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vendredi 20 mai 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes, d’Anne McPartlin

Editeur : Le Cherche midi
Année : 2016
Pagination : 454 p.
Public visé : Adultes

Résumé :
Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n'a plus que neuf jours à vivre.
Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa soeur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu'elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l'espoir de la sauver s'amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s'interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Ce que j’en pense :

Autant les livres sur la maladie sont légion, autant je n’avais encore jamais lu un roman se déroulant dans un centre de soin palliatif. On pourrait craindre que ce genre de lecture soit déprimant à souhait, mais ce n’est pas du tout le sentiment que m’a inspiré Rabbit.

Car il y a cette très belle galerie de personnages qui ne cesse de se battre contre la maladie et la fatalité. Personne ne renonce, chacun fait face à sa manière. Attention ils ne sont pas irréprochables, ils sont parfois faibles, parfois injustes, parfois ils craquent et se déchirent…et c’est justement ce qui fait toute l’humanité de ce roman et sa crédibilité. Ils sont poignants, particulièrement les parents de Rabbit qui doivent affronter l'idée d'enterrer leur enfant. Mais ils sont aussi vivants, et souvent drôles. Mention spéciale à la mère de Rabbit et à son sens de la bourde, toujours bienvenu pour se surprendre à sourire dans les pires moments.

J’ai également apprécié les débats qui entourent la fin de vie de Rabbit, notamment la place de la religion. Ce sont des philosophies de vie qui s’affrontent, notamment dans les scènes finales entre Rabbit et Johnny, ces deux derniers nous offrant au passage une belle histoire d’amour.

Mais surtout, ce roman est rempli d’espoir (et de musique) et donne une très belle leçon : même si la mort est au bout du chemin, le cancer ne gagne pas, pas si les proches restent soudés et perpétuent la vie et le souvenir.

Merci donc à Plume de Cajou pour m'avoir donné l'envie découvrir ce roman avec son billet.

Les + : les personnages, l’humour inattendu
Les - : r.a.s
Appréciation : 4.5/5

Stellabloggeuse

« -Donc, dans ma tête, on vivra heureux pour toujours au pays des fées.
A l’évidence, il était sarcastique, mais de meilleure humeur, aussi.
-Et dans la tienne, ce sont ces moments-ci, ici et maintenant, qui dureront à jamais.
-Je n’aurais pas dit mieux mais bon, c’est toi le poète. »


« Peut-être que je ne pourrai pas faire tout ce que j’avais prévu. Je ne serai pas la mère de la mariée ; devenir une vieille dame qui fait sauter ses petits-enfants sur ses genoux, ce ne sera pas pour moi. Peut-être que ça ne serait pas arrivé de toute manière, mais ça n’a plus d’importance, parce que maintenant j’ai un nouveau plan. Je vais simplement vivre. Je serai une fille, une sœur, une amie et, par-dessus tout, une mère. »

mercredi 28 octobre 2015

Will & Will, de John Green et David Levithan : tendre et jubilatoire


"Will & Will", c’était en théorie pour moi le mélange parfait ! La rencontre de John Green – dont j’ai adoré l’émouvant « Nos étoiles contraires » et apprécié « Le théorème des Katherine » - et de David Levithan – dont j’ai beaucoup aimé « A comme aujourd’hui » et apprécié « Invisibilité ». Auront-ils répondu à mes attentes ? Réponse ci-dessous !

Résumé

A Chicago, Will Grayson a pour meilleur ami l’encombrant Tiny Cooper, un géant 100% qui a décidé de s’assumer pleinement, notamment au travers d’une comédie musicale. Pour sa part, Will Grayson a deux grands principes : ne pas s’impliquer émotionnellement et se taire, deux résolutions bientôt mises à mal. A l’autre bout de la ville vit un autre Will Grayson. Celui-ci aime les garçons et souffre en silence, carburant aux médicaments et au cynisme. Et si leur rencontre pouvait les changer à jamais ?

Jubilation et émotion

Je ne fais pas durer le suspense davantage, j’ai beaucoup aimé le mélange de ces deux auteurs ! Les deux personnages s’expriment alternativement, au rythme d’un chapitre chacun. Avec le premier Will, sous lequel il me semble deviner John Green, on rit et on jubile, on est dans une comédie qui fonctionne bien. Avec le second, issu par conséquence de David Levithan, on est dans une introspection plus douloureuse, une chenille en souffrance qui attend de devenir papillon et qui apporte au roman de vives émotions.

Energie vitale et tendresse

Il faut le reconnaître, l’intrigue n’est pas 100% crédible. Mais je choisis de retenir avant tout l’énergie vitale et la tendresse qui s’en dégagent, et qui en font un livre qui fait du bien. Et même si on sent que les deux auteurs  s’amusent et que l’on n’est plus tout à fait dans la vie de tous les jours, les émotions sont quant à elles bien réelles, tout comme les réflexions sur les sentiments, la relation aux autres et l’homosexualité. Comme dans une comédie musicale (j’ai parfois pensé à la série « Glee » pendant ma lecture), au final : c’est brillant et divertissant, mais il y a un fond de vérité.

Les personnages

Les personnages, très attachants, sont clairement le point fort du roman. Le premier Will est un gentil trouillard qui a peur de s’impliquer dans ses relations avec les autres, jusqu’à en être égocentrique. Mais il a bon fond et j’ai apprécié son évolution. Le second Will est un écorché vif persuadé que tout est voué à l’échec, ce qui ne l’empêche pas de se prendre au jeu de l’amour. Ce personnage m’a vraiment touchée. Mais la vraie star du roman, c’est Tiny Cooper, son assurance et ses extravagances qui dissimulent ses complexes et sa fragilité, un personnage assez inoubliable !

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est plutôt simple. Le premier Will s’exprime comme n’importe quel lycéen, de façon crédible (pas comme quand, parfois, on sent que les auteurs « jouent » à faire parler des adolescents). Le second a un style un peu télégraphique, tout en minuscule avec des phrases courtes, comme pour éviter de trop en dire, de trop se dévoiler.

En quelques mots…

Ainsi, je suis tombée sous le charme de ce roman aux airs de comédie (musicale), drôle et léger, parfois jubilatoire, mais aussi riche en émotions et en vérités. Il est porté par des personnages attachants que l’on regrette de quitter si vite. A découvrir à partir de 14 ans !

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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« Ok, je sais que ce n’est pas très viril de ma part. Je sais que les vrais mecs ne devraient penser qu’au sexe et à conclure avec les meufs, qu’ils devraient se jeter braguette au vent sur tout ce qui bouge dès qu’ils ont un ticket, etc. Mais moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant le passage à l’acte que la phase de découverte. Découvrir pour la première fois qu’elle sent le café trop sucré, découvrir la différence entre son vrai sourire et celui sur les photos, sa manie de se mordiller la lèvre inférieure ou la peau pâle de son dos. Je voudrais juste pouvoir savourer ces petites découvertes de loin, bien planqué dans mon coin, sans me l’avouer officiellement. »

« Moi donnant des conseils sentimentaux à ma mère, c’est comme si un poisson rouge expliquait à un escargot comment voler. »

« N’empêche, que suis-je sensé lui dire ? Que je ne me sens pas juste déprimé – que j’ai plutôt l’impression que la dépression me ronge de l’intérieur, centimètre par centimètre, depuis le fond de mon âme jusqu’au creux de mes os ? Que quand lui voit tout en gris, je vois tout en noir foncé ? Que je hais mes médocs car je sais à quel point j’en ai besoin pour vivre ? »
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Ce roman fait partie du challenge :

New Pal 2015 : 14/75

samedi 17 octobre 2015

Je ne sais plus pourquoi je t’aime, de Gabrielle Zevin

[Albin Michel, 2009]

Gabrielle Zevin est un auteur dont j’ai entendu parler à plusieurs reprise, notamment pour son dyptique « La mafia du chocolat ». Ses livres m’ont toujours intriguée, et le challenge ABC m’a incitée à en lire un, afin de compléter la lettre Z.

Résumé

Suite à une chute dans les escaliers de son lycée, Naomi perd la mémoire des quatre dernières années. Elle a la mémoire de ses douze ans, ignore tout du divorce de ses parents, de la naissance de sa demi-sœur, et ne reconnaît plus ses amis ou son petit ami. Lorsqu’elle retourne au lycée, elle n’arrive plus à être celle que les autres attendent. Doit-elle s’affranchir de son passé pour avancer ? Peut-elle se réinventer complètement ?

Un thème assez courant

L’amnésie est un thème finalement assez courant dans les romans ado ou adultes, et je le trouve plutôt intéressant, puisqu’il prive les personnages de passé, de repères, et les force à se réinventer. Celui-ci ne révolutionne pas le genre, mais il est plutôt bien mené, explorant les relations familiales, amicales et sentimentales de Naomi. C’est peut-être dans ce dernier domaine que le bât blesse, avec un inévitable triangle – que dis-je, un carré ! – amoureux. Ainsi, le roman est agréable mais peine à sortir de l’ordinaire.

Les personnages

Naomi est un personnage intéressant de par son évolution. C’est quelqu’un qui se découvre elle-même ou plutôt, qui se redécouvre. Néanmoins elle ne m’a pas toujours été très sympathique. Son amnésie l’amène à se centrer sur elle-même, quitte à être un peu égocentrique. Et sentimentalement parlant, elle manque cruellement de jugeote. En revanche j’ai beaucoup aimé Will, son meilleur ami, avec ses cadeaux originaux, sa manière d’être et de parler. Je n’ai pas trop adhéré aux personnages de James et Ace, chacun trop stéréotypé dans son genre.

L’écriture

Quant à l’écriture, elle est fluide, sans familiarité particulière ni lyrisme. C’est une écriture du quotidien, qui s’efforce de nous restituer les émotions d’une adolescent complètement perdue.

En quelques mots…

Ainsi, ce roman est plutôt agréable à la lecture mais manque d’originalité. J’ai aimé suivre l’évolution de ce personnage en reconstruction, mais Naomi ne m’a pas été très sympathique pour autant. C’est au final un roman assez ordinaire, pour adolescentes à partir de 13/14 ans, sans doute pas le meilleur titre de l’auteure.

Note : 3/5
Stellabloggeuse
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« Avant tout, mon histoire est une histoire d’amour. Et comme la plupart des histoires d’amour, celle-ci met en jeu le hasard, la gravité et un coup sur la tête. Tout a commencé par une pièce lancée en l’air. La pièce est retombée côté pile. J’avais choisi face. Si les choses s’étaient passées comme je le voulais, il n’y aurait peut-être pas d’histoire. Juste un chapitre ou une phrase dans un livre dont le sujet général ne serait pas encore décidé. Peut-être ce chapitre aurait-il contenu le plus léger des murmures d’amour, mais peut-être pas. Parfois, on est obligé de perdre. »

« On oublie qui était branché et qui ne l’était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleures fêtes. Qui pouvait vous trouver de l’herbe. On les oublie tous. Même ceux qu’on disait aimer, et même ceux qu’on aimait vraiment. Ceux-là sont les derniers à disparaître. Et ensuite, une fois qu’on a suffisamment oublié, on aime quelqu’un d’autre. »

« J’étais heureuse pour papa, mais j’avais aussi la sensation d’être en train de le perdre. J’étais de nouveau le bébé dans l’étui de machine à écrire. Peut-être était-ce la vie, tout simplement ? Redevenir sans cesse orphelin. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge ABC 2015 : 26/26

samedi 8 août 2015

Celui qui sera mon homard, de Tom Ellen et Lucy Ivison


Le challenge ABC et ses lettres « difficiles » (I, J, U…) vous poussent souvent à faire des découvertes, à lire des titres que vous n’auriez jamais ouverts sans lui. Cet été, il m’aura incitée à découvrir cette romance à quatre mains, par Tom Ellen et Lucy Ivison.

Résumé

En Angleterre, une bande de filles et une bande de garçons vivent leur été de transition entre le lycée et l’université. Ils attendent le résultat des examens de fin d’année, qui décideront de leurs admissions et de leurs futures, mais ils sont bien décidés à profiter de cet été, et notamment à perdre leur virginité pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas. Hannah cherche son « homard », persuadée que ces animaux restent en couple toute leur vie durant. Quant à Sam, il voudrait juste plaire à une fille. Malentendus et quiproquos vont s’accumuler entre eux…irrémédiablement ?

Le passage à l’âge adulte

C’est un roman dont le thème a déjà été largement traité, celui du dernier été avant l’université, considéré comme une passerelle vers l’âge adulte. Pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, la « première fois » devient une obsession. Cette histoire ne renouvelle pas le genre, dans l’ensemble c’est plutôt du déjà-vu. Mais c’est un roman d’été, plutôt agréable, une lecture détente qui mêle romance et préoccupations d’avenir.

Deux points de vue

L’histoire est racontée alternativement du point de vue de Sam et de celui d’Hannah, ce qui permet au lecteur d’avoir toutes les cartes en main. Ce n’est pas le cas des personnages qui accumulent malentendus et occasions manquées, pour donner naissance à une histoire d’amour très contrariée.

Les personnages

Quant aux personnages, ils sont sympathiques, sans avoir de relief particulier. Hannah est assez attachante. Elle manque de confiance en elle et a un petit côté gaffeur qui me plaît bien. Sam est un gentil garçon, même s’il est obsédé par le sexe comme ceux de son âge. Stella en revanche est un personnage qui fait grincer les dents, de ceux qui aiment tirer les ficelles et être au centre de l’attention. Pourtant, son amitié envers Hannah. Enfin, mention spéciale à Robin et à ses références sur Harry Potter !

L’écriture

En ce qui concerne le style, je n’ai rien de particulier à dire. L’ensemble est fluide, sans obstacle. On parle crûment, le sexe est abordé sans détour (une bite est appelée une bite), on ne fait pas dans la poésie.

En quelques mots…

Ainsi, c’est une petite lecture d’été plutôt agréable, une romance adolescente faite de malentendus et de quiproquos, sympathique mais sans surprise. Pour les adolescents à partir de 15/16 ans, la sexualité étant très présente.

Note : 3/5

Stellabloggeuse
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« Tellement de choses ont changé depuis la troisième, et en même temps si peu. Parfois, j’aimerais avoir de nouveau quatorze ans pour ne pas avoir à me préoccuper de ce genre de choses. De ce que les gens pensent de moi, et de l’impression que je fais en public. A l’époque, nous allions dormir chez Stella tous les week-ends et nous mangions de la glace et buvions du thé. Désormais, tout le monde s’attend à ce que je sois devenue quelqu’un, et je déteste ça. Et comme ça n’est pas arrivé, j’ai l’impression d’être une ratée. Tout avait l’air plus facile dans Orgueil et préjugés. »

« -Tu as peut-être raison, ai-je dit en souriant toujours comme un dingue. Mais quoi qu'il en soit, elle sort encore avec ce type. Elle me l'a dit hier soir. C'est peut-être un trop grand obstacle.
-Nan. Plus grands sont les obstacles, plus vous êtes faits pour être ensemble. Regarde Ron et Hermione. Des obstacles partout. Mais Hermione a-t-elle baissé les bras quand Ron est sorti avec Lavande Brown? Ron a-t-il baissé les bras quand Hermione s'est tapé ce joueur de Quidditch Bulgare? Ont-ils laissé la pression de devoir retrouver les dernières Horcruxes les séparer? Non. Grâce à tous les drames qu'ils ont traversés, ça a été encore plus poignant quand ils se sont finalement mis ensemble. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge ABC 2015 : 23/26

mardi 9 juin 2015

Et plus encore, de Patrick Ness : original malgré quelques longueurs

[Gallimard, 2014]

Je n’avais encore jamais lu de roman de Patrick Ness, même si je sais qu’il est très apprécié de mes collègues bibliothécaires et sur la blogosphère. Je me suis donc lancée avec son dernier titre intitulé « Et plus encore ».

Résumé

Seth se noie, après une lutte contre des vagues trop puissantes et trop froides. Il se réveille en Angleterre, dans la ville de son enfance, à ceci près que les lieux sont complètements déserts, et le climat très étrange. Dans cet univers post-apocalyptique, il va partir en exploration pour tenter de déterminer où il est : est-il en enfer ? Est-ce une manière pour son cerveau de lui faire accepter sa mort ? Ou quelque chose de plus réel et de plus incroyable ?

Quelques longueurs, et une fin frustrante

Mon ressenti sur ce roman est assez paradoxal, dans le sens où j’ai ressenti pas mal de longueurs tout au long de ma lecture, certaines actions mettant extrêmement longtemps à se dérouler, mais où j’ai aussi trouvé à ce roman assez addictif : je voulais savoir la suite, je voulais connaître le fin mot de l’histoire… ce qui n’est jamais arrivé puisque la fin est très très très ouverte. C’est quelque chose que j’apprécie la plupart du temps, mais là il m’a semblé que l’auteur ne savait pas comment dénouer une bonne fois pour toute son intrigue, comment aller plus loin sans s’embarquer dans 400 pages supplémentaires.

Un univers et des réflexions intéressants

Au-delà de ces considérations sur le rythme du roman et sur sa fin, j’ai apprécié l’univers développé, ce monde désert et ses dangers. Il ouvre une réflexion à la fois sur la mort et ce qui peut se situer après, mais aussi sur les univers virtuels et la vie par procuration qu’ils proposent. Enfin, le roman propose également une romance, avec un dramatique triangle amoureux (un carré, même, pourrait-on dire !).

Les personnages

Seth est un jeune homme attachant et complexe. Il est rongé par la culpabilité, vis à vis d’un événement dramatique de son enfance. Il se sent délaissé par ses parents, invisible à côté d’un petit frère qui prend toute la place. Une histoire d’amour lui apporte un temps la sensation qu’une autre existence est possible, mais les choses tournent mal. Je l’ai trouvé touchant. Mais je crois que j’ai encore plus apprécié le jeune Tomasz, son côté classique et rétro, son côté enfantin allié à la profondeur de ses réflexions. Régine m’a laissée plus indifférente, malgré sa colère à fleur de peau.

L’écriture

Quant au style, je l’ai trouvé agréable dans l’ensemble, mais j’ai eu la sensation que la traduction aurait pu être meilleure, je ne sais pas bien comment l’expliquer. L’auteur alterne des passages assez littéraires et d’autres plus simples. En tout cas, puisqu’on parle de la forme, j’ai regretté la présence de nombreuses coquilles, il me semble qu’une maison comme Gallimard pourrait être plus rigoureuse dans la correction.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai passé un bon moment en compagnie de ce roman original qui propose des réflexions intéressantes. J’ai regretté quelques longueurs mais les pages se sont tournées facilement tant je voulais connaître la fin. Cette étant mon plus gros regret, tant je l’aurais aimé un peu plus tranchée, pas forcément complètement, mais davantage. Un roman pour les bons lecteurs à partir de 15 ans.

Note : 3/5
Stellabloggeuse

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« En ces derniers instants, ce n’est pas l’eau finalement qui l’achève, c’est le froid. Le froid a saigné à blanc toute son énergie et contracté ses muscles en une inutilité douloureuse, malgré ses efforts désespérés pour rester à la surface. Il est fort, et jeune, presque dix-sept ans, mais les vagues hivernales ne cessent de revenir, chacune apparemment plus grosse que la dernière. »

« La bête va l’attraper avant qu’il atteigne les marches qui descendent de l’autre côté.
‘Je vais me faire tuer. Par un COCHON. En ENFER.’
Et cette pensée lui paraît tellement insupportable, tellement révoltante, qu’il manque presque l’opportunité de s’en tirer. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge ABC 2015 : 18/26

vendredi 5 juin 2015

Perdue et retrouvée de Cat Clarke : kidnappée à 6 ans, retrouvée 13 ans plus tard


Si vous suivez ce blog depuis un petit moment, vous savez sans doute que j’apprécie Cat Clarke et son originalité, même si ses romans ont quelques points faibles. J'ai apprécié "Confusion" et "A kiss in the dark", et adoré « Revanche » qui a été l’une de mes lectures préférées en 2013. Quand l’occasion s’est présentée de découvrir son petit dernier grâce à la Masse Critique de Babelio, je n’ai pas hésité !

Résumé

Faith, 17 ans, vit depuis des années dans l’ombre de sa sœur Laurel, enlevée dans leur jardin alors qu’elle était âgée de 6 ans. Ses parents n’ont jamais cessé les recherches et sont très actifs dans les médias pour que personne n’oublie sa sœur…jusqu’au jour où on la retrouve enfin. Faith appréhende la cohabitation avec cette sœur qu’elle connaît à peine, mais les choses se passent bien…à quelques détails près, des détails qui comptent pour Faith et la plongent dans le doute.

Un thème original

Aucun des romans de Cat Clarke ne ressemble à l’autre, et celui-ci n’échappe pas à la règle. Elle s’empare ici du thème des enfants disparus, en adoptant le point de vue de la petite sœur, ce qui apporte une distance intéressante. L’histoire tourne en partie autour de la « machine médiatique » qui entoure Laurel : les médias espèrent bien profiter de son retour pour vendre, sous couvert d’empathie pour la famille. Cat Clarke nous fait également entrer dans l’intimité de la famille. Les parents se réjouissent du miracle du retour de Laurel. L’existence de Faith est bouleversée, sa sœur prend toute la place dans sa vie et elle a du mal à retourner à ses centres d’intérêts habituels, à porter de l’attention à sa meilleure amie et à son petit ami.

Un roman addictif

Dans une première partie, peut-être un peu longue, les choses se passent bien et les deux sœurs nouent des liens forts. Puis le doute s’insinue… Dans cette seconde partie, j’ai eu du mal à lâcher le roman. Même si je me suis doutée de la teneur de la fin, je voulais savoir comment les choses allaient se passer, et le dénouement lui-même m’a surprise (je ne sais pas si je l’approuve ou non pour l’instant).

Les personnages

J’ai eu de la sympathie pour Faith et je me suis attachée à elle, ce qui n’est pas toujours le cas avec les personnages de Cat Clarke. Mais Faith est une jeune fille honnête avec elle-même. En son for intérieur, elle admet que le retour de sa sœur lui fait peur, après s’être habituée à vivre sans elle. Pourtant elle se réjouit et même lorsque les doutes apparaissent, elle hésite longtemps avant de faire confiance à son instinct, elle se raisonne beaucoup. On peut avoir l’impression qu’elle change tout le temps d’avis, mais cela reflète son débat intérieur entre prendre soin d’elle-même et la préoccupation de sa sœur. Laurel m’a peu inspiré confiance, notamment dans son attitude avec la presse. En revanche j’ai beaucoup aimé Michel, le compagnon du père de Faith et Laurel, un homme sensible et clairvoyant (et français !).

L’écriture

Concernant le style, on est dans la lignée des derniers romans de l’auteure : des tournures moins familières qu’auparavant, plus classiques, qui passent mieux à l’écrit. Et ce même si l’on reste dans la simplicité. Ici, on a vraiment l’impression d’être dans la tête de Faith, d’une jeune fille de 17 ans.

En quelques mots…

Ainsi, ce roman est un bon cru de Cat Clarke, mon préféré après « Revanche ». J’ai apprécié l’originalité du thème. Même si l’intrigue met du temps à véritablement démarrer, j’ai dévoré la seconde moitié du roman et été surprise par la fin, même si une partie était nettement prévisible. Ce titre devrait plaire aux adolescents à partir de 13 ans.

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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« -Je suis désolée. Je n’ai pas été là pour veiller sur toi.
Un nœud se forme au fond de ma gorge.
-C’est ce que les grandes sœurs sont censées faire, pourtant. Et je n’étais pas présente pour toi.
-Tu es là, maintenant. C’est la seule chose qui compte.
C’est un mensonge. Tout compte. Chaque petit bout d’histoire. Mais nous ne pouvons pas changer le passé. Je me surprends à formuler en silence le vœu d’être la meilleure sœur qui soit – d’agir du mieux possible pour rattraper les années perdues. C’est le moins que je puisse faire. »

« La culpabilité… Toujours présente, tapie dans l’ombre. Comme Laurel ! C’est comme si j’avais à me sentir éternellement reconnaissante, comme si le moindre sentiment négatif m’était interdit. Parfois, tard la nuit, quand le sommeil ne vient pas, j’ai peur que quelque chose d’affreux arrive à ma sœur. Qu’une voiture la renverse, qu’une arête de poisson l’étouffe… à cause de moi, parce que je ne serais pas assez contente de l’avoir retrouvée. Je m’inquiète qu’on nous reprenne Laurel pour me punir. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge 100% R : 24e lecture

vendredi 10 avril 2015

A kiss in the dark, de Cat Clarke : amour et imposture


Après avoir bien aimé « Confusion » malgré ses ficelles trop évidentes, après avoir été renversée et tourneboulée par « Revanche » qui a été l’un de mes coups de cœur 2013, j’étais curieuse de découvrir « A kiss in the dark », le dernier titre de Cat Clarke paru en France à ce jour (un autre est à venir tout bientôt). Et une nouvelle fois, l’audacieuse Cat Clarke surprend !

Résumé

Entre Kate et Alex, c’est pratiquement le coup de foudre ; Lorsque les deux jeunes gens se rencontrent lors d’un concert, après quelques semaines de discussion en ligne, le courant passe immédiatement. Mais suite à un quiproquo qu’Alex ne prend pas la peine de rectifier immédiatement, un énorme malentendu s’installe au centre de leur histoire d’amour… au point de tout gâcher ?

Une première partie dérangeante

Il est TRES difficile de parler de ce roman sans révéler le point critique de l’intrigue. Comme il n’est pas mentionné dans la quatrième de couverture, j’aimerais vous laisser la surprise, même si ce « secret » est révélé dès les premières pages du roman. Donc, ce que je peux vous dire, c’est que cette histoire est assez dérangeante, car elle nous fait vivre une histoire d’amour qui repose sur une imposture. J’ai ressenti un certain malaise en lisant la première partie intitulée « avant », racontée du point de vue d’Alex et qui se situe avant la découverte de l’imposture. Néanmoins j’ai suivi avec intérêt cette romance, je me suis prise au jeu.

Une deuxième partie sous le signe de la vengeance

Quant à la seconde partie, intitulée « après », elle est racontée du point de vue de Kate après que cette dernière ait découvert la vérité. Cette partie est placée sous le signe de la vengeance, mais pas de la même manière que dans « Revanche » où elle est froidement calculée : ici la situation échappe à Kate dès le départ et elle n’a plus le courage de revenir dans le droit chemin. La fin m’a surprise, Cat Clarke ne nous avait pas habitués à cela, mais elle est un peu facile à mon goût.

Paragraphe SPOILER

Ne lisez ce paragraphe que si vous avez déjà lu le roman, il révèle un point clé de l’intrigue.
Si l’on délaisse l’intrigue en elle-même pour parler du thème, j’ai apprécié que Cat Clarke aborde le thème de l’homosexualité et du travestissement, même si elle a choisi un angle très atypique pour cela. On est à la limite de la crédibilité, mais les sentiments des personnages sont touchants et le thème vaut la peine d’être abordé.

Les personnages

Dans l’ensemble, j’ai bien aimé Alex qui est un personnage assez touchant malgré l’énormité de son mensonge et les dégâts qu’il occasionne. Son sens du sacrifice dans la seconde moitié du roman rattrape en partie ses erreurs. C’est un personnage à la fois fort et fragile. Quant à Kate, il est plus difficile de l’apprécier car on la découvre après la révélation de la supercherie, pleine de haine et de désir de vengeance. Si on assistait à la naissance de ses sentiments, je pense que la perception serait différente. C’est un personnage qui manque de confiance en elle. J’ai compris ses motivations et ses peines, pas toujours ses actions.

L’écriture

En ce qui concerne le style, le registre de langage est moins familier que dans les autres romans de Cat Clarke, il est plus neutre. L’ensemble est simple, fluide, direct. Son écriture (ou la traduction) continue à progresser, comme je l'avais déjà souligné pour "Revanche". Les discussions se tiennent et les introspections des personnages sont assez réussies.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été dérangée par cette histoire, par cette romance qui repose sur une supercherie, avec un personnage qui fait de nous son complice. Néanmoins le thème que cela permet d’aborder en vaut la peine, et je me suis prise d’intérêt pour les personnages et leur histoire d’amour. En revanche il y a un petit manque de crédibilité, surtout concernant la fin, trop facile à mon goût. C’est un roman sur l’amour, les secrets et la vengeance. Principalement pour adolescents, à partir de 15 ans.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Du thé et de la sympathie... Comme si ça arrangerait quoi que ce soit. Que les derniers mois de ma vie n'aient jamais existé, voilà ce dont j'avais besoin. Que mon coeur soit intact.
Et que mon Alex existe. »

« La violence de la situation m’a frappée tout à coup. A quoi avais-je pensé ? Comment avais-je pu faire une chose pareille ? Quelque part en cours de route, j’avais zappé que j’étais dans la vraie vie, que vivre c’est parfois difficile et bordélique, que les gens peuvent vous faire du mal, mais que ça ne vous autorise pas à les détruire. »

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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2015 : 14/26

 Challenge New Pal 2015 : 8/75

Challenge 100% R : 23e lecture

vendredi 13 mars 2015

L’âge des miracles, de Karen Thompson Walker : roman catastrophe et rêves adolescents


« L’âge des miracles » est le premier roman de l’américaine Karen Thompson Walker. A sa sortie en 2012 il a fait parler de lui sur la toile et récolté de bons avis, notamment celui de Cajou en qui j’ai toute confiance. Je l’ai donc sorti de ma PAL à l’occasion d’un club de lecture autour des catastrophes.

Résumé

Ce roman nous fait partager la vie de Julia, 12 ans, confrontée ainsi que l’humanité toute entière au ralentissement de la rotation de la Terre. Les jours s’allongent, d’abord imperceptiblement, puis de plus en plus vite. Pendant une année, les terriens découvrent peu à peu les terribles conséquences du ralentissement : les cultures qui meurent à cause de nuits trop longues, la gravité perturbée qui affecte animaux et humains…. Mais malgré cette atmosphère de fin du monde, Julia vit son adolescence et en connait les premiers émois.

Une atmosphère de fin de monde

J’ai apprécié dans l’ensemble ce roman contemplatif. En effet, il ne faut pas s’attendre à de l’action, nous sommes dans l’observation des phénomènes qui affectent la planète. Les autorités tentent bien de prendre quelques décisions, comme le maintien de l’ancien système horaire envers et contre tout, mais dans l’ensemble les humains sont impuissants. Les conséquences sont de plus en plus terribles et le lecteur se sent oppressé, pris au piège. La fin, très ouverte, permet de tout imaginer.

Une vie d’adolescente

Malgré les événements, Julia poursuit tant bien que mal sa vie d’adolescente. Elle continue à aller au collège, mais s’y trouve esseulée avec le départ de sa meilleure amie. Elle se préoccupe de son premier soutien-gorge, des poils sur ses jambes, et aimerait attirer l’attention du garçon qu’elle aime en secret. Elle assiste également au vacillement de sa famille, que le ralentissement affecte d’une manière inattendue. Le tout pourrait être plus développé et plus dense, mais cela ne m'a pas trop dérangée.

Les personnages

Julia n’est pas un personnage particulièrement marquant, mais c’est une jeune fille sympathique qui a la tête sur les épaules, même si elle a des rêves et des espoirs comme toutes les filles de son âge. Elle se sent seule et a le sentiment de ne pas savoir comment agir pour être appréciée des jeunes de son âge. Elle gère plutôt bien le ralentissement, ne cédant pas à la panique. Sa mère à l’inverse s’inquiète de tout, tandis que son père poursuit son existence comme si de rien n’était ou presque.

L’écriture

Quant à la plume, elle n’est pas mauvaise. Le roman est écrit à la première personne, nous sommes dans la tête de Julia, qui ne s’exprime pas en tant que personnage de 12 ans, mais en tant que jeune femme. Le style n’est donc pas enfantin. Il est assez simple mais correct et dénué de familiarités.

En quelques mots…

Ainsi ce titre oscille entre roman catastrophe et roman d’apprentissage, en faisant évoluer une adolescente dans une atmosphère de fin du monde. C’est un roman contemplatif, si vous attendez de l’action à la manière de « La 5e vague » vous serez déçu. Pour ma part je l’ai apprécié et j’estime qu’il peut être lu avec plaisir par des adolescents à partir de 13 ans et par des adultes.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« A l’époque, on était trop préoccupés par la météo et la guerre pour s’intéresser à la révolution de la Terre. Des bombes explosaient continuellement dans les rues de pays lointains. Des ouragans allaient et venaient. L’été se terminait ; une nouvelle année scolaire commençait. Les horloges égrenaient, selon leur habitude, les secondes qui devenaient des minutes. Les minutes, des heures. Et rien ne suggérait que ces heures ne formaient plus des jours identiques, d’une durée équivalente et connue de tout être humain. »

« C’était le collège, l’âge des miracles, celui où les élèves prennent près de dix centimètres durant l’été, où les poitrines s’épanouissent d’un coup, où les voix plongent et s’envolent. Nos premières imperfections apparaissaient, mais on les corrigeait. Une mauvaise vue disparaissait grâce à la magie des lentilles de contact. Des dents de travers étaient réalignées grâce à un appareil. Une peau boutonneuse se voyait purifiée par l’application de produits chimiques. Certaines filles devenaient belles. Certains garçons devenaient grands. Quant à moi, je continuais à ressembler à une gamine. »
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Ce roman fait partie des challenges :


Challenge ABC 2015 : 10/26



Challenge New Pal 2015 : 5/75