mardi 2 juillet 2013

Effroyables jardins, de Michel Quint : Résistance, clowneries et culpabilité

[Pocket Junior, 2003]

Le challenge ABC est souvent l’occasion de faire des découvertes. En effet, lorsqu’il s’agit de trouver des auteurs correspondant aux lettres « difficiles » (X, K, Q…), on est souvent amené à choisir des romans que nous n’aurions pas lu de nous-mêmes. Ainsi, cette année, le challenge m’aura permis de découvrir les « Effroyables jardins » de Michel Quint.

Résumé

Ce court roman s’apparentant à un récit commence par l’irruption d’un clown au procès de Maurice Papon. Puis nous rencontrons un jeune garçon qui a honte de son père, André, un instituteur qui se fait embaucher en tant que clown amateur à ses heures perdues. Jusqu’au jour où son oncle Gaston décide de lui révéler d’où vient la passion d’André pour les clowneries en lui révélant leur jardin secret, leurs effroyables jardins… Il évoque ainsi un épisode terrible de la Seconde Guerre Mondiale qu’ils ont tous deux vécu…

Un récit bien mené

Le récit est intelligemment mené par l’auteur. Il commence par évoquer un évènement récent, avec le procès de Maurice Papon. Il procède ensuite à rebours, partant d’une situation, celle d’un enfant qui rejette son père, pour ensuite en venir aux évènements qui ont causé cela. Cette histoire est donc à la fois un souvenir d’enfance (peut-être autobiographique) et un épisode de la Seconde Guerre mondiale. Nous sommes donc dans le récit historique, l’auteur revenant sur une pratique du régime de Vichy consistant à arrêter des otages suite aux actes de terrorisme de la Résistance, et de les exécuter si les coupables ne se livrent pas. Le récit est très dense, puisqu’il tient en une soixantaine de pages, et bien rythmé

Des thèmes forts

En quelques dizaines de pages, l’auteur aborde donc des thèmes très divers. Il revient ainsi sur la Seconde Guerre mondiale, les actes de Résistance, la culpabilité parfois ressentie par les survivants, la manière dont des gens ordinaires ont su se comporter en héros. Il évoque également les rapports compliqués entre un fils qui cherche un modèle à suivre et un père qui exorcise les démons de son passé par la pitrerie. Il rappelle également le pouvoir du rire dans les situations les plus dramatiques. Enfin, on sent dans ce texte une certaine nostalgie de l’enfance trop vite disparue.

Les personnages

Ce roman étant très court, les personnages restent assez peu creusés, mis à part le narrateur qui nous livre ses pensées. Néanmoins, même s’ils sont parfois à peine effleurés, ces personnages ont une grande force de caractère, qu’il s’agisse de la tante Nicole, du soldat-clown Bernhardt ou du technicien présent au sein de la gare visée par la Résistance. Ce sont des gens qui ont du réapprendre à vivre après de terribles évènements, ce en quoi ils sont assez touchants. Quant au narrateur, il doit quant à lui apprendre à accepter ce lourd héritage, et son évolution psychologique au fil du récit est assez intéressante.

L’écriture 

En ce qui concerne le style, il est globalement agréable et travaillé mais argotique : il comporte beaucoup de mots en langage « ch’ti », rendant nécessaire la présence d’un lexique. Quoi qu’il en soit, c’est un style fort et marquant. De plus, l’auteur mobilise des références historiques et cinématographiques. La présence d’un dossier littéraire, historique et cinématographique présent dans l’édition que j’ai lue m’a permis de mieux apprécier la richesse de ce texte.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un petit roman à dimension autobiographique et historique que nous livre Michel Quint. Il aborde donc à la fois des thèmes liés à l’enfance et à la construction de soi et d’autres relatifs aux évènements de la Seconde guerre mondiale, le tout dans un style puissant mais parfois difficile d’accès. C’est en tout cas une expérience de lecture originale et intéressante vécue grâce au challenge ABC 2013.
(Pour la petite histoire, j’ai du réécrire ma chronique car j’ai effacé par erreur la première version de mon billet…et je vous assure qu’elle était meilleure ! Mais quand on n’a pas de tête…^^)

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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Ce roman appartient aux challenges :


Challenge ABC 2013 : 24/26


Challenge Où sont les hommes ? : lecture n°50  

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« De fait, je le sais aujourd’hui, il méritait la distinction, la légion d’honneur de la reconnaissance, et ceux qui croisaient au trottoir son regard doux auraient dû se découvrir. Parce que lui, il a passé sa vie à rendre hommage, à payer sa dette d’humanité, le plus dignement qu’il croyait. Trente ans durant il a eu le chapeau à la main, il a salué bas. Passé l’époque primaire, il me fut confusément sensible qu’il accomplissait ses tours par devoir, rituel expiatoire, et aurait ri de l’ahuri qui lui aurait reconnu un talent d’auguste. Il se savait mauvais clown, n’éprouvait nulle honte à cet échec et prenait même plaisir à ces minableries. Mon père était un homme de douce obstination et d’intérieuer nécessité. »

« Le temps qu’on se retourne, ils nous poussaient au mur, les culasses des fusils claquaient et on s’est dit au revoir, André et moi. Vite fait, pas vaillants du jarret. L’héroïsme, le cœur à l’échancrure de la chemise, la Marseillaise que tu leur chante à la gueule jusqu’au souffle dernier, tu peux toujours rêver mon garçon, c’est du roman. Dans la réalité, tu sais plus où regarder, quoi attraper que tu peux emporter pour toujours, quelque chose qui t’occupe les mains, les yeux, les lèvres. Le mieux, c’est encore un visage de femme. On n’avait pas ça, nous. On n’avait que les cornichons. Alors pendant qu’ils nous mettaient en joue, qu’on entendait ta mère et la mère de ta mère hurler là-haut, et nos cœurs cogner, on s’est juste pris la main, André et moi, comme deux gamins à la sortie de l’école, pour pas partir tout seul, le regard bien sur les bocaux avec les cornichons géants, pas ceux au vinaigre, ceux en saumure douce, à la polonaise. »

lundi 1 juillet 2013

En juin 2013...

    Nous voici déjà à la moitié de l'année, il est donc temps de faire le bilan de ce mois de juin livresque ! 

Ce mois-ci, j’ai donc lu et/ou chroniqué :

        Déception:

-L'herbe bleue (attribué à Beatrice Sparks) (2,5/5)

Bien mais sans plus :

-Double jeu, de Judy Bundell (3/5) 

J'ai vraiment aimé :

-Yellow Birds, de Kevin Powers (3,5/5)
-The luxe, tome 2 : Rumeurs, d'Anna Godbersen (3,5/5)
-Chroniques des enchanteurs, tome 2 : 17 lunes, de Kami Garcia et Margaret Stohl (3,5/5) 

Ils m'ont "embarquée" :

    -La décision, d'Isabelle Pandazopoulos (4/5)
-Night School, tome 2 : Héritage, de CJ Daugherty (4/5)     
    -Le retour de Cherokee Brown, de Siobhan Curham (4,5/5)  




    Ce qui nous fait 8 lectures ce mois-ci, d'un niveau à peu près homogène : des lectures agréables, mais pas non plus extrêmement prenantes.     

 Chroniques non littéraires :

  -Concours "La maîtresse de Rome" : les résultats

Les chouchous du mois :


Les articles les plus consultés par les visiteurs :

     -Concours "La maîtresse de Rome" (178 vues)
-Verte, de Marie Desplechin (81 vues)
-La maîtresse de Rome, de Kate Quinn (77 vues)

"L'effet concours" s'est fait sentir et a bouleversé le top, je suis d'ailleurs bien contente que cela ait permis de valoriser mon avis sur "La maîtresse de Rome" que j'ai adoré. Marie Desplechin est toujours présente avec "Verte", et Marie-Aude Murail (avec "Simple") n'est pas loin non plus!     

Le mois prochain je souhaite lire : 

-La femme à 1000°, d'Hallgrimur Helgason
-Jumelles, de Saskia Sarginson
  -Le dernier hiver, de Jean-Luc Marcastel  
-Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro 
        
      En ce moment je lis :




Du nouveau dans ma bibliothèque :

-Terminus Elicius, de Karine Giebel
-Couleur Ketchup, d'Annabel Pitcher
-Nephyr, de Cindi Mezni
-La femme a 1000°, d'Hellgrimur Helgason (Masse critique Babelio)   


Ce mois-ci le blog a reçu :

         2666 visites.
      Des visites en baisse, à croire que le retour de soleil vous a fait fuir! Mais, comme je vous comprends ;)

    Je vous souhaite un bon mois de juillet, de bonnes vacances si vous avez la chance d'en avoir, et surtout des lectures ensoleillées ! 
A très vite!


Stellabloggeuse

dimanche 30 juin 2013

Chroniques des enchanteurs, tome 2, de Kami Garcia et Margaret Stohl : 17 lunes

     
    *Attention, il s’agit du second tome d’une saga, présence de spoilers sur le tome précédent*

Il y a six mois environ, je commençais la saga des « Enchanteurs » de Kami Garcia et Margaret Stohl avec le premier tome intitulé « 16 lunes », chaudement recommandé par des copinautes. J’avais plutôt bien aimé malgré quelques longueurs et vous me connaissez, je suis une curieuse, je me suis donc lancée dans le second tome à l’occasion d’une Lecture Commune organisée par MySweetlies sur Livraddict.

Résumé

Depuis la mort de Macon, rien n’est comme avant entre Ethan et Lena. Cette dernière s’éloigne peu à peu du jeune homme et sa culpabilité la fait glisser jour après jour vers les Ténèbres. Perdu, Ethan se pose beaucoup de questions mais il conserve un seul et unique objectif : sauver Lena d’elle-même et rester toujours à ses côtés. Flanqué de son meilleur ami Link, d’une jeune gardienne stagiaire du nom d’Olivia et de la chatte Lucille Ball, réussira-t-il à atteindre le cœur de Lena avant l’appel de sa 17e lune ?

Un tome plus prenant

Si le premier tome comportait beaucoup de longueurs, j’ai trouvé celui-ci un peu plus addictif, un peu plus prenant. L’intrigue ne tarde pas à démarrer, alors qu’il avait fallu attendre 200 pages dans le premier tome ! Maintenant que les auteures ont dépeint leur univers et passé beaucoup de temps sur la ville de Gatlin, elles se concentrent davantage sur l’avancée de l’intrigue fantastique. En effet, il n’est plus question ici d’histoires de lycée et la ville de Gatlin revêt une importance bien moindre que dans le premier tome, les personnages passant notamment beaucoup de temps dans les Tunnels des Enchanteurs.

J’ai tout de même ressenti une baisse d’intérêt en amorçant le dernier quart du roman, mais la fin a su contrebalancer cette impression. D’ailleurs, c’est très vilain de laisser ainsi ses lecteurs dans le suspense ! Un bémol tout de même, l’intrigue me semble un peu « facile » : dès que les personnages sont dans de sales draps, la solution leur tombe dessus comme par miracle, et ils ne font pas grand-chose eux-mêmes, au final…  

Un univers et une atmosphère intéressants

Dans le tome précédent, j’avais apprécié l’univers des Enchanteurs, leur magie, leurs pouvoirs. Il en est de même ici, j’aime beaucoup cette mythologie originale et assez complexe, sans être incompréhensible. J’ai pris du plaisir à arpenter les Tunnels en compagnie d’Ethan et à découvrir les « pouvoirs » de ce dernier. L’atmosphère qui se dégage du roman me plaît bien également, il y a un petit côté mystérieux et inquiétant au travers des visions et des rêves très sombres vécus par les personnages. Bref, l’univers, le contexte proposé est le véritable point fort de la saga jusqu’à maintenant, davantage que l’intrigue.

Les personnages

Dans ce tome, Lena est un peu en retrait, et pourtant omniprésente car Ethan ne peut s’empêcher de penser à elle, et car tous les personnages gravitent plus ou moins autour d’elle. J’ai toujours du mal à la cerner, j’aimerais parfois connaître son point de vue, c’est souvent le cas dans les romans adoptant le « je », on se demande ce qu’il se passe dans la tête des autres personnages. N’ayant pas accès à ses pensées, elle me paraît toujours quelque peu égocentrique et prompte à s’apitoyer sur son sort.
   
En revanche je me suis vraiment attachée à Ethan, ce jeune homme droit, loyal et plein d’autodérision et j’ai pris plaisir à avancer dans ce roman en sa compagnie. Il ressent bien sûr la tentation de retourner à une vie « normale », mais il fait face à tous les obstacles avec courage. L’amour sans bornes qu’il voue à Lena me laisse admirative, même si j’ai toujours du mal avec ces amours « absolus ».

Enfin, du côté des personnages secondaires, mention spéciale à Ridley qui montre une nouvelle facette d’elle-même et au solide Link. Olivia m’a été moins sympathique, son personnage n’est pas assez développé.

L’écriture

Le style est toujours très agréable à suivre et je continue à me demander sans cesse comment les deux auteures se répartissent le travail d’écriture, tant je n’ai jamais remarqué de disparité dans la manière de raconter cette histoire. Les descriptions sont toujours l’un de leurs points forts, notamment en ce qui concerne les paysages et les phénomènes magiques. En revanche, Lena étant en retrait, la poésie est beaucoup moins présente que dans le tome précédent.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai pris plaisir à découvrir cette suite qui propose une intrigue davantage axée sur les Enchanteurs et qui propose le même univers mystérieux et intriguant, avec un peu moins de longueurs. J’ai beaucoup aimé suivre Ethan qui est un personnage très agréable. Néanmoins, les obstacles restent franchis trop facilement à mon goût, et j’ai toujours du mal à apprécier Lena. Merci à MySweetlies pour cette lecture commune !

Je vous propose maintenant de découvrir les avis de mes camarades de lecture : Mysweetlies(organisatrice), LJ DuhrelSokittySmiley-VanilleAlison Mossharty ...

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse

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Ce roman fait partie des challenges :




Où sont les hommes ? : lecture n°49 
     

     Bouge ta PAL ! : lecture n°42

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« Je l’ai serrée encore plus fort contre moi, jusqu’à ce que nos cheveux soient pleins de cendres et d’herbes, jusqu’à ce que le fruit ait roulé quelque part sous nos pieds, en bas de la couverture. Sur ma peau, la chaleur avait des allures de feu. Même si, ces derniers temps, tout ce que j’éprouvais quand je tenais sa main était un froid mordant, quand nous nous embrassions pour de vrai, ce n’était que chaleur. Je l’aimais jusqu’au moindre atome, jusqu’à la moindre de ses cellules incandescentes. Nous nous sommes ainsi embrassés au point que mon cœur a commencé à avoir des ratés, et que la lisière de mon champ de vision, de mes sensations, de mon ouïe a commencé à s’assombrir. »

« C’était sa vengeance contre les Anges Gardiens et le conseil de discipline, contre les plats déposés en guise d’offrandes devant les grilles de Ravenwood lors de la mort de *****, contre tous les sentiments hypocrites qu’avaient manifestés les habitants de Gatlin. Lena leur rendait coup pour coup, à croire qu’elle avait gardé tout cela en elle avant que ça leur explose au visage. Sa façon de leur faire ses adieux, j’imagine. Amma s’est alors adressée à elle, comme s’il n’y avait qu’elles deux sous le dais.
-Ça suffit, petite. Tu n’obtiendras pas ce que tu cherches de ces gens-là. Des excuses de la part d’une ville inexcusable ne sont rien d’autre qu’un peu plus de la même farine. Un moule à gâteau rempli de vide. »

samedi 29 juin 2013

Double jeu, de Judy Blundell : un roman noir dans le New York des années 50

[Albin Michel, 2013]

C’est dans le cadre du petit club de lecture que nous avons monté sur Lyon que j’ai été amenée à lire « Double jeu » de Judy Blundell, dans le cadre du thème « Cabaret ». Outre son résumé évoquant une jeune danseuse dans le New York des années 50, ce titre attire par sa jolie couverture. Il ne m’en fallait pas plus pour le commencer !

Résumé

Kit Corrigan, âgée de 17 ans a tout quitté : sa ville de Providence, son petit copain Billy et sa famille. Elle s’est installée à New York à la poursuite de son rêve, devenir danseuse à Broadway. Lorsque Nate Benedict, le père de Billy, lui propose son aide et sa protection, le passé de la jeune fille refait surface. Or l'histoire de sa famille d'immigrés irlandais est lourde de secrets…

Le New-York des années 50

Ce roman nous plonge efficacement dans le New-York au tournant des années 1940 et 1950. L’auteure en fait notamment revivre les tenues, les spectacles. Elle évoque également la suspicion à l’égard des personnalités engagées à gauche, avec la peur du communisme dans le contexte du début de la guerre Froide. J’aurais aimé que l’aspect « cabaret », que l’activité de danseuse de Kit soit un peu plus développée. En effet, à partir de la moitié du roman, cette dimension disparaît.

Une ambiance particulière

Nous sommes face à un « roman noir », avec une tension qui court tout au long du roman et une atmosphère particulière. Kit se trouve mêlée au milieu des gangsters de New York, à l’époque du célèbre Frank Costello. L’histoire tourne autour des secrets de famille de Corrigan et des Benedict et le suspense est maintenu par l’auteure qui mène bien son intrigue. En lisant, on ressent un certain malaise, on sent qu’une menace pèse sur Kit, sans parvenir à véritablement l’identifier.

Les personnages

En revanche, je dois dire que les personnages ne m’ont pas vraiment interpellée. Je ne me suis pas véritablement attachée à Kit. C’est une artiste, une danseuse. En cela, elle est éprise de liberté, change assez facilement de cap et est assez centrée sur elle-même. Il en est de même pour Billy, que j’ai eu du mal à cerner. Il y a en lui une violence (dont nous apprenons l’origine à la fin du roman) qu’il a du mal à canaliser, et il a un côté étouffant vis-à-vis de sa petite amie. Vous découvrirez également dans ce roman la famille de Kit : son frère et sa sœur (ils sont triplés), son père et sa tante, dont aucun n’a vraiment su me toucher. Au final, le personnage que j’ai le plus apprécié est celui de Hank, un jeune homme droit et solide, qui ne se laisse pas facilement impressionner et qui semble capable d’accepter les gens tels qu’ils sont.

L’écriture

Le style de Judy Blundell est agréable à suivre. Il est fluide et n’a rien de négligé, bien que ce soit une adolescente qui s’exprime (mais une adolescente des années 50^^). Les descriptions sont réussies et plantent parfaitement le décor de ce New-York d’une autre époque.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman noir dont j’ai apprécié l’ambiance et le cadre, puisqu’il nous immerge dans la ville de New-York au tournant des années 1940 et 1950. L’intrigue est bien menée et les secrets de famille pèsent sur le lecteur jusqu’à la fin. En revanche, je ne me suis pas vraiment impliquée dans l’histoire car les personnages n’ont pas su susciter ma sympathie.

Note : 3/5

Stellabloggeuse
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« Pivot, roulement d’épaule, brossé… Mon mascara me picotait et j’y voyais de moins en moins. Rond de jambe, pirouette…il allait et venait dans mon champ de vision. Tenir la mesure et maintenir le bras levé, doigt pointé sur Millicent March, la vedette, petite et fragile, avec sa fine voix de soprano toujours en quête de la note la plus haute. J’avais beau connaître par cœur les mouvements, j’étais déstabilisée. Les applaudissements ont retenti. J’ai vu des volutes de poussière s’élever au-dessus des projecteurs. Puis ses mains applaudir avant de s’arrêter. Que faisait-il ici ? »

« -Je vais t’avouer une chose : l’armée me fait du bien. Tu es crevé, tu te fais engueuler à longueur de journée, tu ne sais plus ce que tu fous, mais tu n’es jamais en rogne. Impossible de sortir du rang, tu vois ce que je veux dire ?
-Mon père m’a dit que l’armée ferait de Jamie un homme. Ça m’a rendue folle de rage.
Billy s’est appuyé contre la fenêtre, son profil se découpant contre la lumière grise.
-Je sais, ça paraît idiot, comme si l’armée pouvait te métamorphoser, te transformer. Sauf que parfois, c’est vrai. Je me retrouve avec des types qui n’ont rien à voir avec moi, qui viennent de bleds dont je n’ai jamais entendu parler. En plus, je vais peut-être traverser l’océan. Mon horizon va s’élargir. Le monde est dix fois plus vaste que ce que j’imaginais. »