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samedi 6 octobre 2012

Delirium, tome 1, de Lauren Oliver : et si l’amour était la plus terrible des maladies ?


Voilà un livre qui ne m’avait pas particulièrement interpellée au moment de sa sortie. Mais il faisait partie du baby challenge jeunesse pour l’année 2012, et j’ai pu le trouver d’occasion à un prix intéressant. Finalement, c’est Juliah qui m’a aidée à le sortir de la Pile A Lire en le sélectionnant pour moi dans le cadre du challenge Livra’deux pour pal’addict (son billet sur ce livre).

Résumé

Lena, bientôt âgée de 18 ans, compte les jours qui la séparent du Protocole. La société dans laquelle elle vit considère l’amour comme une maladie mortelle, la plus terrible de toutes, et le Protocole est une opération chirurgicale qui permet d’être immunisé vis-à-vis de ce fléau. A l’instar de Lena, les gens vivent dans le refoulement de leurs émotions et dans la peur d’être infecté. Pourtant, à quelques semaines de son Protocole, Lena rencontre Alex. Et sa vie bascule.

Une intrigue lente à démarrer, mais un univers intéressant

Au début de ma lecture, je dois dire que j’avais un peu peur, je trouvais l’ensemble assez lent, et l’idée d’une opération au cerveau subie à un certain âge me faisait penser à « Uglies » de Scott Westerfeld. Mais heureusement, la comparaison s’est arrêtée là, et au bout de 200 pages, l’intrigue a commencé à décoller, j’ai été peu à peu prise dans l’histoire, pour finir haletante au moment de tourner la dernière page.

De plus, j’ai apprécié l’univers dystopique mis en place par Lauren Oliver. On sent bien l’aspect autoritaire du régime dans lequel vivent les personnages, avec les Régulateurs qui surveillent les citoyens et les vigiles qui gardent les frontières. L’aspect « propagande » est également très présent avec le fameux « livre des trois S », qui est à la fois un manuel de conduite et un guide spirituel. J’ai beaucoup aimé la manière dont la religion a été adaptée, avec l’histoire d’Adam et Eve détournée à la convenance du régime. C’est donc un univers intéressant et cohérent, le lecteur se sent oppressé et en danger. J’ai maintenant hâte d’en savoir plus sur la Nature, le territoire qui se trouve au-delà des frontières.

Une réflexion sur l’amour et les émotions

L’amour est au centre du roman, alors qu’il est interdit et que les autorités s’efforcent de l’éradiquer. Finalement, l’auteur nous amène à nous poser certaines questions : Vaut-il mieux se passer d’amour pour éviter les souffrances qui lui sont liées ? Est-ce que le fait de ne plus ressentir de douleur vaut la peine de ne plus ressentir la moindre émotion ? Lauren Oliver nous rappelle ainsi que oui, l’amour est souffrance, doutes, angoisses, mais qu’il est impossible de s’en passer. De même, la romance qu’elle nous propose est assez jolie, même si j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus développée.

Les personnages

Le personnage de Lena est plutôt attachant. C’est une jeune fille à qui l’on a appris à penser d’une certaine manière, mais la personnalité à part de sa mère lui a tout de même donné un regard différent. Il faut seulement qu’elle cesse d’avoir peur, ce qu’elle apprend à faire au fil de ce roman. Ainsi, sous la surface lisse se cache une jeune fille passionnée et audacieuse, pleine d’émotions qui couvent en elle. Elle se découvre courageuse, et sa révolte fait plaisir à voir. Elle nous montre ainsi que, quelles que soient nos conditions de vie, nous avons toujours le choix, nous pouvons décider de notre destin.

Les autres personnages sont beaucoup moins développés, et c’est dommage. J’aurais aimé connaître davantage Alex, qui se livre peu, Hana, ou la petite Grace. Ils ont du potentiel, mais j’aurais aimé qu’ils soient un peu plus creusés.

L’écriture

L’écriture de Lauren Oliver est agréable et efficace. Elle est douée pour planter des décors et décrire des paysages, mais aussi pour transmettre les émotions. Je n’ai pas eu l’impression que le langage soit trop pauvre ou familier, c’est agréable dans un roman jeunesse.

En quelques mots…

Ainsi, après des débuts un peu poussifs, ce roman révèle un univers très intéressant et une intrigue qui devient peu à peu haletante, avec une réflexion sur l’amour et les souffrances qui lui sont liées. Il manque un peu de profondeur, notamment au niveau des personnages secondaires, mais j’ai désormais très envie de lire la suite.

Note : 4/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :

  
Baby challenge jeunesse 2012 : 12/20 (j’ai donc atteint la médaille de bronze, mon objectif de l’année !)

 

Challenge Livra’deux pour pal’addict avec Juliah (qui a lu Irrésistible alchimie)

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« Je m’autorise un dernier coup d’œil en arrière, la tentation est trop forte. Je contemple les filles qui évoluent dans leurs robes orange, pareilles à des flammes. Tout semble s’éloigner rapidement, j’ai l’impression de voir la scène à travers une longue vue. Les voix se mêlent, devenant indistinctes, me rappelant le bruit de fond permanent de l’océan, qu’on entend partout dans Portland, et auquel on est si habitué qu’on finit par ne plus le remarquer. Le tableau se fige, les couleurs vives sont contrastées, les contours se précisent, comme soulignés d’un trait à l’encre : sourires crispés des parents, crépitements des flashes, bouches grandes ouvertes et dents blanches éclatantes, chevelures brillantes, ciel azuré et soleil nimbant la scène de sa lumière éblouissante. »

« C’est n’est qu’après avoir grelotté un long moment dans mon lit, souffrant déjà de son absence, que je réalise que ma tante, mes professeurs et les scientifiques avaient raison au sujet du deliria. Allongée là, la poitrine labourée par la douleur, le ventre rongé par une nausée mêlée d’angoisse, mon désir pour Alex est si puissant que j’ai l’impression qu’une lame de rasoir lacère mes entrailles, et je n’ai plus qu’une seule pensée : « Je vais en mourir, je vais en mourir, je vais en mourir. Et ça m’est égal. » »

samedi 4 août 2012

Le pacte des marchombres, tome 1 : Ellana, de Pierre Bottero. Poésie, nature et liberté...


Il y a quelques mois, vous vous en souvenez, j’ai fait la connaissance de Pierre Bottero (pour mieux le connaître lisez cet article de Bazar de la littérature) en lisant sa première trilogie, La Quête d’Ewilan (mon avis ici). Je suis tombée sous le charme de cet auteur, et on m’a dit tant de bien de sa trilogie « Le pacte des marchombres » que je n’ai pas pu résister bien longtemps, et j’ai lu le premier tome sobrement intitulé « Ellana ».

Résumé

Dans ce roman, Pierre Bottero nous raconte l’enfance d’Ellana. Seule survivante d’une caravane de migrants après une attaque des Raïs (les horribles guerriers cochons), elle est recueillie et élevée par un peuple sylvestre, les Petits. Elle vit alors dans une certaine insouciance et développe son agilité. Mais à l’adolescence, elle décide de retrouver le monde des humains et de parcourir le monde, tout en s’efforçant de découvrir d’où elle vient et qui étaient ses parents. Elle fera alors la connaissance de Sayanel et Jilano, deux membres éminents de la mystérieuse guilde des marchombres, qui l’initieront à une voie faite de danger, de compréhension des forces de la nature et de liberté.

L’univers de Gwendalavir

J’ai retrouvé avec grand plaisir l’univers de Gwendalavir, que l’auteur développe dans la trilogie « La Quête d’Ewilan ». Je vous conseille donc de commencer par lire Ewilan, afin de vous familiariser avec l’univers. Ce n’est pas absolument nécessaire, car il y a aussi quelques explications dans « Ellana », mais l’univers est davantage décrit et développé dans Ewilan. Cela a en tout cas été un vrai délice pour moi de retrouver les paysages de Gwendalavir et ses créatures étranges.

Ellana, les Petits et les Marchombres

Les personnages développés dans ce roman m’ont beaucoup plu, à commencer par Ellana. Son personnage est présent dans « La Quête d’Ewilan », et c’est un vrai bonheur d’apprendre à la connaître davantage. Elle a un esprit extrêmement vif, qui ressent le besoin de comprendre les choses avant de les faire. Cet esprit critique lui donne une grande indépendance, elle ne se laisse contrôler par personne. Ellana a perdu plusieurs personnes qui lui étaient chères, elle en retire un grand besoin de ne dépendre de personne, d’être libre. C’est donc un personnage intéressant, extrêmement volontaire et souvent à la limite de l’insolence avec ses aînés, mais j’ai beaucoup aimé la voir évoluer.

Quant aux Petits, ce peuple qui vit dans les arbres et mène une existence pénible est très sympathique. Ils m’ont rappelé les Hobbits du Seigneur des Anneaux par certains aspects. Les Marchombres sont très différents. Forts, habiles, en phase avec la nature, ils sont insaisissables et poursuivent une voie qui leur est propre. Ils sont très intéressants car imprévisible, et j’étais heureuse d’en savoir davantage sur eux après les avoir entre-aperçus dans « La Quête d’Ewilan ».

Pierre Bottero, la poésie et la nature

La lecture de ce premier tome du « Pacte des marchombres » n’aura fait que renforcer mon admiration et mon amour pour Pierre Bottero. On sent que ce roman est plus mature que « La Quête d’Ewilan ». La poésie est présente du début à la fin, j’ai eu envie de relever des citations à de très nombreuses reprises. J’aime beaucoup la vision qu’a Pierre Bottero de la vie, et de la nature, à laquelle l’homme ferait mieux de s’adapter plutôt que le contraire. De même, sa conception de l’enseignement marchombre me laisse penser qu’il a du être un excellent instituteur. Mon édition du livre de poche comporte un appendice dans lequel Pierre Bottero explique comment il en est venu à écrire Ellana, et développe quelques thèmes présents dans ses livres (l’amour, la mort,…). C’est vraiment intéressant et en voici une toute petite citation :

« [En parlant de ce qui le conduit à écrire] La pièce manquante. Celle que l’on cherche ardemment, vaillamment, désespérément parfois et qui, se refusant à nous, nous pousse en avant. Celle qui nous interdit de croire qu’on est arrivé et nous souffle à l’oreille que le plus beau est à venir. Que le plus beau est avenir. Toujours. »

En quelques mots

Je ne peux que vous recommander de lire « Ellana », et l’œuvre de Pierre Bottero dans son ensemble. Je suis amoureuse de cet univers et de la poésie de son écriture. Si ce tome n’est pas un coup de cœur, c’est qu’on sent bien qu’il met en place les choses, et que nous ne sommes pas encore au cœur de l’action. Ce qui ne m’empêche pas de l’avoir énormément aimé.

Note : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« Les hommes sont comme les nuages. Ils sont chassés en avant par un vent mystérieux et invisible face auquel ils sont impuissants. Ils croient maîtriser leur route et se moquent de la faiblesse des nuages, mais  leur vent à eux est mille fois plus fort que celui qui souffle là-haut. »

« -Un marchombre a conscience des forces qui l'entourent et qui agissent sur son environnement. Tous les environnements. Toutes les forces. Il les perçoit, les utilise, s'immerge en elles pour les renverser. Comprends cette notion de force, visualise les courants qui agitent le monde, ils se plieront alors à ta volonté.
-Et la rivière ?
-Elle est forte. Comme un guerrier bardé de fer monté sur un destrier de combat. Fou celui qui tente de l’arrêter. Un marchombre se rit du guerrier, il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force et, si besoin est, prend sa vie. Va jouer avec la rivière. Comprends-la. »

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Ce roman fait partie des challenges :

Baby-challenge Jeunesse 2012 : 11/20

Où sont les hommes ? : lecture n°2
 Pierre Bottero met en scène des femmes, mais lui-même est incontestablement un prince charmant, que dis-je, un roi, au royaume de l’écriture…

lundi 25 juin 2012

Indiana Teller, tome 1 : Lune de printemps, de Sophie-Audouin-Mamikonian

[Michel Lafon, 2011]

Après plusieurs lectures vampiriques ces dernières semaines, me voici parmi les loups-garous ! Et oui, après une période riche en dystopie, j’ai décidé de me faire un petit cycle de lectures fantastiques, histoire d’accueillir les vacances par des lectures d’évasion…

Cela faisait un petit moment que le roman « Indiana Teller » de Sophie Audouin-Mamikonianme faisait de l’œil. Voyant qu’il faisait partie du baby challenge jeunesse 2012 sur Livraddict et que Tweety organisait une Lecture Commune sur le forum, c’est avec joie que je me suis lancée dans l’aventure !

Résumé

Sophie Audouin-Mamikonian nous présente Indiana Teller, un jeune humain qui a grandi parmi une meute de loup-garou. Il est né de l’union d’une humaine et d’un loup, lui-même fils du chef de clan, Karl. Ainsi, Indiana a toujours été le souffre-douleur des loups, tout en étant protégé d’ennuis plus importants grâce à son statut d’héritier du clan. Mais alors qu’il atteint sa majorité, il aspire à une vie normale et décide de partir pour l’université. Avec une interdiction de taille : celle de tomber amoureux d’une humaine. Il sera pourtant rattrapé par les enjeux de la meute…

Une bonne appropriation du mythe du loup-garou

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui a été une agréable surprise ! Portés par une écriture agréable et efficace, les évènements s’enchaînent de manière fluide. Mais l’auteur prend tout de même le temps d’expliquer les éléments nécessaires à la bonne compréhension de l’intrigue et de faire réfléchir son personnage, ce qui nous permet d’apprendre à le connaître.

J’ai particulièrement aimé la conception du loup-garou que développe l’auteur, ce qu’elle a fait de cette créature et de ses déclinaisons, les semis. J’ai apprécié le côté « impitoyable » de la meute : ces loups sont sauvages, ce ne sont pas des animaux domestiques.

Une intrigue amoureuse et politique

L’intrigue de cette histoire comporte deux volets. Il y a d’une part la vie privée d’Indiana, sa découverte de la vie d’étudiant et sa rencontre avec la belle Katerina, qui va mettre à mal la consigne qui lui a été donnée par les loups… J’ai bien aimé le voir faire face à une fille et perdre ses moyens, même si j’ai trouvé tout cela un poil niais, surtout sur la fin.

Il y a d’autre part les enjeux de la meute de loups, qui sont finalement très humains et très politiques. J’ai bien aimé cet aspect tactique, voir les rouages de cette lutte de pouvoir se mettre en place, parfois à l’insu d’Indiana et du lecteur.

Les personnages

Le personnage d’Indiana m’a vraiment plu. J’ai vraiment apprécié d’avoir, pour une fois, affaire à un héros masculin dans un roman fantastique. Je l’ai trouvé attachant, plein d’autodérision et parfois touchant de naïveté, mais aussi intelligent et intrépide à ses heures. Il commence à peine à apprendre qui il est, à maîtriser les pouvoirs qui lui viennent de son ascendance particulière. J’ai aimé le voir évoluer et j’espère que cela continuera sur la même lancée dans le second tome de la saga.

Les personnages secondaires m’ont bien plu également. On ne sait pas grand-chose de Katerina et Tyler, les humains qu’Indiana rencontre à l’université. En revanche, j’ai apprécié ses amitiés un peu bourrues avec Chuck le loup-garou et Axel le semi. Il y a aussi Serafina, la belle louve sensuelle et avide de pouvoir, qui risque de s’avérer très dangereuse… Bref, une galerie de personnages qui reste à étoffer, mais qui est intéressante !

En quelques mots

Ainsi, j’ai beaucoup aimé cette lecture qui m’a agréablement surprise grâce à son interprétation intéressante du mythe du loup-garou, un personnage drôle et attachant, ainsi qu’une intrigue accrocheuse. Si ce n’est pas un coup de cœur, c’est juste qu’il m’a manqué un petit quelque chose pour que je m’emballe vraiment. Je remercie donc Tweety d’avoir organisé cette lecture, et j’espère lire le second tome d’ici la fin de l’année !

Je vous propose de découvrir les avis de mes camarades de lecture : Tweety805 (organisatrice), NiThOuxx, MichouBea285  ... 

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :


Baby challenge jeunesse 2012 : 10/20

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« Mes réactions lupines me trahissaient. J’avais donc à regret dû arrêter de renifler ma nourriture (Katerina avait failli s’étouffer), de haleter comme un imbécile, ou encore de retrousser les babines dès que je n’étais pas content. Mes réactions humaines n’étaient pas moins pathétiques. Je coupais des fleurs dans le jardin, qui mouraient environ deux secondes et demi après que je les ai cueillies. Vingt fois par jour, je me décidais à lui déclarer ma flamme. Et vingt fois, je renonçais. »

« Je restai un instant interloqué puis je compris. Et j’eus le même sourire, aussi féroce.
-Tu vas m’utiliser comme appât, n’est-ce pas ?
Son sourire s’accentua pendant que l’adrénaline se ruait dans mes veines, chantant une ode pleine d’exaltation.
-Absolument.
-Merci.
-De quoi ? De te faire risque ta vie pour débusquer tes ennemis ?
-De me faire confiance pour me défendre.
Il me regarda avec curiosité.
-Tu es bien plus loup que tu ne veux l’admettre, Indiana. Le jeu te plaît, n’est-ce pas ?
Je dus l’admettre.
-Tu n’as pas peur ?
-Je suis terrifié.
-Bien. Tu m’aurais donné une autre réponse et tu restais calfeutré ici jusqu’à la fin de tes jours. »

jeudi 24 mai 2012

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles : une histoire d’amour délicieusement irrésistible


En ces temps de dur labeur (un mémoire de master 2 qui touche à sa fin), j’ai ressenti le besoin de prendre quelques vacances intellectuelles ! Cela passait notamment par la lecture d’un roman qui se passerait dans le monde réel, et qui m’apporterait un bon moment de détente. Pour cette rude mission, l’heureux élu fut « Irrésistible alchimie » de Simone Elkeles, offert par ma chère Cajou au début de l’année, et j’en profite pour la remercier une fois encore.

Résumé

Dans ce roman, Simone Elkeles met en scène deux adolescents de terminale, Brittany et Alejandro. A priori, tout les sépare. Brittany vient des quartiers riches de la ville et s’efforce de donner d’elle-même l’image la plus parfaite possible. De son côté, Alex vit dans les quartiers pauvres de la ville et est embrigadé dans un gang latino-américain, cultivant son image de dur à cuire. Mais à l’occasion d’une collaboration forcée en cours de chimie, ils se rendent compte, tous deux, que l’autre cache des failles. Des failles qui pourraient les rapprocher.

Avis général

C’est un roman qui remplit tout à fait sa tâche : celle de détendre et de faire rêver. Certes, le récit comporte quelques clichés et est clairement destiné à la jeunesse dans le ton utilisé. Mais la magie opère néanmoins, et j’ai volontiers laissé mon instinct de midinette refaire surface !

Les personnages

Les deux personnages principaux du roman, Alex et Brittany, tiennent le roman sur leurs épaules. C’est grâce à ces personnages attachants que la magie de cette histoire opère. Alex et Brittany s’expriment alternativement lors de chaque chapitre, à la première personne. Cela permet d’entrer dans leur psychologie, de savoir qui ils sont intimement, au-delà de l’image qu’ils donnent.

Dès le départ, le lecteur comprend que ces personnages sont plus profonds qu’ils n’en ont l’air. Brittany étouffe dans le rôle de jeune fille parfaite que ses parents lui imposent. Elle rêve d’une vie plus vraie, qui lui corresponde réellement. Quant à Alex, on le découvre attaché à sa famille et désireux de réussir sa vie, si seulement il pouvait en avoir la moindre petite chance.

Les personnages secondaires ont également leur importance, même s'ils sont parfois un peu caricaturaux (disons qu'il y a clairement les "gentils" et les "méchants"). Il y en a certain que le lecteur adore détester, tels que les parents de Brittany qui ne pensent qu’à l’image qu’ils renvoient aux yeux de la société, ou son petit ami Colin qui ne la respecte pas vraiment. Il y en a d’autres très attachants tels que Shelley, la sœur de Brittany, ou les amis d’Alex, Isabel et Paco, ainsi que le professeur de chimie, Mrs P., qui savent tous voir au-delà des apparences.

L’intrigue : dans la tourmente des gangs

L’histoire tourne en grande partie autour de l’appartenance d’Alex à un gang, ce qui lui fait courir, ainsi qu’à Brittany, un certain nombre de dangers. M’étant rapidement attachée aux personnages, je me suis beaucoup inquiétée pour eux, j’espérais que tout finirait bien. Au moment où Alex fait son choix, celui qui déterminera toute sa vie, je dois dire que j’ai eu du mal à retenir quelques petites larmes…

Néanmoins, j’ai trouvé la manière dont se termine l’histoire un peu trop superficielle, mais surtout « too much » et donc peu crédible, contrairement au reste de l’intrigue.

L’histoire d’amour : entre intensité et innocence

Cette histoire d’amour, au-delà des clichés déjà évoqués et quasiment inévitables, est intéressante et empreinte d'une certaine sensualité. Les deux personnages étant pris entre leurs désirs et leur image, ils oscillent entre diverses attitudes. Il y a beaucoup d’innocence et de tendresse entre eux, mais aussi une attraction quasiment animale qui bouleverse leur sens. Un cocktail explosif !

Brittany est touchante de vulnérabilité, même si elle sait jouer de ses atouts. Quant à Alex, il est difficile de ne pas l’aimer : il a beau se comporter parfois comme un rustre, on voit immédiatement que c’est un garçon bien. Je n’ai pas été très touchée par le côté « viril » mis en évidence par l’auteur, mais j’ai apprécié son instinct protecteur. Leur romance est belle, et j'ai espéré très fort qu'elle puisse triompher des obstacles.

L’écriture

L’écriture de Simone Elkeles est au service de son histoire : directe, efficace, adaptée au public visé par le roman sans tomber dans le registre familier. J’ai particulièrement aimé les dialogues, assez vifs, faisant bien ressortir la personnalité des divers protagonistes. En revanche, Alex utilise beaucoup de mots espagnols lorsqu'il s'exprime, et on aimerait parfois une petite étoile avec une traduction (enfin, je sors mon dictionnaire bien volontier pour Alex).

En quelques mots…

En résumé, je dirais qu’il s’agit d’un très bon roman de détente, apte à plaire aux adolescentes mais aussi aux jeunes adultes qui ont gardé leur cœur de midinette. Grâce à des personnages très attachants, bien servis par l'alternance des points de vue, on oublie vite l'aspect un peu caricatural. Simone Elkeles réussit à toucher le lecteur, et l’alchimie opère…

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :

Baby Challenge Jeunesse 2012 : 9/20

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« -Je mets les points sur les i, c’est tout. Tu es un gars intelligent, Alex, réfléchis. Peu importe à quel point tu la désires, elle n’appartient pas à notre milieu. Un triangle ne rentre pas dans un carré. A présent, je me tais.
-Gracias.
J’évite d’ajouter que si le carré est assez grand, un petit triangle peut parfaitement rentrer dedans. Il faut juste procéder à quelques ajustements. Mais je suis trop saoul et défoncé pour expliquer ça maintenant. »

« J’ignore les regards ahuris des élèves de Fairfield originaires de mon quartier. Alex me serre contre lui et nous évoluons comme un seul corps sur la musique. Il y a une telle harmonie entre nous qu’on nous croirait en couple depuis toujours. Pour la première fois, je n’ai pas peur de ce que les autres pensent. […] Je sens les mains d’Alex sur mes hanches et cela me paraît naturel d’être là avec lui. Il a du apprécier que je l’appelle mon petit ami et ça m’a fait du bien de le dire à voix haute. Dos à lui, je me serre contre sa poitrine et ferme les yeux, laissant nos corps fusionner avec la musique. »

samedi 28 avril 2012

Chi, une vie de chat, tome 1, de Kanata Konami : un manga frais et mignon pour les amoureux des chats !

[Glénat, 2010]

Aujourd’hui, on fait une petite pause manga ! Je vais vous parler du premier tome de « Chi, vie de chat » de Kanata Konami, que j’ai lu dans le cadre de mes challenges 2012. Cela faisait déjà un petit moment que des copines, amoureuses des chats (tout comme moi), m’avaient parlé de ce manga « trop mignon » selon leurs propres termes. Ce manga m’a donc accompagnée dans les transports en commun durant quelques jours !

Résumé 

Ce manga met en scène un chaton qui s’égare et ne peut retrouver sa maison et sa maman. De petites histoires de quelques pages content chacune un moment marquant de la vie de ce petit chat. Il est recueilli par une famille qui comporte un petit garçon, Yohei, et qui vit dans un immeuble où les chats sont interdits… Chi et la famille font peu à peu connaissance, s’adaptent les uns aux autres…pour notre plus grand plaisir !

Avis général

Trêve de suspense, ce manga m’a fait complètement craquer. Tout comme il est impossible de ne pas se laisser attendrir par un chaton dans la « vrai vie », il est impossible de résister à Chi !

Le dessin et le texte

C’est le dessin qui rend ce manga si mignon : Konami Kanata a très bien réussi a retranscrire les attitudes des chats : la surprise, la faim, la bouderie, l’excitation du jeu, la peur face à un gros chien ou dans le cabinet du vétérinaire… Et quand Chi est triste, on se sent juste fondre…

De plus, il faut préciser que toutes les vignettes sont en couleurs, des couleurs assez vives, qui rendent le tout très vivant. Ajoutons que ce manga est facilement accessible aux néophytes car il adopte le sens « normal » de lecture…

En ce qui concerne le texte, ce qui se passe dans la tête de Chi est intéressant, l’auteur a bien réussi à se mettre dans la peau d’un chat. S’ils pouvaient parler, nos matous tiendraient sans doute le même discours !

Des leçons à retenir

Pour le lecteur qui aspire à adopter lui-même un chat, ce manga est instructif. En effet, Chi est un petit chaton, qui doit donc être éduqué, ce qui se fait par étapes, et avec des « ratés ». Chi fait des bêtises, et c’est normal. Ce manga peut aider à se préparer psychologiquement à certains dégâts collatéraux… Mais on peut également en retenir quelques « techniques » à appliquer avec son chaton.

En quelques mots

Pour résumer c’est un manga adorable, au dessin très réussi, qui peut plaire tout autant aux enfants qu’aux plus grands. Je le conseille en tout cas à tous les amoureux des chats !

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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Ce livre fait partie des challenges :

Challenge ABC 2012 : 12/26

Baby-Challenge Jeunesse 2012 : 8/26

samedi 21 avril 2012

Terrienne, de Jean-Claude Mourlevat : un univers aseptisé et glaçant, un hymne d’amour à la Terre et à la vie


Il y a quelques mois, j’ai lu « Le Combat d'hiver » de Jean-Claude Mourlevat, que j’ai beaucoup apprécié. On m’a ensuite dit beaucoup de bien de « Terrienne », son dernier roman. Aussi, j’ai décidé de l’inscrire à mon programme de 2012, et j’en suis ravie !

Résumé 

Dans ce roman, l’auteur met en scène Anne Collodi, une jeune lycéenne de 17 ans. Sa sœur, Gabrielle, a disparu le lendemain de son mariage, un an auparavant. Puis, par un étrange appel radio, Anne a reçu un appel au secours de sa grande sœur. En suivant ses indications, elle passe dans un autre monde. Un monde très aseptisé où tout est sous contrôle. Un monde où les Terriens sont traités comme des animaux. Anne va cependant trouver des alliés pour l’épaule dans sa quête et tenter de sauver Gabrielle.

Avis général : un univers très intéressant

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai commencé tranquillement, puis je l’ai dévoré, de plus en plus vite. J’ai particulièrement adhéré à l’univers de science-fiction créé par Jean-Claude Mourlevat (c’était d’ailleurs le point fort du « Combat d’hiver »). Il y a beaucoup de dystopies ces derniers mois, mais j’ai trouvé que celle-ci avait son originalité, elle apporte quelque chose.

L’intrigue

L’intrigue est bien menée par l’auteur. Dès le départ, nous avons les clés pour comprendre le monde dans lequel nous évoluons, mais de nombreux rebondissements relancent sans cesse l’intérêt du lecteur. J’ai lu la seconde moitié du livre pratiquement d’une traite tant j’avais envie de savoir comment les héros s’en sortiraient.

Et c’est justement là que le bât blesse : j’ai trouvé que certains obstacles étaient franchis de manière un peu trop simple, et notamment les deux derniers (je ne veux pas en dire plus pour ne pas spoiler ceux qui ne l’ont pas lus). Les personnages ont lutté et ont couru de grands dangers jusqu’ici, mais arrivés au dénouement, il ne se passe presque rien. C’est pour moi le principal (et pratiquement le seul) point négatif de ce livre.

Un manque d’émotion ?

Au cours de ma lecture, j’ai également déploré un certain manque d’émotions. En effet, on connaît les sentiments des personnages, mais on reste assez en surface, cela manque un peu de profondeur. Mais peu à peu, on comprend pourquoi : la faute en revient au monde aseptisé dans lequel évoluent les personnages, qui annihile en quelque sorte les émotions. De plus, de l’émotion est arrivée au cours du roman, au fur et à mesure que les personnages s’attachent les uns aux autres. Mais c’est la scène familiale finale autour d’une cabine téléphonique qui m’a le plus bouleversée, en quelques petits mots : « J’ai froid Papa, tu viens ? ».

Les personnages

J’ai rapidement éprouvé de la sympathie pour le personnage d’Anne, de l’admiration pour sa force, sa détermination à aller jusqu’au bout pour retrouver sa sœur. Néanmoins, je ne me suis pas véritablement attachée à elle, du fait du léger manque d’émotions évoqué plus haut.

En revanche, j’ai aimé les personnages secondaires, et j’ai apprécié que l’auteur nous permette de suivre leurs pensées lors de certains chapitres. Qu’il s’agisse des soldats hybrides Bran et Torkensen, de la régisseuse d’hôtel Madame Stormiwell ou des autres personnages de ce monde étrange, tous ont une originalité, tous sont intéressants. Le seule personnage dont je n’ai pas vraiment saisi l’utilité, c’est celui de l’écrivain, Etienne Virgil.

L’écriture

Ce roman est porté par l’écriture agréable de Jean-Claude Mourlevat qui est élaborée mais fluide. C’est un livre qui se lit sans difficulté, on peut le dévorer et tourner les pages à toute allure lorsque le suspense est insoutenable ! J’ai particulièrement aimé les descriptions de paysages, très réussies, j’avais l’impression de pouvoir les visualiser.

Un message fort

S’il y a une chose à retenir, c’est le message véhiculé par ce roman. Il y a tout d’abord une réflexion intéressante sur la recherche du progrès médical, sur notre obsession de nous tenir à l’écart de tout microbe. Mais ce roman est avant tout une sublime déclaration d’amour à la planète Terre, un hymne à la vie, et ce message m’a touchée. Il est bon de se souvenir quelle chance nous avons d’être ici, en vie, dans ce monde imparfait mais plein de surprises.

En quelques mots

C’est un excellent roman à l’intrigue palpitante, et qui comporte un très beau message, une déclaration d’amour à notre planète. Si ce n’est pas un coup de cœur, c’est uniquement parce qu’il m’a manqué une petite étincelle et que la manière de franchir certains obstacles ne m’a pas totalement convaincue. Mais je vous le recommande !

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2012 : 11/26

Baby Challenge Jeunesse 2012 : 7/20
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« C’est tout le contraire d’une promenade d’agrément. On se lasse vite des avenues trop larges et sans trottoirs, de leur parfaite propreté, des bâtiments aux façades laiteuses. On en a vite assez de croiser des créatures interchangeables et indifférentes. On voudrait voir des vrais gens, je veux dire des enfants qui courent et des vieux qui n’avancent pas ! Des ados trop bruyants, des messieurs trop gros, des mamans encombrées de bébés ! Des gens venus de tous pays avec la couleur de peau qui va avec ! On a envie de voir des chiens, des chats, des oiseaux, des arbres ! On a envie qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il y ait du vent ! Mais il n’y a rien de tout ça : juste le calme, l’espace vide autour de nous et l’incommensurable ennui. »

« Nous nous serrons l’un contre l’autre. Nous nous embrassons. Nous sommes sales, nous n’avons plus rien, plus de sacs, rien à manger ni à boire, nous n’avons plus que nous-mêmes, mais une force irrésistible nous pousse, un réflexe de vie dans cet univers de mort, l’envie de repousser plus loin encore ces ténèbres auxquelles nous venons d’échapper. […] Et nous faisons ce que font depuis quelques millions d’années déjà les êtres humains qui s’aiment. Avec l’illusion pourtant que nous sommes en train de l’inventer. »