’était plus fort qu’eux. Leur haine ancestrale allait les pousser à bout […] Que pouvais-je bien faire ? Je les aimais tous, mais mes efforts pour les réconcilier seraient vains. Rien ne saurait jamais les rapprocher. Ils sont trop différents et surtout, ils aiment se battre, immodérément, outrageusement. Ils n’ont pas besoin de véritables raisons pour ça. »

« La mort n'est rien, Je suis simplement passé dans une autre pièce. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours, à jamais, Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné. Parle-moi comme tu l'as toujours fait. Je t'entendrai... »

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2015 : 24/26



Challenge New Pal 2015 : 10/75

jeudi 23 avril 2015

Les mondes d’Ewilan, tome 3, de Pierre Bottero : Les tentacules du mal

[Rageot, 2005]

*Attention il s’agit du tome 3 d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

J’ai pris l’habitude depuis quelques années de déguster régulièrement du Pierre Bottero, à petite dose, pour ne pas épuiser trop vite sa bibliographie. Après avoir lu le tome 2 de « A comme association », il était temps pour moi de clore les trilogies d’Ewilan en découvrant enfin « Les tentacules du mal », troisième tome des « Mondes d’Ewilan ». J’avais beaucoup aimé le premier tome, un peu moins le second qui faisait surtout office de transition.

Résumé

Après leur passage à l’Œil  d’Otolep qui a guéri Ewilan et l’a dotée de nouveaux pouvoirs pour contrer Ahmour, la Méduse qui hante les Spires, la petite troupe est en route pour Valingaï. L’objectif est triple : retrouver Altan et Elicia, ramener Illian chez lui et vaincre une bonne fois pour toute Ahmour avant qu’il ne puisse se matérialiser dans la réalité, ce qui aurait de terribles conséquences.

Un nouveau monde

Ce tome se déroule exclusivement sur les terres qui se situent à l’Est de Gwendalavir. Nos amis doivent franchir la Mer des Brumes et le Désert d’Ourou avant d’accéder aux cités de ces terres inhospitalières. Nous découvrons donc encore une fois un nouveau monde, avec ses créatures, ses peuples et ses guerres. J’ai particulièrement apprécié les Haïnouks, les fils du vent qui vivent sur des voiliers terrestres.

Une intrigue pleine de rebondissements

En ce qui concerne l’intrigue, ce tome 3 est excellent. Les rebondissements s’enchaînent, l’histoire se complexifie au fur et à mesure des chapitres. Ewilan et ses amis ne sont pas au bout de leurs peines ! Les épreuves sont de plus en plus difficiles, et pour une fois les personnages ne s’en sortent pas trop facilement, sauf peut-être à la toute fin. En tout cas j’ai beaucoup aimé tout ce qui a été mis en place autour d’Ahmour et notamment la bataille d’Hurindaï. J’ai un peu moins apprécié les histoires personnelles et incompréhensions amoureuses.

Les personnages

Dans ce tome, on retrouve une Ewilan moins arrogante et plus préoccupée. Elle reste moins attachante que dans le tout premier tome de la trilogie, mais elle se remet un peu en question et se montre prête à faire don d’elle-même pour sauver ses amis. Salim est toujours un peu en retrait, à mon grand regret. L’intrigue fait plus de place à Mathieu et Siam, mais je n’ai pas trop apprécié ce pan de l’histoire. Edwin assume son rôle de chef, même s’il doit pour cela se montrer inflexible par moments. Enfin Illian reste un personnage très intéressant, soumis à d’étranges variations d’humeur.

L’écriture

Quant à la plume, est toujours aussi délicieuse. Descriptions soignées, bons mots, dialogues vifs et pleins d’humour, introspection et émotion… tous les ingrédients d’un excellent Bottero sont présents !

En quelques mots…

Ainsi, ce troisième tome clôt en beauté les trilogies d’Ewilan. L’intrigue est palpitante et imprévisible, elle se complexifie au fil des pages. Seule la fin reste un peu facile à mon goût, mais j’ai passé un excellent moment en compagnie de ces personnages que j’apprécie et cette plume magnifique. A lire sans modération !

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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« C’est le lot des garçons que de vivre, incompris, des histoires d’amour dramatiques. […] Nous en sommes réduits à réciter, dans les cavernes désertes de nos cœurs dévastés, des odes qui les feraient vibrer si elles prenaient le temps de les écouter. Nous nous jetons à leurs pieds, elles nous tournent le dos. Nous brûlons d’une flamme haute et pure, elles ne s’y réchauffent pas. Les hommes sont des poètes méprisés ! »

« - Tu t'exprimes avec tant d'assurance que ta folie en deviendrait presque contagieuse. Nous sommes onze, tu me l'as rappelé à l'instant. Onze face à des milliers de Valinguites, des prêtres fous, un démon et une Sentinelle aussi dangereuse qu'un serpent.
- Tu oublies les Géants du Septentrion et les bêtes sauvages.
Ellana lui caressa la joue du bout des doigts. Elle avait compris depuis longtemps que le sentiment qu'elle éprouvait pour Edwin l'entraînerait sur des chemins périlleux. Des chemins que, pour rien au monde, elle n’aurait quittés.
- Tu as raison, murmura-t-elle. Nous allons faire tout ça demain et en plus nous allons bien nous amuser. »

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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge New Pal 2015 : 9/75