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mardi 23 septembre 2014

Persuasion, de Jane Austen : un caractère très fouillé, malgré quelques longueurs

[France Loisirs, 2011]

Après avoir adoré « Orgueil et préjugés » de Jane Austen et apprécié « Raison et sentiments », cela faisait un moment que je souhaitais découvrir un troisième titre de cette auteure. Mon choix s’est porté sur « Persuasion », plébiscité par plusieurs copinautes.

Résumé

Les Elliot sont une famille noble et fière, mais désargentée à cause d’une gestion calamiteuse depuis que l’épouse de Sir Walter est décédée. Ils sont alors forcés de louer le château familial et d’aller vivre dans une demeure moins onéreuse à Bath. Anne, la fille cadette, décide de ne pas les accompagner tout de suite et de visiter sa sœur, Mary, à Uppercross. Elle est alors amenée à revoir le capitaine Wenworth, un homme qu’elle a aimé huit ans plus tôt mais qu’elle a refusé d’épouser par sens du devoir… Malgré les années, les sentiments sont-ils intacts ?

Quelques longueurs

J’ai trouvé dans ce roman de Jane Austen davantage de longueurs que dans les deux que j’ai lus précédemment. Le ton est moins vif et l’intrigue démarre très doucement. En effet, dans une première partie, l’auteure s’attache longuement au caractère de Sir Walter Elliot et de sa fille aînée, Elizabeth. Ensuite, nous faisons la connaissance des habitants d’Uppercross. Ainsi, ce n’est que dans le dernier tiers du roman que l’intrigue amoureuse se développe réellement. En revanche, j’ai trouvé la déclaration et la fin très belles, cette dernière partie m’a vraiment convaincue.

Un caractère très fouillé

Contrairement aux deux autres romans de Jane Austen que j’ai lus, où le point de vue était plutôt omniscient, ici on ne quitte jamais Anne et l’on ignore pratiquement tout des pensées des autres personnages. Ce point de vue interne permet à Jane Austen de développer une psychologie plus fouillée que jamais. Elle nous permet de mesurer les avantages qu’il y a à prendre de l’âge, la sagesse et la fermeté de caractère que cela donne. Elle vante également les vertus d’un équilibre entre un esprit trop malléble et un esprit imperméable à la persuasion.

Les personnages

Anne est un personnage à part parmi les héroïnes de Jane Austen, beaucoup plus discrète, presque terne au premier abord. Ce n’est qu’en apprenant à la connaître que l’on découvre ses mérites. Quant au capitaine Wenworth, il est charmant, et je trouve dommage que l’on ne le connaisse pas un peu mieux, il est au final assez en retrait et dialogue peu avec Anne. La famille d’Anne est un parfait exemple de famille noble orgueilleuse et désespérément à la recherche d’un mariage pouvant sauver leur situation. Les habitants d’Uppercross sont beaucoup plus simples et chaleureux. Ainsi, encore une fois, Jane Austen a construit toute une galerie de personnages qui a su me convaincre.

L’écriture

Le style de Jane Austen est toujours très plaisant. Ici, les dialogues ont un peu moins d’importance que dans les autres romans que j’ai lus, et laissent davantage place à l’introspection d’Anne. Les descriptions sont étayées et nous permettent de nous représenter les scènes. En revanche, encore une fois, l’humour rafraîchissant de « Orgueil et préjugés » m’a un peu manqué.

En quelques mots…

Ainsi, il m’a fallu un peu de temps pour « entrer » dans ce roman et en apprécier le personnage principal. Je regrette quelques longueurs, mais la dernière partie a su me convaincre et la fin est très belle. Le couple phare du roman est bien assorti, il est dommage qu’ils n’interagissent pas beaucoup entre eux durant la majeure partie de l’histoire. Enfin, l’humour qui m’avait tant séduite dans « Orgueil et préjugés » m’a un peu manqué. Malgré ces bémols, j’ai passé un bon moment.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse

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« Il n'avait pas pardonné à Anne Elliot. Elle l'avait lésé, délaissé et déçu et , ce qui est pire, elle avait montré, en agissant ainsi, une faiblesse de caractère que son tempérament décidé et confiant ne pouvait tolérer. Elle l'avait abandonné pour obliger autrui. Cela avait été l'effet d'un excès de persuasion. C'était un signe de faiblesse et de timidité. »

« Elle se fiait plus à la sincérité de ceux qui disent parfois une parole irréfléchie qu'à ceux dont la présence d'esprit ne faisait jamais défaut, et dont la langue ne se trompe jamais. »

"Je ne puis écouter davantage en silence. Il faut que vous parle, avec les moyens dont je dispose. Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir."

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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2014 : 12/13

 Challenge New Pal 2014 : 32/20
(Le n°31 étant le t.4 du manga Sailor Moon, non chroniqué ici)

jeudi 25 avril 2013

Les révoltés de la Bounty, de Jules Verne

[Lu au format ebook, libre de droits]

Le challenge ABC 2013 a été pour moi l'occasion de faire connaissance avec le plus célèbre auteur du XIXe siècle, j'ai nommé Jules Verne, le maître du roman d'aventures. Pour commencer, j'ai opté pour une nouvelle, celle des "Révoltés de la Bounty".

Résumé

Le 27 avril 1789, le capitaine Bligh est aux prises avec une mutinerie qui a lieu sur son navire, menée par son second, Christian Fletcher. Plutôt que d'être tués, le capitaine et ceux qui lui sont restés fidèles sont mis sur une chaloupe et livrés à leur destin. Pour les révoltés commence une errance sur les mers, puisqu'ils ne peuvent rentrer au pays après leur révolte, ils sont des criminels.

Un récit court, mais dense

Cette nouvelle (ou mini-roman) comporte trois chapitres. Le premier relate la mutinerie, le second suit le capitaine et ses compagnons, tandis que le troisième s'intéresse au sort des révoltés. Ainsi, en une quarantaine de pages, Jules Verne nous conte non seulement une révolte, mais suit également le destin des personnages sur plusieurs années, voire plusieurs générations pour certains

Une histoire vraie, mais aussi une aventure

Davantage qu'un roman, Jules Verne veut ici nous raconter une histoire vraie. Il s'est documenté sur cette mutinerie et s'efforce de nous restituer les évènements, de reconstituer les faits pour nous. Il en fait néanmoins une véritable aventure avec ses rebondissements, ses dangers. A la lecture, je me suis aussi demandé s'il n'y avait pas un message : les évènements se passent en 1789, et le destin sourit davantage à ceux qui sont restés fidèles au capitaine qu'aux mutinés, exceptés ceux qui se sont mis à vivre sagement, religieusement. Jules Verne semble donc adopter une position de républicain modéré, après avoir participé à la révolution de 1848. 
Les personnages

Les personnages ne sont pas particulièrement fouillés, l'auteur ne s'arrête pas sur leurs caractères. Je n'ai donc rien de particulier à vous dire à leur sujet.

L'écriture

Pour un classique, la plume de Jules Verne est agréable à lire. Le ton est vif, un peu grandiloquent, mais agréable dans l'ensemble. La lecture ne pose pas de difficulté.

En quelques mots...

Les "Révoltés de la Bounty" est donc davantage un récit qu'un roman, l'auteur souhaitant reconstituer un évènement historique, et peut-être faire passer un mesage. Le ton est aventureux, le style agréable. Je pense lire un jour un "vrai" roman d'aventures de Jules Verne, pour faire davantage connaissance avec cet auteur.

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


 Challenge ABC 2013 : 16/26


Challenge Où sont les hommes ? : lecture n°40

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"Je suis, en ce moment, l'interprète de tout l'équipage de la Bounty. Nous n'avions pas encore quitté l'Angleterre que nous avions déjà à nous plaindre de vos soupçons injurieux, de vos procédés brutaux. Lorsque je dis nous, j'entends les officiers aussi bien que les matelots. Non seulement nous n'avons jamais pu obtenir la satisfaction qui nous était due, mais vous avez toujours rejeté nos plaintes avec mépris! Sommes-nous donc des chiens, pour être injuriés à tout moment? Canailles, brigands, menteurs, voleurs! vous n'aviez pas d'expression assez forte, d'injure assez grossière pour nous! En vérité, il faudrait ne pas être un homme pour supporter pareille existence! Et moi, moi votre compatriote, moi qui connais votre famille, moi qui ai déjà fait deux voyages sous vos ordres, m'avez-vous épargné? Ne m'avez-vous pas accusé, hier encore, de vous avoir volé quelques misérables fruits? Et les hommes! Pour un rien, aux fers! Pour une bagatelle, vingt-quatre coups de corde! Eh bien, tout se paye en ce monde! Vous avez été trop libéral avec nous, Bligh! A notre tour! Vos injures, vos injustices, vos accusations insensées, les tortures morales et physiques dont vous avez accablé votre équipage depuis un an et demi, vous allez les expier durement! Capitaine, vous avez été jugé par ceux que vous avez offensés, et vous êtes condamné.".

dimanche 13 janvier 2013

Dracula, de Bram Stoker : un classique de la littérature fantastique

[Marabout, 1991]

Cela faisait longtemps que je souhaitais découvrir « Dracula » de Bram Stoker, le grand classique de la littérature vampirique. Une envie renforcée cet été par ma lecture d’une version détournée de ce roman « Dracula mon amour » de Syrie James. Si je n’avais pas beaucoup apprécié ce titre, j’étais très désireuse de connaître la VRAIE version. C’est maintenant chose faite, grâce à l’adorable Arcaalea qui m’a offert ce livre à l’automne, et à l’organisation par mes soins d’une lecture commune sur le forum Dark Ambiance.

Résumé 

Ce roman épistolaire rédigé sous forme de journaux intimes débute par le voyage de Jonathan Harker en Transylvanie. Le jeune homme doit en effet aider un certain Comte Dracula à acheter une propriété en Angleterre. Mais très vite, il est confronté à d’étranges phénomènes qui le terrifient. Pendant son absence, sa fiancée Mina part en vacances avec sa meilleure amie, Lucy, sur les côtes anglaises, à Whitby. Là aussi, les phénomènes étranges se multiplient : somnambulisme, extrême paleur et fatigue de Lucy… Et si tout cela était l’œuvre d’une seule et même créature maléfique ?

Un classique du fantastique

Ce roman est un classique du fantastique. Il est centré autour d’un vampire (je ne pense pas spoiler en vous révélant cela), capable de se transformer en diverses créatures, capable d’influencer les éléments, pouvant être repoussé grâce à de l’ail ou des objets religieux. Ce roman a véritablement fondé le mythe du vampire, et en cela il est très important. En revanche, ne vous attendez pas à quelque chose de spectaculaire : il s’agit de fantastique « classique », c’est-à-dire basé sur le mystère et la suggestion. Vous n’aurez ni grandes descriptions sanguinolentes, ni une description très précise de la créature. L’auteur créé avant tout un climat de tension et de peur.

Cette histoire met aussi en lumière l’état de la psychanalyse à la fin du XIXe siècle, ainsi que les progrès de la médecine, puisque nous voyons le professeur Van Helsing effectuer des transfusions de sang. Mais malgré ces avancées technologiques, la religion a la part belle dans la lutte contre le comte Dracula.

Quelques regrets

Bien que ce roman soit fondateur pour le genre fantastique, on peut regretter un certain nombre de choses à la lecture. Ainsi, à cause de la forme du journal intime, l’intrigue est très lente, chaque personnage décrivant en détail ses sentiments, ses réactions, ce qu’il a fait dans la journée. De plus, le combat contre Dracula a une forte dimension religieuse, à laquelle je n’ai pas franchement adhéré. Enfin, cette histoire a vieilli : l’image de la femme qui est présentée ici m’a parfois hérissé les cheveux sur la tête, en voici un exemple :

« Ah ! L’étonnante madame Mina ! Elle a véritablement le cerveau d’un homme – d’un homme qui serait extraordinairement doué – mais un cœur de femme ! Croyez-moi, Dieu avait une intention particulière quand il l’a façonnée ».

Les personnages

En ce qui concerne les personnages, ils sont sympathiques, mais n’ont pas particulièrement de relief. Ce sont « des gens bien », soucieux du salut de leur âme et prêts à se sacrifier les uns pour les autres. Néanmoins le personnage de Renfield, un pensionnaire de l’asile d’aliéné, est très intéressant. Mon principal regret, c’est que le personnage de Dracula est finalement très peu présent : on ne le connaît pas, on le voit deux ou trois fois dans le roman, et uniquement à travers les yeux des autres personnages. Bref, il m’a manqué un vrai personnage de méchant, dans toute sa complexité et sa psychologie.

L’écriture 

Concernant le style, il n’y a rien à redire, ce monsieur savait écrire. D’ailleurs, pour un texte classique, il est étonnamment facile à lire, rien de trop alambiqué. C’est presque dommage, quand je lis un classique je m’attends parfois à ce que ce soit plus travaillé. Il y a aussi des répétitions dans l’intrigue, à cause des journaux intimes des différents personnages. Enfin, cette forme de journal intime me semble assez artificielle : comment en effet une personne pourrait-elle se rappeler si précisément des dialogues qu’elle a eus dans la journée ? Néanmoins, c’est un texte agréable à lire.

En quelques mots…

Ainsi, je suis heureuse d’avoir lu ce roman car j’estime qu’il s’agit d’un classique fondateur du fantastique et de la mythologie des vampires. De même, l’intrigue est bien menée. Néanmoins c’est un texte qui a vieilli, avec une omniprésence de la religion et un rôle de la femme semblant dépassés aujourd’hui. Mais mon principal regret reste le personnage de Dracula que l’on n’apprend finalement pas à connaître. Cependant, tout amateur de fantastique a sans doute envie de découvrir ce roman, et il est à connaître.

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2013 : 1/26


Où sont les hommes ? : lecture n° 25


Bouge ta PAL ! : Lecture n°16

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« Ah ! John, mon ami, vous ne me comprenez pas ! Ne pensez pas que je ne suis pas triste parce que je ris. Je pleurais alors même que j’étouffais à force de rire ! Mais n’allez pas croire non plus que j’éprouve seulement de la tristesse quand je pleure… N’oubliez jamais que le rire qui frappe à votre porte et qui demande « Puis-je entrer ? » n’est pas le rire véritable. Non ! C’est un roi, et il vient chez vous quand ça lui plaît et comme ça lui plaît ! Il n’en demande la permission à personne ; seul son bon plaisir importe. »

« Ses yeux flamboyaient de colère ; les larges narines du nez aquilin s’ouvrirent plus grandes encore et palpitaient ; les dents blanches et pointues que l’on entrevoyait derrière les lèvres gonflées d’où le sang dégoulinait, étaient prêtes à mordre comme celles d’une bête sauvage. D’un mouvement violent, il rejeta sa victime sur le lit, se tourna tout à fait et bondit sur nous. Mais le professeur, maintenant debout, tendait vers lui l’enveloppe contenant la Sainte Hostie. Le comte s’arrêta net, comme Lucy l’avait fait à la porte de son tombeau, et recula. Il ne cessa de reculer, devenant, eût-on dit, de plus en plus petit, tandis que nos crucifix en main, nous avancions vers lui. Soudain, un gros nuage noir couvrit la lune, et quand Quincey donna de la lumière, nous ne vîmes plus rien d’autre qu’une légère vapeur. »

samedi 1 décembre 2012

Les Quatre Filles du Docteur March, de Louise May Alcott : retour en enfance

[Bibliothèque Rouge & Or, 2006 ; VO 1868]

Comme beaucoup d'entre nous sans doute (enfin, surtout pour les filles), les Quatre Filles du Docteur March ont été un des téléfilms et un des dessins animés marquants de notre enfance. Mais, comme je ne l'ai moi-même découvert que récemment à ma grande honte, il s'agit d'adaptations d'un livre, écrit au XIXe siècle par Louise May Alcott. L'organisation d'une Lecture commune sur Livraddict m'aura permis de combler cette lacune, et de découvrir le texte ! (bien qu'apparemment, la version que je possède soit une "adaptation" du texte original).

Résumé

Nous sommes en pleine Guerre de Sécession. Le Docteur March, malgré son âge avancé, s'est engagé dans l'armée, laissant derrière lui une femme et quatre filles, âgées de huit à seize ans : Amy, Beth, Jo et Meg. La famille vit plutôt pauvrement, depuis que le Docteur March a perdu la fortune familiale en voulant soutenir un ami, mais les membres de la famille sont soudés et peuvent compter sur l'amitié de leurs voisins, les Laurence.

Un texte aux doux airs de nostalgie

Le plaisir que l'on peut éprouver à la lecture de ce texte vient en grande partie du sentiment de nostalgie, puisqu'il nous renvoie au téléfilm et au dessin animé susmentionné. On retrouve ainsi avec plaisir un univers familier. Ceux qui n'auraient pas ces références pourront toujours apprécier le charme désuet du récit : c'est un texte du XIXe siècle, et cela se sent. Gentiment moralisateur, il loue la famille, la générosité, la bienséance, le travail manuel et intellectuel.

Des émotions plus ou moins fortes

Ce roman joue bien davantage sur les émotions que sur l'action. L'intrigue est essentiellement familiale, et met à l'épreuve chacune des quatre soeurs sur ses points faibles. Ainsi, la précieuse Amy apprend à faire un peu plus attention aux autres, tandis que la timide Beth s'ouvre peu à peu aux autres et que l'impétueuse Jo passe du garçon manqué à la jeune fille. Quant à Meg, elle découvre l'amour. D'ailleurs, il me semble que le téléfilm allait plus loin que ce roman, englobant aussi le second tome (il y a deux tomes consacrés aux filles du Docteur March, et deux à Jo) : l'avenir amoureux de Jo n'est pas du tout évoqué dans ce roman. Mais les soeurs ont aussi des sueurs froides, puisqu'elles doivent notamment faire face à la maladie. Tout cela fonctionne plutôt bien sur le lecteur, et la fin met du baume au coeur.

Les personnages

Les quatre filles sont sympathiques, et chacune a une personnalité bien définie. Meg est douce et élégante, Jo a du caractère et un côté garçon manqué, Beth est timide, et Amy bien élevée mais un brin vaniteuse. Elles ont également des occupations intellectuelles et artistiques, puisque Jo lit et écrit, Beth joue du piano et Amy peint. Ainsi ces personnages offrent une image d'une jeune fille "comme il faut" du XIXe siècle, même si le personnage de Jo vient faire souffler un vent de folie sur ce petit monde.

L'écriture

Il m'est difficile de me prononcer sur l'écriture, le texte que j'ai lu étant traduit ET adapté. Le récit a en tout cas, comme je le soulignais, un charme désuet, et les émotions sont bien transmises.

En quelques mots...

Ainsi, j'ai passé un agréable moment en compagnie de ce roman qui m'a permis de retourner en enfance, auprès d'héroïnes bien connues. Il me semble néanmoins qu'il ne faut pas en attendre davantage, c'est un texte qui a vieilli et qui se veut moral. Quoi qu'il en soit, merci à Meldc pour cette découverte et l'organisation de la lecture commune !

Je vous invite d'ailleurs à découvrir les avis de mes camarades de lecture : Meldc (organisatrice), ExtraVaganceJoeSunfloBouchondesbois, ...

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie du challenge :


Bouge ta PAL ! Lecture n°8

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« Certes, dit le docteur en souriant à la grande fille aux larges épaules assise devant lui, je ne retrouve plus mon « garçon Jo », malgré ses cheveux courts, mais peut-être que je retrouve mieux : une charmante jeune fille qui ne met plus son col de travers, qui en saute plus par la fenêtre au lieu de passer par la porte, et dont les récits sont publiés dans les journaux ! Mon enfant sauvage me manquera peut-être un peu, mais si j’ai à la place une jeune fille forte  avec un cœur aussi large que ses épaules, je crois que dans tout Washington, je n’aurais pas pu trouver mieux avec les vingt-cinq dollars qu’elle m’a envoyés ! »

mercredi 21 novembre 2012

Alice au Pays des Merveilles, de Lewis Caroll : un délice de fantaisie et de non-sens

[Librio, 2000]

Quelques semaines après avoir lu « Aladdin » des contes des Mille et une nuits, me revoilà avec un autre conte repris (entre autres) par Walt Disney : Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll. Un titre que j’ai eu l’occasion de découvrir à l’occasion d’une lecture commune organisée par Arcaalea sur Livraddict.

Résumé 

Par une belle après-midi, alors qu’elle se trouve dehors avec sa grande sœur et qu’elle s’ennuie, la jeune Alice aperçoit un lapin blanc qui semble très préoccupé : il est en retard. Elle décide de le suivre, et bascule alors dans un monde de fantaisie et de non-sens…

Un univers riche

J’ai beaucoup aimé l’univers mis en place par l’auteur. Grâce aux descriptions (et aux versions illustrées du conte que nous avons eu l’occasion de lire durant notre enfance), le lecteur peut aisément se représenter le décor dans lequel évolue la jeune Alice. L’auteur a inventé un certain nombre de créatures, comme le Chat du Cheshire. Il y a aussi un grand nombre d’animaux existant réellement, qui sont ici doté de la parole : le lapin blanc, la chenille, le lièvre de mars, la souris…

Ainsi, Lewis Caroll a su ajouter de la fantaisie et des phénomènes magiques à des éléments de la vie de tous les jours pour créer un univers riche, un appel à l’imagination. Après lecture, il ne me paraît pas surprenant que tant d’artistes aient voulu travailler à partir de cet univers pour créer des films, des albums illustrés, des tableaux…

Un monde d’absurdité et de non-sens

La plupart des évènements et des dialogues de cette histoire n’ont aucun sens, ce livre fait une part importante à l’absurde. Si j’ai été un peu perdue au départ, j’ai finalement été séduite et j’ai beaucoup apprécié les divers jeux de mots, calembours, les dialogues de sourd entre les personnages. L’auteur s’amuse notamment à parodier de célèbres poèmes qu’apprennent les écoliers anglais. Malheureusement, il aurait fallu que j’en connaisse la version originale pour pouvoir apprécier cet exercice à sa juste valeur. Lewis Caroll se moque ainsi des connaissances scolaires, considérant sans doute qu’elles enfermement les enfants dans un carcan d’idées préconçues.

Le personnage d’Alice

Je ne peux pas dire que je me sois particulièrement attachée à Alice qui ne réfléchit pas beaucoup avant de parler et qui m’a semblé se croire un peu trop maligne. Néanmoins, l’essentiel n’est pas là. En rendant Alice maladroite et impolie, l’auteur se moque des conventions sociales de son époque. En la faisant sans cesse grandir et rapetisser, il nous montre la difficulté d’évoluer dans la société lorsqu’on est différent des autres. Elle montre tout de même un certain nombre de qualités, notamment la curiosité qui la pousse à s’intéresser à tout, ainsi que la patience…

L’écriture

L’auteur nous raconte cette histoire à la manière d’un conteur, et j’ai été assez facilement happée. Il alterne efficacement la description, les dialogues, les poèmes et les chansons. Lewis Caroll est à l’aise avec la langue, ce qui lui permet de s’amuser avec elle et de créer les jeux de mots ou les parodies que j’ai déjà évoquées.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été séduite par cette lecture pleine de fantaisie, qui m’a évadée dans un tout autre monde. J’ai également apprécié la manière dont, au travers du conte, l’auteur dénonce les travers de la société de son époque. Il peut être difficile d’entrer dans ce monde de non-sens, mais c’est une lecture que je conseillerais à tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant, la capacité de s’émerveiller, et qui n’ont pas besoin de tout comprendre pour apprécier un livre.

En remerciant Arcaalea pour cette lecture commune, je vous propose de découvrir les avis de mes camarades de lecture : Arcaalea (organisatrice), Stephanie-plaisirdelireBouquinette...

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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Ce livre fait partie des challenges :


Où sont les hommes ? Lecture n°17
Lewis Caroll a composé un conte sans prince charmant, mais c’est un homme plein d’imagination et de fantaisie !


Bouge ta PAL ! Lecture n°5

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« Moi, quand je serai Duchesse, se dit-elle (sans se faire trop d’illusions toutefois), je n’aurai jamais de poivre dans ma cuisine. La soupe est aussi bonne sans… Si ça se trouve, c’est le poivre qui fait que les gens ont facilement la moutarde qui leur monte au nez, et elle poursuivit, toute contente d’avoir découvert une nouvelle théorie, c’est le vinaigre qui les rend si aigres…c’est la camomille qui les rend amers…et…le sucre candi et les bonbons qui rendent les enfants candides et bons. Si seulement les gens savaient ça, ils seraient moins chiches de sucreries, vous savez… »

« Sur ce, la Reine, chaussant ses lunettes, les braqua sur le Chapelier, qui pâlit et se mit à se tortiller.
-Faites votre déposition, dit le Roi, et ne vous énervez pas ou je vous fais exécuter sur le champ.
Cela ne sembla pas du tout encourager le témoin : il ne cessait de passer d’un pied sur l’autre, regardant la Reine d’un air gêné, et dans son trouble, mordit dans sa tasse au lieu de sa tartine. […]
-Faites votre déposition, répondit le Roi avec colère, ou je vous fais exécuter, que vous soyez nerveux ou pas.
-Je suis un pauvre homme, votre Majesté, commença le Chapelier d’une voix tremblante, et je n’avais pas commencé mon thé…il y a de cela une semaine environ…et avec ces tartines de plus en plus minces et le thé qui brillait…
-Le thé qui brillait ? dit le Roi.
-Tout a commencé par un thé, répondit le Chapelier.
-Bien sûr, « tout » commence toujours par un « T » ! dit le Roi piqué au vif. Me prenez-vous pour un imbécile ? Poursuivez ! »

mardi 6 novembre 2012

Aladdin, ou la Lampe merveilleuse: un héros pas si sympathique

[Librio, 1997]

Au départ, j’avais prévu de lire l’intégrale des Contes des mille et une nuits pour le Challenge ABC 2012. Finalement, j’ai pris un peu peur en voyant ce que cela représentait, et j’ai choisi de commencer en lisant un seul conte. J’ai donc sélectionné « Aladdin », qui a donné lieu à mon film Walt Disney préféré (avec le Roi Lion).

Résumé

Aladdin est un jeune homme fainéant, qui ne pense qu’à s’amuser. Ainsi, son pauvre père ne parvient pas à lui enseigner un métier avant de mourir. Peu de temps après, il est entraîné par un magicien africain dans une quête pour retrouver une lampe magique. Suite à un conflit entre eux, Aladdin récupère la lampe. Elle lui permettra peut-être de conquérir la princesse Badroulboudour dont il est tombé amoureux dès qu’il a posé les yeux sur elle…

 Un conte traditionnel

Cette histoire suit le schéma traditionnel du conte, avec une situation initiale, un bouleversement (l’arrivée du magicien), trois péripéties principales (surmontées un peu trop facilement à mon goût), et un épilogue comportant une morale. Bref, c’est un classique du conte. On sent également une influencé de la religion musulmane tout au long du récit, par le biais de nombreuses références. Néanmoins, pour moi, la morale finale n’en est pas vraiment une, car Aladdin ne me semble pas avoir mérité sa réussite…

Des Mille et une Nuits à Disney

Ce qui m’a le plus frappé, c’est la très grande différence entre ce conte traditionnel et la version développée par Walt Disney. Bien sûr, je m’attendais à des différences, mais de moindre importance. Ainsi, Jasmine s’appelle en vérité Bradoulboudour (forcément, c’est imprononçable pour des enfants !), et Aladdin n’a rien d’un sympathique orphelin volant pour manger à sa fin (mais je reviendrai sur son cas plus tard). De même, le grand vizir (qui n’a pas de perroquet^^) n’est pas le grand méchant de l’histoire. Plus étonnant, il y a deux génies ! Je ne vous en dirais pas plus, pour ne pas vous spoiler, mais j’ai finalement apprécié ces originalités, l’histoire a ainsi été une véritable découverte pour moi.

Un personnage peu sympathique

Comme je le disais un peu plus haut, Aladin ne m’a pas plu. C’est un oisif, et il ne me paraît pas mériter tous les bienfaits qui viennent à lui. Il obtient ce qu’il désire sans faire preuve de grandeur d’âme, ni d’une grande intelligence, et sans effort visible. Ajoutons que sa manière de conquérir la princesse n’a rien de romantique ! Je me suis vraiment demandé comment il avait pu se faire accepter par le Sultan et son entourage. Ses seules qualités sont finalement d’être un bon musulman et de prendre soin de sa mère… Ce qui ne m’a pas suffi.

En quelques mots…

Je ne dirais rien de l’écriture, qui est celle d’un conte classique et ne comporte pas de difficulté particulière. Quoi qu’il en soit, si j’ai aimé découvrir la version originale d’un conte que je croyais connaître, je n’ai pas apprécié le personnage principal.

Note : 2,5/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :



Challenge ABC 2012 : 23/26


 Où sont les hommes ? : lecture n°14
Cet Aladdin-là n’est pas franchement le prince charmant idéal…

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« Jusqu’à ce moment, Aladdin n’avait pas vu d’autres femmes le visage découvert que sa mère, qui était âgée et qui n’avait jamais eu d’assez beaux traits pour lui faire juger que les autres femmes fussent plus belles. Il pouvait bien avoir entendu dire qu’il y en avait d’une beauté surprenante ; mais quelque parole qu’on emploie pour relever le mérite d’une beauté, jamais elles ne font l’impression que la beauté fait elle-même. Quand Aladdin eut vu la princesse Badroulboudour, il perdit la pensée qu’il avait que toutes les femmes dussent ressembler à peu près à sa mère ; ses sentiments se trouvèrent bien différents, et son cœur ne put refuser toutes ses inclinations à l’objet qui venait de le charmer. »

« Votre majesté, sans doute, aura remarqué dans la personne du magicien africain un homme abandonné à la passion démesurée de posséder des trésors par des voies condamnables, qui lui en découvrirent d’immenses dont il ne jouit point parce qu’il s’en rendit indigne. Dans Aladdin, elle voit au contraire un homme qui, d’une basse naissance, s’élève jusqu’à la royauté en se servant des mêmes trésors qui lui viennent sans les chercher, seulement à mesure qu’il en a besoin pour parvenir à la fin qu’il s’est proposée. »