samedi 1 février 2014

En janvier 2014...

A peine remise des fêtes, voici déjà le moment de dresser un premier bilan en 2014, celui du mois de janvier !

Ce mois-ci, j’ai donc lu et/ou chroniqué :
  
J'ai vraiment aimé :

Mon plus grand combat, de Flo Jallier (3,5/5)
De l'air !, d'Ange L Curt (3,5/5)
Double jeu, de Philippe Blon (3,5/5)

Ils m'ont "embarquée" :

Bel air, de Lionel Salaün

  Coup de coeur

Juste une ombre, de Karine Giebel




Cela fait donc 6 romans en ce début d'année (j'en ai lu un ou deux de plus mais les chroniques viendront en février), d'un niveau plutôt homogène, mis à part "Juste une ombre" de Karine Giebel qui m'a vraiment bluffée.

Chroniques non littéraires :


Le chouchou du mois :

   
Les articles les plus consultés par les visiteurs :

-Antéchrista, d'Amélie Nothomb (310 vues)
-Effroyables jardins, de Michel Quint (274 vues)
  -L'oiseau bleu, de Madame d'Aulnoy (132 vues)
  
  Peu de changement, si ce n'est une percée de l'article sur "Effroyables jardins". 

Le mois prochain je souhaite lire : 

-Lettre aux vivants qui souhaitent le rester, de René Barjavel
-La petite fille qui aimait la lumière, de Cyril Massarotto
-L'élite, de Kiera Cass

  En ce moment je lis :
  


Du nouveau dans ma bibliothèque :

-Belle, de Robin Mc Kinley
-Northanger Abbey, de Jane Austen (troczone)
-Le mec de la tombe d'à côté et Le caveau de famille de Katarina Mazetti (troc)

    

Ce mois-ci le blog a reçu :

   3973 visites.
Merci à tous pour vos passages par ici et vos commentaires ! 
   
Passez un bon mois de février, à très vite !

mardi 28 janvier 2014

Bel-air, de Lionel Salaün : l’histoire d’une cité, d’une amitié, d’une trahison

[Liana Levi, 2013]

J’avais beaucoup aimé « Le retour de Jim Lamar », premier roman très remarqué du chambérien Lionel Salaün. J’avais apprécié les décors bien plantés et l’épaisseur des relations entre les personnages. Je souhaitais donc découvrir rapidement son second roman paru à la rentrée littéraire 2013, intitulé « Bel-air ».

Résumé

Alors que la Cité est détruite peu à peu, le bar du Bel-air s’apprête à fermer ses portes. Georges, le gérant, sert un dernier verre à Frank, celui qui a été son meilleur ami autrefois. Les deux hommes ne se sont plus vus depuis la fin des années 1950. Frank, avec quelques décennies de retard, demande des comptes à son ancien ami. Il l’accuse de l’avoir trahi et de l’avoir envoyé en prison. Frank remonte alors le fil de sa mémoire et reviens à la fin des années 1950, à leur bande de copains, à l’époque où le Bel-air grouillait de vie, et il cherche la vérité.

Des qualités confirmées

On retrouve dans ce roman des thèmes chers à l’auteur, et notamment cette amitié très forte qui peut unir les hommes. Cette histoire est avant tout celle d’une bande d’amis. Même si leurs routes s’éloignent peu à peu, on les sent unis. De même, j’ai retrouvé dans ce roman l’aptitude de l’auteur à planter un décor et à donner vie à une communauté d’humains. C’est un roman basé sur l’humain, sur les relations entre les personnes et sur la construction de chacun.

Une cité des années 50

En revanche, si « Jim Lamar » était un roman américain, nous sommes bien ici en France, dans une ville inconnue, au sein d’une cité à l’écart du centre-ville. Le Bel-air est au centre de cette communauté, relie les uns et les autres. A la ville, les habitants sont déconsidérés et les perspectives d’avenir des jeunes gens sont étroites, même si les parents rêvent d’une ascension sociale dans l’administration. Ce qui n’empêche pas les habitants de mépriser à leur tour les travailleurs maghrébins qui vivent aux abords de leur cité et de les rejeter violemment. Sur fonds de guerre d’Algérie, nous retrouvons ainsi un autre sujet cher à l’auteur, celui du rejet de l’autre.

Les personnages

Le roman tourne autour d’une bande de copains. Nous suivons Frank, qui rêve de liberté, ne supporte plus les quatre murs de l’école mais ne sait pas savoir quoi faire de sa vie. Son meilleur ami Georges a repris à son compte le patriotisme de son père et effraie ses amis par son amour des armes. Antoine se passionne pour la mécanique et l’adrénaline, tandis que Serge évolue dans les hautes sphères de la cuisine parisienne et enchaîne les conquêtes.

L’écriture 

J’ai pris plaisir à retrouver le style de Lionel Salaün. Il a une manière de raconter que je trouve envoûtante. Il parvient sans problème à plonger son lecteur dans une ambiance et dans une époque, et à lui donner l’impression qu’il appartient à une communauté. Je continuerai à le suivre, c’est certain.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman à lire, pas tant pour la quête de Frank de celui qui l’a dénoncé, mais pour se confronter à la vie d’une communauté d’hommes dans une cité de la fin des années 1950, pour éprouver la solidité des amitiés et pour réfléchir à la chute de l’empire colonial français et à une xénophobie qui n’a malheureusement pas perdu toute sa vigueur aujourd’hui.

Note : 4/5

Stellabloggeuse

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« Des questions, tout au long des quinze années que j’avais passées à l’ombre, il m’en était venu tout un tas, que j’avais ruminé jusqu’à la nausée, les veines gonflées de haine et de colère. Mais à tant les ressasser, jour et nuit, des mois et des mois durant, à les triturer comme les pièces d’un puzzle qu’on n’arrive pas à faire coller ensemble, la plupart d’entre elles avaient fini en lambeaux. Et, depuis que j’avais recouvré la liberté, celles qui restaient avaient fondu au soleil. Sauf une, qui n’avait rien à voir avec cette serveuse dont j’avais même oublié le nom. Cette question-là, si j’avais pu, à vingt ans, briser mes barreaux pour venir ici, la poser à Gérard et régler mes comptes, la facture aurait été salée et le gars aurait dû payer cash, intérêts compris. Mais j’avais eu vingt-cinq ans, et puis trente, et puis trente-cinq. Et tant d’autres encore. »

« Dans cet étrange et merveilleux voyage qu’est l’amour, me confia-t-il, les hommes ont peur parce qu’ils ne savent pas où ils vont. Les femmes, elles, ne redoutent pas ce chemin qu’elles connaissent d’instinct. »

samedi 25 janvier 2014

Double jeu, de Jean-Philippe Blondel : être et jouer


J’en avais beaucoup entendu parler, par des collègues souvent enthousiaste, mais je n’avais jamais encore testé la plume de Jean-Philippe Blondel, qui écrit à la fois pour les adultes et les adolescents. J’ai donc tenté l’aventure avec son dernier roman pour ados, « Double Jeu ».

Résumé

Quentin est un élève de première. Originaire de la banlieue parisienne, il vient d’être transféré dans un lycée parisien huppé, sur l’initiative de son proviseur qui espérait le remettre ainsi dans le « droit chemin ». Lui, l’ancien trublion du lycée St Exupéry, coupé de ses anciens camarades, se tient tranquille, presque invisible, il ne se fait pas remarquer. Jusqu’au jour où son professeur de français le fait sortir de ses gonds, et lui propose ensuite de rejoindre la troupe de théâtre qu’elle anime. Au travers de cette pièce, Quentin va se questionner sur son identité et ses projets d’avenir.

Une quête identitaire

Globalement, j’ai apprécié ce roman qui tourne autour du questionnement d’un adolescent sur son identité. Passé brutalement d’un milieu à l’autre, Quentin ne sait plus qui il est. Il se retrouve coupé de ses anciens camarades, pas vraiment intégré aux nouveaux. Il se questionne sur ses perspectives d’avenir, un avenir qu’il a du mal à concevoir en dehors de la cité où il a grandi.

Un théâtre quotidien

Le théâtre est au centre de ce roman. Quentin fait l’apprentissage de la comédie, et se rend compte par la même occasion de l’importance du jeu dans la vie de tous les jours. L’auteur fait ainsi passer l’idée que nous sommes des acteurs au quotidien, pour offrir aux autres l’image qu’ils attendent de nous selon le milieu où l’on évolue. Quentin, lui, s’efforce de rester lui-même, et le lecteur le respecte pour cela.

Les personnages

Quentin est un personnage attachant. On se rend rapidement compte qu’il n’a rien d’un caïd. Jusqu’à maintenant, il était dans la provocation car entouré de personnalités propice à cela. Ici, nous découvrons un jeune homme plutôt calme, qui aimerait se faire oublier. Mais sous la surface couve un feu, une colère et des désirs enfouis qui ne demandent qu’à sortir.

L’écriture

J’ai beaucoup apprécié ma rencontre avec le style de Jean-Philippe Blondel. L’écriture est belle, le vocabulaire soigneusement choisi, les réflexions bien développées. Je lirai de nouveaux titres de cet auteur avec plaisir.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman adolescent sympathique, sur la quête d’identité et d’avenir d’un jeune homme qui était plutôt mal parti dans la vie. Le tout sur fonds de théâtre, et servi par une écriture plaisante. En revanche, c’est un roman un peu rapide, qui ne suscite pas d’émotion particulière.

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse

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« Je ne sais pas ce qui me prend. La rage d’être là, au milieu de ces bouffons qui ne me calculent pas et qui ont des prénoms à coucher dehors. Le souvenir de Dylan avec les deux autres crétins hier soir. Mon père et sa zappette. Ma mère et sa ride sur le front. Ma tension. Tout ressort d’un seul coup. J’imite le petit mouvement de main de la Fernandez, je serre les lèvres, je lève le sourcil gauche comme elle, je me racle la gorge et j’entonne le refrain d’une voix très monocorde – c’est la seule différence avec sa propre tirade, l’échappatoire qui me permettra par la suite de prétendre que je ne l’ai pas caricaturée. »

« En moi, il y a des torrents d’émotions contradictoires. Je n’en reviens pas de m’être fait remarquer. Je m’en veux, bien sûr, parce que je l’ai échappé belle ; mais en même temps naît une sorte de fierté qu’il faut que j’apprivoise. Fier, oui. Je suis fier de moi. C’est un sentiment dangereux, la fierté. De là à se croire le maître du monde, il n’y a qu’un pas. J’ai peur aussi. De moi. Parce que je ne sais pas d’où me sont venues ces phrases. […] Je sens très nettement un nerf qui vibre dans ma poitrine. Et cette voix qui me dit que oui, peut-être, au fond, je suis bon à quelque chose. »

mardi 21 janvier 2014

De l’air ! d’Ange L. Curt : pétillant et surprenant

[Rebelles, 2013]

Même si cet hiver est particulièrement doux, on ressent parfois avec le manque de soleil l’envie d’une lecture-évasion. L’occasion s’est présentée avec l’adorable proposition de l’auteure, Ange L. Curt, de découvrir son roman « De l’air !», je n’ai pas hésité longtemps avant de l’accepter.

Résumé

Lana, âgée de 37 ans, est au bord de l’explosion. Elle aime son mari, elle a deux adorables petites filles, mais elle a besoin d’air ! Elle se sent coupable, n’ose pas en parler à ses proches et s’efforce de jouer la comédie. Mais quand, un matin de Noël, un message d’un expéditeur inconnu l’invite à tout quitter pour partir à l’aventure elle hésite…

Un roman qui fait voyager

Globalement, j’ai apprécié ma lecture qui a parfaitement rempli la mission que je lui avais assignée, à savoir me faire voyager. J’ai apprécié la plongée aux Etats-Unis, et plus encore la découverte magique d’un site Maya du Mexique. J’ai été un peu moins convaincue par la partie se déroulant en Italie, peut-être parce que j’aime trop la ville de Rome et que je la connais un peu trop ! Voici pour le voyage. Pour le reste, j’ai regardé Lana prendre peu à peu confiance en elle d’un œil bienveillant, tout en surveillant de près ses relations avec son mentor. Tout cette aventure a néanmoins un côté surréaliste, peu crédible, et plus encore certains rebondissements…

Un final surprenant

…mais tout prend sens lorsque l’on découvre les dernières pages du roman ! Ainsi, tout ce que je pu désapprouver au cours de ma lecture, tous les évènements qui m’ont fait froncer les sourcils durant ma lecture, tout cela se justifie par la manière dont le roman se termine. Je me suis beaucoup interrogée sur la fin en cours de lecture, et je n’avais pas envisagé celle-ci. Ce final est bluffant, et il fait d’un roman de chick-lit passe partout un roman qui a quelque chose en plus.

Les personnages

De manière générale, j’ai trouvé Lana assez sympathique en mère au bout du rouleau. C’est également un personnage dynamique doté d’un bon sens de l’humour. En revanche, ses oscillations perpétuelles entre égoïsme et culpabilité m’ont un peu lassée à la longue. Son mari, Hugo, que l’on découvre à l’occasion de flash-back, est on ne peut plus séduisant et adorable, peut-être trop pour être vrai. Quant à Rick, qui la guide dans son voyage, c’est la tentation faite homme, et on en croquerait bien un morceau…même si on aurait aimé en savoir davantage à son sujet !

L’écriture

Le style de l’auteure, malgré quelques petites maladresses (peu nombreuses), est plaisant. Le ton du roman est léger et l’humour très présent. C’est un roman qui se lit tout seul.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman qui m’a fait voyager et, s’il m’a parfois laissée perplexe au fil de ma lecture, tout s’est éclairé à la faveur d’un final surprenant et émouvant et qui m’a fait voir les évènements passés de manière très différente. Je vous conseille donc de le lire, et surtout, d’aller jusqu’au bout même si vous n’êtes pas convaincu par les débuts. Merci à Ange L. Curt pour cette découverte!

Note : 3,5/5 (si je n’avais pas lu la fin, j’aurais mis 3)

Stellabloggeuse

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« Je suis là sans y être vraiment. Mon corps est figé dans cette grande pièce animée et mon esprit vagabonde à toute allure. Je fais bonne figure, mais je ne peux m’empêcher de penser à ces quelques lignes. Je fixe les poutres blanches au plafond, les yeux dans le vague. Je dois me reprendre, car on va remarquer mon comportement étrange. Depuis peu, je ne me reconnais plus moi-même. Je ne suis plus la femme dynamique qu’il a connue. Je subis. Et si je m’enfuyais ? Et si je suivais cet inconnu ? »

« Le froid n’est pas vraiment mon truc… Mais je serais proche du gros monsieur rouge avec cette deuxième solution. Cela me permettrait de le remercier d’avoir exaucé mon vœu :
-Bonjour, Père Noël, je suis Lana, la dame désespérée implorant sans cesse d’être téléportée sur une île déserte ! Vous vous souvenez ?
Il aura peut-être du mal à se souvenir de moi, car j’imagine ne pas être la seule mère au monde à avoir un jour demandé un tel cadeau. Je ne crois vraiment pas être un modèle rare, une pièce unique. Mais je suis certainement la seule à avoir franchi le pas et à avoir accepté ce cadeau empoisonné. Telle Blanche Neige, j’ai mordu dans la pomme. Contrairement à cette beauté froide, je rêvais qu’on me tende le fruit défendu. Et j’ai croqué…à pleines dents. Direction la Grosse Pomme, faut-il y voir un signe ? »