jeudi 11 octobre 2012

Le Chant du troll, de Pierre Bottero et Gilles Francescano : douceur, beauté et poésie

[Rageot, 2010]

Voilà un livre que j’avais très envie de découvrir. Parce qu’il s’agit de Pierre Bottero, évidemment. Si vous suivez ce blog, vous savez combien j’aime cet auteur, combien sa poésie me touche. Et aussi parce qu’il s’agit d’un livre illustré qui me semblait très beau. L’avis de Floly m’a confortée dans cette idée. Si je ne l’ai pas encore acheté, je me suis jetée dessus à la bibliothèque !

Résumé

Dans la vie de Lena, des choses commencent à changer. Ses parents et ses camarades de classe ne font plus attention à elle, le ciel se pare d’étranges couleurs, et la ville est peu à peu envahie par une végétation luxuriante. La petite fille apprend finalement que sa ville est en train de basculer du monde réel vers celui de l’Imaginaire. Mais une force maléfique tente de s’inviter dans ce basculement et d’envahir l’imaginaire : la terrible Leucémia.

Un livre plein de beauté, à tous points de vue

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que ce livre est très beau. Il y a d’une part le texte de Pierre Bottero, extrêmement poétique et joliment mis en page. Il y a aussi les magnifiques illustrations de Gilles Francescano, qui donnent vie aux mots et à l’univers de Pierre Bottero. Le tout est formidablement bien assorti, et ravira les yeux et l’esprit des petits comme des grands. Ce roman graphique aborde pourtant un thème très dur, mais avec beaucoup de douceur, petit à petit, en préparant le lecteur et le personnage de Lena à la terrible révélation qui les attend.

Un univers riche

L’univers mis en place par les deux auteurs en toute simplicité est incroyablement riche. On croise ainsi une multitude de créatures imaginaires, certaines courantes comme des elfes, des nains, des trolls, des gobelins, certaines rencontrées dans d’autres ouvrages de Pierre Bottero comme les Petits, et d’autres plus inattendues, comme les sprites et les kobold. Le lecteur se trouve également face à un foisonnement de couleurs et de végétation. Une ville sur laquelle la nature prend peu à peu le pas Nous avons ainsi sous les yeux un monde qui pourraient être celui de Gwendalavir, en tout cas une petite parcelle.

(Illustration de Gilles Francescano trouvée sur le site de "Lecture Jeune")

Les personnages

Le personnage de Lena est attachant. C’est une petite fille courageuse, qui n’a pas peur d’aller vers des personnages très différents d’elle. Elle s’adapte rapidement, ce monde imaginaire devient le sien, et on la sent prête à se sacrifier pour ses nouveaux amis. Elle trouve en la personne de Doudou, le troll, un soutien inébranlable qui lui donne encore plus de force.

L’écriture 

Au risque de me répéter, Pierre Bottero est (non, je ne peux me résigner à parler de lui à l’imparfait) un magicien des mots. Au-delà de la dimension poétique de ce roman graphique, que j’ai déjà évoquée, son écriture recèle également beaucoup d’humour et de tendresse, ainsi que de la pudeur lorsqu’il s’agit d’évoquer de grands malheurs.

En quelques mots…

Ainsi, c’est un roman graphique que je vous recommande chaudement. Tout d’abord pour la beauté des mots et des images, en symbiose. Ensuite pour aborder le thème de la maladie et de la mort avec ses enfants, en douceur. Et, tout simplement, si vous aimez Bottero, pour avoir un petit morceau de Gwendalavir sous vos yeux éblouis…


Note : 5/5 (Coup de cœur)

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :
  


Où sont les hommes ? : lecture n°12
Dois-je en rajouter encore sur Bottero ? Eh bien justement, il fera prochainement l’objet d’un article sur mon « auteur prince charmant », toujours dans le cadre de ce challenge.

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« Comme si le jour avait trébuché en se levant et renversé les couleurs dont il paraît certains petits matins, le ciel ruisselait de teintes aussi étranges que vives. Du pourpre en longues traînées ondulantes, du violet audacieux, des éclaboussures d’or, un filet bleu cyan incapable de s’imposer, des flaques lactescentes virant à l’orangé, le mélange de ces teintes improbables distillant une lumière mordorée qui transformait les rares passants matinaux en créatures oniriques. »

 « Etrange sentiment de reprendre sa route. D’achever de se dissoudre dans l’univers, de devenir, redevenir, une simple molécule dans un tout qui la dépasse, qui la dépassait, et qu’elle conçoit enfin. Perdre la conscience d’être pour gagner celle d’appartenir. Lâcher prise. Une âme devenue infinie et un corps oublié. […] Son appartenance à un tout certes fini et imparfait, mais qu’elle n’a aucune intention de laisser s’évaporer. »

12 commentaires:

  1. Ah je suis ravie que tu es succombée au chant du troll <3 Un livre tellement magnifique! Bisous Stella

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    1. Oui, je voulais le lire depuis que j'ai lu ton billet à son sujet. Il est magnifique... Bises !

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  2. J'ai également eu un coup de coeur pour ce roman graphique. Il est magnifique à tout point de vue!

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  3. Normalement, je le reçois demain J'ai vraiment hâte.
    Ton avis me donne encore plus envie de le découvrir.

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    1. J'ai cru voir qu'il t'avait beaucoup plu, il faudrait que je lise ton billet ! Je suis contente que tu aies aimé en tout cas :)

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  4. Beau est le mot pour ce livre.
    Le texte est plein d'émotions, les illustrations sont magnifiques et même le format un peu plus grand qu'un roman et relié rend l'objet juste superbe.
    J'en garde un excellent souvenir !
    Bises

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    1. Oui, c'est un très bel objet, de ceux que l'on a envie de posséder, et qui contient une magnifique histoire :)

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  5. Oh ben tiens, un de plus à découvrir *-* Il a l'air bien "ton" Bottero et j'ai hâte de lui trouver du temps !
    Bisous

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    1. Il le faut, c'était un prince, ce monsieur...

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  6. C'est effectivement une très belle histoire très émouvante et les mots et les dessins sont magnifiques. C'est là où je regrette tant que Bottero ne soit plus là...

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    1. En effet, il nous manque tellement... Heureusement pour nous, ils nous a laissé quelques bijoux à déguster. Je suis contente que tu aies aimé ce "Chant du troll", un sujet difficile traité sous un angle poétique

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