mardi 24 février 2015

Eleanor & Park, de Rainbow Rowell : une histoire d’amour intemporelle et touchante

[PKJ, 2014]

« Eleanor & Park » de Rainbow Rowell a fait parler de lui dès sa sortie l’année dernière, récoltant l’éloge des auteurs et des bloggueurs. Puis il est arrivé en bibliothèque, et mes collègues ont succombé les unes après les autres. J’étais donc plus que ravie lorsque ma très chère Cajou, qui l’avait beaucoup aimé, me l’a offert (je n’ai pas les mots pour te remercier suffisamment) et je me suis promis de ne pas le laisser traîner.

Résumé

Omaha, 1986. Quand Eleanor, la nouvelle du lycée, monte pour la première fois dans le bus, personne n’est décidé à lui faire une place. Différente – enrobée, habillée de manière excentrique, trop voyante – la petite bande qui fait la pluie et le beau temps dans le bus est bien décidée à lui mener la vie dure. Elle échoue à côté de Park et ils mettent tous deux un point d’honneur à s’ignorer. Jusqu’à ce qu’Eleanor commence à lire les comics de Park par-dessus son épaule…

Une magnifique romance

J’ai été complètement emportée par ce roman qui nous offre une vraie belle romance, de celles auxquelles on croit dur comme fer. L’histoire d’amour d’Eleanor et Park n’a rien de simple, elle est au contraire un combat de tous les jours, et pourtant elle est tellement belle… Justement parce qu’elle est à la fois évidente et contrariée. Leur histoire est racontée avec pudeur et simplicité, et beaucoup de justesse. Sans jamais en faire trop, l’auteure nous offre de très belles scènes et de vrais sentiments qui résonnent au plus profond de soi.

Au cœur des 80’s

En ce qui concerne la vie quotidienne des deux protagonistes, c’est tout aussi réussi. Rainbow Rowell nous plonge dans la seconde partie des années 80, au rythme d’Aerosmith, à la grande époque du punk et des comics, lorsqu'on écoutait de la musique sur des vinyles et des cassettes à bande magnétique. La vie familiale saine et équilibrée de Park alterne avec celle d’Eleanor qui m’a littéralement serré le cœur. Cette vie la met à part et elle essaie d’en faire une différence assumée, mais elle l’isole au lycée et fait d’elle la cible des moqueries. Ce contexte est habilement articulé avec la romance des deux jeunes gens, jusqu’à un final un peu rapide et plus brouillon que le reste du roman, mais qui est parvenu à me satisfaire.

Les personnages

Ce roman est porté par deux personnages impossibles à oublier. Park est lumineux, c’est un garçon qui est dans le don de lui-même et dans l’acceptation de son côté féminin (au grand dam de son père). Eleanor est beaucoup plus torturée. On la trouve très forte au vu de ce qu’elle endure chez elle, mais elle est aussi fragile, constamment sur le point de se briser, et il est impossible pour elle de se livrer à Park et de s’investir tant sa vie ne tient qu’à un fil. Je lui en ai parfois voulu de ne pas lui rendre tout ce qu’il lui donne, mais elle en est tout simplement incapable. La famille de Park m’a bien plu également, aimante et harmonieuse, elle a aussi ses failles et ses points de crispation.

Le style

On m’avait mise en garde contre le style de ce roman, et notamment sa traduction un peu maladroite, avec l’utilisation récurrente du passé composé. De fait, ce n’est pas du meilleur effet et on a connu plus jolie plume, mais cela ne pique pas non plus les yeux, et j’étais tellement plongée dans l’histoire que je n’y ai pas fait vraiment attention. Car en ce qui concerne la description des sentiments et l’émotion suscitée, c’est juste parfait.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai eu un franc coup de cœur pour ce roman porté par deux personnages inoubliables, qui nous propose une très belle romance contée avec finesse. J’ai été très touchée par les sentiments des deux jeunes gens. Les problèmes d’Eleanor m’ont serré le cœur et la personnalité de Park l’a illuminé. Je n’avais pas autant aimé un livre depuis « Nos étoiles contraires » de John Green. A conseiller à tous ceux qui ont envie de tomber amoureux, à partir de 14 ans.

Note : 5/5 (Coup de cœur)
Stellabloggeuse
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« Tout ce que je fais quand on est loin, c’est penser à toi, et tout ce que je fais quand on est ensemble, c’est paniquer. Parce que chaque seconde semble si importante. Et parce que je suis vraiment incontrôlable, je ne peux pas m’en empêcher. Je ne m’appartiens même plus, je suis à toi, et qu’est-ce qui se passera si un jour tu décides que tu ne veux plus de moi ? Comment est-ce que tu pourrais me vouloir autant que je te veux ? »

« Tout ce qui se disait dans cette maison était toujours désespéré.
Le désespoir n'était rien pour Eleanor ; c'était l'espoir qui lui tiraillait le cœur avec ses petits doigts. »

« Tu m’as sauvé la vie, a-t-elle essayé de lui dire. Pas pour toujours, pas pour de bon. Pour le moment en tout cas. Tu m’as sauvé la vie, et maintenant je suis à toi. Ce que je suis devenue maintenant est à toi. »
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Ce roman fait partie du challenge :


Challenge New Pal 2015 : 2/75

vendredi 20 février 2015

Une vie merveilleuse, de Dominique Brisson : une vie passée au crible des 26 lettres de l’alphabet

[Syros, 2014]

Je n’avais encore jamais lu de roman de Dominique Brisson avant ce jour. Alors que j’examinais la dernière commande arrivée à la bibliothèque, je suis tombée sur ce roman en forme d’abécédaire, et j’ai été intriguée par le concept.

Résumé

Dans sa chambre qu’il partageait autrefois avec sa sœur, Yanis parcourt l’abécédaire qui a suivi cette dernière depuis sa tendre enfance. Il en parcourt les contours, ce qui lui permet de revenir sur l’existence de cette sœur désormais absente, de leurs relations, et de la lente descente aux enfers de la jeune fille qui s’enfonce dans une forme de dépression rageuse…

Une structure intelligente

L’idée d’utiliser un abécédaire pour écrire un roman est intéressante et ludique (même s’il me semble qu’elle a déjà été utilisée), d’autant plus que c’est bien fait, il n’y a pas ce côté artificiel que l’on pourrait craindre. Nous nous imaginons sans peine ce jeune garçon de douze ans en train de parcourir l’abécédaire de sa sœur. Cette structure particulière nous donne des éléments sur leur existence à tous les deux, sans tout révéler non plus, il nous faudra lire entre les lignes

Mal-être et force

Le mal-être de la jeune fille est au centre du roman. Yanis nous explique comment sa sœur, ronde et solaire, est devenue peu à peu une ombre dévorée par la colère. Il ne comprend pas bien l’origine de ce mal, il est, tout comme le lecteur, un spectateur impuissant. Mais tout n’est pas noir car Yanis nous montre que malgré ses errances, sa sœur est parvenue à lui donner de la force, une capacité à tout affronter.

Les personnages

Yanis est un jeune garçon assez mûr pour son âge, et totalement dévoué à sa sœur. Il va aller jusqu’à lui faire ses devoirs pour lui éviter des ennuis ! Il est pourtant chétif et malmené par les autres, mais la détresse de sa sœur va l’amener à prendre le dessus sur ses faiblesses. C’est un personnage assez attachant. Quant à sa sœur, elle est lunatique et colérique mais, même si on ne la comprend pas, on ne parvient pas à lui en vouloir tant Yanis l’aime.

L’écriture

L’écriture est simple et abordable, l’auteure s’exprime par la bouche de Yanis, âgé de douze ans. Mais avec ces mots qui n’ont rien de compliqué, l’auteur parvient quand même à faire ressortir toute la complexité de ses personnages et de leurs sentiments.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été plutôt convaincue par ce roman en forme d’abécédaire, cet hommage d’un jeune garçon à sa sœur qui lui en aura pourtant fait baver, mais qui lui a transmis sa force. La plume facilement abordable le rend accessible dès 10 ans, mais pour pleinement appréhender la thématique un peu difficile, je le conseillerais plutôt à partir de 12 ans.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Maintenant, je me dis que ce secret est peut-être une chance, car grâce à lui, tous les soirs, avec l’abécédaire qui a migré de son mur sur le mien, je refais vibrer nos vies, je m’applique à coudre et à recoudre, en caressant à mon tour les petites aspérités du tissu, les idées et les émotions qui ont pu traverser son cerveau. Et ainsi, je peux trouver le bonheur et enfin m’endormir, avec en toile de fonds l’écho joyeux de nos pas sur la longue passerelle de fer qui enjambe la route et que nous empruntions tous les jours sur le chemin du collège. »


« Et même quand je passe la porte de notre chambre vidée de sa substance, que mes yeux se posent sur l’angle du mur que ma sœur a usé de ses rêves, je trouve que j’ai de la chance d’abriter dans mon cœur l’image de cette jeune fille à qui j’ai tout donné et qui en échange m’a légué cette force incroyable. »

mardi 17 février 2015

Charlotte, de David Foenkinos : belle intention, faible résultat

[Gallimard, 2014]

Vous ne rêvez pas, me revoilà avec un roman adulte, petit plaisir devenu rare. J’ai découvert David Foenkinos avec « La délicatesse », un roman dont j’avais beaucoup aimé le ton et la tendresse, tout en simplicité. Aussi, quand est sorti « Charlotte » et que les éloges ont commencé à pleuvoir, j’ai tout de suite eu envie de le lire. Le fait qu’il ait reçu le Goncourt des Lycéens, un prix généralement de bon jugement, n’a fait que renforcer ce désir.

Résumé

David Foenkinos s’empare ici du destin de Charlotte Salomon, artiste juive allemande qui a trouvé la mort dans les camps d’extermination en 1943 après avoir composé une œuvre monumentale, « Vie ? Ou théâtre ? ». Il imagine sa vie et sa personnalité, à partir de ses dessins et des informations qu’il a pu glaner, l’histoire d’une jeune femme marquée par la mort dès sa naissance.

Court mais répétitif

Je vais finir par croire que les prix littéraires ne sont pas pour moi, car j’ai été déçue par ce titre. Le roman est court, pourtant on tourne quand même en rond, on revient sans cesse sur la tragique histoire familiale de Charlotte marquée par les suicides, et sur l’obsession de Foenkinos pour cette artiste. Il y a effectivement de l’obsession dans le roman, on revient sur les mêmes thèmes. Mais il manque pour moi un but, une finalité à cette obsession. Il y a quelque chose de glauque, jusque dans la romance, qui m’a dérangée.

Un manque de densité

Au final, le roman est un peu creux, il est à peine plus qu’une biographie de Charlotte Salomon que l’on pourrait trouver sur internet, comme si l’auteur n’avait pas osé s’approprier pleinement sa vie. On en ressort intrigué, avec l’envie d’en savoir plus sur Charlotte car l’on n’a pas appris grand-chose, et déçu d’avoir trouvé si peu de densité dans le roman. Quant à la thématique de la Seconde Guerre Mondiale, ce roman n’y apporte rien de nouveau, rien que l’on n’ait lu ailleurs des dizaines de fois. Enfin l’auteur est à mon goût trop présent dans son roman, il se met trop en scène au détriment de son héroïne, il nous empêche d’entrer nous-mêmes dans l’histoire.

Les personnages

Charlotte est un personnage typique d’artiste torturée, rongée par ses démons personnels (ceux qui ont détruit sa famille) et par la Haine qui sévit en Allemagne dès le début des années 1930. Comme beaucoup d’artistes elle est très centrée sur elle-même, même si elle est capable de s’oublier complètement lorsqu’il est question de celui qu’elle aime. Les autres ne sont pas très marquants, à peine effleurés.

L’écriture

Le style est particulier, haché par un retour à la ligne à la fin de chaque phrase et des phrases plutôt courtes. Je ne crois pas que l’on puisse parler de poésie pour autant, comme certains se sont osés à le faire. Il n’y a pas selon moi de poésie dans ce roman, moins que dans « La délicatesse » en tout cas. On s’habitue à ce style mais il n’apporte rien de particulier à l’histoire, contrairement à celui de Valentine Goby dans « Kinderzimmer » par exemple.

En quelques mots…

Ainsi, au final, c’est un roman que j’aurais adoré aimer, mais qui m’a déçue. Sans être désagréable ou rébarbatif, il reste pour moi trop en surface et obsessionnellement centré sur quelques aspects de la vie de Charlotte Salomon. Le style se veut particulier, mais il n’apporte pas grand-chose. Je préfère largement lorsque David Foenkinos reste lui-même et qu’il ne cherche pas à jouer au grand écrivain, quand il est dans la tendresse et la légèreté, dans le quotidien... Je sais que beaucoup n’ont pas partagé cet avis, alors n’hésitez pas à venir en discuter.

Note : 2,5/5
Stellabloggeuse
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« Merci pour tes dessins. Ils sont naïfs, approximatifs, inaboutis. Mais je les aime pour la puissance de leur promesse. Je les aime car j'ai entendu ta voix en les regardant.
J'ai ressenti une forme de perte et une incertitude aussi. Peut-être même l'esquisse d'une folie. Une folie douce et docile, sage et polie, mais réelle. Voilà, ce que je voulais te dire. Nous sommes un très beau début. »

« Albert tente de rassurer sa fille comme il peut.
Mais existent-ils, ces mots qui atténuent la haine des autres ?
Charlotte se replie davantage.
Elle ne cesse de lire, rêve de moins en moins.
C'est à cette période que le dessin entre dans sa vie.
La passion de la Renaissance lui permet de quitter son époque. »
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Ce roman fait partie du challenge :


Challenge ABC 2015 : 7/26

samedi 14 février 2015

Les géants, de Benoit Minville : un roman familial sur la côte Basque

[Sarbacane, 2014]

De Benoit Minville, j’avais lu le premier roman intitulé « Je suis sa fille ». Si j’en avais apprécié le message, j’avais trouvé qu’il survolait un peu son sujet et que les personnages manquaient de vérité. Aussi, j’ai ouvert « Les Géants » avec un à priori légèrement négatif. Et j’avais tort.

Résumé

Marius, la vingtaine, pointe depuis deux ans au Pôle emploi et retape un vieux navire en rêvant d’une grande évasion. Il vit dans un village du Pays Basque, un petit paradis pour les surfeurs, dont il fait partie avec son meilleur ami, Esteban. Les deux familles, le clan de pêcheurs et le clan de gitans, sont unies comme les doigts de la main, face aux vacheries du quotidien. Mais la sortie de prison de César, le grand-père de Marius, un ancien du crime organisé pas rangé pour deux sous, va provoquer une vague de révélation qui va tous les ébranler…au risque de les briser ?

Une histoire de famille et de gangsters

J’ai vite regretté mes préjugés en avançant dans ce roman, qui est bien plus dense et plus maîtrisé que le précédent. C’est avant tout une histoire de famille, un thème qui me parle. Il y est question de la transmission des valeurs, et de la difficulté à communiquer qui s’installe lorsque les enfants grandissent. La relation père-fille m’a particulièrement touchée. Mais c’est aussi une histoire de gangsters, car César n’est pas là pour rigoler, c’est un dur, et il va provoquer un déchaînement de violence autour de lui. Son retour entraine également la révélation de secrets profondément enfouis qui vont provoquer un véritable séisme dans la famille.

Un hommage au Pays Basque

Le roman est également un hommage au Pays Basque, à son authenticité et à ses paysages, que je n’ai jamais vus mais que j’ai désormais l’impression de connaître. Le surf occupe une place de choix dans les activités des jeunes gens. Les habitants sont fiers et méfiants envers les touristes qui les envahissent chaque été, à l’instar de Marius. J’ai aimé l’association de tous ces thèmes et de ces paysages. Mes seuls bémols sont pour la romance, un peu trop appuyée et parfaite à mon goût, et la fin précipitée. J’aurais notamment aimé connaître la réaction de Marius vis-à-vis de César, et celle d’Alma face aux mensonges de sa famille.

Les personnages

Avec ce roman, l’auteur nous propose toute une galerie de personnages très vivants que nous apprenons à connaître. Marius cherche sa voie. Heurté par la dure réalité du marché de l’emploi, il ne se trouve pas de perspectives d’avenir. C’est quelqu’un d’impulsif, qui a en lui une violence enfouie qui menace de ressurgir à tout moment, la même qui habite son père et son grand-père. Sa sœur Alma est plus douce, elle souhaite juste être prise au sérieux et respectée. Esteban, son meilleur ami, est un sacré numéro, toujours prêt à dégainer une blague, mais on peut compter sur lui. J’ai particulièrement apprécié Bart, le petit frère d’Esteban.

Mais j’ai surtout été touchée par le personnage d’Auguste, le père de Marius, un père qui a fait de son mieux et qui se remet sans cesse en question, un taiseux qui fait des efforts pour exprimer ses sentiments. Quant à César, le patriarche gangster, je n’ai pas réussi à le cerner et je me suis beaucoup interrogée sur ses motivations.

L’écriture

Quant au style, il est assez agréable, simple et direct, dynamique. Il adopte les points de vue de différents personnages et se glisse aisément dans la peau de chacun. Les dialogues sont crédibles et vivants, et les descriptions réussies.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai été agréablement surprise par ce roman plutôt dense, qui nous propose une histoire familiale complexe autour du secret et des mensonges, et de la transmission des valeurs. Le côté « gangsters » est un plus qui apporte du suspense. Le Pays Basque est mis en valeur. Le point fort du roman c’est sa galerie de personnages, tous très vivants, mais il souffre en revanche d’une romance trop idyllique et d’une fin abrupte. A lire à partir de 15/16 ans. Merci à Juliette et aux éditions Sarbacane pour cette lecture.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Son cher Pays Basque, avec ses paysages charmeurs de rétines… Face à lui, les Pyrénées se dressaient, blotties sous une couronne de nuages. Dans son dos, c’était l’Atlantique et sa mélodie du ressac ; son terrain de jeux, là où naissaient ses plus grande sensations. »

"Des formules qui le fatiguaient encore plus que des slogans politiques. "Elle a poussé, dis-donc, ta petite"! Non, pauvre buse : elle avait muté sa petite ! Muté en une créature ambassadrice de la beauté avec laquelle il avait laissé s'installer, stupidement...une distance. La gêne d'admettre que sa fille était une femme ?"


« Regarde, petit frère : c’est chez toi, ici ; Regarde, petit frère. Notre étoile est là-haut, on est peut-être pas nés sous la plus brillante, mais on apprendra ensemble. A devenir. »