samedi 5 avril 2014

Wonder, de R.J. Palacio : un garçon comme les autres

[PKJ, 2013]

"Wonder" de RJ Palacio est un roman qui m'a fait envie dès sa sortie, envie sans cesse attisée par les avis élogieux de collègues et de copinautes. J'ai donc été ravie lorsque Stellade a choisi ce titre pour moi dans le cadre de notre challenge Livra'deux pour Pal'addict.

Résumé 

August est né avec une malformation faciale. Aujourd'hui âgé de dix ans, il se sent toutà fait normal, un garçon comme les autres. Mais le regard des autres le fait se sentir différents. A ceux qui le rencontrent pour la première fois, il évoque les termes « difforme », ou « monstre ». Entre pitié et méchanceté, on le regarde à la dérobée, on parle dans son dos. Pourtant, cette année, il fait face à un nouveau défi : lui qui n'a jamais été à l'école va faire son entrée au collège, en classe de sixième.

Un roman à plusieurs voix

« Wonder » est un roman choral, plusieurs points de vue sont développés et se complètent. Le plus souvent, c'est August qui s'exprime, mais nous avons aussi la vision de sa sœur Olivia, du petit copain et de l'ex meilleure amie de cette dernière, ou celle de Jack et Summer, des camarades rencontrés au collège. Aucun adulte ne s'exprime directement, nous explorons les ressentis des adolescents. Ces points de vue multiples apportent beaucoup. August nous fait vivre sa différence de l'intérieur, nous livre son analyse du comportement des autres. Jack, Justin et Summer nous permettent de comprendre comment réagissent ceux qui sont confrontés pour la première fois à la différence d'August. Quant à Olivia, elle nous renseigne sur le fonctionnement de la famille Pullman, sur la manière dont l'apparence d'August affecte leur vie à tous. L'ensemble est passionnant et c'est un livre qui se dévore !

De l'humour et des émotions

Ne soyez pas effrayés par le thème du roman, qui n'est en aucun cas pesant, ni déprimant. La différence d'August est abordée avec lucidité mais sans appitoiement. La plupart du temps, le ton est léger et il y a beaucoup d'humour. Cela n'empêhe pas l'émotion, et nos cœurs se serrent parfois devant la méchanceté de certains personnages. Mais c'est un livre très positif, qui donne du courage pour affronter la vie. Peut-être est-il justement un peu trop idyllique, on se dit que dans la « vraie vie » l'histoire d'August ne serait pas aussi belle. Mais cela ne fait pas de mal de rêver un peu à un monde meilleur.

Les personnages

August est très attachant, c'est un petit garçon intelligent et courageux, qui n'a même pas consience de ses qualités. On le voit s'affirmer au cours de ce roman, pour notre plus grand plaisir. J'ai été très touchée par sa grande sœur Olivia, qui aimerait parfois exister un peu plus en dehors de son petit frère qui prend beacoup de place dans la vie familiale. Elle l'aime, et se sent coupable dès lors qu'elle pense un peu à elle. J'ai eu envie de la protéger. J'ai également eu de la sympathie pour le directeur du collège, ou pour Jack, Summer et Justin. Ces adolescents ne sont pas parfaits, mais ils apprennent à voir au-delà des apparences.

L'écriture

Quand au style, il est agréable, la lecture est fluide. Le langage est simple, crédible pour des adolescents, sans être négligé pour autant. Il en ressort une impression de candeur et de spontanéité rafraîchissante. Ajoutez une bonne dose d'humour, et vous obtenez un roman qui se lit tout seul !

En quelques mots...

Ainsi, c'est un roman bien mené sur la différence que nous offre ici l'auteur, avec des points de vue intéressant et varié. L'humour est bien présent et l'émotion n'est jamais loin non plus. L'histoire est servie par des personnages très attachants et une écriture agréable. C'est un roman qui donne envie d'être généreux et d'aller vers l'autre, un roman qui fait du bien. A mettre dans toutes les mains à partir de 10/11 ans !

Note : 4,5/5

Stellabloggeuse



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Ce roman fait partie des challenges :


Livra’deux pour Pal’addict 
Un livre choisi pour moi par Stellade qui a lu « A la vie à la mort » de Henri Courtade


Challenge New PAL 2014 : 17/20




Big Challenge 2014 : 3/5

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« Si je trouvais une lampe magique et si un seul souhait m’était accordé, je demanderais un visage ordinaire que personne ne remarque jamais. J’aimerais pouvoir marcher dans la rue sans que tout le monde me regarde et puis détourne les yeux à toute vitesse. Voici mon idée : la seule raison pour laquelle je ne suis pas ordinaire, c’est que les autres me voient comme ça. »

« À force, la tête me tourne, puis d’autres pensées surgissent et m’apaisent, comme pour arranger les choses. Non, non, tout n’est pas la faute au hasard. Si c’était le cas, l’univers nous abandonnerait complètement. Alors qu’il prend soin de ses créations les plus précieuses par des moyens invisibles à nos yeux. Comme des parents qui vous aiment aveuglément. Une grande sœur qui se sent coupable de chercher à vivre en dehors de vous. Un gamin à la voix rauque qui a renoncé à ses amis pour être votre ami. Même une fille aux cheveux roses qui garde une photo de vous dans son portefeuille. Peut-être que c’est une grande loterie, mais l’univers, en fin de compte, se charge de rétablir l’équilibre. L’univers prend soin de tous ses oisillons. »

mardi 1 avril 2014

En mars 2014...

  Le printemps est là, tout comme le bilan du mois de mars !

Ce mois-ci, j’ai donc lu et/ou chroniqué :

Bien mais sans plus :

Trois grands fauves, de Hugo Boris (3/5)

J'ai vraiment aimé :

Blue jay way, de Fabrice Colin (3,5/5)
La jeune fille à la perle, de Tracy Chevalier (3,5/5)
Indiana Teller, tome 4, de Sophie Audouin-Mamikonian : Lune d'hiver (3,5/5)

  Ils m'ont "embarquée" :

La fille de braises et de ronces, tome 2, de Rae Carson : La couronne de flammes (4/5)
La ligne verte, de Stephen King (4,5/5)
Vampire academy, tome 3, de Richelle Mead : Baiser de l'ombre (4,5/5)




Cela fait donc 8 romans et 1 essai, sans aucune déception, j'ai passé un très bon mois livresque. J'ai beaucoup puisé dans ma Pile à Lire et j'ai lu des titres qui me faisaient envie depuis longtemps.

Les chouchous du mois :
   
   
Les articles les plus consultés par les visiteurs :

  -Effroyables jardins, de Michel Quint (357 vues)
 -Antéchrista, d'Amélie Nothomb (260 vues)
-Divergent, tome 2, de Veronica Roth (178 vues)

"Divergent" fait pour la première fois son apparition sur le podium, je suis contente de voir que cette saga gagne en notoriété avec la sortie imminente du film !
  
  Le mois prochain je souhaite lire : 

-Arcadia, de Fabrice Colin
-Nox, tome 2 : Ailleurs, de Yves Grevet
-Inventaire après rupture, de Daniel Handler
-The luxe, tome 3 : Tricheuses, d'Anna Godbersen

  En ce moment je lis :


Du nouveau dans ma bibliothèque :

-Indiana Teller, tome 4, de Sophie Audouin-Mamikonian (service de presse)
-La symphonie des abysses, tome 1, de Carina Rozenfeld (gain concours)


      Vous avez vu, comme je suis sage ?

Ce mois-ci le blog a reçu :

  3898 visites.
Merci à tous pour vos passages par ici et vos commentaires ! 
      
Passez un bon mois d'avril, à très vite !

Stellabloggeuse

samedi 29 mars 2014

Trois grands fauves, de Hugo Boris : trois destins revisités

[Belfond, 2013]

J’aime l’Histoire et les romans historiques, la quatrième de couverture de ce roman de Hugo Boris m’a donc rapidement intriguée. Sachant que l’auteur sera présent aux Assises Internationales du Roman de Lyon, je me suis donc finalement décidée à le lire.

Résumé

Dans ce livre au carrefour de la biographie et du roman, l’auteur romance et lie les destins de trois figures de l’Histoire, trois « grands fauves » : Danton, Victor Hugo et Churchill. Il leur accorde dans le livre un nombre de pages proportionnel à la durée de leur vie, tandis qu’il sonde leur rapport à la mort et les grandes lignes de leur existence.

Trois destins romancés et liés

L’auteur s’approprie complètement les destins de ces trois figures historiques, n’hésitant pas à les romancer. Ne cherchez pas ici la minutie et l’exactitude historique, ce n’est pas le but de l’auteur. Il s’intéresse plutôt aux concordances entre ces trois destins, les trois hommes ayant frôlé la mort de près dès leur plus jeune âge. Il lie les trois personnages, pointe les concordances dans leurs existences. C’est parfois un peu rapide ou légèrement caricatural, les caractères ayant été poussés à leurs extrêmes, mais cela vaut le détour.

Les personnages

La partie consacrée à Danton est la plus courte. L’auteur s’attache à montrer comment cet homme disgracieux a su conquérir les foules grâce au charisme de sa voix, comment il a acquis une forme de séduction. Vient ensuite Victor Hugo, présenté comme une allégorie d’ogre, qui a écrasé ses enfants de sa personnalité et de son égocentrisme, mais se rattrape sur ses vieux jours avec ses petits-enfants.

L’auteur termine avec Churchill, et c’est la partie qui m’a le plus intéressée. J’ai été touchée par ce géant persuadé que son père ne serait jamais fier de lui, et qu’il mourrait jeune. Cet homme qui ne se sent jamais aussi vivant qu’en pleine guerre, qui est rattrapé par la dépression dès qu’il n’a plus rien à faire et qui tente de la noyer dans l’alcool.

L’écriture

Le style d’Hugo Boris est agréable à suivre, simple mais évocateur. Il parvient à donner vie à ces trois personnages, et notamment à Danton que l’on a l’impression de voir évoluer sous nos yeux. J’ai lu quelque part qu’il avait préparé ce livre pendant plus de dix ans en lisant des livres d’Histoire, et cela se ressent. Il s’est approprié l’Histoire avant de la réécrire.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai passé un bon moment avec ce livre qui relie trois grands hommes, chacun dans leur genre. Les portraits sont assez rapides et les caractères exagérés, ne cherchez pas le détail et l’exactitude, mais plutôt les lignes de force qui ont sous-tendu leurs existences. Winston Churchill est celui qui m’a le plus touchée, cela me donne envie de peut-être découvrir ses mémoires.

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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« 1792. Au couvent des Cordeliers, à la Convention, il tonitrue. On aime à l’écouter et l’on tremble lorsque son regard pénétrant balaie l’assemblée. Il bat l’estrade, parle debout, jamais assis. Si tantôt il susurre pour vérifier la qualité du silence, c’est pour mieux rugir aussitôt, faire crépiter les mots suivants, déployer cette énergie avec laquelle chaque auditeur vient puiser un élan. La voix est l’organe dont il est le plus fier, celui sur lequel il bâtit son œuvre impalpable. »

« C’est à ce jeune homme de vingt-quatre ans, ce correspondant du Morning Post, que le machiniste, le capitaine et les majors ont abandonné la conduite des opérations de sauvetage. A lui que tous les hommes obéissent, effrayés par son courage. Ce matin, quand le train filait sur ses rails et que tout allait bien, personne ne le remarquait. A présent, on ne voit que lui. Il est là, entier dans la bataille, ressuscitant le courage avec cet entêtement et ce grain de folie qui vont mal aux temps ordinaires mais si bien à ceux de danger. Dans le péril, il a suffi que ce jeune inconnu veuille avec fermeté pour que des hommes, simples soldats, officiers ou civils, aient envie de le suivre. »

jeudi 27 mars 2014

Indiana Teller, tome 4, de Sophie Audouin-Mamikonian : Lune d’hiver, un final convaincant

[Michel Lafon, 2014]

*Attention, il s’agit du dernier tome d’une saga, présence de spoiler sur les volets précédents*

La saga « Indiana Teller » de Sophie-Audouin Mamikonian m’a régalée avec les trois tomes précédents, « Lune de printemps », « Lune d’été » et « Lune d’automne ». J’avais particulièrement apprécié ce dernier, qui avait atteint selon moi des sommets d’humour. Aussi, j’attendais avec une grande impatience ce quatrième et dernier tome. Il sort aujourd'hui en librairie !

Résumé

Contre toute attente, Indiana a triomphé de Mordred et les vampires dirigés par Annabelle sont maintenant les amis de la meute. Pourtant, les ennuis ne sont pas terminés pour le jeune humain. Sa mère, toujours détenue par Brandkel, lui donne un délai de sept jours pour la retrouver avant de disparaître. Katerina est rattrapée par son manque de confiance en elle et se défie de lui. Enfin, Tyler disparaît mystérieusement de sa prison, laissant supposer l’implication des sorciers. Indiana va-t-il encore une fois sauver sa meute et le monde ?

Un tome drôle et efficace

Cet ultime tome est fidèle est la recette qui a fait le succès des précédents, à savoir une intrigue trépidante, qui nous mène de rebondissement en rebondissement. Impossible pour le lecteur de savoir où Indiana va le mener ! Il m’a néanmoins semblé que l’intrigue était un peu moins cohérente que dans les autres tomes, qu’elle partait davantage « dans tous les sens » sans grand fil conducteur. Mais la fin est tout à fait convaincante et ne m’a pas frustrée, même si elle arrive très vite.

De même, l’humour est toujours bien présent, l’auteure s’amuse comme une petite folle avec les codes du fantastique et avec les personnages légendaires, et l’on prend beaucoup de plaisir si on lit cela au second degré. Par exemple, dans ce tome, elle s’approprie le personnage de Merlin. J’ai toujours un penchant pour Excalibur, l’épée qui parle sans mâcher ses mots ! Je dois cependant avouer que ce dernier tome fonctionne un tout petit peu moins bien, peut-être y a-t-il un brin de lassitude de ma part après quatre tomes reposant sur les mêmes mécanismes.

Les personnages

Indiana est un personnage qui m’a toujours beaucoup plu, je suis sensible à son autodérision et à son intelligence. Il est de plus en plus sûr de lui après les obstacles qu’il a franchi, et il finira par s’assumer entièrement dans ce tome. Mais peut-être devient-il un peu trop parfait à mon goût ! Quant à Katerina, si je l’avais appréciée dans le troisième tome, elle a recommencé à m’agacer, je ne m’étendrai pas sur son cas. Il n’y a pas de personnage secondaire qui se dégage vraiment dans ce dernier tome, particulièrement centré sur Indiana.

L’écriture

La plume de l’auteure reste fidèle à elle-même, vive et directe. Le style est simple et efficace. L’humour est toujours très présent, ainsi que de nombreuses références culturelles. On ressent dans son écriture la joie de vivre de Sophie Audouin-Mamikonian, et je trouve cela réjouissant.

En quelques mots…

Ainsi, malgré une intrigue un poil moins cohérente et peut-être un brin de lassitude de ma part, Sophie-Audouin Mamikonian offre un final digne de ce nom à Indiana Teller, une saga un peu barrée, mais tellement rafraîchissante et originale. Cela a été un vrai plaisir de voir évoluer Indiana, personnage drôle et intelligent, tout au long de ces quatre tomes. On s’amuse beaucoup de voir l’auteure s’approprier et transgresser les codes du fantastique. Si vous recherchez une saga fantastique drôle et sortant des sentiers battus, c’est celle-ci qu’il vous faut !
Je remercie chaleureusement Camille et les Editions Michel Lafon pour l’envoi de ce dernier tome.

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse

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« Le cercle se referma sur nous. Tyler ne voulait courir aucun risque. Il savait à quel point je pouvais être dangereux, armé. Alors il m’avait confisqué toutes mes lames. Même si je pouvais disparaître et réapparaître derrière son dos, sans rien d’autre que mes pauvres dents et mes ongles, tout cela n’allait pas servir à grand-chose. […] je déglutis. Il me regarda. Et je vis ma mort dans ses yeux. »

« J’étais déjà terrifié avant. Il n’arrangeait pas les choses.
-Alors, je vais vous répondre ce que m’a toujours dit mon grand-père : il n’y a pas de héros. Il y a juste des gens ordinaires qui se retrouvent confrontés à des choses extraordinaires, et réagissent d’une façon extraordinaire. »

« -Dites les gars, lançai-je aux sorciers, ce serait peut-être bien d’arrêter de jouer chacun dans son coin et de frôler la catastrophe, non ? Les vampires sont super puissants et super individualistes, et les meutes pareil. Résultat des opérations, on a failli y passer deux fois en une semaine […] Vous ne croyez pas qu’il serait temps qu’on se serre un peu les coudes ? Et que tout le monde soit au courant des problèmes des uns et des autres, histoire de les régler sans que des tas de gens ne meurent entretemps, juste parce que la communication ne passe pas bien ? »