vendredi 9 septembre 2016

Le village des oubliés, d’Henri Courtade

Editeur : Lucane éditions
Année : 2016
Pagination : 351 p.
Public visé : Adulte


Résumé :
Été 1982 : une famille allemande, de passage dans un village du Sud-Ouest est sauvagement assassinée. Vengeance ou coïncidence ? En 1944, les SS avaient massacré les habitants de ce même village. Les survivants se taisent : quelque chose d'inavouable doit rester caché. Mais les morts n'oublient pas, le passé resurgit toujours. Et avec lui, un secret inimaginable.

Ce que j’en pense :
Cela faisait trois longues années, que ceux qui ont goûté à la plume d’Henri Courtade attendaient un nouveau cru ! Après l’excellent Loup y es-tu, l’exaltant Lady R (et son pendant Lady A), l'engagé A la vie à la mort et l'historique Kléber, autant dire que mes attentes étaient élevées.

Une nouvelle fois après Kléber, l’auteur explore la veine historique, dans une intrigue en forme de puzzle qui prend sa source dans la Grande Guerre, avec des allers-retours entre l’été 1982 et juin 1944. Cette dimension historique est doublée d’une enquête policière, puisque quatre allemands sont tués un soir de juillet 1982. Un meurtre qui prend directement sa source dans les non-dits du 11 juin 1944. La narration est très bien maîtrisée, l’auteur nous balade habilement entre les époques pour nous mener à un dénouement qui possède sa part d’inattendu.

Mais ce qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est cette certitude que l’on a, dès les premières pages, que l’auteur l’a écrite comme un exorcisme, avec ses tripes bien étalées sur la table, avec souffrance. Si vous me trouvez crue, passez votre chemin car Henri Courtade ne vous épargne rien de la laideur de la guerre, pas même l’odeur de la viande grillée ! Il dérange et bouscule et c’est tant mieux, car rien n’est pire que de se croire insensible à cette souffrance et à ce gâchis. Il nous offre surtout un roman sincère et humain, même si cette humanité n’a rien de noble.

J’ai également apprécié la réflexion historique, sur l’héritage de la Grande Guerre, insinué dans les cœurs comme un poison, donnant naissance à toute une génération de salauds plus ou moins ordinaires. Car il n’y a pas de héros dans ce roman, simplement des gens plus honnêtes que d’autres. Et des enfants innocents, même s’ils ressentent confusément le poids du secret sur leurs épaules. On se sent pourtant l’un d’entre eux, comme un membre de ce village, dont on sait déjà qu’on ne pourra jamais le quitter tout à fait.

Les + : la sincérité, la narration
Les - : un final qui aurait pu être plus percutant ?
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« A la place, il tenta un sourire rassurant. Manqué bien sûr. Cela faisait longtemps qu’il ne savait plus comment s’y prendre. L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux. Et des morts, il en flairait pas mal autour de lui. Un sacré paquet de cadavres en devenir, même. Pas de quoi se fendre la poire non, vraiment pas de quoi. »


« Juste, moi ? s’exclama-t-il, tentant de maîtriser tant bien que mal sa colère. Juste, moi, l’ordure qui a copieusement participé à toutes ces saloperies ? Oh, pas tout seul bien sûr, avec l’aide de quelques millions de salopards qui pour des raisons bonnes ou moins bonnes ont voulu tout ça, mais sans vraiment le vouloir, si tu vois ce que je veux dire. On veut jamais bien entendu. Et c’est ça le pire ! »

lundi 5 septembre 2016

Coup de vent, de Marsha Diane Arnold et Matthew Cordell

Editeur : Didier jeunesse
Année : 2016
Public visé : Enfant, à partir de 2 ans

Résumé :
Un jour de grand vent, un ours perd son écharpe dans la neige. Une joie pour tous les animaux de la forêt qui vont tour à tour se l'approprier. Le castor pour s'en faire un turban, la loutre une liane, les souris un trampoline... Mais dans quel état l'ours va-t-il retrouver son écharpe ? - Sur un principe perdu/trouvé, chaque double page est le théâtre de jeux et facéties jubilatoires quand un nouvel animal s'empare de l'écharpe.

Ce que j’en pense :
Voici, un peu en avance en cette période de chaleur, un sympathique album hivernal. Un ours perd son cache-nez, qui va passer d’animal en animal, chacun lui trouvant un usage particulier, et le plus souvent original !
Avec une structure répétitive adaptée aux petits, l’histoire stimule leur imagination (que peut-on faire, avec un cache-nez ?) avec un certain humour. L’album donne une belle leçon de solidarité et de partage, lorsque dans les dernières pages les animaux s’unissent pour rendre l’objet en bon état à son propriétaire. Il permet également de découvrir les petits animaux de la forêt, écureuils, renards, ratons laveurs…
Je n’ai pas été particulièrement séduite par l’illustration, de manière générale j’ai du mal lorsque les dessins manquent de précision. Néanmoins, le trait de Matthew Cordell est assez expressif et malicieux, et l’ensemble reste agréable à regarder.
Un album à retenir pour vos lectures d’hiver avec les petits !



Les + : la structure, la morale
Les - : l’illustration qui manque de précision à mon goût
Appréciation : 3/5


Stellabloggeuse

jeudi 1 septembre 2016

En août 2016...

Ce mois-ci, j’ai lu et chroniqué :

    J'ai vraiment aimé :





 J'adore :




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-Le pacte des marchombres, de Pierre Bottero, tome 3 : Ellana, la prophétie (42 vues)

  Le mois prochain je souhaite lire : 

-La concubine du Vatican, de Kate Quinn
-Un peu, jamais, à la folie, de Adi Alsaid

  En ce moment je lis :





   Les visites du mois :

1167 pages vues (blogger ne permet pas de dénombrer les visiteurs uniques). 

Merci pour vos visites, occasionnelles ou assidues! 

Traditionnellement, petit mois d'août pour moi. J'ai lu davantage, mais manqué de temps et d'envie pour chroniquer !
Et vous, qu'avez-vous lu pendant vos vacances ? Bon mois de septembre et bonne rentrée à tous !

  Stellabloggeuse

samedi 27 août 2016

Le pacte des marchombres, tome 3, de Pierre Bottero : Ellana, la prophétie

Editeur : Rageot
Année : 2008
Pagination : 624 p.
Public visé : Adolescents, à partir de 13 ans

*Attention, il s’agit du troisième tome d’une série, présence de spoilers sur les tomes précédents*

Résumé :
Les années ont passé. Ellana a rejoint Ewilan, Salim et Edwin. Marchombre accomplie, elle accompagne Salim sur la voie. Alors qu'elle croit avoir enfin trouvé l'amour auprès d'Edwin, les démons du passé ressurgissent
S'appuyant sur une antique prophétie, les mercenaires du Chaos menacent la guilde. Et les êtres qui sont chers à Ellana disparaissent un à un..
. Dans Ellana la prophétie se joue la conclusion de l'aventure, dans une apothéose où chaque question trouve une réponse, l'intrigue son aboutissement et les protagonistes leur accomplissement.

Ce que j’en pense :
Après deux tomes très réussi (tome 1 et tome 2), celui-ci conclut en beauté les aventures d’Ellana, Edwin, Salim, Ewilan, et bien d’autres encore. La tension est à son paroxysme, puisque l’enfant d’Edwin et Ellana est en danger. Ce troisième volet nous emmène vers l’affrontement ultime entre l’ordre et le chaos, entre les marchombres et les mercenaires.
Ellana est plus fascinante que jamais dans ce tome, en mère désespérée et redoutable, en instructrice capable de se remettre en question, et toujours, avant tout, en femme libre. Au second plan, on suit l’évolution de Salim et Ewilan, confrontés aux doutes du passage à l’âge adulte. Tous les pans de l’intrigue trouvent leur sens et se rejoignent.
Malgré la tension qui parcourt toute l’histoire, l’humour tendre de Pierre Bottero est toujours bien présent. Sa plume est toujours aussi poétique, toujours aussi belle, même si les thématiques abordées reviennent régulièrement et sont parfois un peu redondantes. J’ai en revanche un vrai regret, c’est que, contrairement aux « Mondes d’Ewilan », les victoires de nos héros sont ici un peu trop faciles et évidentes.
Quoi qu’il en soit, ce roman a beau compter plus de 600 pages, elles défilent à toute allure tant on est avide de connaître la suite. Pour mieux le regretter ensuite, tant on est triste de quitter ces personnages. La fin était ouverte, mais nous savons qu’il n’y aura jamais de suite… Néanmoins, nous sommes déjà tellement chanceux que cette histoire existe ! A découvrir absolument !

Les + : l’intrigue haletante, la plume
Les - : un peu de redondance, des victoires un peu trop faciles
Appréciation : 4,5/5

Stellabloggeuse
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« La vie n'est pas une roue impitoyable mais une route. Une route certes parsemée d'embûches, mais une route qui peut conduire au bonheur. Pour peu qu'on ne se perde pas. »

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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge New Pal 2016 : 12/56

(n°11 « La bibliothécaire » de Gudule lu mais non chroniqué)