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vendredi 23 décembre 2016

Les Borgia, tome 2, de Kate Quinn : La Concubine du Vatican

Editeur : Presses de la cité
Année : 2016
Pagination : 509 p.
Public visé : Adulte

*Attention, il s’agit du second tome d’une série, présence de spoilers sur le tome précédent*

Résumé :
La famille Borgia est à nouveau réunie et cela ne présage rien de bon.
De retour à Rome, Giulia Farnese, maîtresse officielle du papa et désormais mère d'une petite fille, doit faire face aux nouveaux dangers qui menacent son clan. Sa cuisinière et confidente, Carmelina, est rattrapée par son secret : le couvent dont elle s'est enfuie pourrait bientôt la retrouver et elle n'est plus en sécurité.
Son garde du corps Leonello est quant à lui bien décidé à mettre fin à la série de meurtres qui, étrangement, secoue de nouveau la ville depuis le retour des Borgia. Anna était sa seule amie et il refuse de laisser son crime impuni sous prétexte qu'elle n'était qu'une simple servante.

Ce que j’en pense :
Si après avoir beaucoup aimé le premier tome, j’ai traîné un peu à lire cette suite que je possède depuis cet été, c’est principalement à cause de son gros format, peu adapté aux transports en commun !
Mais une fois commencé, j’ai encore une fois été emportée par les relations tumultueuses entre Giulia Farnese et la famille Borgia. Le personnage de Giulia est une vraie réussite, j’aime sa droiture et sa finesse d’esprit, tandis que les Borgia basculent peu à peu du côté sombre.
J’ai été moins convaincue par le virage inattendu pris au niveau des romances dans ce tome, tant en ce qui concerne Carmelina que Giulia, probablement parce que tout cela est très soudain.
Ainsi, c’est plutôt l’intrigue pleine de rebondissement qui m’aura séduite dans ce tome, et fait tourner les pages à toute allure. Petit bémol, la cuisine est moins présente, et c’est dommage, car c’était un vrai plus !
Mais c’est historique, malgré de petits arrangements expliqués en postface, et c’est romanesque à souhait, en un mot : c’est du Kate Quinn ! Ce dyptique des Borgia étant terminé, j’attends maintenant avec impatience de retrouver la Rome antique avec la suite de « L’impératrice des sept collines ».


Les + : l’intrigue, le personnage de Giulia
Les - : les romances
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge ABC 2016 : 13/13

lundi 5 décembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3, de Ransom Riggs : La bibliothèque des âmes

Editeur : Bayard
Année : 2016
Pagination : 587 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Un garçon aux pouvoirs extraordinaires
Une armée de monstres redoutables
Une bataille héroïque pour sauver le monde des particuliers de la tyrannie
Dans le Londres d’aujourd’hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole.
Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité

Ce que j’en pense :
Miss Peregrine et les enfants particuliers est l’une des séries dont j’attendais impatiemment le tome final. Après un premier tome surprenant, et un second tome trépidant, il était temps de connaître le fin mot de l’histoire !
Nous retrouvons Jacob, Emma et Addison là où nous les avons quittés, dans le métro londonien à notre époque. Ils se lancent dans une poursuite éperdue pour retrouver leurs amis, prisonniers des Estres.
J’ai retrouvé tout ce que j’aime dans cette saga : son ambiance étrange, son inventivité, un personnage principal attachant, et un livre-objet original grâce aux photographies. Jacob apprend beaucoup sur lui-même et développe un pouvoir surprenant.
Une fois de plus, l’intrigue se tient, jusqu’au dénouement, peut-être légèrement trop facile néanmoins. J’ai bien aimé le petit rebondissement final, même si tout m’a une nouvelle fois paru un peu trop simple. Mais mon cœur est en paix avec cette fin !
Et si Tim Burton continue ses adaptations, ce troisième volet promet d’être spectaculaire…

Les + : l’ambiance, les personnages
Les - : le dénouement un peu « facile »
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse

« Depuis l’instant où j’étais entré dans les décombres de la maison de Miss Peregrine, j’avais l’impression de faire une chute vertigineuse dans le vide. Pour y survivre, je m’étais métamorphosé. J’étais devenu plus souple, plus courageux, plus déterminé. Mon grand-père aurait été fier de moi. Sauf que la transformation n’était pas totale. Ce nouveau Jacob était greffé sur l’ancien, et par moments, j’étais encore en proie à des vagues de terreur atroce. Dans ces moments-là, je regrettais d’avoir rencontré Miss Peregrine, et je suppliais le monde de tourner moins vite, pour que je puisse m’accrocher à quelque chose. Je me suis demandé lequel de ces deux Jacob aimait Emma. »
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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge ABC 2016 : 12/13

lundi 7 novembre 2016

Petit pays, de Gaël Faye

Editeur : Grasset
Année : 2016
Pagination : 215 p.
Public visé : Adultes


Résumé :
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Ce que j’en pense :

Je n’avais pas spécialement l’intention de lire ce roman, le plus sélectionné des prix littéraires d’automne. C’est l’avis d’une collègue bibliothécaire enthousiaste qui m’a finalement décidée à me lancer, sans regret.

Gaël Faye nous ramène dans ce qui doit ressembler à son enfance, dans l’Afrique des années 1990, alors que le Burundi, déjà aux prises avec ses propres démons, est contaminé par le génocide rwandais. Le propos, grave, politique, est atténué par la jeunesse de Gabriel, le personnage principal, qui aborde des événements avec l’innocence de l’enfance, avant que celle-ci ne finisse par voler en éclats. C’est ainsi que l’on glisse lentement d’un humour tendre teinté d’inquiétudes dérisoires à une véritable prise de conscience de sa qualité de petit français pris en tenaille entre Hutus et Tutsis, au prix de terribles événements.

J’ai aimé ce mélange doux amer d’enfance et de drames, cette manière d’amener lentement les événements à notre compréhension. J’ai aussi apprécié le ton avec lequel l’auteur évoque l’exil. Une plume à suivre, assurément.

Les + : le point de vue de l’enfant, l’écriture
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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« Ce n’est pas la distance terrestre qui rend le voyage long, mais le temps qui s’est écoulé. J’étais d’un lieu, entouré de famille, d’amis, de connaissances et de chaleur. J’ai retrouvé l’endroit mais il est vide de ceux qui le peuplaient, qui lui donnaient vie, corps et chair. Mes souvenirs se superposent inutilement à ce que j’ai devant les yeux. Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. »

« C’est la première fois qu’on a un président qui n’est pas militaire. Je pense qu’il aura moins mal à la tête que ses prédécesseurs. Les présidents militaires ont toujours des migraines. C’est comme s’ils avaient deux cerveaux. Ils ne savent jamais s’ils doivent faire la paix ou la guerre. »


« Les gens l’appelaient Ninja parce qu’il passait son temps à faire des mouvements de karaté dans le vide et à crier comme s’il se battait contre des milliers d’ennemis invisibles. Les adultes disaient qu’il était fou, avec ses katas. Nous, les enfants, on aimait bien, on trouvait ça plus normal que bien des choses que font les adultes, comme organiser des défilés militaires, vaporiser du déodorant sous les bras, porter des cravates quand il fait chaud, boire des bières toutes la nuit assis dans le noir ou écouter ces interminables chansons de rumba zaïroises. »

lundi 24 octobre 2016

Merveille des merveilles, de Jennifer Dalrymple et Nathalie Novi

Editeur : Didier jeunesse
Année : 2016
Pagination : 48 p.
Public visé : Enfants, à partir de 6 ans


Résumé :
C’est l’hiver. Tamsine, jeune fée, s’est aventurée au-dehors. Mais ses ailes gèlent et elle tombe inanimée dans la neige. Un mystérieux lutin la recueille. Un lutin qui cache dans ses armoires les plus sublimes des vêtements : des chemises brodées aux couleurs de l’automne, des robes aux reflets du printemps… Mais qui est-il vraiment ?

Ce que j’en pense :
Superbe ! Cet album est d’abord un très bel objet, avec son grand format (37 cm de haut) qui se prête bien à la lecture en groupe, et ses grandes illustrations à la peinture, tout en couleurs chatoyantes. Le travail de Nathalie Novi sur les illustrations est vraiment remarquable, et chaque page est un petit tableau à elle seule.

Quant à l’histoire, issue du folklore scandinave, elle est belle et originale, et se prête parfaitement aux lectures d’hiver. Tamsine, sortie imprudemment dans le froid, perd ses ailes et est recueillie par un lutin grincheux. La couture est mise à l’honneur, on aurait presque envie de s’y mettre ! (si, si !) On glisse doucement vers le printemps, vêtement par vêtement, pendant que se tisse également une belle amitié.


Je n’en dis pas plus, pour vous laisser le plaisir de découvrir ce petit bijou ! Une belle histoire hivernale que j’ai hâte de raconter à mes classes du mois de novembre...
Merci à Amélie et aux éditions Didier Jeunesse pour cette découverte.

Les + : les illustrations
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5


Stellabloggeuse

dimanche 31 juillet 2016

The memory book, de Lara Avery

Editeur : Lumen
Année : 2016
Pagination : 442 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14 ans

Résumé :
« On me dit que ma mémoire ne sera plus jamais la même, que je vais commencer à oublier des choses. Au début juste quelques-unes, mais ensuite beaucoup plus. Alors je t'écris, cher futur moi, pour que tu te souviennes ! »
Sam a toujours eu un plan : sortir première du lycée et filer vivre à New York. Rien ne l'en empêchera – pas même une anomalie génétique rare qui, lentement, va commencer à lui voler ses souvenirs, puis sa santé. Désormais, ce qu'il lui faut, c'est un nouveau plan. C'est ainsi que naît son journal : ce sont les notes qu'elle s'envoie à elle-même dans le futur, la trace des heures, petites et grandes, qu'elle vit. C'est là qu'elle consignera chaque détail proche de la perfection de son premier rendez-vous avec son amour de toujours, Stuart. Le but ? Contre toute attente, contre vents et marées : ne rien oublier.

Ce que j’en pense :

J’ai mis un peu de temps à entrer véritablement dans ce roman. En effet, au début de l’histoire Sam est un personnage très ambitieux, prête à tout pour réaliser ses rêves, sans prendre en compte les avis et les émotions de ses proches. On est confronté à un personnage quasiment surdoué, et plutôt handicapé avec les sentiments.
Mais lorsque la maladie la rattrape, la carapace se fendille peu à peu et nous dévoile Sammie, une jeune fille bien plus intéressante qui réapprend à vivre au présent le temps qui lui reste. J’ai beaucoup apprécié l’évolution – crédible – de ce personnage.
Sammie nous offre également de jolis moments de romance, même si je regrette qu’elle ne nous ait pas fait grâce d’un énième triangle amoureux. Mais ce dernier se justifie par l’évolution profonde de sa personnalité, qui modifie ses sentiments – ceci n’est pas un spoiler, vous le verrez tout comme moi arriver avec ses gros sabots.
Au final, c’est un roman touchant – prévoir les mouchoirs si vous êtes sensibles – qui offre une belle leçon de vie : prendre le temps de ralentir son rythme de vie permet de voir la beauté des choses présentes sous nos yeux, que l’on avait oublié de regarder.

Les + : l’évolution de Sam
Les - : le début moins prenant, le triangle amoureux
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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​« Aujourd'hui, debout face au miroir, je mange mon yaourt en avalant mes pilules, et je me demande pourquoi j'éprouve un tel plaisir à m'éveiller chaque matin. Je me demande comment j'ai pu désirer savoir tout sur tout alors que maintenant tout ce qui se trouve près de moi me fascine. Je me demande comment il est possible que le cerveau fonctionne aussi bien au ralenti que quand il tourne vite. Un million de choses se produisent en même temps rien que pour imaginer une maison, un jardin et une montagne. [...] Je me demande comment un seul corps peut contenir autant de personnes différentes. Je me demande comment on peut vouloir autant de choses dans un laps de temps aussi court. »


« J'étais tellement occupée à essayer d'être meilleure que les autres que j'ai cessé de voir les gens autour de moi. Je croyais savoir ce dont j'avais besoin  et peut-être que je ne me suis pas complètement plantée. Je suis contente d'avoir travaillé dur à l'école. Je suis contente d'avoir intégré le club de débat et prononcé ce discours. Mais aujourd'hui, est-ce que ça compte ? Qu'est ce que je serais devenue une fois que j'aurais biffé toutes les choses à faire de ma liste ? [...] J'essayais d'être la meilleure et je me fichais pas mal qu'il faille piétiner des gens pour y parvenir. Je m'étais inventé un futur impossible, que je ne connaîtrai jamais. »

lundi 25 juillet 2016

Ciel, tome 4, de Johan Heliot : L’automne du renouveau

Editeur : Gulfstream
Année : 2016
Pagination : 243 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 15 ans

*Attention, il s'agit du dernier tome d'une série : présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
L’Intelligence Artificielle qui, en un hiver, avait dompté l’humanité est sur le déclin. Retranchée dans un ancien château dans les contreforts vosgiens, elle observe ses partisans affronter les résistants, toujours mieux organisés. Dans cette atmosphère de confrontation où la joie des victoires est entachée par l’amertume des représailles, les cinq Keller, ballotés par les événements, convergent vers les Vosges et le chalet de Tomi. Celui-ci aura-t-il l’occasion de voir sa famille réunie avant que le cancer ou la guerre ne l’emporte ? Et quel sera le prix à payer pour que les hommes se libèrent du joug écologiste de l’IA ?

Ce que j’en pense :
Après un premier tome et un second prometteurs, le troisième tome de CIEL m’avait particulièrement emballée et m’avait donné très envie de connaître le fin mot de l’histoire !
C’est désormais chose faite et l’auteur, Johan Heliot, maîtrise jusqu’au bout sa narration à cinq voix. Cela peut être parfois frustrant car les événements s’accélèrent alors que les changements de point de vue ralentissent un peu l’intrigue. Mais comme dans les tomes précédents, ils se complètement à merveille et nous offrent chacun un pan de cette histoire qui les rassemble peu à peu dans cet ultime tome.
Ce dernier signe la fin de la guerre, avec les revirements des collaborateurs et les ultimes accès de violence désespérée. Le point de vue de Thomas est particulièrement éclairant, car c'est celui d'un citoyen lambda qui a été confronté à des choix compliqués. J’ai particulièrement apprécié l’évolution de l’IA dans ce tome : privée de ses réseaux, elle est forcée de s’adapter et de s’en remettre aux humains, au premier rang desquels figure Peter. 
Le final, assorti d’émotions de toutes sortes, m’a convaincue, même si l’histoire est loin d’être terminée, tant les sujets soulevés sont complexes…on voudrait aller plus loin ! Cette saga a en tout cas le grand mérite de susciter une réflexion nuancée autour des problématiques de l’écologie. Utopie ou espoir tangible, seul l’avenir pourra nous le dire !

Les + : l’évolution de l’IA
Les - : frustrant par moments
Appréciation : 4/5


Stellabloggeuse

vendredi 15 juillet 2016

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Editeur : Sarbacane
Année : 2016
Pagination : 237 p.
Public visé : Ado-adultes, à partir de 17 ans


Résumé :
Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c'est l'été, et il n'a rien d'autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d'ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s'est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s'aperçoit, maintenant, qu'il ne peut plus vivre loin d'elle. Mais est-ce qu'elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c'est l'histoire de ces deux histoires d'amour absolu et déphasé - l'un adolescent, l'autre jeune adulte - et de ce que dix ans, à ce moment-là d'une vie, peuvent changer. Une double histoire d'amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski - et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Ce que j’en pense :
Cette histoire d’amour en vers est à priori un véritable ovni, un roman inspiré d’opéras russes. Et pourtant, preuve ultime de maîtrise et de talent, on ne voit pas les ficelles, on oublie très vite les effets de style et de mise en page, pour plonger dans cette histoire et tourner les pages avec fluidité.
La clé de ce tour de force de Clémentine Beauvais, c’est de ne pas avoir enfermé son histoire dans un carcan trop rigide – elle ne recherche pas systématiquement la rime, ou l’équilibre parfait des phrases. Ainsi, elle laisse parler les sentiments tout en donnant à son roman une belle poésie.
L’amour est au cœur du roman, vécu de différentes façons : idéal à vivre pleinement, promesse d’ennui, obsession, frein à l’accomplissement individuel et personnel, magnifique et effrayante surprise… On en retrouve tous les délices et tous les paradoxes. Le roman a également l’intérêt de mettre en parallèle un amour d’adolescence et un autre plus adulte, avec une intéressante évolution des personnages.
En revanche, il me semble que pour apprécier pleinement l’histoire et les émotions qu’elle véhicule, il faut avoir vécu amour et désillusions, il faut avoir – déjà – perdu un peu de sa jeunesse. Aussi, je ne recommanderais pas ce roman avant 17 ans, et il me semble que c’est ma génération – celle des 20-30 ans – qui est la plus à même d’en apprécier toute la saveur.
Ainsi, Clémentine Beauvais réussit à nous offrir une romance pleine de sentiments mais jamais guimauve, jamais écœurante, source d’intéressantes réflexions. Comme avec « Les petites reines » que j’avais adoré (et encore, le mot est faible), elle nous emmène hors des sentiers battus et de l’attendu.
Encore un peu de patience, vous trouverez « Songe à la douceur » en librairie à partir du 24 août !

Les + : les réflexions, la poésie
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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« et je suis sûre que parmi vous,
il y en a qui pensent,
parfois à des amours gâchées
il y a deux, trois ou dix ans.
Ce n’est pas pire après dix ans,
ça n’augmente pas nécessairement avec le temps,
ce n’est pas
un investissement,
le regret. »

« on peut pas faire l’amour debout quand on est amoureux,
ça va pas ou quoi, la verticalité ne va plus de soi,
quant on est amoureux,
quand quelqu’un est allé nous voler dans notre ventre
le centre de gravité qu’on y gardait. »

« Qu’est-ce que je vais faire quand je me réveillerai sans ma jeunesse,
avec dix mille ans de plus et pas plus d’expérience – pas plus d’intelligence,
parce que l’ennui, c’est pas une sagesse »

mardi 12 juillet 2016

La nuit du Titanic, de Walter Lord

Editeur : J’ai Lu
Année : 1998 (1ère ed. 1955)
Pagination : 243 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
14 avril 1912, 23 h 40. Sur le plus luxueux paquebot du monde, la soirée s'achève. Les passagers du Titanic regagnent leur cabine. Dans la fastueuse salle à manger des première classe, jamais encore l'atmosphère n'avait été plus gaie, les femmes plus belles, les hommes plus élégants.Peu à peu, les lumières s'éteignent dans le grand salon. Seuls quelques bridgeurs s'attardent au fumoir. Sur la passerelle, le premier officier Murdoch prend son quart. La mer est d'huile, le ciel limpide. Sur le paquebot de la White Star, tout va pour le mieux? Quelques secondes plus tard, le Titanic heurte un iceberg. Avant l'aube, mille cinq cents personnes auront péri dans les flots glacés de l'Atlantique nord. Pour reconstituer heure par heure, minute par minute, cette nuit d'épouvante, Walter Lord a réussi à retrouver et à interroger les survivants du drame, les parents des victimes, les sauveteurs, les employés des compagnies de navigation, tous ceux qui furent, à titres divers, mêlés au naufrage.

Ce que j’en pense :
Comme toutes les filles qui ont versé des torrents de larmes devant le film de James Cameron, le sujet du Titanic est depuis longtemps source d’intérêt pour moi. A chaque visionnage du film, le désastre humain de ce naufrage me frappe toujours davantage. Aussi, cela faisait longtemps que j’avais envie de lire ce documentaire.

Rédigé en 1955 par Walter Lord, sur la base des enquêtes américaine et anglaise qui ont suivi le naufrage et les témoignages d’une soixantaine de survivants, ce récit est d’une grande minutie et très dense, riche en informations.

On retrouve certains éléments désormais bien connus et mis en évidence dans le film : la tentative de virer de bord qui a finalement signé l’arrêt de mort du navire, les canots mis à l’eau encore à moitié vides et qui attendront trop longtemps pour revenir sur le lieu du drame, les passagers de troisième classe parqués, à qui l’on empêche d’accéder au pont tant que les premières et secondes classes n’ont pas été évacuées.
Mais on apprend aussi une foule de choses, notamment sur le rôle des membres de l’équipage, dont beaucoup ont rempli leur office jusqu’au bout, par exemple au poste radio. Il y a aussi et surtout, ce mystérieux navire, stationné à quelques miles du Titanic, et qui ne s’est pas douté un instant du drame qui se jouait (néanmoins les recherches ultérieures à la publication du livre auraient prouvé qu’il était beaucoup plus loin qu’il n’en avait l’air).

L’auteur s’efforce de mettre en lumière certaines responsabilités dans le drame, qui sont plutôt une conjonction de facteurs défavorables. Il en balaie également les conséquences, sur le règlement maritime et l’amélioration de la prévention, mais aussi sur la société dans son ensemble : le naufrage du Titanic, suivi de près par la Grande Guerre, marque la fin d’un âge d’or, d’une ère de confiance en un monde meilleur.

Ainsi, pendant quelques heures, j’ai embarqué sur le Titanic et appris une foule de choses sur ce navire qui, plus de cent ans après, continue à fasciner…

Les + : la précision du récit, la recherche de vérité
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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« Par-dessus tout, la catastrophe du Titanic a marqué la fin d’une époque de confiance générale. Jusque-là, les hommes croyaient avoir réussi à créer un monde civilisé, organisé, d’où la peur était exclue. Depuis cent ans, les techniques n’avaient cessé de progresser. Depuis cent ans, la société tout entière bénéficiait de la paix et des avancées de la civilisation industrielle.  On avait peut-être tort de se croire en sécurité, mais, à cette époque, chacun était persuadé d’aller chaque jour vers un monde meilleur. Le naufrage du Titanic secoua ces certitudes. Jamais plus on ne serait aussi sûr de soi-même. »
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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge New Pal 2016 : 10/56

mercredi 29 juin 2016

Ciel, tome 3, de Johan Heliot : L’été de la révolte

Editeur : Gulf Stream
Année : 2015
Pagination : 256 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 14/15 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Depuis le CIEL, l'intelligence artificielle avait pris le pouvoir sur Terre. Elle avait trié les humains, rationnalisé leur activité, rationné leurs besoins. Sans parvenir à éteindre les ferments de révolte, attisés par l'été caniculaire. Pour étouffer la Résistance qui partout s'organisait, l'IA s'apprêtait à dévoiler une dernière surprise : l'avenir de l'espèce humaine. Au nom de quoi les résistants priveraient-ils leurs proches des bienfaits qu'elle leur promettrait ?

Ce que j’en pense :
Cette série devient de plus en plus intéressante au fil des tomes. Après un premier tome introductif qui plantait le décor, et un second tome qui amorçait la formation d’une résistance face aux machines, nous voilà enfin au cœur du sujet. L’intelligence artificielle dévoile enfin ses intentions pour l’humanité ! J’ai été agréablement surprise, et je pense que nous ne sommes pas encore au bout de nos découvertes.
Les cinq personnages continuent à nous fournir chacun un pan de l’histoire. Tomi se trouve dans un centre de sélection, sorte de camp de rétention. Sarah a rejoint la résistance pour tenter de secourir Jenny, qui a été envoyée au recyclage. Thomas, toujours à Paris, nous permet de voir la milice en action. Enfin, avec Peter, nous sommes au plus près de l’IA et de ses projets.
L’histoire fonctionne très bien, la narration est maîtrisée et chaque point de vue se complète. Les pistes lancées dans les tomes précédents se rejoignent et font sens. Les événements font écho à notre Histoire mais aussi à notre futur, avec toujours ce raisonnement écologiste poussé à l’extrême.
J’ai désormais hâte de lire le quatrième tome pour connaître l’aboutissement de cette histoire !

Les + : le plan de l’IA, les points de vue qui se complètent
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :



Challenge ABC 2016 : 11/13

lundi 27 juin 2016

Un ours sur ma chaise !, de Ross Collins

Editeur : Gautier Languereau
Année : 2016
Public visé : Enfants, à partir de 2 ans

Résumé :
Il y a un ours sur ma chaise. Il est si énorme que je n'ai plus de place du tout ! J'ai tout essayé pour tenter de le faire partir, même de lui faire peur ! Mais il refuse de bouger ! Comment faire pour que ce malpoli accepte de s'en aller ?

Ce que j’en pense :
Voici un album très drôle qui a immédiatement conquis les groupes d’enfants et d’accompagnateurs auxquels je l’ai raconté. Nous avons affaire à une petite souris très fâchée, et surtout très expressive, qui tente mille et un stratagème pour éloigner cet ours qui s’est installé sur sa chaise.
Il y a un humour sous-jacent et quelques références - musicales, écologistes… - qui font que cet album plaira aussi aux enfants plus grands (et aux adultes, car je dois dire que j’ai bien ri en le découvrant…), mais la base de l’histoire – la lutte entre l’ours et la souris – est accessible pour les enfants dès deux ans.
Le grand format de cet album se prête bien à être raconté en groupe.  Les illustrations sont particulièrement réussies, avec une souris aux mimiques irrésistibles et un ours extrêmement placide. Et pour ne rien gâcher, la chute est excellente !

Les + : l’humour, le grand format
Les - : r.a.s
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse


mardi 21 juin 2016

La 5e vague, tome 3, de Rick Yancey : La dernière étoile

Editeur : Robert Laffont
Année : 2016
Pagination : 418 p.
Public visé : Adolescents à partir de 15/16 ans, et adultes

*Attention, il s’agit du 3e tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents *

Résumé :
1re vague : Extinction des feux.
2e vague : Déferlante.
3e vague : Pandémie.
4e vague : Silence.
À l'aube de la 5e vague...
Ils sont parmi nous. Ils sont dans leur vaisseau. Ils sont nulle part. Ils veulent la Terre. Ils veulent qu'elle nous revienne. Ils sont venus nous exterminer. Ils sont venus nous sauver...
Cassie a été trahie. Ringer aussi. Et Zombie. Et Nugget. Et les 7,5 milliards d'humains qui peuplaient notre planète. Trahis d'abord par les Autres, et maintenant par eux-mêmes.
En ces derniers jours, les rares survivants sur Terre se retrouvent confrontés au dilemme ultime : sauver leur peau... ou sauver ce qui les rend humains.

Ce que j’en pense :
Après un premier tome trépidant et oppressant, et un second plus complexe mais tout aussi intéressant, ce troisième tome clôt en beauté l’histoire de la 5e vague. J’ai particulièrement apprécié le final, très réussi à mon goût. L’auteur transcende le destin de ses personnages en quelque chose d’universel, et l’humanité par la voix de Cassie délivre un puissant message.
J’ai tout de même trouvé des longueurs dans ce tome, notamment dans les réflexions de Ringer. Peut-être que j’étais tout simplement très pressée d’en arriver au dénouement. Mais j’ai retrouvé avec un plaisir renouvelé les personnages de Cassie et Sam. Ce dernier, conditionné en enfant soldat, fait parfois froid dans le dos, mais il reste très attachant. Quant à Cassie, elle détient le vrai courage, celui d’une jeune fille qui n’a rien d’invincible et qui assume ses faiblesses et ses sentiments.
Je regrette en revanche la faible présence d’Evan Walker dans ce tome, j’aurais aimé en savoir davantage sur lui, et sur les aliens en général, même si leurs motivations sont abordée dans ce tome, leurs motivations ne sont pas clairement explicitées.
La 5e vague reste en tout cas une série SF convaincante, qui a su me tenir en haleine, et devrait permettre une trilogie cinématographique assez spectaculaire.

Les + : le final, Cassie et Sam
Les - : quelques longueurs, manque de précisions sur les extraterrestres
Appréciation : 4/5

Stellabloggeuse
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« Ce serai le moment idéal pour prier, mais j’ai le cerveau tellement encombré que je suis incapable de penser à ce que je pourrais dire à Dieu. De toute façon, je ne suis pas certaine d’avoir envie de converser avec lui, cet insondable enfoiré. On dirait qu’il nous a tourné le dos, qu’il se moque complètement de notre sort, et je me demande si c’est ce qu’a ressenti Noé à bord de son arche. « Ok Seigneur, j’apprécie vraiment ce que tu as fait pour moi, mais qu’as-tu fait pour eux ? » Et Dieu dit « Arrête de poser tant de questions Noé. Regarde ! Je t’ai fait un arc-en-ciel ! » »

« La faille fondamentale de l’humanité était justement son humanité. Cette tendance humaine autodestructrice et inutile, déconcertante, à éprouver de l’empathie, à se sacrifier, à avoir confiance, à imaginer quoi que ce soit en dehors des frontières de son propre organisme, a conduit l’espèce au bord de la destruction. Et pire, cela a menacé la survie de toute espèce sur la Terre. »
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Ce roman fait partie du challenge :


Challenge ABC 2016 : 10/13


Challenge 100% R : 34e lecture