samedi 7 juillet 2012

Hunger Games, tome 3 : La Révolte, de Suzanne Collins : puissant, prenant, émouvant


*Attention, il s’agit du tome trois d’une saga. Risque de spoilers sur les deux tomes précédents*

Après mes coups de cœur pour le tome 1 et le tome 2 de la saga dystopique de Suzanne Collins, et surtout après la fin pleine de suspense du tome 2, j’avais hâte de me plonger dans ce dernier volet et de connaître le fin mot de l’histoire ! C’est désormais chose faite, une nouvelle fois entourée de mes camarades de Livraddict pour une Lecture Commune.

Résumé 

Katniss a une fois de plus échappé à l’arène des Hunger Games, mais les habitants de Panem l’ont payé au prix fort puisque le district 12 a été rasé. De plus, Peeta est désormais aux mains du Capitole, peut-être sur le point de les trahir tous. Katniss et les autres rebelles, ainsi que les survivants du district 12, trouvent refuge au district 13, une véritable machine de guerre. Malgré ses peurs et ses doutes, Katniss devra incarner le geai moqueur pour unir les districts et leur permettre de renverser le pouvoir du Capitole. A quel prix ?

L’intrigue

J’ai beaucoup apprécié ce tome, autant vous dire tout de suite que c’est un énorme coup de cœur, sans réserve. Ce dernier volet n’est pas basé sur de l’action pure : il y a beaucoup de tension psychologique, avec des réflexions sur les régimes politiques ou sur les guerres qui poussent les humains à s’entretuer. Ceux qui avaient apprécié le rythme frénétique des deux premiers tomes seront peut-être un peu frustrés, mais de mon côté, j’ai beaucoup aimé ces nombreux temps d’arrêt. Ils nous permettent de comprendre le contexte dans lequel nous évoluons, de saisir toute son horreur et de maintenir une tension, une attente. C’est donc un tome clairement plus sombre et psychologique, mais il est aussi prenant que les deux autres.

Les personnages

Comme les autres, ce tome repose sur les épaules de Katniss. J’ai parfois eu des mots un peu durs pour elle par le passé. Mais dans ce dernier volet, je l’ai découverte plus fragile, parfois complètement perdue. Plus accessible en somme. Je me suis sentie immédiatement en accord avec elle, puisque nous nous sommes trouvé un ennemi commun dès le début du roman. Par la suite, j’ai partagé son sentiment de révolte face aux vies gâchées. J’ai beaucoup aimé son geste final, ainsi que sa manière de voir la vie dans les dernières pages du roman. Bref, Katniss et moi, on s’est trouvées.

Du côté des garçons, on apprend enfin à mieux connaître Gale. S’il a un côté très protecteur et loyal, on mesure la force de la rage qui l’anime et qui peut parfois l’aveugler. Il se montre néanmoins un allié fidèle pour Katniss, tandis que Peeta, qui a beaucoup souffert, ne peut plus jouer son rôle protecteur. On découvre en effet un nouveau Peeta, plus sombre, toujours sur le fil. Je dois dire que tout ce que ce personnage qu’il a enduré m’a réellement serré le cœur.

Parmi les personnages secondaires, il y a quelques nouveaux personnages sympathiques, comme Boggs, ou Castor et Pollux. Mais les personnages qui m’ont le plus touchée sont des personnages déjà connus de nous, qui prennent de l’épaisseur. Il y a Prim, qui révèle toutes ses qualités, ainsi qu’Haymitch que l’on découvre de plus en plus semblable à Katniss. Mais je retiendrai surtout Finnick et son amour pour Annie, un personnage qui m’aura procuré énormément d’émotions de toutes sortes.

Nous avons également deux très bonnes figures de « méchants » en la personne du président Snow et de la présidente Coin. Très bons dans le sens où ils sont vraiment prêts à tout pour voir se réaliser leurs desseins, qui leurs importent bien plus que le devenir des populations. On adore les détester !

L’écriture

En ce qui concerne l’écriture de Suzanne Collins, elle reste très efficace. Les dialogues sont vifs, parfois émaillé de pointes d’humour qui sont les bienvenues dans ce contexte.

Un tome bouleversant

Le lecteur se trouve face à un contexte de guerre, extrêmement dur. Suzanne Collins n’épargne pas le lecteur et fait preuve de beaucoup de lucidité sur la capacité de l’homme à s’entretuer. Elle montre le gâchis de la guerre, tant par la mort de nombreux anonymes que celle d’êtres qui nous sont devenus chers au fil des tomes. Il en résulte un message pacifiste d’une grande force, à voir si nous saurons un jour le saisir.

Dans ce contexte, on se doute rapidement qu’un « happy end tout beau tout rose » serait hors de propos. Je trouve celui de Suzanne Collins (l’épilogue et les quelques pages qui le précèdent) très juste et bouleversant. Il nous rappelle l’une des plus grandes forces de l’homme, celle qui sous-tend tous les Hunger Games : l’instinct de survie. Mais ce dernier ne sert pas à grand-chose sans l’amour, sans ouvrir son cœur. Il ne sert à rien si l’homme n’apprend pas de ses erreurs. J’ai été très touchée, et autant vous dire que les larmes ont bien coulé…

En quelques mots

J’en ai déjà dit beaucoup. En résumé, je conseille à tout le monde de lire Hunger Games. Parce que c’est un excellent roman d’action, palpitant. Parce qu’il nous amène à réfléchir sur nos sociétés et la propension de l’homme à se tuer lui-même. Mais surtout, parce qu’il va vous emporter et que vous le vivrez intensément, comme si vous y étiez. Et ce tome trois apporte, selon une parfaite conclusion à cette aventure. J’ai beau chercher, je ne vois rien à lui reprocher.

Je vous propose d’aller voir si mes camardes de lecture sont d’accord avec moi :JuNa62Nane42,JennMiaLebbmonyAniouchkabeLLivromaniacCéline031JelydragonStephanie-plaisir de lireDex_ananas,RitwMyiuki22Nelly17    

Note : 5/5 (Coup de cœur)

Stellabloggeuse
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« -Quand on est dans l’arène, le reste du monde paraît très loin, reprend-il. Ceux que vous aimiez, ce qui pouvait avoir de l’importance à vos yeux, tout ça cesse pratiquement d’exister. Votre réalité se résume au ciel rose, aux créatures de la jungle et aux tributs qui en veulent à votre peau. Le reste ne compte plus. Même si ça fait mal au ventre, vous savez que vous allez devoir tuer, parce que dans l’arène on n’a droit qu’à un seul souhait. Et il vous coûte très cher.
-Il vous coûte la vie, dit Caesar.
-Oh non. Bien plus que ça, dit Peeta. Assassiner des innocents ? Ça vous coûte tout ce que vous êtes. »

« Les flancs de la montagne sont naturelle instables ; affaiblis par les explosions, ils en deviennent presque fluides. Des pans entiers de la Noix s’effondrent sous nos yeux, effaçant toute trace de présence humaine. Nous regardons, bouche bée, minuscules et insignifiants, les vagues de pierre dévaler la montagne dans un fracas de tonnerre. Ensevelir les entrées sous plusieurs tonnes de cailloux. Soulever un nuage de poussière et de débris qui obscurcit le ciel. Changer la Noix en tombeau. »

jeudi 5 juillet 2012

Sans âme, de Gail Carriger : une aventure délicieusement loufoque parmi les créatures surnaturelles


C’est un livre qui a créé l’enthousiasme sur la blogosphère dont je vais vous parler aujourd’hui. Ecrit par Gail Carriger, il implique des vampires et des loups-garous, mais d’une manière visiblement plus originale que d’ordinaire. Ma curiosité a donc été piquée, et lorsque le site Babelio a proposé ce titre lors de sa dernière édition de la Masse Critique, j’ai tenté ma chance, et j’ai été tirée au sort pour le recevoir et le chroniquer !

Résumé

Ce roman, le premier tome d’une saga, met en scène Alexia Tarabotti, une vieille-fille de vingt-six ans, mi-anglaise mi-italienne, à la peau trop mate, au nez trop long et aux formes trop généreuses pour les canons de l’époque. A savoir l’époque du règne de la Reine Victoria. Dans cette Angleterre victorienne, les créatures surnaturelles sont connues et vivent au grand jour : vampire, loups-garous et fantômes vivent au milieu des humains, et leurs rapports avec ces derniers sont régis par une institution nommée le BUR. Alexia est elle aussi un être à part : elle n’a pas d’âme, et son contact annule les pouvoirs des autres créatures surnaturelles. Jusque-là, tout va bien. Jusqu’à ce que des vampires se mettent à attaquer de manière inattendue, tandis que d’autres disparaissent…


Une intrigue intéressante malgré quelques longueurs

Le récit commence par les agissements mystérieux de certains vampires et l’intrigue consiste, pour Alexia et Lord Maccon (le chef du BUR), à découvrir pourquoi ils se comportent ainsi. C’est une intrigue qui mêle le fantastique, des intérêts politiques et les sciences, d’une manière plutôt intéressante. J’ai simplement regretté quelques lenteurs dans cette intrigue, elle ne m’a pas emportée au point de me faire tourner les pages à grande vitesse. Je n’ai pas ressenti un suspense haletant. Mais quoi qu’il en soit, c’est une intrigue très originale, et cela m’a plu.

Sans âme versus Loup Garou

Mais au-delà de l’intrigue, le principal intérêt de ce roman réside, selon moi, dans les relations entre les deux personnages principaux, Alexia et Lord Maccon. Au début du récit, ces deux-là sont comme chien et chat, ne perdant pas une occasion de se chamailler et ne se comprenant pas l’un l’autre, pour notre plus grand plaisir. En voilà un tout petit exemple :
« -Pourquoi devez-vous créer autant de difficultés ? demanda Lord Maccon, complètement exaspéré.
Alexia eut un grand sourire.
-Pas d’âme ? suggéra-t-elle.
-Pas de sens commun ! corrigea le comte. »

Puis leurs rapports se complexifient et nous leur découvrons une certaine complémentarité. Au final, toutes les scènes entre ces deux personnages se lisent avec intérêt et délices, entre humour, tension et sensualité.

Des personnages hauts en couleur

Globalement, les personnages sont intéressants. Alexia, du fait qu’elle n’a pas d’âme, ne se comporte pas comme n’importe quelle femme : elle analyse tout, pose beaucoup de questions et n’agit jamais sous le coup de l’émotion. Chacun de ses gestes est mûrement réfléchi, et elle n’hésite pas à faire des expériences pour connaître les conséquences de tel ou tel acte. Elle n’a pas de sens moral à proprement parler, qu’elle compense en surveillant scrupuleusement son attitude, veillant à ce qu’elle reste conforme au code de conduite en vigueur de la haute société. Néanmoins, elle n’a pas sa langue dans sa poche. Ce décalage avec le reste de l’humanité induit parfois des situations très cocasses, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Lord Maccon, en bon loup-garou, est un homme robuste et rassurant. Du loup, il en garde un goût prononcé pour la viande et une tendance à grogner. Il se comporte en mal dominant, mais il trouve à qui parler avec Alexia et montre quelques faiblesses fort attendrissantes.

Les personnages secondaires sont eux aussi hauts en couleurs, que ce soit la famille un brin hystérique d’Alexia, sa meilleure amie Ivy et ses horribles chapeaux, ainsi que le vampire Lord Akeldama, qui se distingue par un grand sens de la mode et une tendance à donner des surnoms ridicules tels que « mon minuscule cornichon »… Sans oublie le professeur Lyall, visiblement le plus sain d’esprit de tous ces personnages !

L’Angleterre victorienne et l’humour

La découverte des mœurs de l’Angleterre victorienne est également un aspect intéressant du roman. Les lectrices pourront se régaler des belles toilettes de ces dames et observer les codes de conduite qui régissent la bonne société. C’est un aspect qui m’a bien plu.

Mais l’auteur a assaisonné sa description sociale d’une bonne dose d’humour. A travers le personnage d’Alexia qui analyse tout avec une certaine distance, Gail Carriger porte en effet un regard décalé sur cette bonne société, n’hésitant pas à la tourner en dérision. Son humour est indéniablement rafraîchissant.

En quelques mots…

En quelques mots, je dirais donc qu’il s’agit d’un roman fantastique très original, délicieusement loufoque et décalé. Les personnages, hauts en couleurs, ne cessent de nous étonner et les relations entre Alexia et Lord Maccon sont très intéressantes à suivre. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’un humour décapant. C’est donc une lecture très plaisante, malgré quelques longueurs.
Je remercie donc vivement Babelio pour m’avoir donné l’opportunité de le découvrir.

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« Aussi subtilement que possible, Alexia lui adresse un clin d’œil. Il parut être sur le point de s’évanouir, mais se carra dans son siège, clairement décidé à la laisser gérer la situation de la manière qu’elle jugeait appropriée. L’idée qu’il pourrait peut-être faire, après tout, un mari convenable, traversa transitoirement l’esprit de mademoiselle Tarabotti. Puis elle comprit que s’allier pour la vie à un homme aussi faible de caractère la transformerait à coup sûr en un véritable tyran.
Elle feignit la timidité et le manque de compréhension en répondant. […] Siemons eut un sourire supérieur en entendant cette explication. Alexia fut saisie d’un désir pas du tout féminin d’ôter cette expression suffisante de son visage gras à l’aide d’une gifle. Avec ses bajoues, sa main produirait probablement un claquement très satisfaisant. Au lieu de cela, elle se hâta d’avaler une gorgée de thé. »

« Il déposa une série de petits baisers sur sa lèvre inférieure, après quoi il appliqua le même traitement à la lèvre supérieure. C’était délicieux, mais cela la rendait folle. Le phénomène de la langue se reproduisit. Cette fois, Alexia ne trouva pas la chose aussi déconcertante. En fait, elle se dit qu’elle pourrait même en arriver à l’apprécier. Mais, comme le caviar, elle soupçonnait qu’elle allait devoir y goûter plus d’une fois pour avoir confiance en son plaisir. Lord Maccon semblait bien être volontaire pour l’y aider ».

dimanche 1 juillet 2012

En juin 2012...

Et voici le premier bilan mensuel de l’été !

Ce mois-ci, j’ai donc lu et/ou chroniqué :

-L’enchanteur, de René Barjavel (3,5/5)
-Les mots ça m’est égal, de Mélanie Cuvelier (3,5/5)
-Dark Shadows, tome 1 : La malédiction d’Angélique, de Lara Parker (3/5)
-Dracula mon amour, de Syrie James (2,5/5)
-Indiana Teller, tome 1 : Lune de printemps, de Sophie Audouin-Mamikonian (4,5/5)
-Côté face, d’Anne Denier (4,5/5)

 



J’ai eu un rythme de lecture un peu moins soutenu ce mois-ci, entre la dernière ligne droite de mon mémoire de master deux et la préparation d’un déménagement !
Après un creux en milieu de mois avec des lectures un peu décevantes, j’ai été comblée par mes dernières lectures du mois !

Le coup de coeur du mois :
  

Pas tout à fait des coups de coeur, mais ces deux livres m'ont surprise et m'ont fait passer de très bons moments de lecture. 

Le mois prochain je souhaite lire : 

-Mutation : L’étoile de Natan, de Sophie Séronie-Vivien
-Druide, d’Oliver Peru
-Fièvre noire, de Karen Marie Monning
-La maîtresse de Rome, de Kate Quinn
-On ne peut pas lutter contre le système, de J. Heska

Je pense aussi vous préparer un petit concours, auquel il faut que je réfléchisse, durant ce mois de juillet !
  
En ce moment je lis :


 Mes acquisitions du mois :

-Sans âme, de Gail Carriger (partenariat Babelio)
-Mutation : L’étoile de Natan, de Sophie Séronie-Vivien (envoyé par l’auteure)
-La complainte d’Irwam, d’Anna Combelles
-Druide, d’Oliver Peru


Ma PAL n’a pas trop augmenté ce mois-ci, j’en suis bien contente, et fière !

Ce mois-ci le blog a reçu :

1765 visites.
Merci à chacun d'entre vous !

Bon mois de juillet à tous, et bonnes vacances à ceux qui en ont ! N’oubliez pas vos livres dans vos bagages !


Stellabloggeuse

samedi 30 juin 2012

Côté Face, d’Anne Denier : une histoire envoûtante, obsédante, oppressante, dont on ne sort pas indemne !

[Anne Denier, 2010]

Entre « Côté face » et moi, c’est déjà une longue histoire ! Cela fait un bon moment que je lis des billets sur ce bouquin sur la blogosphère. Malgré les avis élogieux, ce livre m’a longtemps fait peur, à cause d’une simple phrase sur la quatrième de couverture : « Te séduire, t’emmener, te torturer, te violer et t’assassiner ». Pas aventureuse, j’avais alors passé mon chemin !

Puis je suis tombée sur le Quinze Littéraire de Méli consacré à Anne Denier. Un article qui a su me donner envie de découvrir ce titre. Il y a aussi eu l’article de Morgana, qui m’a donné tentée. Finalement, je suis tombée amoureuse de la nouvelle couverture, et dès que l’occasion s’est présentée, j’ai commandé ce livre. Finalement, Floly m’a proposé de le lire dans le cadre de notre challenge Livra’deux pour Pal’addict, j’ai sauté sur l’occasion pour le découvrir ! Mais trêve de blabla, entrons dans le vif du sujet !

Résumé

A Montpellier, une jeune lycéenne cherche ses Converses, que le chien lui a volées. Il la met en retard. A cause de cela, elle fait une rencontre troublante dans le tramway. Une rencontre qui, ajoutée à une grave chute dans un escalier, réveille une mémoire profondément enfouie en elle. Des souvenirs anciens qui ne lui appartiennent pas. Bientôt, elle a du mal à distinguer le vrai du faux, la réalité de l’imagination. Pourtant, elle est forcée d’apprendre à connaître cet autre côté d’elle-même. Car elle est en danger.

Une atmosphère particulière

Disons-le tout de suite et sans ambiguïté : j’ai beaucoup aimé ce roman. La principale raison, c’est l’atmosphère très particulière qu’a su créer Anne Denier. C’est une atmosphère angoissante et oppressante, presque malsaine par moments. J’ai eu peur en lisant ce livre, j’ai eu la chair de poule, je me suis sentie menacée. Bref, j’étais plongée au cœur de l’action, partie prenante de l’histoire comme si j’en étais l’un des acteurs. Je tiens à le souligner car un livre me fait rarement cet effet-là. C’est une lecture qui ne ressemble à aucune autre, et cela m’a plu.

J’ai apprécié également le contraste entre cette atmosphère pesante, la violence qui se déchaîne parfois dans le roman, et la vie quotidienne de l’héroïne avec ses gestes tout simples : se vêtir, vérifier l’heure, lacer ses chaussures. Ces gestes finissent par prendre une dimension particulière, on comprend plus tard qu’ils ne sont pas anodins.

Des personnages mystérieux

Dans ce roman, l’ensemble des personnages restent assez mystérieux. Bien que le récit soit écrit à la première personne, on sait peu de choses sur la vie de l’héroïne avant que le cours de sa vie ne soit bouleversé. Nous ne connaissons même pas son nom. En revanche, nous suivons pas à pas ses pensées et ses doutes, ses douleurs, ses efforts pour que sa vie conserve un sens.

Je n’ai pas ressenti d’attachement particulier pour elle, mais j’ai éprouvé beaucoup d’intérêt pour elle, à essayer de la comprendre. Sa manière d’agir, notamment avec les acteurs de sa « vie normale » m’a parfois désarçonnée, mais cela m’a amené à me poser des questions intéressantes. Du type « Comment agirais-je si le pire m’arrivait ? Lutterais-je pour mettre de l’ordre dans ce chaos ? Me laisserais-je couler ? Serais-je prête à tuer ? » Plein de choses intéressantes à méditer ! En tout cas, comme vous le voyez, c’est un personnage qui n’est pas lisse, et c’est en cela qu’elle est intéressante.

Quant aux autres personnages, nous les connaissons peu, et on aimerait parfois en savoir plus (vous le savez, je suis une curieuse…). Il y a ceux de la « vie normale » : les amies superficielles, le petit rigolo de la bande (de loin le plus sympathique), le petit frère, les parents. Aucun n’a de prénom, ils sont tous désignés par un surnom ou par leur rapport avec l’héroïne.

Mais il y a surtout ceux qui peuplent sa mémoire : Côme, fascinant de violence et de perversité et Nebel, touchant par la force de ses sentiments et de sa détresse. Ces deux derniers m’ont intriguée, je suis donc très contente qu’Anne Denier ait prévu de leur consacrer à chacun un roman qui viendront compléter « Côté Face » ! Le premier d’entre eux « Noces de lunes », est sorti en mai 2012, mais il est pour l’instant en rupture de stock (edit : Côté Face et Noces de Lune sont désormais tous deux disponibles chez Rebelles éditions).

Une histoire d’amour

En trame de fond de ce roman puissant, il y a une histoire d’amour intemporelle, de celles qui sont hors du temps, qui mettent les amoureux dans une bulle. J’ai beaucoup aimé cette romance. Dans de simples regards échangés, on ressent la puissance des sentiments des deux personnages. C’est une romance qui a son lot de noirceur, mais qui n’en est que plus belle au final. Elle sonne très juste en tout cas, malgré l’effet « coup de foudre » auquel je n’adhère pas toujours !

L’écriture

Ce roman est porté par l’écriture d’Anne Denier, qui est une très belle écriture. Elle a de belles phrases qui sonnent bien. Sa plume a aussi beaucoup d’humour, parfois un peu grinçant, qui m’a fait sourire dans des moments parfois critiques. J’ai aimé également sa manière de jouer avec les chapitres, de mélanger le passé et le présent en un immense puzzle, et sa manière de commencer les chapitres, dont on comprend peu à peu le sens. Ajoutons également que lorsque les événements se déroulent dans le passé, le contexte historique est très bien planté, que ce soit dans les tenues, les modes de vie, etc.

En quelques mots

J’ai donc beaucoup aimé ce roman pour son atmosphère très particulière qui m’a happée, des personnages mystérieux et complexes, et une écriture très agréable. Si ce n’est pas un coup de cœur, c’est simplement qu’il m’a manqué un « petit truc ». Je crois qu’au vu du reste du roman, j’attendais une fin un peu plus forte, même si j’ai trouvé celle-ci jolie. Mais franchement, ce n’est qu’un détail, et je vous conseille ce roman ! J’ai essayé de vous livrer mon ressenti sans en dire trop sur l’intrigue, j’espère que je ne suis pas trop floue et que je ne vous ai pas perdus en route !

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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Ce roman a été lu dans le cadre du challenge :


Et voici le billet de Floly à qui j’ai proposé de lire 16 lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl :par ici !

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« -Et si ce n’était pas que dans ta tête ?
J’eus un haut-le-corps. Qu’essayait-il de dire ? Que tous ces délires étaient vrais ? Que j’étais déjà morte ? Que j’avais connu Côme dans une autre vie horrible et cruelle ? Je refusai cette idée cauchemardesque. Qu’est-ce qu’il savait des choses affreuses qu’il y avait dans ma tête ?
-Je suis une non-croyante, déclarai-je avec violence. JE SUIS RATIONNELLE, LOGIQUE, CARTESIENNE ET FOLLE !
Pourquoi étais-je en colère ?
-Tout ça c’est dans ma tête, uniquement dans ma tête, soupirai-je, juste dans ma tête. »

« Je levai les yeux et regardai le ciel par la grande baie vitrée qui me faisait face. Il était d’un bleu profond et lumineux.
C’était aussi accepter d’avoir été quelqu'un d’autre, ailleurs, avant, d’avoir pu accomplir des actes que chaque fibre de votre corps réprouvait, d’avoir pu vivre des moments si horribles que vous ne pourriez plus jamais fermer l’œil.
Un nuage porté par les vents d’altitude s’étira dans l’azur.
C’était aussi accepter d’avoir vécu des choses si belles et si fortes mais à tout jamais perdues. »